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Le Parti des Pirates débarque en Suisse!

[en] A Pirate Party is getting organised in Switzerland. Foundation meeting on July 12th in Zurich.

Alors que le Parti Pirate suédois fait son entrée au Parlement Européen (7% des suffrages!), Lyonel se demande s’il fera des émules en Suisse, à la lumière du soutien des activités de Logistep par le TAF.

Eh bien, les pirates suisses s’organisent: un canal IRC (#piraten-schweiz sur freenode) pour discuter entre personnes intéressées ou curieuses (j’y ai mis les pieds, il y a des romands, et l’ambiance est plutôt bonne!), un site web avec les principes du futur parti, une réunion à Zurich le 12 juillet pour la fondation officielle du parti.

Comme vous savez que c’est un sujet qui me tiens à coeur, je suis allé mettre mon petit grain de sel concernant la composante linguistique de leur communication, et je peux vous dire que ça va plutôt dans le bon sens! (J’ai vu des gens qui parlaient de trouver un nom de parti en anglais, par exemple — intéressant, non?)

A lire, si vous ne l’avez pas déjà fait, mon article Pirater n’est pas voler, en sept mythes, qui est rapidement en train de caracoler au sommet du hit-parade des articles les plus lus de Climb to the Stars.

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Pirater n’est pas voler, en sept mythes

[en] Debunking the myths used to fight file-sharing. There are many good articles about this in English (many which I quote or link to here, just look for them in the French text). Here are the myths:

  1. piracy is theft
  2. a downloaded file is a lost sale
  3. artists are people who sell CDs
  4. CD sales decrease because of file-sharing
  5. we're all criminals
  6. you can "own" an idea
  7. it's the end of the world!

Extra links and comments welcome. The comments are yours!

Pirater n’est pas voler. Le vol enlève l’objet original, le piratage le duplique:

piracy-is-not-theft

Pirater, c’est donc plutôt comme photocopier un livre à la bibliothèque ou vite graver une copie d’un CD qu’on nous a prêté.

Je suis atterrée de voir à quel point le lavage de cerveau opéré par la grosse machine a faire du fric de l’industrie du film et de la musique a été efficace: nombre de personnes dans mon entourage avalent tout rond l’affirmation selon laquelle le téléchargement d’oeuvres protégées par le droit d’auteur est un crime comparable (si ce n’est pire!) à aller se servir dans le porte-monnaie des artistes.

Il est temps de monter au front, à l’heure de la Loi Hadopi, du procès The Pirate Bay (suite auquel le Parti des Pirates est en passe de devenir un acteur majeur de la politique suédoise), et du cautionnement par le Tribunal Administratif Fédéral des activités de traquage d’IP par la société Logistep (rejoignez le groupe Facebook), pour renverser la vapeur, lutter contre ce lavage de cerveau, dénoncer les arguments fallacieux (voire malhonnêtes et confinant au mensonge) d’une industrie qui échoue à se réinventer face aux évolutions technologiques du monde moderne, bref, remettre les pendules à l’heure et l’eglise au milieu du village.

Contrairement à ceux qui voudraient nous faire penser que télécharger (ou partager) un mp3 ou une série télé fait de nous des criminels endurcis (souvent récidivistes), méritant la prison, l’amende, ou tout du moins l’opprobre général de la société (nous mettant du coup dans le même sac que les meurtriers, les voleurs, les faussaires, les plagiaires, et autres escrocs) — je vais prendre le temps ici d’expliquer ce que j’avance. On fera un peu d’histoire, un peu d’argumentatif que tout le monde peut suivre, je ferai intervenir quelques témoins, on regardera quelques chiffres. Je m’efforcerai de nommer les mythes que nous servent au petit-déjeûner les apôtres d’un droit d’auteur conçu pour le monde des objets physiques, et nous les regarderons ensemble s’écrouler sous le poids de la réalité numérique d’aujourd’hui. (Oui, “mythe” c’est un peu plus diplomatique que “mensonge”.)

Ce n’est pas gagné d’avance:

  • le lavage de cerveau à fonctionné — à force de répéter les choses, les gens finissent par y croire
  • les raisonnements et les statistiques n’ont que peu de poids face à un adversaire qui manipule l’émotionnel
  • la loi reste la loi, et le non-respect du droit d’auteur est illégal.

Mais ne nous décourageons pas. En répétant à notre tour, on peut espérer se faire entendre par nos concitoyens.

Mythe #1: “pirater, c’est voler”

Voler, c’est prendre à quelqu’un par la force ou l’astuce quelque chose que celui-ci possède, pour se l’approprier. Comme l’illustre bien le dessin ci-dessus, la copie (illégale) de fichiers, ce que l’on nomme “piratage”, n’enlève rien à qui que ce soit (ce point sera développé plus loin pour ce qui est de la perte d’une “vente potentielle”). En piratant un fichier (que cela soit de la musique, un film, une photo, ou un logiciel), on entre effectivement en possession de quelque chose auquel on n’aurait “pas droit”. Mais le parallèle avec le vol s’arrête là.

Tenter d’enfoncer dans le crâne d’honnêtes citoyens que le piratage est l’équivalent du vol, c’est une exploitation manipulatrice des mots. En fait, je pense qu’on peut carrément dire que c’est un mensonge. Diriez-vous que faire la photocopie intégrale d’un livre à la bibliothèque, c’est la même chose que le voler?

Pour illustrer un peu plus avant ce point, j’aimerais prendre ce témoignage donné par Tim O’Reilly, l’éditeur bien connu.

Consistent with my observation that obscurity is a greater danger than piracy, shoplifting of a single copy can lead to lost sales of many more. If a bookstore has only one copy of your book, or a music store one copy of your CD, a shoplifted copy essentially makes it disappear from the next potential buyer’s field of possibility. Because the store’s inventory control system says the product hasn’t been sold, it may not be reordered for weeks or months, perhaps not at all. I have many times asked a bookstore why they didn’t have copies of one of my books, only to be told, after a quick look at the inventory control system: “But we do. It says we still have one copy in stock, and it hasn’t sold in months, so we see no need to reorder.” It takes some prodding to force the point that perhaps it hasn’t sold because it is no longer on the shelf.

Tim O’Reilly

Ce qu’explique Tim, c’est que le vol a l’étalage a des conséquences que l’on ne voit pas immédiatement: le système de gestion d’inventaire de la librairie indique qu’un ouvrage est en stock et n’a pas été vendu depuis des mois, alors qu’en fait il manque dans le magasin suite à un vol. Combien de ventes perdues?

La confusion au niveau des termes employés va encore plus loin: parler de piratage pour la copie illicite de fichiers, c’est déjà noircir le tableau. A la base, le piratage, c’est la contrefaçon. La contrefaçon consiste à reproduire des biens (montres, sacs, CDs, DVDs, habits de marque…) pour ensuite le revendre et en tirer profit. La plupart du temps, ceux qui téléchargent de la musique sur le net ne le font pas pour la revendre — c’est simplement pour se la procurer.

File sharing is not piracy.

(Et puis bon, parler de piratage pour de la contrefaçon… c’est aussi très discutable.)

Je résume: il y a clairement manipulation en ce qui concerne le vocabulaire utilisé pour parler de ces questions. Le partage et la copie de fichiers, dans la plupart des cas, ce n’est pas de la contrefaçon (personne ne vend quoi que ce soit). Et le partage ou la copie de fichiers, dans tous les cas, ce n’est pas du vol. Ces amalgames servent à faire paraître le crime plus grave qu’il ne l’est.

Manquer de respect aux droits d’auteur ou à la propriété intellectuelle (une autre notion discutable, voir plus bas), comme lorsque l’on photocopie en douce un livre à la bibliothèque, grave en vitesse un CD qu’on nous a prêté, ou télécharge de la musique ou des films “trouvés” sur internet, ce n’est pas un crime du même acabit que détrousser une petite vieille, piquer dans la caisse ou au supermarché du coin, ou braquer une banque.

Je redonne la parole à Tim O’Reilly pour qu’il nous donne sa perception de la copie illégale de fichiers, en tant qu’éditeur:

And overall, as a book publisher who also makes many of our books available in electronic form, we rate the piracy problem as somewhere below shoplifting as a tax on our revenues.

Tim O’Reilly

…une taxe progressive sur leur revenu, et un problème moins grave que le vol à l’étalage.

Mythe #2: chaque copie téléchargée représente la perte d’une vente

Qu’est-ce qu’on l’entend, celui-là! Comment peut-on en toute bonne foi prétendre que chaque personne qui télécharge gratuitement un fichier sur internet aurait été prête à acheter ce même fichier (ou une version bridée de celui-ci, merci les DRM) au prix fort? Ce n’est tout simplement pas vrai.

Il ne faut pas négliger le pouvoir de la gratuité: elle incite à essayer, à prendre des risques, à se procurer ce dont on n’a pas besoin. Jules passera des heures à télécharger des séries télé… mais peut-on honnêtement imaginer qu’il les aurait achetées s’il ne les avait pas téléchargées, avec son budget d’étudiant?

Ça me scandalise que ce soit ce genre de calcul fallacieux qui serve de base à des estimations de dommages-intérêts en cas de procès.

Une illustration — puisque l’on sait que les histoires valent tous les raisonnements et les chiffres:

A while ago a teacher told me that she didn’t use a chapter of my book Small Pieces Loosely Joined because she didn’t want to ask her students to buy the entire volume. She should have instead freechased the chapter by printing up some copyright-bustin’ copies. Since she wasn’t going to buy the book, she wouldn’t have been depriving me or my publisher of any money. And freechasing the chapters would have created some value: She obviously thought it would have some salutary effect on the students (presumably as they sharpened their logical skills by ripping it to shreds), and it’d be in my long term interest to have students introduced to my writing.

David Weinberger

David Weinberger, auteur de plusieurs livres, raconte qu’une prof lui a avoué avoir renoncé à utiliser une partie de l’un de ses livres dans son cours, car elle ne voulait pas demander à ses étudiants d’acheter le livre entier pour cela. David dit qu’elle aurait simplement dû photocopier le chapitre en question. Puisqu’elle n’avait pas l’intention d’acheter les livres, en faisant cela elle ne prive ni David ni son éditeur d’un quelconque revenu. Il ajoute qu’en plus, en faisant cela, tout le monde y gagnait: clairement, elle pensait que ses étudiants gagneraient à étudier ce texte, et David et son éditeur gagnaient à ce que les étudiants aient un contact avec son livre, qui, un jour, mènerait peut-être à une vente — qui sait.

Cela nous amène au corrolaire de la destruction de ce mythe: et si, en plus de ne pas priver le détenteur des droits d’auteur d’une vente, le partage de fichiers était susceptible d’en générer? C’est ce que démontre une récente étude hollandaise sur la question (notons que ce n’est pas nouveau: des conclusions similaires déjà en 2002…).

Ajoutons à ces études un peu de logique primaire: comme le dit Tim O’Reilly, l’ennemi numéro un d’un artiste ou d’un auteur aujourd’hui, c’est l’obscurité:

For all of these creative artists, most laboring in obscurity, being well-enough known to be pirated would be a crowning achievement. Piracy is a kind of progressive taxation, which may shave a few percentage points off the sales of well-known artists (and I say “may” because even that point is not proven), in exchange for massive benefits to the far greater number for whom exposure may lead to increased revenues.

Tim O’Reilly

Le partage de fichiers a un pouvoir extraordinaire: celui de faire connaître. Depuis toujours, on fait des cassettes de compilations pour des amis, on fait écouter ses disques aux invités. La copie de fichiers est l’équivalent numérique de ces comportements. J’ai découvert Michel Sardou et Jean-Jacques Goldman parce qu’une de mes amies d’école m’avait fait des cassettes (illégales). J’ai croché sur Elton John, et plus tard, acheté plusieurs de ses albums, parce que j’avais fait une copie (illégale) d’un CD de lui que mon père avait emprunté. Et je ne vous ferai pas la liste des artistes que j’ai découverts grâce à de la musique téléchargée (illégalement) sur internet — et dont j’ai fini par acheter des CDs, et même, dans un cas, un livre.

Rien de nouveau sous le soleil: tout ce qui change, c’est l’échelle. Question d’échelle qui rend douloureusement visible le fait que l’industrie de la musique est basée sur une économie de la rareté — système qui ne tient simplement plus la route dans un monde numérique.

Mythe #3: les artistes sont des gens qui vendent des CDs

Ce mythe-ci, je le trouve carrément insultant pour les artistes. Non mais, franchement. Pourquoi diable vendre des CDs serait-ce la seule façon pour un musicien ou un chanteur professionnel de se réaliser dans la société d’aujourd’hui? Un artiste, c’est tellement plus qu’un fabricant de CDs.

Les vendeurs de CDs, ce sont les maisons de disques. Et si on creuse un peu, on imagine qu’à l’origine, la maison de disques qui produisait l’artiste lui était utile, car les disques étaient le moyen le plus pratique de diffuser et faire connaître sa musique. Maintenant, un disque c’est un objet matériel — il faut donc bien le faire payer.

Mais aujourd’hui? De moyen, le CD est devenu une fin. Alors qu’en somme, internet offre un moyen bien plus économique de se faire connaître. Alors certes, on renonce peut-être au revenu de la vente des CDs.

Mais qui exactement se fait de l’argent quand un CD est vendu? Je vous le donne en mille: principalement les maisons de disques. (Mais vous le saviez, non?)

Comment donc est-ce qu’on arrive encore à se faire avoir, en sachant cela, et avaler des énormités du genre “quand tu télécharges de la musique sur internet, tu pilles les artistes que tu aimes” (je cite de mémoire, mais il y avait une grande campagne d’affichage en ville il y a un an ou deux) — ou encore cette explication (mensongère, vous le verrez), trouvée sur le site de l’association suisse pour la lutte contre le piratage:

L’artiste vit des droits d’auteurs qu’il perçoit. C’est là son gagne-pain principal. Comme par définition sur des produits contrefaits il n’y a pas de droit d’auteur, les artistes sont totalement spoliés.

Appelons quelques témoins:

  • Courtney Love, qui en 2000 déjà sortait sa calculette et nous faisait les maths de la production d’un album à succès: un contrat de rêve avec 20% de royalties et un million d’avance, pour un groupe de quatre artistes, finit par laisser à chacun 45000$ avec lesquels vivre durant un an; le disque se vend à un million d’exemplaires, mais entre les frais de promo et l’avance à rembourser, il ne restera rien.
  • Steve Albini (producteur de “In Utero” de Nirvana) sort aussi sa calculette pour nous montrer à quel point le contrat avec la maison de disques est une forme moderne de servage; les artistes finissent avec presque rien, alors que “l’industrie” fait des millions.
  • Pascal Nègre nous avoue qu’un disque d’or touche 4000€ par mois… Une poignée d’artistes français, donc, mais qui affichent des revenus bien supérieurs. Pas difficile de deviner d’où vient leur revenu: concerts et “produits” dérivés.
  • Numérama, enfin, découpe le gâteau et nous dit où va l’argent dépensé lors de l’achat d’un CD (pas de surprise de ce côté-là).

Je résume? Si les artistes sont perdants, c’est parce que les maisons de disques ont conçu le système pour qu’ils le soient. Et si vraiment le téléchargement de MP3 sur internet était responsable de la chute des ventes de CDs… ce sont les maisons de disques qui perdent gros, pas les artistes. Qu’on arrête de nous raconter des salades et qu’on appelle un chat un chat — ils ont bon dos, les artistes.

(Et on apprend d’ailleurs de la bouche de la Suisa que les pertes sur les redevances de CDs ont été compensées par celles des concerts… Tiens, tiens!)

Mythe #4: la chute des ventes de CDs est imputable au téléchargement illégal

On le sait tous: si les maisons de disques (et donc les musiciens) vendent moins de CDs, c’est à cause des vilains pirates qui partagent (et téléchargent) gratuitement et illégalement de la musique en ligne (on devrait d’ailleurs aussi leur faire porter le chapeau pour la mort du vinyle et des cassettes audio et vidéo). N’est-ce pas?

Eh bien, cela reste à prouver:

  • Le CD est maintenant en concurrence avec une pléthore d’autres formes de divertissement (DVD à l’achat ou la location, jeux vidéo, connexion internet, téléphone mobile, concerts, cinéma, manifestations sportives…) — si j’ai un budget “divertissements”, est-ce qu’acheter un CD est vraiment la meilleure façon de dépenser mon argent (que je puisse ou non me procurer de la musique gratuitement en ligne)?
  • Les baladeurs CD ont été remplacés par les lecteurs MP3. 12 titres sur un CD, des milliers sur un iPod. Le format CD est-il encore attractif, et pire, a-t-il encore une raison d’être?
  • Fin 2002, les principales maisons de disques américaines ont été reconnues coupables d’avoir maintenu artificiellement haut les prix des CDs. Et si c’était ce genre de pratique qui décourageait les acheteurs, dès qu’il existe d’autres alternatives?
  • Entre 2000 et 2001, la vente de CDs de contrefaçon a augmenté de 50% (4.3 millions de dollars pour 650 millions de CDs). N’est-ce pas là un problème sur lequel il mériterait de s’attarder? Cf. mes remarques plus haut sur la distinction entre le partage gratuit de fichier et la contrefaçon…
  • La variété des artistes mis en avant par les maisons de disques (albums publiés, radios, vidéos sur MTV) diminue. Par exemple, en 2000, l’industrie du disque a sorti 25% d’albums en moins que l’année précédente. Alors, blâmer la diminution des ventes de 10% sur les méchants pirates, c’est un peu limite.

Un peu plus près de nous dans le temps (je sais, je vous sers des vieilleries, mais à voir comme l’industrie et les autorités restent crispés sur leurs positions en ce qui concerne ce sujet, cela n’a pas grande incidence):

  • Durant le fameux procès The Pirate Bay, le Prof. Roger Wallis a pris la barre pour témoigner de l’absence de lien entre le partage de fichiers et le déclin des ventes.
  • L’étude hollandaise déjà mentionnée plus haut, qui semble montrer que le partage de fichiers encourage plutôt l’achat dans son ensemble.

Quelques articles que je vous conseille (certains sont les sources des points ci-dessus):

L’industrie du disque est une industrie basée sur la rareté des objets physiques. A l’époque où le seul moyen de distribuer de la musique, c’est de la mettre sur un support physique, de l’expédier à travers le pays dans des avions ou des camions, alors oui, il faut payer ceux qui investissent pour rendre cela possible.

Mais cette époque est révolue. On passe d’une économie de la rareté à une économie de l’abondance. Dans un environnement numérique, le partage multiplie les biens, alors que dans un environnement physique, il les divise. Peut-être que le vrai coupable, dans la chute des ventes de CD, c’est simplement le fait de vouloir s’accrocher à tout prix à un modèle économique qui n’a plus lieu d’être le seul possible pour la distribution de la musique.

Mythe #5: on est tous des criminels

Une des conséquences de cet amalgame malhonnête du partage de fichiers avec le vol, c’est une criminalisation de ceux qui pratiquent le téléchargement. Est-ce que toute personne qui viole une loi est un criminel? Si on veut être littéraliste, peut-être que oui — j’avoue ne pas être une spécialiste des nuances juridiques (crime, délit, infraction… et comment nomme-t-on les personnes qui en sont coupables?)

Je sors mon chapeau de linguiste. Regardons un peu les connotations des mots.

  • quelqu’un qui braque une banque, viole ou tue quelqu’un: un criminel
  • quelqu’un qui détrousse des passants, cambriole des appartements: un criminel
  • quelqu’un qui trafique les comptes de sa société, puise dans la caisse, escroque autrui: un criminel
  • quelqu’un qui crée des biens de contrefaçon et en vit: un criminel
  • quelqu’un qui fait un excès de vitesse?
  • quelqu’un qui “oublie” certains revenus en remplissant sa déclaration d’impôts?
  • un mineur qui achète de l’alcool?
  • quelqu’un qui photocopie un livre à la bibliothèque, ou copie un CD qu’on lui a prêté?
  • quelqu’un qui tond son gazon un dimanche (on est en Suisse)?
  • quelqu’un qui échappe à BILLAG?
  • un randonneur en tenue d’Adam (ou d’Eve)?

J’espère qu’il est clair, par cette liste d’exemples, que toute infraction à la loi n’a pas le même poids. Je doute que quiconque envisage d’appeler “criminel” une personne qui fait un (ou même plusieurs) excès de vitesse, ou photocopie un livre à la bibliothèque. Car si c’était le cas, nous serions tous des criminels (que celui qui n’a jamais enfreint la loi se dénonce).

Revenons à ce qui nous intéresse, le partage de fichiers. Voici quelques chiffres:

J’aurais pu creuser plus pour trouver encore d’autres chiffres (utilisez les commentaires si vous en avez), mais ceux-ci suffisent à vous donner un ordre de grandeur. En somme, si toutes les personnes partageant des fichiers sont des criminels, on criminalise la société — et ça… ça ne tient pas debout.

La loi suit l’évolution de la société et s’y adapte. Si on se retrouve dans la situation où l’application d’une loi rendrait la majeure partie d’une société criminelle, je pense que c’est plutôt la loi et son application qu’il faut repenser, plutôt que s’obstiner à la tâche (impossible) de son application et criminaliser la société.

Mythe #6: on peut être “propriétaire” d’une idée

Si on creuse, tout le débat autour du partage de fichier prend ses racines dans la propriété intellectuelle. Si l’on admet les malhonnêtés des uns et les manipulations des autres, la soif de profit d’une industrie en perte de vitesse… reste la question que l’on trouve normal qu’une personne qui crée quelque chose puisse en retirer un profit.

Et je vous rassure tout de suite, je ne prône nullement l’abolition de la propriété intellectuelle ou du droit d’auteur (je suis moi-même une personne qui “crée”, et j’avoue que l’idée de pouvoir en vivre au moins partiellement me plaît bien). Cependant, il faut bien avouer qui si l’on met côte-à-côte les lois et principes régissant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur avec internet, ses possibilités technologiques, et la culture qui en est née, ça coince.

La racine du problème est la notion un peu naïve (et erronée) que l’on peut être “propriétaire” d’une idée. Les idées veulent être libres: une fois qu’on laisse une idée hors de sa tête, en la partageant sous quelque forme que ce soit, on ne peut plus la reprendre. On ne peut pas non plus s’en défaire. La nature même de l’idée est de se propager d’une personne à l’autre, sans que rien ne puisse la contrôler.

J’aimerais citer à ce sujet-là Thomas Jefferson:

If nature has made any one thing less susceptible than all others of exclusive property, it is the action of the thinking power called an idea, which an individual may exclusively possess as long as he keeps it to himself; but the moment it is divulged, it forces itself into the possession of everyone, and the receiver cannot dispossess himself of it. Its peculiar character, too, is that no one possesses the less, because every other possesses the whole of it. He who receives an idea from me, receives instruction himself without lessening mine; as he who lights his taper at mine, receives light without darkening me. That ideas should freely spread from one to another over the globe, for the moral and mutual instruction of man, and improvement of his condition, seems to have been peculiarly and benevolently designed by nature, when she made them, like fire, expansible over all space, without lessening their density at any point, and like the air in which we breathe, move, and have our physical being, incapable of confinement or exclusive appropriation. Inventions then cannot, in nature, be a subject of property.

Thomas Jefferson, cité dans Embrace File-Sharing or Die

Pour protéger les oeuvres de l’esprit, dans un monde où leur expression a un coût, on protège ces expressions. La propriété intellectuelle, en fait, donne le droit de protéger l’expression d’une oeuvre ou d’une innovation — mais non celle-ci en elle-même. Je peux contrôler qui crée et distribue des copies de mon livre dans le monde physique, mais je peux très difficilement contrôler qui y a accès (une fois mis en circulation, le livre peut tomber entre les mains de n’importe qui). Avec un brevet, je peux contrôler qui a le droit de réaliser et de commercialiser mon innovation, et à quelles conditions.

Les lois de propriété intellectuelle protègent les expressions et non les oeuvres de l’esprit elles-mêmes. Si vous lisez l’anglais, filez lire du début à la fin The Economy of Ideas, écrit par l’ancien parolier des Grateful Dead. Il explique ces choses bien mieux que je ne le pourrai.

Donc, toutes ces lois vont très bien dans un monde où la production et la distribution des expressions d’oeuvres de l’esprit ont un coût. Elles ont même été initialement mises en place pour encourager les auteurs de telles oeuvres à les partager avec le monde. Par exemple, pour encourager un éditeur à investir dans un auteur, prendre le risque (financier) de faire imprimer des tas de bouquins et les distribuer, l’état lui garantit une certaine protection (l’exclusivité) durant un certain temps. Idem avec la musique.

The framers [of copyright law] understood that the state-created property monopoly of copyright was justifiable only to the extent that it would “promote the progress of Science and the Useful Arts.” It created therefore a fixed, and originally very short, period of time in which one might sell copies of one’s works with state protection. Without this protection, in the nature of intellectual things, piracy was naturally rampant. After authors have been given a decent interval to exploit their property, the monopoly to the work is ended, and the work may be reabsorbed into the culture at large, be remixed into new works, for the public benefit for the rest of time: hence the name “Public Domain” which refers to the domain of this public good.

Against Perpetual Copyright — Lessig Wiki

Je résume: le droit d’auteur est là pour encourager la diffusion de l’oeuvre, et non l’empêcher. Sans droit d’auteur, l’état naturel des oeuvres de l’esprit est un état de “piraterie”.

A l’heure où l’expression et la diffusion des ces oeuvres de l’esprit sous forme numérique ne coûte à peu près plus rien, il est clair que l’attirail juridique en rapport a besoin d’être repensé. Si diffuser une oeuvre ne nécessite plus d’investissement significatif, s’il n’y a plus de prise de risque, a-t-elle encore besoin d’une pareille protection?

Je précise en passant que ceci n’a rien à voir avec la reconnaissance de celui à l’origine de l’oeuvre. Je vois souvent des gens confondre “droit d’auteur” (= je peux contrôler la diffusion de mon oeuvre) et “crédit” (=on reconnait que je suis l’auteur de cette oeuvre) — l’ennemi du crédit étant le plagiat, qui est une toute autre histoire, que je trouve complètement condamnable.

Si on accepte qu’on ne puisse pas être “propriétaire” d’une idée, qu’on ne peut plus, à l’ère numérique, contrôler la diffusion des choses qu’on rend publiques (c’est ce que j’explique aux ados), se pose donc la question: comment le créateur d’oeuvres de l’esprit gagne-t-il sa vie?

Je vous renvoie à l’article The Economy of Ideas, qui explore l’importance du contact direct (on retrouve ici un lien avec le mythe #3): concerts et autres “performances”, produits dérivés…

One existing model for the future conveyance of intellectual property is real-time performance, a medium currently used only in theater, music, lectures, stand-up comedy, and pedagogy. I believe the concept of performance will expand to include most of the information economy, from multicasted soap operas to stock analysis. In these instances, commercial exchange will be more like ticket sales to a continuous show than the purchase of discrete bundles of that which is being shown. The other existing, model, of course, is service. The entire professional class – doctors, lawyers, consultants, architects, and so on – are already being paid directly for their intellectual property. Who needs copyright when you’re on a retainer? In fact, until the late 18th century this model was applied to much of what is now copyrighted. Before the industrialization of creation, writers, composers, artists, and the like produced their products in the private service of patrons. Without objects to distribute in a mass market, creative people will return to a condition somewhat like this, except that they will serve many patrons, rather than one.

John Perry Barlow dans The Economy of Ideas

On peut se consoler en se rappelant que ceci n’est qu’un retour à l’état des choses d’avant l’industrialisation de la création.

Mythe #7: c’est la fin du monde! au secours!

Bon, j’avoue, ce dernier mythe je l’ai ajouté principalement pour le plaisir de taper sur ceux qui s’amuse à faire de l’alarmisme (vous savez que c’est un de mes dadas).

N’empêche: les hurlements de fin du monde d’une industrie installée “confortablement” sur le pont d’un bateau en train de couler prêteraient à rire, s’ils n’étaient pas l’indice d’une myopie historique effrayante. Je vous ai dit au début de cet article que ce contre quoi je m’élève ici, c’est la malhonnêteté intellectuelle dans ce débat, et le mépris de l’histoire en fait partie.

Le partage de fichiers n’est pas la première révolution que connaît l’industrie du disque et du film: l’apparition des cassettes audio, des enregistreurs vidéo, des graveurs CD, de la radio (allez d’ailleurs voir à ce sujet The Boat That Rocked — premièrement c’est un excellent film, deuxièmement la problématique des radios pirates des années 60 n’est pas sans rappeler le sujet qui nous occupe ici).

Et avant cela, en parlant de révolutions, c’est simplement l’apparition du support enregistré qui a révolutionné le monde du théâtre et de la musique (je les entends d’ici: “quelle plaie, ces enregistrements, plus personne ne viendra me voir pour écouter ma musique!)

Les modèles commerciaux ont changé, mais la musique et l’art survivent. Internet est une opportunité incroyable pour quantité d’artistes qui jamais n’arriveraient à intéresser les gros de l’industrie. Il n’a jamais été aussi facile de laisser son art trouver un public.

Et à côté de ça, vous avez les majors schizophrènes, comme Sony, qui tentent d’un côté de profiter de l’explosion du téléchargement musical et des nouvelles opportunités de développement commercial qu’elle présente, et d’un autre côté, qui s’aggrippent aux DRM et aux droits d’auteurs en tant que membre de la RIAA:

As a member of the Consumer Electronics Association, Sony joined the chorus of support for Napster against the legal onslaught from Sony and the other music giants seeking to shut it down. As a member of the RIAA, Sony railed against companies like Sony that manufacture CD burners. And it isn’t just through trade associations that Sony is acting out its schizophrenia. Sony shipped a Celine Dion CD with a copy-protection mechanism that kept it from being played on Sony PCs. Sony even joined the music industry’s suit against Launch Media, an Internet radio service that was part-owned by – you guessed it – Sony.

Les lois aussi s’insèrent dans un contexte historique. Elles ont été écrites pour répondre à un besoin ou à un problème. Quand la société change et que les lois finissent par être détournées de leur raison d’être première, il est temps de se mettre au travail et de repenser les choses en profondeur.

Conclusion

Si vous avez lu cet article en entier, chapeau — j’ai perdu la trace du temps que j’ai mis à le rédiger, mais cela se compte en jours. Je vous invite à laisser un commentaire, je serais ravie d’avoir des retours. Je ferai de mon mieux pour y répondre.

Si je devais reprendre ici les points les plus importants de mon argumentation, je dirais ceci:

  • il y a un problème de terminologie dans ce débat qui brouille les cartes de façon délibérée (partage de fichiers / piratage / contrefaçon / vol) et criminalise une pratique répandue et plus innocente qu’on voudrait le faire croire (penser “photocopier un livre/article à la bibliothèque”)
  • les intérêts des artistes et de l’industrie ne sont pas aussi liés que ce que celle-ci voudrait nous faire croire (les artistes ont autre chose dans le ventre qu’être des vendeurs de disques)
  • sans vouloir abolir la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, il est temps de les repenser soigneusement à la lumière du numérique (en mettant peut-être les intérêts de la culture et des citoyens devant ceux d’une industrie à brasser des milliards)
  • la chute des ventes des CDs n’est pas clairement une conséquence du partage de fichiers (il semblerait même, au contraire, que celui-ci stimule l’achat)
  • un fichier téléchargé illégalement n’est pas équivalent à une vente perdue (quelqu’un en doute encore?)

Et finalement, cerise sur le gâteau, les décideurs souffrent d’un déficit effrayant de culture numérique et ne saisissent souvent pas les conséquences des lois qu’ils passent (ou tentent de faire passer). Il est certes plus facile d’écouter les cris de l’industrie et de traiter le partage de fichiers comme de la contrefaçon, phénomène concret avec lequel on est déjà familier.

(Et là, je me dis qu’en plus de vous recommander de lire le livre L’âge de peer d’Alban Martin… je devrais aussi finir de le lire moi-même!)

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Non à la traque des adresses IP par Logistep

[en] The Swiss "Tribunal Administratif Fédéral" has just authorized Logistep to continue collecting IP addresses of P2P users. Gah. Last year, their activities were deemed illegal, but this has now changed, as the TAF overruled the official representing Swiss people's privacy rights.

They're going to appeal, but in the meantime, here's the Facebook group to join.

Si vous avez comme moi vu les manchettes de 20minutes hier, vous savez qu’un étape de plus a été franchie dans la criminalisation et la répression du partage de fichiers sur internet. Pour cela, le Tribunal Administratif Fédéral a désavoué le préposé à la protection des données, qui avait exigé l’an dernier que la société Logistep cesse de traquer les adresses IP des internautes mettant à disposition des fichiers via les réseaux P2P, faute de base légale.

Je cite: “la fin justifie les moyens” (la fin, ici, donc, c’est “lutter contre le piratage”).

En attendant que j’aie fini de rédiger mon gros article intitulé “Pirater n’est pas voler, en sept mythes” (je m’y suis remise), je vous invite à rejoindre le groupe Facebook Non à la traque des adresses IP par Logistep et à y inviter vos amis.

On sait déjà que le préposé à la protection des données fera recours (ouf). (Dire qu’on riait doucement des français et de leurs démêlés avec Hadopi.)

Il fait aussi bon de le rappeler: P2P ne rime pas avec “téléchargement illégal”. On peut utiliser le P2P pour télécharger des choses complètement légales.

Je retourne à ma rédaction!

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De la lecture des blogs

[en] I'm not a regular blog reader. I check a small handful of blogs religiously, and that's (with one or two exceptions) because they belong to close friends. I go on blog-reading binges, either person-centred ("well, I wonder what such-and-such has written about lately, or how she is doing") or topic-centred (digging deeper into an issue, or trying to solve a problem I'm facing).

Do you find it paradoxical for a blogger to not have a "blog subscriber" profile?

Ça m’embarrasse parfois un peu qu’à cause de ma réputation en tant que blogueuse, on parte du principe que je suis une lectrice de blogs assidue.

Bien sûr, je lis des blogs. Mais pas comme certains.

Je n’ai pas une liste de blogs que je lis religieusement. J’ai un lecteur RSS (j’aime Google Reader, et encore mieux, feedly) mais depuis six à huit mois, j’avoue que je l’ai à peine ouvert.

Il y a une poignée de blogs appartenant à des amis proches que je lis régulièrement. Ce sera peut-être vexant pour certains, mais les blogs que je lis, je les lis plus parce que j’ai une relation personnelle avec leur auteur, que parce que leur contenu me faisait revenir (quelques exceptions notables: Kathy Sierra, Zeldman, Tom Reynolds).

Pourtant, je lis des blogs. Mais comment?

De temps en temps je fais une crise de lecture. Il y en a deux sortes:

  • les thématiques
  • les personnelles.

Les crises de lectures “personnelles” (ou centrées sur la personne) sont de l’ordre de “oh, je me demande ce que devient tel et tel, ou ce qu’il a écrit récemment, hop, un petit tour sur son blog”.

Le problème avec les blogs (enfin, je dis ça, mais c’est une de leurs qualités) c’est qu’une fois qu’on commence à lire, on n’en finit pas. On suit un lien qui nous emmène ailleurs, on plonge dans les archives, bref, parfois, une heure plus tard, je lis encore.

Ou bien du coup, je me mets à rédiger un billet sur un sujet qui m’aura interpellé.

Quant aux crises de lecture “thématiques”, je pars sur un sujet qui m’intéresse (souvent lié à un problème à résoudre ou un enjeu concret dans mon présent, mais pas forcément), et je fais du blog-hopping pour en faire le tour. Google, Technorati, articles en rapport, tout y passe.

En résumé, je n’ai pas le profil “abonné” ou “lecteur fidèle”, mais plutôt “butineuse” voire “boulimique”. Twitter a en grande partie remplacé mon lecteur RSS, même si celui-ci n’est pas mort.

Et vous, comment lisez-vous les blogs? Trouvez-vous paradoxal qu’on soit blogueur mais non lecteur régulier d’autres blogs? A plus forte raison si l’on prêche, comme c’est mon cas, que la lecture de blogs est indispensable à leur écriture? Est-ce que je nage en plein paradoxe?

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Qwitted Qwitter After Less Than 24 Hours

[fr] Qwitter, un service qui vous dit quand on cesse de vous suivre sur Twitter. Très peu pour moi -- je viens de le désactiver après moins de 24 heures de service. Non pas que je ne "supporte" pas l'idée qu'on puisse cesser de me suivre (bon dieu non, c'est plutôt que je ne saisis pas ce que 1500 personnes y trouvent à recevoir quotidiennement mes mises à jour) -- mais simplement parce que j'évite d'ajouter à ma vie déjà suffisamment angoissée des sources de "négativité", comme la consommation d'indices de marchés boursiers ou de nouvelles télévisées ou non. (Il y a les gens qui ont des "problèmes d'angoisse", comme on dit, et il y a les autres. Ces derniers ont bien de la chance, et qu'ils s'abstiennent de commentaires simplistes, de grâce.)

I thought I’d try out Qwitter. Not that I’m that obsessed with who stops following me, but I thought it could be interesting to see when my Twitter behaviour made followers drop me.

Well, less than 24 hours later (and after only 2 people qwitting on me), I have decided to turn it off.

Of course, I know people unfollow me. But getting this kind of news in my inbox generates just about the same kind of “downs” as checking the stock market every 10 minutes (instead of once in a blue moon or even once a day) and watching the news on TV (instead of avoiding unnecessary focus on all the wrongs in this world).

So, no thank you, Qwitter. There are enough sources of anxiety in my life without me adding them just for fun.

“Anxiety” is a big word here of course — I mean, who cares about people unfollowing them on Twitter — but still, who has never felt the tiniest pang at losing something they had (or thought they had)? It’s quite clear from research out there (check out Predictably Irrational for example) that being given $1 and then having to hand it back leaves one slightly more unhappy than if one never had that dollar in hand in first place.

Of course, I could filter all the Qwitter e-mails into a folder and check on them only when I want to know when such-and-such stopped following me. But is it really worth the trouble?

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Entry-Level Diagnostic Quizz on eCulture

[fr] J'ai été approchée récemment par Théo Bondolfi de la fondation Ynternet.org, ce qui a débouché sur un premier mandat ou je sers "d'experte culture internet". Nous finalisons un Quizz eCulture de base (servant d'outil diagnostic avant de suivre un cours) mais voulons nous assurer qu'un tel travail n'a pas déjà été fait ailleurs. Jetez un oeil au document de travail pour le quizz (c'est un peu en chenit, vous êtes prévenus).

A week or so ago I was approached by Théo Bondolfi of the Ynternet.org foundation. It seems we are doing a lot of work in similar fields, though our worlds and networks are very alien to one another.

I’m still trying to wrap my head around how they work and what our differences in perspective are. Clearly, their involvement in international projects and high-level local politics is something I’m completely unfamiliar with, being more a product of the “startuppy-immersed” online culture myself. It’s also a very francophone world which is making me feel a little like a foreigner ;-)

A first small project I am collaborating on with them is the finalisation of an entry-level diagostic quizz on what they call eCulture, for ycampus. It’s basically a collection of 15-20 questions for beginners on online behaviours and social protocols allowing an optimal use of online tools.

The reason for this blog post is the following: though what we’re doing seems pretty basic, we haven’t been capable of laying our hands on anything similar already in existence. One would assume that this work has already been done somewhere, right?

Particularly as the time available to complete this project is quite limited, we’d like to make sure we’re not reinventing the wheel, here.

The final quizz will be published under a Free license. I’ve made our working document available to the public for reading, so feel free to have a peek if you understand enough French (it’s messy, consider yourself warned).

If you know of anything similar in the works or already published, please let me know.

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Communauté Coworking Léman

[en] In the process of gathering a community of people interested in coworking, in the Lake Geneva area. I have a concrete possibility of setting up a coworking space in Lausanne, but need comitted people to make it happen. Join the mailing-list and introduce yourself so we can talk about it. There is also a blog and a Facebook group you may join and tell your interested friends about.

Il existe depuis quelque temps une mailing-liste et un blog pour parler de coworking et partage de bureaux en région lémanique. Depuis cet après-midi, on a même un groupe sur Facebook. Si la question vous intéresse, rejoignez-nous!

D’où ça sort, tout ça? Petit retour en arrière.

En avril de l’an dernier (2007), je suis à Leeds et je m’apprête à faire la connaissance d’Imran Ali, découvert via un ami commun sur Twitter. Je feuillette ce que Chris Messina et Tara Hunt ont publié au sujet du coworking (je me prépare à aller passer un bon mois à San Francisco chez eux, donc je fais mes devoirs), et je réalise qu’Imran s’est inscrit sur la page Coworking Leeds du wiki. Amusante coïncidence.

Imran ouvrira, avec l’aide de Linda Broughton et le soutien de la Leeds Metropolitan University, l’espace de coworking met:space; c’est entre autres grâce à cette communauté que Going Solo prendra place le 12 septembre prochain à Leeds, dans le même bâtiment!

En mai de la même année, comme mon départ pour les USA se rapproche, je retourne me renseigner un peu sur mes hôtes (Chris et Tara), qui ont passablement contribué à populariser le principe du coworking, en particulier à travers leur espace de coworking Citizen Space. Je visite le site, je lis un petit peu, je découvre, j’aime, et je me dis: “ce serait cool d’avoir quelque chose comme ça à Lausanne.” J’envoie un petit mail très court à deux personnes, je m’inscris sur la liste de discussion coworking, mais ça s’arrête là.

En juillet, je suis à San Francisco (et peut-être même installée dans le canapé de Citizen Space!) quand Olivier écrit Et si on co-travaillait? — on est au moins deux à avoir le même genre de bonne idée à peu près au même moment… les temps sont mûrs en Suisse Romande, ou le seront bientôt. Quelques e-mails sont échangés, une poignée de vaudois sont intéressés, mais rien d’assez solide pour véritablement aller de l’avant.

Décembre de la même année, le sujet coworking revient brièvement sur le devant de la scène lors du premier Website Pro Day. On se retrouve à quatre chez l’un d’entre nous pour travailler chacun de son côté sur sa présence en ligne professionnelle (Website Pro Day!), et c’est vachement sympa. Donc on reparle de coworking. Dans la foulée, je crée un compte Basecamp et un wiki, qui péclotent un peu et finissent par se mourir, comme nos discussions sur le sujet (en tous cas en ce qui me concerne: je commence à être très prise par Going Solo).

Plus tôt cette année, dans les mois précédant Going Solo, il a semblé à deux reprises qu’un local pour y créer une communauté de coworking m’était tombé dans les bras. Réflexion faite, ce n’était pas réaliste, mais ces fausses alertes m’ont (sérieusement) relancée sur le sujet. D’autant plus que je me retrouvais sensibilisée à la problématique du travail en indépendant par la préparation de Going Solo.

Après la deuxième fausse alerte, j’ai décidé qu’il fallait commencer par se concentrer sur la communauté. Trouver un local, ce n’est pas le plus difficile. C’est trouver les gens, le problème. J’ai donc créé la liste de discussion par e-mail Coworking Léman ainsi que le blog associé, que j’anime seule pour l’instant mais que je voudrais également pouvoir remettre en d’autres mains.

Et là… il y a quelques semaines, bonne surprise: les 3 artistes/artisans (dont la céramiste Sylvie Godel) occupant les bureaux du rez inférieur de mon immeuble cherchent à remettre leur local. Il y a donc une possibilité concrète de coworking à Lausanne pour la fin de l’été ou cet automne.

Bon, fini l’histoire. En pratique?

Vous avez besoin d’un bureau de façon irrégulière — ou fixe — en compagnie d’autres personnes sympathiques, ouvertes à la collaboration et au partage, mais avec qui vous ne travaillez pas forcément?

Ça vous intéresse peut-être mais vous n’êtes pas vraiment sûr?

Vous travaillez principalement sur ordinateur ou chez vos clients?

Le coworking est peut-être pour vous.

Pour en savoir plus, inscrivez-vous à notre liste de discussion et envoyez si le coeur vous en dit un bref e-mail pour vous présenter et poser vos questions!

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Ressources for Parents and Teachers (ISL Talks on Social Networking)

[fr] Quelques liens, points de départ pour mes deux conférences plus tard dans la journée (parents et enseignants, au sujet des adolescents et des réseaux sociaux comme Facebook).

I’m giving two talks today at the ISL, one for teachers and another for parents, about teenagers and social networking (that the request was specifically for “social networking” makes me happy, because we’re finally moving away from the whole “blog” thing). I think we’re moving away further and further from the “internet as library” metaphor, and the “internet as city/village” image is the one that most people are starting to have.

I have already gathered many links with useful information all over the place, but I think it’s a good thing to collect some of them here for easier access. If you’re reading this not long after I posted it, you’ll find a whole series of quotes in my Tumblr, too.

General starting-points

Fear of sexual predators

This is by large the most important fear linked to teenagers and the internet. Thankfully, it is much exaggerated and no more of concern than fear of predators offline. Three starting-points:

The real issues

You’ll see that these are much less “newsworthy” than sexual predators.

  • privacy (in the sense of revealing too much about yourself or in an inappropriate context, which leads to embarrassement or social problems) — a look at Facebook privacy settings
  • permanence of online media
  • weakness of anonymity
  • misunderstanding of how online interactions affect communication and relationships (“chat effect”, flame wars…)
  • slide-show of a presentation I gave about the kind of mischief teenagers get upto on blogs (what I managed to lay my hands on, with screenshots — no fear, it’s pretty mild)
  • intellectual property (copyright)
  • necessary to move away from a model of “education through control” as everything is available at a click of a mouse (age-restricted content like porn, shopping, gambling)
  • rumors, hoaxes and urban legends (use snopes.com to debunk them)
  • bullying and many other unpleasant online phenomenons are also offline phenomenons, but sometimes less visible to adults; the core issue does not change — if these problems are addressed properly offline, then they will also be online
  • cyberaddiction is not common at all, despite what some articles might want to have you believe — unhealthy usage of the computer usually is not the problem in itself, but an element of a larger problem which needs to be addressed
  • the jury is still out on gaming — though it’s clearly not healthy to be spending too much time immersed in interactive virtual worlds when you’re learning to get to grips with reality, it seems that participating in multi-player online games can have a significant positive impact on ability to work in teams and solve problems creatively

Other links or comments

I will probably add to this article later on, following the requests made during the talks. If you want to suggest a topic or ask a question, feel free to do so in the comments.

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Reading the Ofcon Report on Social Networking: Stats, Stranger Danger, Perceived Risk

[fr] Le Daily Mail remet ça aujourd'hui, abasourdi de découvrir que les adolescents rencontrent "offline" des étrangers d'internet. Il va donc falloir que j'écrive le fameux billet auquel j'ai fait allusion dernièrement, mais avant cela, je suis en train de lire le rapport sur lequel se basent ces articles alarmés et bien-pensants.

Ce billet contient quelques commentaires sur la situation en général, ainsi que mes notes de lecture -- citations et commentaires -- du début de ce rapport de l'Ofcon.

I don’t know if I’ll get around to writing about the teen cleavage scare before the story goes completely cold, but in my endeavour to offer a balanced criticism of what’s going on here, I’m currently reading the Ofcon Social Networking Report which was released on April 2 and prompted this new wave of “think of the children” media coverage. The Daily Mail is at it today again, with the stunning and alarming news that teenagers are meeting “strangers” from the internet offline (big surprise). I find it heartening, though, that the five reader comments to this article as of writing are completely sensible in playing down the “dangers” regularly touted by the press and the authorities.

Here are the running notes of my reading of this report. I might as well publish them as I’m reading. Clearly, the report seems way more balanced than the Daily Mail coverage (are we surprised?) which contains lots of figures taken out of context. However, there is still stuff that bothers me — less the actual results of the research (which are facts, so they’re good) than the way some of them are presented and the interpretations a superficial look at them might lead one to make (like, sorry to say, much of the mainstream press).

Here we go.

Social networking sites also have some potential pitfalls to negotiate, such as the unintended consequences of publicly posting sensitive personal information, confusion over privacy settings, and contact with people one doesn’t know.

Ofcon SN Report, page 1

Good start, I think that the issues raise here make sense. However, I would put “contact with people one doesn’t know” in “potential pitfalls”. (More about this lower down.)

Ofcom research shows that just over one fifth (22%) of adult internet users aged 16+ and almost half (49%) of children aged 8-17 who use the internet have set up their own profile on a social networking site. For adults, the likelihood of setting up a profile is highest among 16-24 year olds (54%) and decreases with age.

Ofcon SN Report, page 5

This is to show that SNs are more popular amongst younger age groups. It makes sense to say that half of 8-17 year olds have a profile on SN site to compare it with the 22% of 16+ internet users or the 54% of 16-24 year olds. Bear in mind that these are percentages of internet users — they do not include those who do not go online.

However, saying “OMG one out of two 8-17 year olds has a profile on a SN site” in the context of “being at risk from paedophiles” is really not very interesting. Behaviour of 8 year olds and 17 year olds online cannot be compared at all in that respect. You can imagine a 16 year old voluntarily meeting up to have sex with an older love interest met on the internet. Not an 8 year old. In most statistics, however, both fall into the category of “paedophilia” when the law gets involved.

27% of 8-11 year olds who are aware of social networking sites say that they have a profile on a site

Ofcon SN Report, page 5

I’d like to draw you attention on the fact that this is 27% of 8-11 year olds who are aware of social networking sites.

Unless otherwise stated, this report uses the term ‘children’ to include all young people aged 8-17.

Ofcon SN Report, page 5

I don’t like this at all, because as stated above, particularly when it comes to concerns about safety one cannot simply lump that agegroup into a practical “children”, which plays well with “child abuse”. In the US, cases of “statutory rape” which might very well have been consensual end up inflating the statistics on “children falling victim to sexual predators online”.

Although contact lists on sites talk about ’friends’, social networking sites stretch the traditional meaning of ‘friends’ to mean anyone with whom a user has an online connection. Therefore the term can include people who the user has never actually met or spoken to. Unlike offline (or ‘real world’) friendship, online friendships and connections are also displayed in a public and visible way via friend lists. The public display of friend lists means that users often share their personal details online with people they may not know at all well. These details include religion, political views, sexuality and date of birth that in the offline world a person might only share only with close friends. While communication with known contacts was the most popular social networking activity, 17 % of adults used their profile to communicate with people they do not know. This increases among younger adults.

Ofcon SN Report, page 7

Right. This is problematic too. And it’s not just the report’s fault. The use of “friend” to signify contact contributes to making the whole issue of “online friendship” totally inpenetrable to those who are not immersed in online culture. The use of “know” is also very problematic, as it tends to be understood that you can only “know” somebody offline. Let’s try to clarify.

First, it’s possible to build relationships and friendships (even loves!) online. Just like in pre-internet days you could develop a friendship with a pen-pal, or kindle a nascent romance through letters, you can get to know somebody through text messages, IM, blog postings, presence streams, Skype chats and calls, or even mailing-list and newsgroup postings. I hope that it will soon be obvious to everybody that it is possible to “know” somebody without actually having met them offline.

So, there is a difference between “friends” that “you know” and “SN friends aka contacts” which you might in truth not really know. But you can see how the vocabulary can be misleading here.

I’d like to take the occasion to point out one other thing that bothers me here: the idea that contact with “strangers” or “people one does not know” is a thing worth pointing out. So, OK, 17% of adults in the survey, communicated with people they “didn’t know”. I imagine that this is “didn’t know” in the “offline person”‘s worldview, meaning somebody that had never been met physically (maybe the study gives more details about that). But even if it is “didn’t know” as in “complete stranger” — still, why does it have to be pointed out? Do we have statistics on how many “strangers” we communicate with offline each week?

It seems to me that because this is on the internet, strangers are perceived as a potential threat, in comparison to people we already know. As far as abuse goes, in the huge, overwhelming, undisputed majority of cases, the abuser was known (and even well known) to the victim. Most child sexual abuse is commited by people in the family or very close social circle.

I had hoped that in support of what I’m writing just now, I would be able to state that “stranger danger” was behind us. Sadly, a quick search on Google shows that I’m wrong — it’s still very much present. I did, however, find this column which offers a very critical view of how much danger strangers actually do represent for kids and the harmful effects of “stranger danger”. Another nice find was this Families for Freedom Child Safety Bulletin, by a group who seems to share the same concerns I do over the general scaremongering around children.

Among those who reported talking to people they didn’t know, there were significant variations in age, but those who talked to people they didn’t know were significantly more likely to be aged 16-24 (22% of those with a social networking page or profile) than 25-34 (7% of those with a profile). In our qualitative sample, several people reported using sites in this way to look for romantic interests.

Ofcon SN Report, page 7

Meeting “online people” offline is more common amongst the younger age group, which is honestly not a surprise. At 34, I sometimes feel kind of like a dinosaur when it comes to internet use, in the sense that many of my offline friends (younger than me) would never dream of meeting somebody from “The Internets”. 16-24s are clearly digital natives, and as such, I would expect them to be living in a world where “online” and “offline” are distinctions which do not mean much anymore (as they do not mean much to me and many of the other “online people” of my generation or older).

The majority of comments in our qualitative sample were positive about social networking. A few users did mention negative aspects to social networking, and these included annoyance at others using sites for self-promotion, parties organised online getting out of hand, and online bullying.

Ofcon SN Report, page 7

This is interesting! Real life experience from real people with social networks. Spam, party-crashing and bullying (I’ll have much more to say about this last point later on, but in summary, address the bullying problem at the source and offline, and don’t blame the tool) are mentioned as problems. Unwanted sexual sollicitations or roaming sexual predators do not seem to be part of the online experience of the people interviewed in this study. Strangely, this fits with my experience of the internet, and that of almost everybody I know. (Just like major annoyances in life for most people, thankfully, are not sexual harrassment — though it might be for some, and that really sucks.)

The people who use social networking sites see them as a fun and easy leisure activity. Although the subject of much discussion in the media, in Ofcom’s qualitative research privacy and safety issues on social networking sites did not emerge as ‘top of mind’ for most users. In discussion, and after prompting, some users in the qualitative study did think of some privacy and safety issues, although on the whole they were unconcerned about them. In addition, our qualitative study found that all users, even those who were confident with ICT found the settings on most of the major social networking sites difficult to understand and manipulate.

Ofcon SN Report, page 7-8

This is really interesting too. But how do you understand it? I read: “It’s not that dangerous, actually, if those people use SN sites regularly without being too concerned, and the media are making a lot of fuss for nothing.” (Ask people about what comes to mind about driving a car — one of our regular dangerous activities — and I bet you more people than in that study will come up with safety issues; chances are we’ve all been involved in a car crash at some point, or know somebody who has.) Another way of reading it could be “OMG, even with all the effort the media are putting into raising awareness about these problems, people are still as naive and ignorant! They are in danger!”. What will the media choose to understand?

The study points out the fact that privacy settings are hard to understand and manipulate, and I find this very true. In doubt or ignorance, most people will “not touch” the defaults, which are generally too open. I say “too open” with respect to privacy in the wide sense, not in the “keep us safe from creeps” sense.

This brings me to a comment I left earlier on an article on ComMetrics about what makes campaigns against online pedophiles fail. It’s an interesting article, but as I explain in the comment, I think it misses an important point:

There is a bigger issue here — which I try to explain each time I get a chance, to the point I’m starting to feel hoarse.

Maybe the message is not the right one? The campaign, as well as your article, takes as a starting point that “adults posing as kids” are the threat that chatrooms pose to our children.

Research shows that this is not a widespread risk. It also shows that there is no correlation between handing out personal information online and the risk of falling victim to a sexual predator. Yet our campaigns continue to be built on the false assumptions that not handing out personal information will keep a kid “safe”, and that there is danger in the shape of people lying about their identity, in the first place.

There is a disconnect between the language the campaigns speak and what they advocate (you point that out well in your article, I think), and the experience kids and teenagers have of life online (“they talk to strangers all the time, and nothing bad happens; they meet people from online, and they are exactly who they said they were; hence, all this “safety” information is BS”). But there is also a larger disconnect, which is that the danger these campaigns claim to address is not well understood. Check out the 5th quote in the long article I wrote on the subject at the time of the MySpace PR stunt about deleting “sex offenders’” profiles.

I will blog more about this, but wanted to point this out here first.

Yes, I will blog more about this. I think this post of notes and thoughts is long enough, and it’s time for me to think about sleeping or putting a new bandage on my scraped knee. Before I see you in a few days for the next bout of Ofcon Report reading and commentating, however, I’ll leave you with the quote I reference in the comment above (it can’t hurt to publish it again):

Now, on the case of internet sex crimes against kids, I’m concerned that we’re already off to a bad start here. The public and the professional impression about what’s going on in these kinds of crimes is not in sync with the reality, at least so far as we can ascertain it on the basis of research that we’ve done. And this research has really been based on some large national studies of cases coming to the attention of law enforcement as well as to large national surveys of youth.

If you think about what the public impression is about this crime, it’s really that we have these internet pedophiles who’ve moved from the playground into your living room through the internet connection, who are targeting young children by pretending to be other children who are lying about their ages and their identities and their motives, who are tricking kids into disclosing personal information about themselves or harvesting that information from blogs or websites or social networking sites. Then armed with this information, these criminals stalk children. They abduct them. They rape them, or even worse.

But actually, the research in the cases that we’ve gleaned from actual law enforcement files, for example, suggests a different reality for these crimes. So first fact is that the predominant online sex crime victims are not young children. They are teenagers. There’s almost no victims in the sample that we collected from – a representative sample of law enforcement cases that involved the child under the age of 13.

In the predominant sex crime scenario, doesn’t involve violence, stranger molesters posing online as other children in order to set up an abduction or assault. Only five percent of these cases actually involved violence. Only three percent involved an abduction. It’s also interesting that deception does not seem to be a major factor. Only five percent of the offenders concealed the fact that they were adults from their victims. Eighty percent were quite explicit about their sexual intentions with the youth that they were communicating with.

So these are not mostly violence sex crimes, but they are criminal seductions that take advantage of teenage, common teenage vulnerabilities. The offenders lure teens after weeks of conversations with them, they play on teens’ desires for romance, adventure, sexual information, understanding, and they lure them to encounters that the teams know are sexual in nature with people who are considerably older than themselves.

So for example, Jenna – this is a pretty typical case – 13-year-old girl from a divorced family, frequented sex-oriented chat rooms, had the screen name “Evil Girl.” There she met a guy who, after a number of conversations, admitted he was 45. He flattered her, gave – sent her gifts, jewelry. They talked about intimate things. And eventually, he drove across several states to meet her for sex on several occasions in motel rooms. When he was arrested in her company, she was reluctant to cooperate with the law enforcement authorities.

David Finkelhor, in panel Just The Facts About Online Youth Victimization: Researchers Present the Facts and Debunk Myths, May 2007

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