Sécurité: les enjeux de l’attaque qui a cassé internet vendredi [fr]

[en] Archive of my weekly French-language "technology advice column".

Ma newsletter hebdomadaire “Demande à Steph” est archivée ici pour la postérité. Chaque semaine, un tuyau ou une explication touchant à la technologie numérique, ou une réponse à vos questions! Inscrivez-vous pour recevoir directement la prochaine édition. Voici l’archive originale. Et la page Facebook!

Note: cette semaine, vu le caractère “actu” du sujet, je la reproduis ici immédiatement, mais normalement je fais ça avec beaucoup de retard…

Vendredi, internet a subi une attaque sans précédent. Facebook n’a pas été touché, donc la terre a continué de tourner, mais des dizaines de sites comme Twitter, Spotify, PayPal, SoundCloud, Etsy ou encore Netflix ont été touchés. Il y a un peu moins d’un mois c’est l’hébergeur français OVH qui faisait les frais d’une attaque similaire, extrêmement impressionnante alors, mais bien pâle en comparaison à celle-ci.

Si vous débarquez, filez lire l’article (bien fichu) de 20 minutes.

Une attaque DDOS (distributed denial of service) fonctionne un peu comme inonder un standard téléphonique d’appels pour le surcharger. Si un serveur reçoit trop de requêtes, il n’arrive simplement pas à y répondre et tout ce qu’on entend en retour c’est le “bip bip bip” d’une ligne occupée. A l’échelle d’internet, ce n’est pas juste qu’il y a quelques centaines de personnes qui appellent alors qu’on s’attend à avoir 3 ou 4 appels dans la file. Plutôt des millions. Un véritable déluge, seconde après seconde. Le serveur n’a aucune chance.

Comme demander à plein de copains de rester devant leur ordinateur à recharger une page web toute la nuit c’est un peu pas très fun, comment fait-on pour mener une telle attaque? Réponse: on installe sur tout un tas d’ordinateurs un petit programme qui va envoyer les requêtes (= l’équivalent de demander une page web) au serveur visé, sur commande.

Ce petit programme, ça s’appelle un virus. Eh oui, les virus ne sont pas juste des vilains programmes qui vont tout effacer sur votre disque dur ou prendre vos fichiers en otage. Notre ordinateur peut très bien avoir un virus sans qu’on s’en rende compte, dormant jusqu’au moment où le “botmaster” en aura l’utilité. Antivirus et mises à jour de sécurité, mes amis — une bonne raison de ne pas utiliser un vieil ordi avec un système d’exploitation désuet.

Il n’y a pas que les ordinateurs qui peuvent être victimes de ce genre d’infiltration. Tous nos comptes sur les médias sociaux, bien entendu, qui peuvent être utilisés pour envoyer du spam. Et aussi les ordinateurs-qu’on-ignore, tous ces “objets connectés” comme les caméras de sécurité, nos téléphones, l’imprimante wifi, votre montre connectée, l’appareil photo wifi, et bien d’autres.

Pour installer un virus quelque part, il faut un accès. Tout “ordinateur” a un compte administrateur, techniquement parlant, qui a plein pouvoirs sur la machine. Si on a le nom d’utilisateur et le mot de passe de ce compte, bingo! La machine est à notre merci. Le souci avec beaucoup de ces objets connectés c’est qu’on ne peut pas changer le mot de passe administrateur et que celui-ci est souvent vraiment tout con (“admin”, “root”, “1234”).

Quand je vous casse les pieds pour mettre des meilleurs mots de passe à vos comptes et machines, ce n’est pas pour rien. C’est pour protéger vos données, mais aussi pour éviter que vous ne soyez complices malgré vous d’attaques du genre de celle de vendredi. Je le répète encore une fois: ce n’est jamais vous personnellement qu’on vise, on cherche juste les maillons les plus faibles, comme un cambrioleur qui fait le tour de tous les apparts de l’immeuble pour voir s’il n’y a pas par hasard quelqu’un qui a laissé sa porte ouverte.

Exercer une saine sécurité sur le plan personnelle va aussi de la responsabilité citoyenne — comme se faire vacciner. Au-delà de l’égoïsme de sa propre protection, nous avons des responsabilités vis-à-vis de la communauté dont nous faisons partie. Si votre conscience vous pèse et que vous désirez faire quelque chose, voici quelques instructions que vous pouvez suivre.

La sécurité des objets connectés va s’améliorer. Je ne suis pas trop inquiète sur ce plan-là, même si ça va sans doute prendre son temps. Ce qui me préoccupe plus c’est que cette attaque nous montre qu’internet est devenu bien trop centralisé. A la base, toute l’idée d’internet est d’être un réseau très distribué: si on en détruit une partie, cela ne remet pas en cause l’intégrité du réseau, et celui-ci continue à fonctionner.

En mettant à genoux non pas certains sites spécifiques, mais le système d’adresses qui nous permet de nous connecter à ces sites (les fameux DNS, panneaux de signalisation du web), c’est une grosse portion du réseau qui n’était plus là. Et ça nous rappelle aussi que nos activités en ligne sont dépendantes d’un nombre limité de gros acteurs dont la disparition subite nous handicaperait grandement: Twitter, Facebook, Wikipedia, Google.

Vendredi, je n’avais plus accès à Twitter, et durant un bon moment, ni Google ni Wikipédia ne répondaient. Je n’avais du coup plus accès à rien (ou presque), parce que je ne connais que très rarement les adresses complètes des pages auxquelles je veux accéder: je demande à Google.

Facebook a été épargné, mais une prochaine fois ça pourrait ne pas être le cas.

Addendum: jeudi soir qui vient, je donne à Genève une conférence introductive sur Twitter (et autres choses sociales). C’est ouvert au public et j’ai des invitations.

Pourquoi je parle à ma newsletter [fr]

[en] I'm not writing the same stuff in my Intermittent Newsletter as I am on this blog, though the newsletter is publicly archived and some people receive these blog posts by e-mail. Going online, our social/identity contexts collapse, but other kinds of contexts appear: determined by the tools we use (write a text in Word, Powerpoint, or an e-mail, and see what I mean) and the perceived audience we are talking to (discussion in a 10-person meeting streamed live online vs. the same happening in a room with 500 people).

Ce matin, avant de partir en randonnée, j’ai rapidement envoyé une newsletter. Pas Demande à Steph, l’autre, celle que j’envoie de temps en temps et où je raconte des trucs.

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Ça fait un moment que je remarque que je me sens nettement plus “libre” d’écrire ma newsletter plutôt que de faire un article ici. J’ai des tas d’idées d’articles à écrire, un monstre backlog, même, ça s’empile, mais je me mets de la pression.

Ecrire ici, c’est “publier”. Ma newsletter a beau être archivée publiquement, j’ai moins un sentiment de “publication”, parce que je l’envoie par e-mail à des destinataires spécifiques.

L’écriture, la communication: ce ne sont pas des actes isolés du monde. Ils ont un contexte. On l’a tous vécu lorsqu’on essaie de répéter une présentation dans son salon. C’est pas la même chose que lorsqu’on sera dans la salle avec les gens devant nous.

En ligne, même si nos contextes sociaux s’effondrent les uns sur les autres (sur Facebook on retrouve les gens du boulot, les potes avec qui on sort, les gens du club de sport, les voisins), j’ai l’impression que d’autres contextes se dessinent. Ils sont déterminés par l’outil qu’on utilise, et par le public explicite (perçu) auquel on s’adresse.

Ouvrez un document Word, un e-mail, ou un Powerpoint, pour écrire quelque chose: vous allez l’exprimer différemment en fonction de l’outil dans lequel vous le faites.

Le public perçu, c’est un peu moins évident à expliquer, mais c’est quelque chose dont j’essaie de parler depuis dix ans, quand je donnais des conférences pour expliquer les blogs d’adolescents aux parents et enseignants un peu décontenancés.

Le public potentiel “tout le monde” d’une page web est quelque chose de complètement abstrait pour notre petit cerveau de primate. A la place, on utilise des approximations. Quand on est physiquement dans une salle de 500 personnes, on les voit, les 500 personnes. Quand on est derrière son clavier, on a à l’esprit les personnes auxquelles on pense, et surtout, celles qui répondent, celles qui réagissent, celles dont on sait qu’elles sont là.

Quand je rédige une newsletter, il y a un nombre fini (et modeste) de destinataires. C’est à eux que je m’adresse.

Quand j’écris un article sur ce blog, j’avoue que je ne sais plus trop qui est là. Il y a des gens que je connais, mais je me dis qu’il doit y avoir aussi beaucoup de gens que je ne connais pas. J’ai conscience du fait que Google va passer indexer mes articles et qu’on pourra bien les trouver. J’ai un sentiment de plate-forme publique.

Ce qui est marrant c’est que ma newsletter est archivée publiquement (à la “blog”) et que certains lecteurs de ce blog recevront cet article par e-mail. Mais pour moi qui écris, c’est le public premier qui semble importer.

La newsletter c’est d’abord un e-mail, et le blog c’est d’abord une publication sur le web.

Une autre caractéristique de ces deux contextes (blog et newsletter) c’est comment ils gèrent l’interactivité. Avec le blog, n’importe qui peut laisser un commentaire qui sera attaché à l’article. Ce n’est pas anodin, et c’est une des choses qui a rendu ce format de publication si puissant, avant que l’on se fasse happer par Facebook. Avec la newsletter, les destinataires peuvent me répondre par e-mail, en privé. Et c’est tout. Les personnes qui liraient la newsletter archivée ne peuvent pas laisser un commentaire ni me contacter directement.

Facebook, pour aller plus loin, est un environnement encore plus interactif: il n’est fait quasiment que de discussions. Ça va vite, les gens réagissent, et parfois même me rentrent dans le cadre. Ce n’est pas un mal en soi, mais ça tend à rendre timide.

A noter aussi qu’en dix ans, je vois une augmentation de l’agressivité en ligne. Je me sens plus exposée. J’ai fait quelques mauvaises expériences, aussi. Le public est vraiment très public. Public de visibilité, mais aussi demandant activement qu’on le défende. Des fois j’ai juste envie d’écrire, et pas de défendre ce que je dis. Qu’on prenne, ou non, et voilà. Un peu égoïste peut-être, ou juste de la lassitude.

Ecrire quelque chose sur Facebook, c’est s’attendre à des réactions possiblement rapides, et qui demandent que l’on soit là.

Ici, sur le blog, c’est plus “confidentiel”, au sens où tout mon réseau social n’est pas branché dessus, où la plupart des gens ne prendront pas la peine de laisser un commentaire sur place (on a Facebook pour ça), mais aussi plus exposé parce que sur la route de personnes bien plus “hors de mon réseau” que quelque chose que je mettrais sur Facebook.

Et la newsletter, finalement, c’est comme une correspondance privée avec une équipe de personnes. Même si c’est pas privé. Logique, hein?

Si je n’avais pas déjà bien mal à la tête (probablement ma nuque qui a pris un coup quand j’ai glissé lors de mon retour de randonnée) je me lancerais dans une petite analyse des conséquences que ça pourrait avoir de republier sur ce blog mes newsletters — quelque chose que j’ai l’intention de faire mais que je n’ai, visiblement, pas encore fait.

En résumé: si vous voulez que je vous raconte des trucs dans votre boîte de réception, c’est par ici.

You Never Know [en]

[fr] On ne sait jamais d'où (et par qui) viendront les opportunités qui nous permettront d'avancer dans notre vie professionnelle. C'est la raison pour laquelle je préconise de "ratisser large" quand il s'agit de réseautage. Cibler, c'est se limiter. C'est fermer la porte aux surprises que peuvent nous apporter nos "liens faibles". Le monde en ligne est le paradis des liens faibles. Mais pour en profiter, il faut y être en tant que personne, car c'est entre les personnes humaines (et authentiques) que se tissent les relations.

One of the points I strived to drive home during my talk on the professional importance of a personal online presence is that you never know where opportunities might come from.

I do not believe in a guiding hand or external mystical forces which direct our lives. I believe there is no inherent meaning in the world other than the meaning we humans inject into it. This means that I accept that luck and circumstance can play big roles in our lives. Meeting the love of my life “by chance” does not mean that the universe conspired in bringing us together at one incredible moment in time. It just means that it happened, and something huge grew out of it, but it could just have well not have happened.

Left or right

Back to opportunities. Think of the jobs you got, the gigs that came your way. The important people and moments in your life and how they came to be. With hindsight, we deliver sense in everything. But let that go for a minute. Could you have planned for it? Could you have made it happen?

Granted, we sometimes make things happen. Of course. But more often than not, we don’t. We’re happy to overestimate how much control we have on our lives. It’s less scary.

People who have “made it” will come and tell you how they did it. Again, hindsight.

I had a really eye-opening moment about that myself just three years ago, when I was asked to come and give a workshop on how to build a successful online presence for oneself.

I’d already noticed that when it came to social media strategy, most people telling us about their success story would come up with something along the lines of “we had no idea what we were doing, we were lucky, but here is how we should have done it and how you should do it”.

Halfway through my workshop, I realised that I was doing some variation of that: I was giving the participants an exercise to try and put them on the track I had followed — but actually, there was no exercise I could give them, because I had arrived where I was precisely because I wasn’t trying to get there. I had just followed my interests (chatting, people, more chatting, writing stuff, reading stuff, people, chatting) and opportunities had sprung out of that. Then, I had made something of those opportunities. But I had no intentional hand in creating them. It was a very humbling moment.

I think it took the last three years for this realisation to fully mature into one of the cornerstones of the slightly revamped way I present what I do for a living.

Back to my talk. Once you understand that you are not fully in control or in charge of making opportunities happen, you can try to examine what circumstances are favorable to them. And I would answer: “a diversity of circumstances”.

You know how diverse teams are more creative? I think there is something very similar at play when it comes to networking.

A diverse network — diverse in terms of the people it contains, the reasons that connect them, the strength of those relationships — will generate opportunities you could not have seen coming.

So when it comes to building a business, or finding a job, or clients, or partners, or ideas, it pays to have “a good network”. By “good”, I mean “diverse”. Cast the net wide. You never know who amongst the people you know is likely to lead you to the next big step in your career, or your next client, or the breakthrough which will see you out of the problem you’ve been stuck in forever. You never know.

Autour du chalet, colliers de perles

Weak ties are those who open the most doors. These are the people you may not know that well, or be somewhat out of touch with. These are the people you have met in a context that seems completely irrelevant to the work you are doing. They are the people who connect you to networks beyond your own, to schools of thought your network is unfamiliar with. Weak ties make for better introductions, because the stakes are lower: our acquaintances put us in touch with others more easily than our close friends and family, who know our faults too intimately, and may fear the fallback of a failed connection.

For this reason, I see no sense in being overly focused on one’s “personal brand”, or having an overly intentional online presence. Your network is made of relationships, and relationships are had between human beings. In networking, there is more being than doing. Caring gets you further than needing.

Go where there are people. Be open. Be generous. Be curious. See others, so that they may see you. Be helpful. Ask what you can do for them, rather than what they can do for you. Find the balance of depth and breadth that suits you: too much depth leaves no space for others, too much breadth will see you forgotten like a business card in a pile of papers.

Don’t sell. Make friends. It doesn’t matter what brings you together, as long as you connect. You never know what it is that you do or say that might attract people to you. So be you. Better to be loved or hated for what you are, than for a mask that you’re wearing.

You never know who will come around to be your most precious business (or life!) contact until that day in the future arrives.

The kind of communication between people fostered by social media is perfectly suited to weak ties. It’s not very intrusive. We can stay connected with far more people than we could ever in the physical world, scrolling through our timelines or newsfeeds. Ambient intimacy creates rapport in sometimes surprising and unexpected ways. Distance and time do not get in the way anymore.

But to take advantage of that, for your online presence to play a role in nurturing your network, you need to be a person.

Is This Why I Stall? [en]

[fr] Peut-être j'ai besoin d'un dé pour être plus active quand j'ai trop de choix.

I am not very good at prioritising. Well, not always good at it. If there is an emergency, if we’re under pressure, if hard decisions need to be made, I can be decent to good at it, depending on the circumstances.

Ciel

I am not good at prioritising my wants and desires, actually. Here is the second edge to my sword of freedom. What do I want to do today? What should I start with? Nobody is tapping their foot waiting for something from me (except my accountant, that is), nobody is forcing me to do anything, I can choose.

And I want to do many things. Too many. It’s already noon, but here is what I’d like to do with my Sunday:

  • go for a walk
  • write blog posts
  • continue sorting/tidying clothes so I can get rid of my chest of drawers and move my third cupboard to its new place
  • cook so I have food ready for the week
  • do some accounting (!)
  • go to the cinema

I can’t do all that. And choosing one means I don’t get to do the others. Cake, having it, eating it. It sounds silly, but it’s an emotionally difficult place for me. So I put off the decision by flipping through Facebook, for example.

And if I’m not careful, it will soon be too late to do any of these things I wanted.

Feuilles 3

So today I did things differently. I figured I probably had time for two of these things. So I numbered them. And I rolled a die. Twice.

I went for a walk by the lake. I took photos there. The weather was splendid, windy and sunny and changing. I didn’t have time for accounting, but I wrote this blog post and roughly sorted my photos (FB) instead.

Octobre 2016 au bord du lac

I’ll do the accounting tomorrow.

Ateliers pour musiciens: quelques vidéos (séance d’info et interview) [fr]

[en] Virginie very kindly filmed the info session of our workshops for musicians, and interviewed Elisabeth and I on the project. Here are the first excerpts for your (francophone) enjoyment.

Mardi, ce sera la coup d’envoi pour les ateliers de développement de carrière qu’on organise avec Elisabeth. Mini-bilan préalable: les ateliers sont super bien reçus, ils se remplissent (c’est la dernière seconde pour saisir une des quelques places restantes pour le premier atelier, si jamais), la préparation se passe bien, on commence à réfléchir à la suite, bref, on est contentes.

La séance d’info a été l’occasion d’un chouette premier contact avec les participants et d’autres personnes intéressées. Mention spéciale à Virginie qui a très aimablement accepté de filmer la séance d’info, et qui a même fait une petite interview d’Elisabeth et moi. Les premières séquences sont en ligne sur son blog. Du côté des publications autour de cet atelier, Michelle écrit un article où elle montre clairement à quel point la visibilité/disponibilité en ligne d’un artiste est cruciale: ça fera la différence entre assister ou non à un concert.

J’ai aussi découvert avec intérêt le blog Créatif Productif de Renaud Delay et Yvan Richardet, deux compères musiciens férus d’organisation et de productivité, et qui abordent ces thématiques au fil de leurs articles — à l’attention d’autres artistes. C’est très bien et je trouve que ça vient joliment complémentariser (“compléter” ça le faisait pas, là, sorry) les sujets plus “stratégie business et communication” que recouvrent nos ateliers.

Je vous laisse donc consulter les quatre vidéos déjà à disposition. En premier, l’introduction aux ateliers et la présentation de la première séance (“Les mythes du music business”), celle de mardi (aussi sur Facebook):

Ensuite, sans grande surprise, les ateliers 2 et 3 (“Les nouvelles pistes” et “Clarifier son objectif de carrière”):

Puis les ateliers 4 et 5:

Dans cet extrait de l’interview qu’on a donné à Virginie la semaine après la séance d’info, on raconte la genèse du projet et on rentre un peu plus dans les détails du concept de ces ateliers (vidéo sur Facebook):

Finalement, on s’essaye un peu à la concision, avec plus ou moins de bonheur, du moins pour l’une d’entre vous (je vous laisse deviner mais je crois qu’il n’y aura pas de grande surprise, vous connaissez ma tendance à m’étendre!)

Vous pouvez aussi trouver cette dernière vidéo sur Facebook (c’est plus commode pour partager à l’intérieur de Facebook).

Pour le moment, on n’a pas de site dédié pour ces ateliers, donc le meilleur endroit pour rester en contact et nous suivre c’est la page Facebook des ateliers qu’on a mise en place il y a peu.

Talk: Be Your Best Offline Self Online [en]

[fr] La conférence que j'ai donnée mercredi à Women in Digital Switzerland à Lausanne.

Kelly invited me to be the guest speaker for the Women in Digital meetup in Lausanne on Wednesday, with a talk titled “Be Your Best Offline Self Online: How your personal online presence helps your business/career“.

It was streamed live on Facebook, which means that even if you weren’t able to attend in person, you can still listen to my talk now. I’ve put it up on YouTube for easier access outside of Facebook.

(Feel free to go “audio only”, the slides aren’t that important.)

There is a lot to write about this topic, and hopefully I will, but for now I’m at least making sure that you have access to the video! This makes me think I should get the various videos of my talks I have collected over the years on YouTube, even if the quality of most of them is not that great, and make a playlist of them.

A big thanks to Kelly who held her iPhone as steady as possible to capture this talk. I’m extremely grateful to have a recording of it.

Routine and Freedom [en]

[fr] La liberté, et la routine. Trop de liberté ne rend pas forcément plus heureux. Et si la liberté c'était de pouvoir choisir ses contraintes? Retour sur mon histoire avec la liberté et les habitudes.

Kites @ KepongPhoto credit: Phalinn Ooi

I think about routine a lot. I spent a lot of time when I was at university trying to be free. I was quite free, actually. Habits and routine are something we can get stuck in and that might shield us from seeing things we need to see — but I naturally gravitate to the other end of the spectrum, the introspective one, the one who thinks too much, wonders too much, asks herself too many questions. It was clear to me, already back then, that routine/habits had their use: they allowed us to lighten the load of thinking and deciding when it comes to our lives.

I spent ten years at university. Ten. Being a student. Three years studying chemistry (and finally failing), and seven years in what we call “Lettres”, studying History of Religions, Philosophy, and French. One of those years was spent in India. I then spent a lot of time not writing my dissertation. All in all, I spent many years with very long holidays and a very do-it-yourself schedule. It was a good time of my life. It was difficult to see it end.

Is freedom so important to me because of this slice of life, or did I hang out in that context so long because of how important it is to me?

Over the years, I’ve realised that “too much freedom” in the way I live my days does not make me happy. By that I mean complete lack of routine. Was it the first or second summer I was living alone in my first flat? A friend had used the kite metaphor: when you’re free, you let the string out and the kite can fly far, far up high. And I had let my kites go out a bit too far. University resumed, I drew my kites in.

In 2009, it felt like I had got my shit together. My life felt “under control”, in a good way. I wasn’t scrambling after things. If I remember correctly I was even doing my accounting regularly (that’s saying something). And I remember that during that year, I had a pretty solid morning routine. I actually would set my alarm clock. I would wake up at 7:30, and at 9:00 I would be at eclau to work, having pedalled on my stationary bicycle for a good half-hour.

Then 2010 happened. During my catless year, in 2011, I travelled way too much. I made up for all the previous years of no holidays. 2012 was chaotic. All that to say I never got back to where I was in 2009. Briefly, yes. But not consistently. And I know very well how important it is for me to have routines and good habits, so it’s something that’s often top of my mind. But I find myself coming short.

Things might be changing right now. This morning I wrote my first Morning Pages. (Loïc’s fault for mentioning them.) Last week, I got confirmation that Quintus is pretty much completely blind, and so I’ve been actively thinking about how to stabilise his environment — space and time. Quintus is a very routine-oriented cat. All cats are, to some degree, of course.

Blind Quintus Taking a Stroll

So between Morning Pages, cat-related routine, no money to travel (keeps me at home!) and wanting to get back on track when it comes to physical exercise (judo injury in March and slightly expanding waistline that doesn’t fit into favorite winter trousers anymore), the time seems ripe.

I’ve also been wondering recently if I’m not sleeping too much. One of my precious freedoms is not setting an alarm clock in the morning: I sleep as much as I want/need. But I still feel tired. So I think I’ll go with the 7:30 alarm for a bit and see if it changes anything. I’ll report back.

On another note, I sometimes feel like I spent a huge amount of my time in the kitchen dealing with food. I like cooking, and I like eating. But maybe I should limit the number of times I actually cook during the day. I eat a “normal meal” at breakfast, so I sometimes end up cooking three proper meals a day. I should probably reheat or throw something quickly together for morning and lunch, and just cook in the evening.

The biggest freedom might be the freedom to determine your own constraints.

Partager, partager, partager [fr]

[en] On the importance of sharing. A heartfelt thanks to Loïc and Laurent for the inspiring discussion at Silicon Valais!

Hier soir, j’étais à Silicon Valais 2016. J’étais déjà dans le Chablais Vaudois, donc le saut de puce jusqu’à Sierre en était un peu raccourci. Loïc était l’intervenant d’honneur de la journée, interviewé sur scène par Laurent. Je n’avais pas vu Loïc depuis des années (ayant raté Paris en mai), et Laurent fait partie de ces gens que je ne vois pas assez souvent même s’il habite à côté — décision facile, donc. En plus, je sais pas comment ils font, mais ils réussissent toujours à avoir du soleil, en Valais.

Soleil en Valais, au Technopôle de Sierre.

Le format de la discussion pour aborder la Silicon Valley, et les leçons apprises par Loïc au cours de sa carrière d’entrepreneur, était vraiment très bon, et bien mené. Je n’ai pas vu passer le temps. Me replonger à travers le récit de Loïc dans ces morceaux d’histoire familière, et me retrouver en contact avec l’énergie de découverte et d’émerveillement face au futur qui pénètre notre présent, ça m’a fait beaucoup de bien.

Depuis quelques années en effet, je suis passablement nostalgique de cette période entre 2004 et 2009 environ, qui représente pour moi “l’âge d’or” des blogs et des premiers réseaux sociaux. Ça bouillonnait, le monde changeait, on était en train de construire l’avenir, nous, “les gens connectés”. La discussion entre Laurent et Loïc me replonge dans cet état d’esprit.

Mais ce n’est pas pour sauter dans la machine à remonter le temps que j’écris aujourd’hui. C’est pour rapporter le conseil #1 que fait Loïc aux aspirants entrepreneurs: partager, partager, partager.

Construire en public, être ouvert.

Être généreux de son temps, de son savoir, de ses connexions.

Penser long terme, ne pas sacrifier les opportunités futures sur l’autel du gain immédiat de l’exploitation d’autrui.

Créer quelque chose qui nous parle, sans vouloir à tout prix monter le business du siècle.

Ça vous dit quelque chose, tout ça? Si vous me connaissez, j’imagine bien que oui.

Au tout début de la conférence, Loïc raconte comment il s’est assis par hasard à côté de Joi au WEF. Intrigué par ce que celui-ci faisait sur son ordinateur, il ne l’a pas lâché jusqu’à ce qu’il lui ait appris à bloguer. Bloguer, une pratique qui a changé sa vie… et la mienne.

Cette éthique du partage, cette foi dans les opportunités inimaginables (au sens propre) que peut nous apporter le fait de vivre nos vies et nos idées un peu publiquement dans les espaces numériques, c’est quelque chose que je retrouve très fortement chez les blogueurs de “la grande époque”. On a compris, dans nos tripes, le pouvoir de la réciprocité quand elle s’ancre dans la générosité désintéressée, et d’une certaine dose de vulnérabilité pour nous rapprocher les uns des autres.

Je la vois moins chez ceux qui ont trouvé leur maturité numérique à l’ère de Facebook, sous le règne des algorithmes, de l’immédiateté encore plus immédiate, de la popularité encore plus éphémère, de la concurrence effrénée d’un espace saturé de marketing, au point même que pour “réussir”, il faut traiter les personnes comme des marques. La mise en scène narcissique de soi prend le pas sur les conversations et échanges authentiques, et on se sent pris dans une course à l’audience, pour capter une lichette de notre attention déjà sursollicitée.

Bon dieu, on croirait entendre un critique réfractaire au numérique d’il y a dix ans! Je suis dure, et il n’y a certes pas que ça dans les espaces sociaux numériques de 2016, mais c’est tristement ce qui domine.

Voilà pourquoi je m’accroche à ce blog. Les relations ont besoin de temps. Les idées ont besoin d’espace. Les newsletters regagnent en popularité, c’est pas pour rien.

Il y a de la place sur Facebook, Snapchat, Instagram, Twitter et consorts pour le genre de partage dont Loïc et moi parlons: mais pour cela, il faut laisser un peu de côté ses objectifs, oublier la chasse aux likes et aux followers, et plutôt se demander ce qu’on peut faire pour les autres, s’ouvrir à partager ce qui nous fait sourire ou rêver, ce qui nous interpelle, ce sur quoi on s’interroge — même si ça “ne sert à rien”. On ne peut jamais savoir quelles portes s’ouvriront parce qu’on regarde tomber la pluie ou qu’on a rencontré un gros chien.

C’est comme dans la vie “hors ligne”. On sous-estime complètement à quel point nos opportunités professionnelles tiennent souvent à des connexions personnelles ou des échanges en apparence futiles. Quand ça arrive, on se dit que c’est un coup de chance, ou l’exception — alors que c’est plutôt la règle.

Laissons au monde une chance de venir à nous, en nous donnant d’abord un peu à lui.

Internet, espace de vie [fr]

[en] About the profound humanness of the internet. It's not a space to "communicate", it's a space to "be" with other humans. The internet is made of people.

La fête: internet, c'est ça aussi.

Ce qui “coince” beaucoup de personnes quand elles envisagent leur propre présence en ligne, c’est cette conception d’internet (des médias sociaux, de facebook, etc) comme “canal de communication”. Ça peut l’être, certes, mais c’est réducteur.

Internet est un espace social. Il y a du “contenu”, mais surtout des gens. Vous vous souvenez de la vidéo “The internet is made of cats“? J’ai envie de dire “the internet is made of people”.

A la fin des années nonante, je découvrais internet, comme beaucoup de monde. Je faisais des recherches sur Altavista, je trouvais des nouveaux sorts à utiliser pour mes jeux de rôle. Je l’utilisais comme une bibliothèque. Je trouvais moyennement excitant.

Tout a basculé pour moi quand je me suis mise à chatter. Internet n’était plus cette bibliothèque silencieuse, mais mon Lapin Vert à moi. Puis j’ai commencé à me balader sur le web, et j’ai eu cette révélation: les sites que je visitais, les pages que je découvrais avec émerveillement, elles avaient été créées et mises en ligne par des gens comme moi. Et je n’ai pas tardé à les rejoindre. Le web, c’était cette collection de voix humaines.

Cette conscience profonde de l’humanité d’internet ne m’a jamais quittée. A travers les pages perso, les forums, les blogs, MySpace, Friendster, Flickr, Twitter, Dopplr, Facebook, coComment, Foursquare, Instagram, Snapchat, Periscope et tous les autres: ce sont les gens et les relations qui sont la structure sous-jacente du monde numérique.

Je ne vous raconte pas ça juste pour le shoot de nostalgie: c’est parce que c’est encore vrai aujourd’hui, mais comme ça a été le cas au début des années 2000 avec le web, la main-mise des marques sur les médias dits sociaux finit par nous faire oublier leur nature originelle, et qu’ils sont adaptés avant tout aux personnes.

Comprendre que Facebook et consorts sont des espaces de vie, ça va changer notre approche pour y “être”. Etre présent en ligne, c’est plus du savoir-être que du savoir-faire. Quand on se rend à un apéro ou salon professionnel, l’essentiel de ce qu’on y fait c’est rencontrer des gens, discuter, découvrir des choses intéressantes dont on va parler plus loin, etc. En ligne, ça peut être comme ça aussi. Et c’est quand on approche le online comme ça qu’il nous apporte le plus.

Avoir un compte Twitter sur lequel on cherche à “partager des choses” ou “gagner des followers”, c’est super chiant à faire. Par contre, être présent sur Twitter comme espace social, où sont tout plein d’autres personnes qu’on connaît, qu’on apprécie, qu’on découvre peut-être, ça oublie d’être du travail.

On comprend donc l’importance de l’authenticité et du “personnel” (de “personne”, pas dans le sens de “privé”) dans la présence en ligne: notre présence en ligne nourrit des relations avec d’autres humains, et nos relations aux autres s’ancrent le mieux dans notre humanité.

Cette approche nous libère également de l’éternel obstacle (excuse?): ça prend du temps. Oui oui, ça prend du temps. Tout comme boire des cafés ça prend du temps, aller à un apéro ça prend du temps. Mais ce qu’on dit quand on dit “j’ai pas le temps” ou “ça prend du temps”, c’est “c’est chiant à faire” et “je vois pas l’intérêt”.

Si on arrive à faire en sorte de vivre le online comme un espace social d’interactions auxquelles on prend plaisir, la question du temps que ça prend se transforme.

Quand vous pensez à votre présence en ligne, réfléchissez-vous en termes de “communication”, de “message”, ou bien est-ce simplement un espace où vous connaissez des gens et interagissez avec eux?

Elle écrit plus? [fr]

[en] Why I'm struggling to write, these days: I'm trying to clarify all my cluetrainy ideas about the internet, people, and the world – and though they come out readily in conversations (having a lot of those these days as I have launched my 2016 professional website) I am struggling to squeeze them into post format. I wish I had Euan's gift for concision!

Not that comfortable

Mes articles ont du mal à sortir, ces jours. La raison en est que je suis en train de mettre de l’ordre dans tout un tas d’idées qui servent de fondement à mon travail. Des évidences (pour moi) concernant notre condition d’homo numericus, la nature des espaces numériques qui imprègnent nos vies, nos relations les uns aux autres et le rôle que celles-ci jouent à influencer le cours de nos vies.

Ce ne sont pas des idées nouvelles, mais je les développe généralement au cours de conversations, souvent en tant que prérequis aux autres thèmes qui nous préoccupent plus officiellement: est-ce que je devrais vraiment être sur Facebook pour mon travail? A quoi ça sert de poster des photos de vacances? Twitter, je capte toujours pas, c’est nul… Sur quoi je vais communiquer pour ma présence en ligne?

J’ai déjà pas mal dégrossi en préparant la nouvelle mouture de mon site web professionnel (en anglais, mais il y a une page en français). Parlant de nouveau site, à part ça, n’hésitez pas à diriger chez moi les gens de votre entourage qui pourraient bénéficier de mes services ou mes ateliers, je vais avoir de la disponibilité pour prendre des nouveaux clients cet automne à côté des ateliers de développement de carrière pour musiciens que je donne avec Elisabeth Stoudmann.

Je reprends le fil: toutes ces choses que j’expose si joyeusement dans un contexte de discussion, j’ai du mal à leur donner une forme d’article. Tout est lié, enchevêtré, et somme toute assez complexe. Je n’ai pas le don de la concision de mon ami et collègue Euan Semple, et chaque fois que je me dis “ah je pourrais faire un article sur ça” je me retrouve à ne pas commencer de peur que l’article devienne un livre. Problème classique que je connais bien.

Histoire de vous montrer que je suis capable de suivre mes propres conseils, je vais me lancer directement avec quelques réflexions sur internet en tant que lieu de vie – versus canal de communication.