Tentatives de Periscope [fr]

[en] First thoughts on trying to use Periscope to show you things around Kolkata.

C’est le reportage de Nicolae Schiau sur le voyage des réfugiés à travers l’Europe qui a remis Periscope sur mon radar. Dans une vidéo qui n’est malheureusement plus en ligne (Periscope fait dans l’éphémère, les vidéos tournées disparaissent après 24h), le reporter nous faisait visiter l’abri de protection civile (enfin, ça ressemblait à ça) où il se trouvait avec une foule de réfugiés désirant rejoindre l’Allemagne.

Mes souvenirs m’ont ramenée à Seesmic, peut-être trop précoce — on n’avait pas tous un smartphone à cette époque. La vidéo-séquence, sans montage, à la qualité douteuse, mais qui montre ou dit quelque chose directement. Prête-moi tes yeux que je voie.

Je me suis dit que mon séjour en Inde serait une excellente occasion de jouer un peu avec Periscope: montrer le quotidien, la rue, les gens.

Pas si simple en pratique. Il fait tout de même encore chaud la journée, et la lumière baisse vers 16h. Les magasins ouvrent à 17 pour le soir. Le matin, je dors souvent — ou alors, si je suis debout tôt, c’est souvent que la nuit a été mauvaise. Mais c’est vrai que ce serait le meilleur moment pour sortir.

Après, il faut idéalement avoir des choses à dire quand on montre. Du coup, on oublie la vidéo faite subrepticement pendant les courses ou une sortie quelconque. Il faudrait sortir exprès. Pas évident — comme j’aime à le dire, l’Inde me pousse vers le minimum d’effort, on se fatigue assez sans le chercher. Mais demain, par exemple, je vais à pied à mon cours de Hindi — ce serait peut-être l’occasion, si je pars un peu plus tôt. On verra.

L’autre truc “pas si simple” c’est si on veut sauvegarder ces vidéos pour visionnage futur. Periscope nous propose très sympathiquement d’enregistrer nos vidéos sur notre smartphone, mais malheur de misère, il les sauvegarde toutes en format vertical, même si on a filmé à l’horizontale (une option maintenant officiellement possible pour Periscope). Et retourner une vidéo, ce n’est pas comme retourner une photo.

Quicktime permet de faire ça assez facilement: ouvrir la vidéo, la faire tourner de 90°, enregistrer une copie. Seul hic: la date de la vidéo originale est perdue. J’ai donc ensuite dû m’amuser dans Lightroom à changer manuellement la date de chacune des 20+ vidéos que j’ai à ce jour dans ma collection (ça m’a été utile de pouvoir utiliser Photos d’Apple pour visualiser les dates, plus pratique que de naviguer sans cesse entre les dossiers dans Lightroom). Maintenant, je suis en train de mettre tout ça sur YouTube.

Il y a quelques vidéos sympas de ma visite du “village” (banlieue, plutôt) de Purnima, Sonarpur, avec les filles Palawi et Kusum. Vous pouvez même m’y entendre tenter de parler un peu de Hindi très rouillé (je n’ai trouvé quelqu’un pour faire des cours de conversation que ce week-end dernier).

Note: à l’heure où je publie, les vidéos sont encore péniblement en train d’uploader… Suivant quand vous lisez cet article, certains risquent de ne pas être en ligne ou de ne pas être dans la playlist. Il y a 23 vidéos en tout.

Hors du temps [fr]

[en] India, out of time. Not doing much. Some thoughts on where I'm going professionally.

C’est ce qui se passe quand je suis en Inde. Le temps au sens où je le vis en Suisse n’existe plus. C’était le but, d’ailleurs, pour ce voyage — des vacances, de vraies vacances, les premières depuis longtemps, saisissant l’occasion de la fin d’un gros mandat (près de deux ans), décrocher, me déconnecter, avant de voir à quoi va ressembler mon avenir professionnel.

Ça fait dix ans, tout de même. Dix ans que je suis indépendante. J’ai commencé à faire mon trou en tant que “pionnière” d’un domaine qui émergeait tout juste. Aujourd’hui, en 2015, l’industrie des médias sociaux a trouvé une certaine maturité — et moi, là-dedans, je me dis qu’il est peut-être temps de faire le point. Ça semble un peu dramatique, dit comme ça, mais ça ne l’est pas: quand on est indépendant, à plus forte raison dans un domaine qui bouge, on le fait “tout le temps”, le point. Souvent, en tous cas.

Il y a des moments comme maintenant où “tout est possible”. C’est un peu grisant, cette liberté de l’indépendant. Effrayant, aussi. Y a-t-il encore un marché pour mes compétences? Serai-je capable de me positionner comme il faut, pour faire des choses qui me correspondent, et dont les gens ont besoin? L’année à venir sera-t-elle en continuité avec les dernières (blogs, médias sociaux, consulting, formation…) ou bien en rupture totale? Si je m’autorise à tout remettre en question, quelles portes pourraient s’ouvrir?

Alors, vu que je peux me le permettre, je me suis dit qu’un mois en Inde loin de tout, ça me ferait du bien. Il faut des pauses pour être créatif. Il faut l’ennui, aussi, et l’Inde est un endroit merveilleux pour ça.

Steph, Palawi and Kusum

Oui oui, l’ennui. Alors bon, je parle de “mon” Inde, qui n’est peut-être pas la vôtre. L’Inde “vacances chez des amis”, où on intègre gentiment la vie familiale, où acheter des légumes pour deux jours est toute une expédition, et changer les litières des chats nécessite d’abord de se procurer des vieux journaux et de les guillotiner en lanières. Où votre corps vous rappelle douloureusement que vous êtes à la merci d’une mauvaise nuit de sommeil (les pétards incessants de Diwali sous nos fenêtres, jusqu’à bien tard dans la nuit, pendant plus d’une semaine — ou le chat qui commence à émerger de sa narcose de castration à 1h du mat, bonjour la nuit blanche) ou d’un repas qui passe mal. Où le monde se ligue contre vos projets et intentions, vous poussant à l’improvisation, et à une flexibilité qui frise la passivité. On se laisse porter. Moi, en tous cas.

Alors je lis. Je traine (un peu) sur Facebook. J’accompagne Aleika dans ses activités quotidiennes. Je joue avec les chats. Je cause en mauvais hindi avec les filles de Purnima (notre domestique), qui ont campé dans notre salon pendant 4-5 jours la semaine dernière. J’attends. J’attends pour manger. J’attends pour prendre mon bain. Je passe des jours à tenter de régler mes problèmes de photos. Le gâteau? On fera ça demain. Je fais la sieste, pour compenser les mauvaises nuits ou attendre que mon système digestif cesse de m’importuner.

Ce n’est pas que ça, bien sûr. Mais comparé au rythme de vie frénétique que je mène en Suisse (même si je sais m’arrêter et me reposer), ici, je ne fais rien.

Photo Sync: Figuring Out Lightroom Mobile and iCloud Photo Library [en]

[fr] En train de me dépatouiller avec la nouvelle application Photos d'Apple et la version mobile de Lightroom. Pas encore tout à fait là (la connexion internet un peu lente et le grand nombre de photos n'aident pas).

In the background of my many days of “doing nothing” here in Kolkata, I’ve been trying to wrap my brain around how sync works for both iCloud Photo Library and Lightroom for mobile, particularly as I’m in the process of giving up on Google Photos. Agreed, it’s not exactly the same part of the workflow (getting photos onto my computer archive vs. getting them online/backing them up). But you know how my thought processes work by now, don’t you? 😉

Apple’s iCloud Photo Library seems to be working pretty well. The photos and videos sync, deleting one somewhere deletes copies elsewhere. It’s really clear they are “stored in the cloud” and you can download the full versions if you want. The copies are stored in one of these “Document Packages” which you can open like a folder (right-click!) — I’ve even created a shortcut to the 2015 folder in “Masters” so I can access the photos through Finder if needed. Added advantage, as it’s the native OSX way of doing things, photos show up in the “Photos category” when browsing for files to import into Lightroom, for example.

No Parking

So, simply using iCloud Photo Library would be a way to get my photos into Lightroom without having to physically connect my devices to the computer.

But… Lightroom has its own system for this, so if it works, wouldn’t it be even better? So far, it’s not working as seamlessly as the Apple system. First of all, because I sync everything on my iDevices with iCloud photo library, Lightroom for mobile seems to import a copy of each photo from each device. Although there is an OK plugin to find duplicates in your Lightroom library, wouldn’t a workflow that doesn’t create them in the first place be better?

Two things that I wasn’t sure about, but I now know:

  • photos from your iPad/iPhone are added to the Creative Cloud and Lightroom Desktop full-sized; photos from Lightroom Desktop shared to iPad/iPhone through Creative Cloud are shared through their smart previews
  • the photos synced from your iDevices are made available in a folder on your hard drive, so you can easily drag-and-drop them into your normal archive folders.

I’m running a few tests to see what happens to photos I delete. The photos app seems the best place for quick-and-dirty sorting (if only because when taking photos I’m directly in that app). What I am thinking of doing is turning on Lightroom syncing only from either the iPad or the iPhone, to avoid duplicates. The iPad, probably.

But does that mean I need to open Photos, wait for everything to sync, and then open Lightroom mobile to do it? So far it seems that it’s the way it works — Photos doesn’t seem to be uploading anything in the background from my iDevices, and Lightroom definitely isn’t. This is good when you want to save bandwidth, but less good when your various photo containers are up-to-date and you want things to “just work” invisibly, behind the scenes.

As I’ve been saying for a while, I’m really looking for the day this stuff “just works”.

Hello From Kolkata [en]

[fr] En Inde. Des trucs (très) en vrac. Un podcast en français dans les liens.

I’m in India. For a month.

I did it again: didn’t blog immediately about something I wanted to blog about (the rather frightful things I learned about the anti-GMO movement, if you want to know) because of the havoc it wreaked on my facebook wall when I started sharing what I was reading. And as I didn’t blog about that, I didn’t blog about the next thing. And the next.

Steph and Coco

And before I know it I’m leaving for India in two weeks, have students to teach and blogs to grade, and don’t know where to start to write a new blog post.

The weather in Kolkata is OK. The trip to come was exhausting: 20 hours for the flights, add on a bit before and after. I didn’t sleep on the Paris-Mumbai leg because it was “too early”, and spent my four hours of layover in Mumbai domestic airport in a right zombie state. Needless to say there is nowhere there to lie down or curl up, aside from the floor. I particularly appreciated having to go to the domestic airport for my Mumbai-Kolkata flight only to be ferried back to the international airport while boarding, because “Jet Airways flights all leave from the international airport”. But I laughed.

It was a pleasant trip overall. Nearly no queue at immigration. Pleasant interactions with people. And oh my, has Mumbai airport come a long way since my first arrival here over 16 years ago. It was… organized. I followed the signs, followed instructions, just went along with the flow. I’ve grown up too, I guess.

I slept over 12 hours last night. I can’t remember when I did that last. I walked less than 500 steps today, bed to couch and back. I’ve (re)connected with the family pets: Coco the African Grey Parrot, (ex-)Maus the chihuahua-papillon-jack-russel-staffie mix (I can never remember his new Indian name), and the remaining cat, which I’ve decided to call “Minette”, who “gave birth” to two empty amniotic sacs yesterday and is frantically meowing all over the place. Looking for non-existent kittens, or missing her brother, who escaped about a week ago? Hopefully she will calm down soon.

Maus and Minette

I plan to play about with Periscope while I’m here. Everyday life in India seems like a great opportunity to try out live interactive video. Do follow me if you don’t want to miss the fun.

Oh, and don’t panic about the whole “meat causes cancer” thing.

Some random things, listened to recently, and brought to the surface by conversations:

  • Making Sex Offenders Pay — And Pay And Pay And Pay (Freakonomics Radio)
  • Saïd, 10 ans après (Sur Les Docks) — an ex-con, 10 years after, and how hard reinsertion is, when you’re faced with the choice between sleeping outside, unable to get a job, and committing another offense so that you can go back to prison; extremely moving story
  • You Eat What You Are, Part I and Part II (Freakonomics Radio again)
  • When The Boats Arrive (Planet Money) — what happens to the economy when immigrants arrive? it grows, simply;  migrant workers need jobs, of course, but they also very quickly start spending, growing the economy and creating the need for more jobs; the number of available jobs at a given place is not a rigid fixed number

Yep, random, I warned you.

I can now do the Rubik’s cube and have installed Catan on my iDevices, if ever you want to play.

I’ve activated iCloud Photo Library even though I use Lightroom for my “serious” photos. Like the author of the article I just linked to, my iPhone almost never is connected to my Mac anymore. And the photos I need to illustrate blog posts are often photos I’ve just taken with my phone. I end up uploading them to Flickr through the app.

It seems the “photos ecosystem” is slowly getting there, but not quite yet. I’ve just spent a while hunting through my post archives, and I can’t believe I never wrote anything about using Google auto-backup for my photos. At some point I decided to go “all in”, subscribed to 1TB of Google storage, and uploaded my 10+ years of photos there. I loved how it intelligently organized my photos. Well, you know, all the stuff that Google Photos does.

Why am I using the past tense? Because of this: seems automatic upload of a whole bunch of RAW formats has quietly stopped. This is bad. Basically, this paid service is not doing what I chose it for anymore. I hope against reason this will be fixed, but I’m afraid I might be disappointed.

One thing I was not wild about with Google Photos was the inability to spot and process duplicates. And duplication of photos when sharing.

Flickr now has automatic upload and organising. Do I want to try that? Although I dump a lot of stuff in Flickr, I’ve been slack about processing and uploading photos lately. I’m hesitant. Do I want to drown my current albums and photostream in everything I snap? Almost tempted.

I think that’s enough random for now. It’s 10.30 pm and I’m starving, off to the kitchen.

Coloriage, Catane, Rubik’s Cube [fr]

[en] Offline toys.

L’autre jour, j’ai eu une bonne surprise d’absence de file d’attente à la PMU — j’y allais pour faire le point sur mes vaccins pour mon (très) prochain voyage en Inde. Ouille, je dois encore demander mon visa. Aujourd’hui, promis.

Bref, j’étais en ville et c’était allé plus vite que prévu, j’ai du coup profité pour faire des achats non-prioritaires qui étaient sur ma liste depuis longtemps.

Offline toys

Quelle excitation de ramener ça à la maison! C’était presque Noël. J’ai tellement l’habitude de mes jouets high-tech, ça faisait un bon moment que je n’en avais plus acquis de low-tech.

J’attends donc impatiemment dimanche, première séance agendée pour jouer aux Colons de Catane. C’est un jeu auquel j’ai joué quelques fois il y a une dizaine d’années, mais qui m’a laissé une vraiment forte impression. J’ai adoré l’idée qu’on construit le plateau de jeu à chaque partie. C’était une idée complètement nouvelle pour moi, et ça m’a fait un peu le même effet que la découverte d’Ingress, et l’idée d’un jeu qui superpose à l’espace réel des objets fictifs appartenant au jeu.

J’attends aussi d’agender une rencontre avec la copine qui m’a initiée au Rubik’s Cube. Petite, j’en avais eu un entre les mains, et comme beaucoup de monde, j’ai abandonné très vite après avoir tenté de tournicoter un peu la bête. Ce que j’ignorais à ce moment-là, et que j’ai appris il y a quelques mois, c’est qu’il y a une méthode. On fait d’abord la croix, puis on rajoute les coins, puis les bords de la couche du milieu, etc. Je sais faire les deux premiers étages, mais pas le dernier. Impatiente! (Oui, je sais qu’on peut trouver les instructions en ligne, mais c’est tellement plus cool quand c’est quelqu’un qui nous montre.)

Ma première œuvreLe coloriage, c’est une image coloriée de chat qui m’en a donné envie. J’ai passé l’autre jour un moment sur Amazon et je me suis retrouvé avec 9 livres de coloriage dans mon panier. Un peu excessif. Après m’être un peu renseignée, j’ai décidé d’aller acheter feutres et crayons quelque part, et de voir par la même occasion d’il y avait moyen d’acheter des livres direct. Impatience, quand tu nous tiens! J’ai manqué syncoper devant les prix des crayons et feutres, puis me suis souvenue que j’avais une boîte de 30 Caran d’Ache dans un tiroir. J’ai acheté des feutres, trouvé un cahier et des cartes postales, et l’autre soir, je m’y suis mise.

Alors c’est cool. J’aime bien. Seul bémol: ça me fait un peu mal, mine de rien. Je ne voulais pas l’admettre, mais colorier, c’est pas terrible pour mon poignet. C’est pas pour rien que je n’arrive presque plus à écrire à la main. Aux feutres, ça va bien mieux qu’aux crayons, par contre. Alors bon, je ferai des petites séances. Peut-être avec l’entraînement je me décrisperai et j’aurai moins vite mal? J’espère…

Podcasts I’m Listening To [en]

[fr] Les podcasts que j'écoute...

The list of podcasts I listen to has grown a lot during these last months. So much that I have trouble keeping up. Here they are, if you want to get infected too:

  • Mystery Show: solving mysteries, seriously. Like, detective stories without a crime.
  • On the Media: a meta-show about the media.
  • Savage Lovecast: your favorite gay sex-advice columnist
  • Freakonomics Radio: what can we learn about the world through data?
  • Invisibilia: about the hidden forces that shape our lives
  • Serial: true crime, eagerly awaiting season 2
  • Death, Sex & Money: the stuff we don’t normally talk about. Talked about here.
  • Planet Money: they manage to make money stuff understandable and interesting to me (quite a feat).
  • Love + Radio: love. Stories.
  • Radiolab: sciency, geeky, my first podcast love. About all sorts of interesting stuff, from big ideas like death and time to small things like buttons.
  • Reply All: a show about the internet and its hidden corners
  • Startup: raw behind the scenes stories of starting a business.
  • 99% Invisible: design. But you didn’t know design included all this stuff.
  • This American Life: stories. Real stories. Each week, a theme, and stories around it.
  • The Moth: live storytelling, on stage, of true stories. Be ready to laugh and cry, and be taken on the rollercoaster of emotions that is the human life.
  • Snap Judgment: more storytelling, slightly different atmosphere. It took me a few episodes to click, and now I love it.
  • Limetown: like a TV series. But audio, and in a podcast. Fiction.
  • TED Radio Hour: TED talks, radio-ified.
  • Note to Self: the human side of technology. How it’s changing our lives. How we can live with it without it completely taking over our lives.
  • Sur les Docks [fr]: newly discovered, because I’ve been looking for high-quality francophone podcasts. Takes you places.

Some others, that I have in my list but am not listening to (yet?):

Good luck… devil grin

Du judo à la vie [fr]

[en] Understanding how 20 years on the judo mats wondering how I can make somebody want to put their foot here instead of there, and why I I put my foot there instead of here, might have something to do with my interest in UX, and more importantly, the subtext of a lot of my professional activities: always asking why somebody would do what we expect or want them to do (e.g. sign up for a blogger outreach activity), making sure they have a real interest in doing so, and also, putting myself in the shoes of users or readers.

Je suis en train de reprendre l’entrainement après de longs mois d’interruption pour cause de divers bobos. C’est marrant, car durant mon “arrêt” je n’ai pas eu le sentiment que le judo m’avait manqué des masses, mais en reprenant, qu’est-ce que j’ai eu du plaisir à pratiquer à nouveau!

Et peut-être grâce à ces mois de recul ou de distanciation, j’ai mis le doigt sur un lien judo-vie qui m’avait complètement échappé jusqu’ici. Parce qu’il y a toujours cette réflexion, au fond: mis à part me “défouler” et me faire transpirer, qu’est-ce que j’apprends ou intègre sur les tapis que je mets ensuite en pratique à l’extérieur du dojo?

Portes ouvertes au Reighikan Dojo

On entraînait des entrées. Le timing. Etre réceptif à l’autre. Et là, d’un coup, j’ai fait un lien tellement évident que je ne comprends pas pourquoi je ne l’ai jamais vu avant. Enfin si, je comprends pourquoi. Mais ça fait plaisir de mettre le doigt dessus.

Dans mon activité professionnelle, une compétence que j’exerce beaucoup c’est de me mettre à la place de l’autre. On aurait tendance à appeler ça de l’empathie, mais c’est un peu différent. C’est plus: pourquoi l’autre ferait-il ce qu’on attend de lui? Quelle est sa motivation? Vu les circonstances, comment va-t-il agir? J’ai aussi un intérêt marqué pour l’UX (l’expérience utilisateur), sans en être une spécialiste.

Mais quand je travaille avec des clients pour réfléchir à comment ils pourraient utiliser les médias sociaux, avec qui ils cherchent à entrer en relation, je ne perds jamais cette question de vue: qu’est-ce que notre “setup” va encourager l’autre à faire? Que pouvons-nous changer pour l’inviter à agir autrement?

C’est du judo.

Quand on fait du judo, on passe notre temps à essayer de faire en sorte que l’autre avance le pied ici, recule le pied là, se place ainsi ou au contraire comme ça, nous donne un bras plutôt que l’autre, afin de pouvoir entrer les techniques qui nous réussissent le mieux. On n’a cesse de “tendre des pièges”, en quelque sorte, pour contrôler sans en avoir l’air le comportement de l’autre. Je n’aime pas les mots que je viens d’utiliser, je précise, parce que si on sort ça du contexte du judo, ça a des relents de sinistre manipulation.

Mais ça va plus loin: si mon partenaire/adversaire “sent” que je veux lui faire avancer le pied, il ne le fera pas. Je dois être subtile. Inviter plutôt que contraindre. En fait, créer une situation telle qu’il ait envie d’avancer le pied.

Dans le contexte du combat, on fait tout ça pour pouvoir faire tomber l’autre, “gagner”. Dans la vie et dans mon travail, je ne vois pas les choses comme ça. Il s’agit plutôt d’être sensible à leurs intérêts. Il y a un jeu d’équilibrisme, là. Pourquoi est-ce que quelqu’un s’abonnerait à ma newsletter? Quel intérêt aurait-il à participer à ce que je mets en place? Pourquoi aurait-il envie de s’inscrire?

Ces questions me paraissent triviales, elles me viennent naturellement. Mais j’ai réalisé que ce n’était pas le cas pour tout le monde. Et là, réalisant que ça fait 20 ans que j’applique ça sur les tapis, je me dis que ce n’est peut-être pas pour rien.

J’ai fait un deuxième constat hier soir. C’était le premier, en fait. C’est le corollaire de ce que je viens d’expliquer.

Quand on apprend le judo, et qu’on pratique contre plus “fort” que soi, on tombe. On tombe beaucoup. Au début on ne comprend pas ce qui nous arrive. On ne voit rien. Puis, avec le temps, on commence à se voir tomber. On ne peut pas plus éviter la chute, mais au moins on sait sur quelle technique on est tombé. Puis on prend conscience de “l’erreur” qu’on a faite qui a permis l’entrée de l’autre, sans pour autant pouvoir l’éviter. Mais bon sang, pourquoi j’ai avancé encore ce fichu pied?

On passe beaucoup de temps à analyser ses actions, à se demander pourquoi on a fait ceci plutôt que cela. Ce qui nous a incité à le faire. En somme, on applique à nous-mêmes ce que je décris plus haut.

Dans ma vie professionnelle, je crois que c’est la même compétence que celle qui me permet de donner du feedback “éclairé” sur les services que j’utilise. Je sais à la fois m’observer “agir naturellement” et analyser pourquoi je le fais. Hier ou avant-hier, je testais un nouveau service développé par une connaissance. A un moment donné, je me suis retrouvée gênée par le comportement de l’application. J’ai eu un sentiment interne de rejet, et je me suis demandé pourquoi. Et j’ai trouvé: un pop-up qui ne disparaissait pas comme “je m’y attendais”, et qui de plus recouvrait l’endroit où je désirais ensuite cliquer. Je ne rentre pas plus dans les détails, mais c’est le même état d’esprit que “m’enfin, pourquoi j’ai avancé le pied?” C’est aussi le même état d’esprit que l’analyse de texte, que j’ai aussi énormément pratiquée durant mes études (au point que je dis aux gens que j’ai le module “analyse de texte” activé en permanence): pourquoi ce texte suscite-t-il en moi telle émotion, telle réaction? Comment cela s’explique-t-il au niveau mécanique, narration, linguistique?

Je pense que nos compétences sont un mélange de prédisposition (inné) et de répétition (acquis). J’ai déjà fait souvent des liens entre mes études (histoire et sciences des religions, philo, français) et mes compétences professionnelles, mais je ne l’avais jusqu’ici pas vraiment fait pour le judo. Mais c’est clair qu’il doit y en avoir. On ne passe pas 20 ans sur des tatamis, plusieurs heures par semaine, sans que ça contribue à nous faire qui nous sommes.

This American Life Episode Selection [en]

[fr] Quelques épisodes de This American Life qui valent le détour.

I had my worst “forgot something on the stove” episode today. No fire, but I came back after three hours away to find my flat completely filled with smoke. I had to hold my breath to open the windows (everything was closed). My pan is dead (I’m not even going to try). Quintus was outside but Tounsi was inside, and was exposed to the smoke for all that time. One of the first things I did after opening the first window was throw him onto the balcony. He seems fine. Vet say to keep an eye on him for the next two days or so, as symptoms can be delayed.

Now my whole flat stinks of burnt smoke. Good thing it’s not January, as a friend noted.

Some podcast episodes for you. (And me, maybe one day). They are from This American Life, which I listened to a lot at the chalet. It’s really great — I should have started listening years ago.

  • #536: The Secret Recordings of Carmen Segarra: a chilling first-person account of the culture of complacency in the world of finance regulation.
  • #525: Call for Help: remember this story that was making the rounds, about a family that had to be rescued at sea because of a sick baby? and how a lot of the (uninformed) public opinion was up in arms about how irresponsible it was to go to sea with a baby, and then ask the coast guards to bail you out when things got rough? Well, as you can guess, there is much more to the story than that…
  • #555: The Incredible Rarity of Changing Your Mind: so, one of the studies this episode is based on has been retracted, but it remains interesting. First, to note that people rarely change their mind, particularly on ideological matters. And then, and this is something I think about a lot, what makes people change their mind? We do have anecdotal evidence that knowing somebody who is gay (or trans, or kinky…) can turn us around on those issues. And I think that people’s theoretical stance on an issue can be somewhat disconnected from what they would think, or how they would react, faced with a real human being they have a connection with and who is concerned by the issue.
  • #556: Same Bed, Different Dreams: for the very moving story of the two kidnapped South Koreans, the actress and the director.
  • #557: Birds & Bees: how do we talk to children about race, death, and sex? Some very good questions about consent and its “fuzziness” (I personally don’t think we should have to say “is it OK if I kiss you?” and wait for an enthusiastic verbal “yes” — seriously?!), how you can’t escape the question of race, and a moving segment on a grief counselling centre for children. If I could go back in time, I would take my 10-year-old self there. Sadly, we weren’t quite there yet 30 years ago when it comes to grief and children.
    By the way, this episode brings me to Death, Sex & Money — a podcast about all these things we don’t talk about.
  • #562 and #563: The Problem We All Live With (two parts): how do we reinvent education to get poor minority kids to perform as well as white kids? An exploration of the solution that works, but that we’re not putting much energy into implementing: desegregation. I found this episode both fascinating and infuriating. Fascinating because issues of race are not on the forefront in Switzerland as they are in the US, and infuriating that such a simple elegant solution is not given the attention and resources it deserves.

 

Sleeping in India and Putting My Brain Straight [en]

[fr] Le silence nécessaire au sommeil, c'est il me semble quelque chose d'acquis. Un segment du podcast mentionné avant-hier parle de l'Inde... je ne pense pas que donner des boules quiès aux indiens améliorera vraiment leur qualité de sommeil. Et sinon, je continue avec intention à reprendre mon cerveau en main, y compris pour l'administratif et la compta!

After writing my post the day before yesterday, I listened to the end of the two-part series on sleep from Freakonomics Radio. I like Freakonomics because they go beyond the easy fluffy questions, and dig down to where things can be uncomfortably unclear. Maybe I should read the book.

Liseron coloré

Anyway. There was a segment on sleep in India (Chennai to be precise), and some of the comments stuck me as a little… ethnocentric and uncritical. Yes, India is noisy, definitely. And we westerners have trouble sleeping in the noise.  But remember that we have had to learn to sleep in the calm. The womb, where we all come from, is a noisy place. It is only with time that noise starts waking us up.

I remember hearing about the miller who will wake up when his mill stops (sound gives way to silence). More recently, I’m sure I read something about a study where they put volunteers in a terribly noisy sleep lab and kept their eyes open to flashing lights, and they fell asleep just fine. (Couldn’t dig it out, if you find it let me know.)

Many Indians, in my experience, have no trouble whatsoever sleeping in the noise. Some cannot sleep without the noise and wind of the fan whirring above their heads, even when it is cold. So, I’m not sure that providing Indians with earplugs will actually help them get better sleep.

Also, one thing that stuck me in India is that a bed is just “a place to sleep”. It seems to be less of a private, intimate place than in the West. In that respect, I’m not sure one should interpret people sleeping in weird places the same way one would here: maybe they’re just sleeping, and not “passed out from exhaustion”.

This Indian sleeping comment aside, I’ve been mulling over my efforts to get my brain back on track. One thing I didn’t mention in my last post was that I am trying to put more intention in things. If I realise I have forgotten something, I make an effort to recall it. I make an effort to be organised and not let things slip. I am making a conscious effort to get back on top of things, and it seems to be working.

Obviously it’s not enough to help me keep track of everything I’ve read, because I can’t seem to find the piece which talked about this guy who made a conscious effort to floss every day as an exercise in self-discipline. If you can’t get yourself to floss each day (less than a minute of your time!), how can you hope to stick to bigger things?

So, I’m flossing. These last two nights, I also went to bed with my phone on airplane mode and in the living-room — just me, the cats and my kindle. This morning, I didn’t touch my e-mail or social media until I had showered, had breakfast, and headed down to the office. Environment design

I’ve also decided to stop being flaky about certain things, in particular around admin and accounting. I have no love for either of them, and like to say that I am with financial stuff like some are with algebra: my brain just blacks out. Well, enough of that. It’s not rocket science. If I was capable of doing Fourier transforms at some point in my life, there’s no reason I shouldn’t be able to remember which papers I need to bring my accountant for my taxes and accounting each year. Hell, I’m even enjoying listening to Planet Money!

Remettre mon cerveau dans le droit chemin [fr]

[en] About making small changes to get my brain back on track. Less frantic multitasking, more downtime, being aware of what I'm exercising my brain for. It seems to be working, I no longer fear I am suffering from early onset Alzheimer's or some kind of very premature dementia (I'm not kidding, I was really worried about this earlier this year). Most of the links in the article point to English sources.

En fait, bloguer c’est un peu comme faire la vaisselle. Ces jours mon évier est vide et propre quand je vais me coucher, parce que je fais la vaisselle à mesure. Hier soir, j’ai eu un coup de mou, je me suis dit “bah, je laisse” — puis je me suis reprise: si je laisse, demain matin, il va se passer quoi? C’est déjà assez dur comme ça, les matins, sans se retrouver devant la vaisselle de la veille au soir, même s’il n’y en a pas beaucoup. Parce qu’en effet, ce n’était pas grand-chose, ce qu’il y avait à laver.

Alors j’ai pris mon courage à deux mains et fait ma vaisselle.

Dans ma tête, l’évier est plein de vaisselle d’idées. Ça fait près de deux semaines que je n’ai pas blogué, parce que j’ai d’autres trucs à faire, ou que je suis fatiguée, ou pas là. Et quand je pourrais, je regarde la grande pille de vaisselle intellectuelle, et je n’ai pas le courage. Et voilà comment s’enclenche le cercle vicieux. C’en est au point où je ne prends même plus note des choses à mentionner dans mon prochain article, c’est vous dire.

Out of wifiland

Alors on va y aller à rebours. Aujourd’hui, sur Freakonomics Radio, j’écoute deux épisodes sur le sommeil. Il est bien, ce podcast. Récemment, j’ai aussi écouté un épisode fascinant sur l’efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale (CBT en anglais) pour la réduction des comportements violents/criminels chez les adolescents, et un sur l’augmentation de la prise de risque en fonction des mesures de sécurité en place.

L’épisode sur le sommeil reparle, bien entendu, de la question des écrans avant de se coucher. Je suis coupable, très coupable. D’ailleurs j’ai du mal à me mettre au lit. J’ai lu une série d’articles là autour ces derniers temps, concernant les enfants: ça va des symptômes genre troubles d’attention aux couchers tardifs. Le premier article propose carrément dans certains cas de passer par un “jeûne électronique” de quelques semaines.

Ça m’interpelle, tout ça. Parce que du temps sur mon écran, j’en passe. Et depuis un an ou deux, je constate des choses qui m’inquiètent, au point que j’en ai parlé plusieurs fois au copines, à mon ostéo, et que j’ai été pas loin de carrément prendre rendez-vous avec mon médecin pour faire des tests.

J’ai la mémoire qui flanche. Je zappe des trucs. Je fais des erreurs, aussi. J’oublie des rendez-vous. Je suis distraite. Je suis stressée, même si j’ai du temps pour souffler. Vous voyez le genre. Quand on est du genre flippette comme moi, on se dit, purée, sénilité précoce, signes avant-coureurs d’Alzheimer, ou bien est-ce que l’âge, ça nous fout vraiment en l’air le cerveau aussi tôt? Je ne rigole pas, j’étais vraiment en train de me poser ces questions. Je me suis aussi demandé si c’était Ingress qui me pourrissait les neurones. Mais non, j’avais déjà remarqué des soucis avant que je commence à jouer.

C’est une remarque de mon père qui m’a décidée à prendre le taureau par les cornes. Enfin j’exagère, mais disons, à prendre sérieusement la piste “mes activités quotidiennes”. Je partageais mes inquiétudes avec lui, et en même temps qu’il me rassurait que 40 ans n’était pas l’âge auquel nos facultés intellectuelles plongeaient dans le gouffre, il me faisait tout de même remarquer que j’étais tout le temps en train de faire trente-six mille choses à la fois. D’après lui, pas besoin de chercher plus loin l’explication.

Viennent s’agréger à tout ça quelques épisodes de l’excellent podcast Note to Self, dont je parle déjà dans mon dernier article: tout d’abord, la campagne Bored and Brilliant, qui nous invite à nous reconnecter avec les vertus de l’ennui (je rigole pas, ennui source de créativité par exemple). Une série d’exercices (je n’ai pas tout fait) pour nous inviter à nous déconnecter un bout. Alors, je connais, parce que (mauvais réseau oblige) je suis beaucoup plus déconnectée au chalet, par exemple. Ou quand je suis sur le lac. Pas étonnant que j’en aie envie.

Ensuite, notre “bilinguisme de lecture” — la lecture hypertexte, qu’on pratique en ligne, où on scanne, saute d’un truc à l’autre, etc, et la lecture longue, celle des livres ou des longs articles, celle qu’on a apprise à l’école et durant nos études. Notre cerveau adore la lecture hypertexte et s’y adapte merveilleusement bien, au point qu’on se retrouve effectivement comme drogués au zapping, et à avoir de la difficulté à lire non-stop un roman. L’épisode me  plaît particulièrement car il insiste sur l’utilité de ces deux types de lecture. On doit maîtriser les deux. Une des personnes interviewées dans l’épisode explique qu’elle s’est forcée à réapprendre à lire longuement. Horrible au début, mais c’est revenu, deux semaines d’efforts si ma mémoire est bonne.

Ailleurs, mais alors je ne sais plus où, un autre épisode de podcast où quelqu’un disait qu’on prenait l’habitude de déléguer des tas de choses à nos téléphones et ordis. Une question? Hop, Google. Tous les rendez-vous dans l’agenda. Etc. C’est génial, et ça marche super bien. Tellement bien que notre cerveau, ce miracle de plasticité, s’y adapte magnifiquement, et deviendrait… paresseux. Comme le chat qui va miauler devant le frigo pour qu’on lui remplisse sa gamelle plutôt qu’aller chasser la souris: chemin le plus court et le moins énergétique pour arriver à la nourriture. (J’ai essayé mais je n’arrive plus à retrouver l’épisode, désolée.)

Tout ça fait gentiment rentrer l’idée chez moi que ce à quoi on occupe notre cerveau au quotidien forge ses compétences. C’est évident, me direz-vous. Comme pour le corps: si on court tous les jours, on va bien courir. Si on travaille sa force, on sera fort. Donc si on entraine notre cerveau à être en alerte et à sauter de A à B tout le temps, c’est assez logique qu’il devienne bon à ça, et pas forcément à rester concentré sur un truc. (Purée, écoutez-moi parler, on dirait les alarmistes genre “tout cet internet va nous moisir le cerveau et faire de nous des addicts” d’il y a dix ans.)

Donc, je suis en train de mettre en place des changements.

Moins de multitâches, déjà. Essayer d’être un peu plus monotâche dans ma façon de travailler et quand je suis derrière l’écran. J’ai souvent plusieurs conversations en parallèle, la chose principale que j’essaie de faire, la chose secondaire sur laquelle ça m’a envoyé (etc.), et Facebook/G+ que je “checke” un peu compulsivement. C’est pas joli, je sais. Il ne s’agit toutefois pas de tirer la prise, mais de revenir à quelque chose d’un peu plus raisonnable.

Idem en déplacement. Là, Ingress n’a pas aidé: avant, dans le bus ou quand je marchais, j’écoutais des podcasts ou je lisais. Maintenant, je joue durant mes déplacements, et entre deux portails, je chatte (souvent avec mes camarades de jeu). Et comme je suis “activement” sur le téléphone, je finis dans Facebook ou ailleurs.

Cette histoire de déplacements, c’est important, parce que les déplacements, c’est une sorte de “temps mort” (plus ou moins mort) que j’avais, et que j’ai “perdu”. Durant mon année sans chat, en 2011, je m’étais déjà posé la question des différents types de temps mort donc j’avais besoin. Et là, je réalise que j’en manque. Même sur les pistes de ski, cet hiver, je me retrouvais à chatter sur les télésièges (à ma décharge, une vilaine histoire de harcèlement est venue se coller là-dessus, ce qui n’as pas aidé — mais c’est derrière maintenant).

Alors, pour revenir au podcast sur le sommeil, une des expertes interviewées relève le challenge de ne pas toucher à ses écrans entre 21h et 7h du matin durant une semaine. Et elle rapporte que ça a eu un effet vraiment positif sur son sommeil. Je n’en suis pas là, mais j’ai commencé à mettre mon téléphone en mode avion quand “j’éteins”.

Inspirée par un article de James Clear sur les comportements par défaut qu’on définit à travers la construction de son environnement, j’avais d’ailleurs il y a quelque temps fait l’expérience de mettre mes écrans dans une autre pièce. Effectivement, quand on se réveille à 3h du matin et que le téléphone est allumé à côté du lit, on a toutes les chances de le regarder, mais s’il est éteint et dans une autre pièce… peu de chance.

Il faut que je pense à utiliser mon FitBit comme réveil plutôt que mon téléphone, mais pour le moment je ne peux pas lui “dire” de régler le réveil comme je le fais avec Siri (“réveille-moi à sept heures et demie”).

Un point d’interrogation qui me reste, c’est la lecture sur Kindle. Depuis un nième article lu sur ces histoires de lumière d’écran avant le sommeil (en passant, j’utilise f.lux depuis des années), j’ai commencé à laisser ma lampe de chevet allumée pendant que je lisais, alors qu’avant je lisais dans le noir, rétro-éclairage de la Kindle sur 6 ou 7, juste ce qu’il me fallait pour lire. Est-ce de la lumière blanche d’écran qui perturberait le sommeil? C’est une activité de lecture continue, et pas de “zapping”, mais c’est sur un “écran”.

Donc voilà. Des petits changements, certains aménagements presque cosmétiques, mais comme je le disais à mon ostéo l’autre jour, il me semble que je vois déjà une amélioration, par rapport à il y a quelques mois. Je fais des efforts, aussi: je ne suis pas complaisante avec mon cerveau qui “me lâche”. Quand un truc m’échappe, je me concentre pour le retrouver. Quand je dois me souvenir de quelque chose, je fais un effort pour l’enregistrer. Je tiens compte du fait que mon cerveau est devenu l’équivalent d’un corps sédentaire, et que je dois être à la fois exigeante et compréhensive avec.

Je vous laisse, j’ai un gros livre à lire…