Les week-ends à Paris, je commence presque à avoir l’habitude. Je ne me perds plus dans la Gare de Lyon, je reconnais le Quai St-Michel, je traverse le Louvre d’un pas assuré pour aller faire un tour dans les jardins de Palais-Royal, et j’achète maintenant d’entrée un carnet de tickets de métro.
Le prétexte à cette escapade était le souper #echoes, organisé pour fêter le premier anniversaire du canal IRC où je traine depuis un peu moins d’un an. Je ne vous referai pas un compte-rendu factuel du souper lui-même avec liste des présents, le lien ci-dessus devrait suffir à assouvir votre curiosité.
J’avoue avoir eu une nette préférence pour la partie “restau” de la soirée, ce qui ne surprendra certainement personne qui me connaît un tant soit peu. Le bar, avec la fumée qui m’explose les yeux, l’alcool qui coule à flots, le bruit, le monde, et la fatigue irrépressible minuit passé (vu mon grand âge), c’est moins ma tasse de thé. Mais bon, c’était sympa tout de même
Comme on ne s’est pas privé de le dire, le problème des “grandes rencontres” (une trentaine de personnes au total) c’est leur superficialité. On ne fait qu’effleurer ces gens avec qui on a parfois un long historique de conversations en tête-à -tête et à coeur ouvert sur le net, et on reste un peu sur sa faim. Pour ma part (même si je ne regrette pas une seconde d’être venue, j’ai passé une bonne soirée!) je préfère clairement voir moins de gens et pouvoir leur parler plus longuement.
J’avais dit à Flaoua que je dormirais dans la baignoire s’il le fallait, lorsque sont apparus au programme des problèmes de place. Finalement, on n’en est pas passé loin, puisque les ronflements en concert de Fg, PatrikRoy et Kobal2 m’ont assez rapidement persuadée de ramasser mon lit de fortune pour m’installer dans la salle de bains, tout à fait spacieuse et habitable au demeurant. Le chat n’a pas tardé à me rejoindre pour têter mon bras et me bercer de son ron-ron.
On retiendra également le passeport de Kitof, resté sagement à la maison alors que son propriétaire comptait partir en Grèce le lendemain. Heureusement qu’il y a le TGV et que Lyon n’est qu’à deux heures de Paris…
J’ai bien fait de prendre mes rollers. J’ai réussi à les chausser chaque jour ou presque, et Paris est une ville joliment plate. Du coup, ça m’a donné le courage de mettre mes roues pour me rendre à mon entraînement de judo hier soir — et je peux vous assurer que les trottoirs lausannois sont bien plus lisses que ceux de Paris (même si l’avenue Daumesnil fait bien concurrence aux quais d’Ouchy, le lac en moins).
La sortie prévue samedi après-midi est littéralement tombée à l’eau. CourtJester a déclaré forfait pour une raison inconnue (nos enquêteurs travaillent encore sur l’affaire), et Kyz est resté muet à mes appels sms (on soupçonne qu’il a rencontré une jolie fille sur le chemin du retour la veille au soir). Kwyxz a répondu présent à l’appel, mais on a eu droit à une bonne roille qui a détrempé tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un trottoir. Inutile d’insister.
Il y a des jours où je hais mon téléphone mobile. Samedi a été l’un de ces jours. Alors que je me tâtais pour la suite (rejoindre ledit Kwyxz pour une partie de console, ou faire du tourisme-shopping), mon appareil chéri, qui subissait depuis peu des ralentissements fâcheux, m’a fait le coup du « Je peux plus ! Y a plus de place ! J’étouffe ! » avant de clairement planter et refuser toute tentative de redémarrage.
Je vous conseille, au moins une fois dans votre vie, de faire l’expérience de vous retrouver dans une ville étrangère sans un seul numéro de contact ni même l’adresse de la gentille personne qui vous héberge. Je peux vous dire que pendant une bonne heure, j’ai flippé. En gros, mon téléphone me disait clairement qu’à moins que je n’efface certain choses pour y faire de la place, il refuserait catégoriquement de démarrer et de me donner accès à mes numéros de téléphone. Bien entendu, pour faire de la place, j’avais besoin qu’il démarre… Merci Microsoft.
J’ai d’abord essayé France Telecom (Orange, non ?) en pensant qu’ils pourraient peut-être m’aider. Erreur. En plus, le gars était aimable comme une porte de grange. Direction la FNAC, avec l’idée d’acheter de téléphone le moins cher sur le marché pour qu’au moins je puisse être joignable. 109€. Me voilà donc en larmes au milieu des Halles, à me demander comment je vais me sortir de ce mauvais pas.
« Si je me retrouvais dans une situation similaire en Suisse, étrangère en rade dans une ville inconnue pour cause de téléphone grincheux, les gens auraient été beaucoup plus gentils et aidants que ces parisiens froids et antipathiques. » Que cela soit ou non vrai importe peu, mais dans ce genre de circonstances cette impression se fait insistante et enfonce encore un peu plus le moral. Bien sûr que l’on n’est jamais aussi bien que chez soi.
En y réfléchissant après coup, je me dis que ce qu’il manquait pour moi de la part de ces gens, c’était un peu d’empathie. De l’aide concrète, je ne sais pas s’ils pouvaient vraiment m’en apporter. Mais ils avaient une façon de me laisser complètement seule avec mon problème que j’ai trouvée brutale. Je pense qu’on est différents dans ma région, mais je me trompe peut-être.
Assise sur les marches quelque part près de la rue Saint-Denis, je retrouve mes moyens. Dans le pire des cas, j’irai chercher de l’aide sur IRC. J’essaie quand même de faire redémarrer mon téléphone une énième fois et… miracle ! C’est lent, je ne peux pas envoyer de messages, mais au moins, il est allumé. Je vous passe les détails de la chasse au café Internet, au sortir duquel j’appelle Kwyxz qui avait justement rendez-vous avec les personnes que je devais retrouver.
Une petite balade à roller plus tard, on rejoint les autres près de la Place Monge. La plupart disparaissent dans le sous-sol glauque et sombre d’un bar, alors qu’un petit groupe dissident prend racine au milieu de la place après avoir brièvement mais sans succès tenté de squatter deux tables sur une terrasse bien trop chère. Brut de pomme, lapin bleu, et téléphone récalcitrant nous tiennent compagnie. On finira par aller se gaver de pâtes chez Pasta Papa. La seule véritable victime de la soirée fut la voiture de Mr_Peer, kidnappée par les flics (rectification: par les lutins).
J’ai passé un dimanche plus tranquille. Partie pour faire la touriste, je renonce à prendre mes rollers (ce que je regretterai toute journée), je mange entre Odéon et Saint-Michel, réalisant que c’est dans ces rues mêmes que je me suis baladée avec Steph l’année passée. Direction l’autre rive de la Seine, passant en chemin devant la pizzeria de vendredi soir. Je viens de coller ensemble deux morceaux de Paris. Je flâne sur les quais, puis décide de continuer sur mes traces revoir les jardins de Palais-Royal avant d’aller faire du lèche vitrine dans le Marais.
Alors que je traverse le Louvre, un homme qui marchait depuis un moment à peu près à ma hauteur m’interpelle. Je m’y attendais un peu, allez savoir pourquoi. Il a un gros appareil de photo, il aimerait prendre mon portrait. Contre toute attente, j’accepte, bien gênée et rougissante. Il prend quelques photos, me pose quelques questions ; je lui laisse une adresse e-mail pour qu’il m’envoie une copie. Je prends congé et m’enfuis, farouche tout de même, déclinant l’invitation à boire un café.
Je passe mon après-midi à prendre des photos et à marcher. Je me perds, bien entendu. Je cherche le Marais dans le neuvième (les parisiens comprendront), ce qui a bien fait rire les deux policiers à qui j’ai demandé mon chemin. Je trouve le Marais, je lèche les vitrines, et je finis par m’écrouler, affamée, dans un joli petit bistrot.
La journée se termine par une soirée fort sympathique, tranquille comme je les aime, en compagnie de Kalou, Psychotruc et Flaoua. Un peu de blablatage, de la nourriture indienne plus que mangeable, un DVD GirlPower.
Une nuit de sommeil bien agréable plus tard, je m’en vais rollers aux pieds et sac sur l’épaule direction Gare de Lyon, d’où je prendrai le TGV en début d’après-midi — non sans avoir auparavant embrassé en douceur un trottoir de la Place de la Bastille…
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Twitter, c’est quoi? Explications…
[en]
This post is an explanation ("for dummies") of what Twitter is and what the point of such a service is. I explain that one important and often overlooked aspect of building relationships is all these little mundane snippets of life people share without really realising they're sharing anything significant. "Oh, I'm going to the hairdresser tomorrow", or "Have to leave work early today because we have guests" and the like.
Leisa explains this really well in her post about ambient intimacy. Go and read it.
[fr]
Cet après-midi, je ramasse 20minutes dans le bus, et je vois qu’on y parle de Twitter. Bon sang, il est grand temps que j’écrive le fichu billet en français que je mijote depuis des semaines au sujet de ce service que j’adore (après l’avoir mentionné en anglais il y a plusieurs mois). Allons-y, donc: une explication de Twitter, pour vous qui n’avez pas la moindre idée de ce que c’est — et à quoi ça sert.
“Twitter” signifie “gazouillis” en anglais. Ce nom reflète bien le contenu relativement anodin qu’il se propose de véhiculer: des réponses à la question “que faites-vous?”.
Ça n’a pas l’air fascinant, a première vue, un service dont l’objet est d’étaler sur internet les réponses somme toute souvent très banales à cette question. “Est-ce que ça intéresse le monde entier, le fait que je sois confortablement installée dans mon canapé?” Certes non. Par contre, cela intéresse peut-être mes amis.
Oh, très clairement pas dans le sens “tiens, je me demandais justement ce que Stephanie était en train de faire maintenant, ça tombe à pic!” Mais plutôt dans un état d’esprit “radar”: avoir une vague idée du genre de journée que mène son entourage. En fait, ce mode “radar” est tellement omniprésent dans nos vies qu’on ne le remarque même plus, et qu’on n’a pas conscience de son importance.
Pensez aux gens que vous fréquentez régulièrement, ou à vos proches. Une partie de vos intéractions consiste en échanges de cet ordre: “je t’appelle après la danse”, “je dois rentrer, là, parce qu’on a des invités”, “je suis crevé, j’ai mal dormi” ou encore “tu vas regarder le match, ce soir?”
Sans y faire vraiment attention, on se retrouve ainsi au courant de certaines “petites choses” de la vie de l’autre — et cela vient nourrir la relation. Plus on est proche, en général, plus on est en contact avec le quotidien de l’autre. Et corrolairement, être en contact avec le quotidien d’autrui nous en rapproche. (Vivre ensemble, que cela soit pour quelques jours ou à long terme, ce n’est pour cette raison pas anodin.)
On a tous fait l’expérience qu’il est plus difficile de garder vivante une relation lorque nos occupations respectives ne nous amènent pas à nous fréquenter régulièrement. Combien d’ex-collègues dont on était finalement devenus assez proches, mais que l’on a pas revus depuis qu’on a changé de travail? Combien de cousins, de neveux ou même de parents et d’enfants qu’on adore mais qu’on ne voit qu’une fois par an aux réunions familiales? Combien d’amis perdus de vue suite à un déménagement, ou simplement parce qu’il a fallu annuler la dernière rencontre et que personne n’a rappelé l’autre? Et à l’heure d’internet et des vols low-cost, combien de ces rencontres fortes mais qui se dissipent dès que la distance y remet ses pieds?
C’est ici qu’intervient Twitter.
Twitter me permet de diffuser auprès de mon entourage ces petites parcelles de vie si anodines mais au final si importantes pour les liens que l’on crée — et de recevoir de la part des gens qui comptent pour moi les mêmes petites bribes de quotidien. Cela permet de rester en contact, et même de renforcer des liens.
Ceux d’entre vous qui chattez le savez: échanger quelques banalités de temps en temps, ça garde la relation en vie, et on a ainsi plus de chances de prévoir de s’appeler ou de se voir que si on avait zéro contact. Les chatteurs savent aussi que les fameux “statuts” (“parti manger”, “disponible”, “ne pas déranger”) jouent un rôle non négligeable dans la communication avec autrui. C’est d’ailleurs en partie inspiré par ces statuts que Jack a eu l’idée qui est un jour devenue Twitter. (Un autre ingrédient important était la page des “amis” sur Livejournal.)
Une des qualités majeures de Twitter et que ce service n’est pas limité à internet. En fait, à la base, il est prévu pour fonctionner par SMS. On peut donc envoyer (et recevoir!) les messages via le web, via un service de messagerie instantanée (Google Talk), ou par SMS — selon ses préférences du moment.
Concrètement, cela se passe ainsi: on s’inscrit et on donne à Twitter son numéro de portable et/ou son identifiant GTalk, ce qui nous permet déjà d’envoyer des messages. Ensuite, on invite ses amis (ou bien on les ajoute depuis leur page s’ils sont déjà sur Twitter — voici la mienne) afin de se construire un petit réseau social de personne que l’on “suivra”. Tous les messages de ces contacts sont rassemblés sur une page web (voici la mienne), et on peut choisir de les recevoir en plus par SMS ou par chat.
On peut envoyer des messages privés, bien entendu, et il y a toute une série de commandes qui permettent facilement d’ajouter ou d’enlever des contacts et de contrôler les alertes que l’on reçois — même si on est loin de son ordinateur. Un billet consacré à ces considérations plus techniques suivra.
Il faut aussi préciser que recevoir les SMS de Twitter ne coûte rien (enfin cela dépend de l’opérateur, mais en Suisse c’est gratuit), et qu’envoyer un message par SMS coûte simplement le prix d’un SMS envoyé à l’étranger (à ma connaissance, de nouveau, en Suisse cela revient au même prix qu’un SMS envoyé à un numéro suisse).
A venir, donc, un billet avec des informations techniques et pratiques sur l’utilisation de Twitter, et un autre qui poussera plus loin la réflexion sur le rôle d’un tel service, la façon dont les gens l’utilisent actuellement, et certaines critiques qui lui sont faites.
Mise à jour 09.2007: une explication audio avec la complicité de M. Pain.
Mise à jour 03.2010: depuis mi-2008, nous ne recevons plus de SMS Twitter en Europe. C’est nettement moins important aujourd’hui qu’à l’époque, vu l’explosion des iPhones et autres téléphones similaires.
Mise à jour 04.2010: à lire aussi, Comment démarrer avec Twitter, moins technique et plus stratégique.
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