Je dors [fr]

…trop.

Franchement, je pourrais me demander si ma copine n’accompagne pas la maladie du sommeil. Je fais des nuits de passé 8h, à la chaîne, et je me réveille comme si un camion m’avait passé dessus. Avec 12h par jour environ loin de la maison, c’est vraiment mode survie. Je rentre, et en fait je pourrais aller me mettre au lit tout de suite. CFF, boulot, dodo. Mais je me fais quand même un truc à manger, hein.

Bref, heureusement que les chats vont bien, juste là. (Enfin, il reste des investigations à faire pour Erica mais elle est stable et semble OK côté symptômes.)

Alors, what next? La balle est dans mon camp. On va refaire des analyses histoire d’être sûrs qu’on passe pas à côté d’un truc, que la giardia n’est pas l’arbre qui cache la forêt. J’essaie d’attendre un peu depuis la fin de mon dernier traitement (début février) histoire d’être sûrs que si l’analyse est positive, elle est vraiment positive, et que ce n’est pas des “traces” de l’infection précédente. Je me rends compte que je n’ai pas suffisamment d’infos sur les faux positifs par PCR pour savoir à quel point c’est vraiment utile d’attendre.

Mais bon, là, de toute façon, je ne peux pas continuer très longtemps comme ça. Sans compter que je suis supposée partir en vacances dans deux semaines, et on sait tout comment ça se passe, les vacances, quand on est malade pendant qu’on travaille mais qu’on “tient bon”.

Donc, aujourd’hui, c’est le jour où je rappelle le médecin pour dire que “ça ne va plus”.

(Je précise que si j’avais voulu, il m’aurait donné un traitement quand j’ai appelé la semaine dernière. C’est moi qui me sentais assez bien pour continuer à attendre.)

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What Happened [en]

Beginning of October, I started working in Fribourg, with an hour of commute to get to my office. 45 minutes on the train. I decided to use that time to blog. And I did, to some extent. But not as much as I initially planned.

What happened?

A bunch of things:

  • mid-November, Quintus was diagnosed with diabetes
  • I’ve been taking the train with two of my colleagues (usually not on the same day) a couple of times a week
  • I fell ill December 7th and am only starting to be properly better now — the days I did manage to drag myself to work I was too exhausted to write

Now? Quintus is getting better and could even be headed for remission. I’m getting better, but have been out of it for so long it’s going to take some time for me to be completely up and running.

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Aimer écrire [fr]

Ça m’est venu hier dans une discussion avec une collègue: j’aime écrire, mais comme moyen d’expression. J’aime mettre par écrit des choses qui sont dans ma tête. J’aime m’exprimer par écrit, “parler” par écrit, réfléchir par écrit.

La rédaction pure, prendre un contenu arbitraire et le mettre en forme par écrit, collecter des infos de différentes sources pour en faire quelque chose de digeste, en tant que tel, ce n’est pas ma tasse de thé.

C’est certainement pour cela que durant toute ma carrière j’ai relativement peu écrit “sur commande”. Même lors des mandats rédactionnels que j’ai eus, j’avais une motivation forte à communiquer la matière dont il était question. Et lorsque ce n’était pas le cas, la rédaction était pénible. Oh, je l’ai fait, et je le ferai sans doute encore, mais je n’aime pas particulièrement ça.

Gagner ma vie en écrivant, ça n’a jamais été un objectif pour moi. Gagner ma vie en réfléchissant, ou en communiquant mes idées, ça oui, c’est attractif.

Je blogue depuis plus de dix-sept ans. Il y a eu des pauses plus ou moins longues, la fréquence rédactionnelle a beaucoup varié, le genre d’écrits aussi. Ici, je pense et je parle à haut clavier. Et c’est pour ça que ça dure.

 

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Time Tired [en]

Time is catching up with me. It was to be expected. As novelty and excitement starts to wear off, a more sustainable rythm needs to be found.

I’m starting to feel tired. That’s what I’m paid for, my dad would say. Not badly tired, just, tired. So I’m being careful before I need to be.

Sleep. Don’t take on too much. Give myself time to breathe, and more importantly, think. Thinking is so important. At work, too. Taking time to look out of the window while solutions take shape. Doing is not only typing on a keyboard. I am perfectly comfortable with the fact my work requires me to think. 15 years ago, I’m not sure I was.

I had to take a day off work on my first week, to teach elsewhere (a preexisting commitment). At first I thought I’d catch up those hours. But after a couple of weeks I discovered that making up for 8+ hours when you’re already working 4.5 days a week, and commuting 2.5 hours a day is not easy. I decided to stop trying to stretch my already long days to make up for it, and cash in a day of vacation instead. A wise decision: I now have a few hours in the bank, which means I don’t have to worry about those days where I have to leave work early, and I can be home at 6pm.

Having a basic structure for my time is interesting. It’s something I can build upon. It’s constraining, of course: I have few hours every day to spend with my old cat Quintus, less time to see friends and family. I’m alseep by 10pm, up at 5.30. My struggle of all these last years to try to introduce some routine in my too-free life has been solved for me – dramatically.

My weeks pretty much all look the same now. Head off to Fribourg on Mondays, Tuesdays, Thursdays and Fridays. Lausanne on Wednesday, work in the morning, errands and appointments and the odd client appointment in the afternoon. Laundry on Friday evening when I get home. Maybe grocery shopping too – doing that on Saturday is just miserable. And I discovered last week that doing laundry and grocery shopping on Friday means that when I get up on Saturday, I’m pretty much “free”.

I’m discovering that I don’t have that much practice functioning when tired. I’m not sure that’s a bad thing. Previously, when I was tired, I’d rest, and try and do things when I was in good shape. Now, the calendar rather than how I feel determines what I do. It’s a strange change.

 

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Grand moment de solitude [fr]

Minuit moins quart. Je suis rentrée tard, mais c’est samedi soir, ça va encore.

Je suis accoudée sur mon lit, téléphone à la main, chat presque contre moi. Il est temps de me lever pour me mettre vraiment au lit. Je vais lire un peu et dormir sans trop tarder.

Seulement, quand j’essaie de changer de position, je ne peux pas. Mon bassin est un océan de douleur paralysante. Changer ne serait-ce que la répartition du poids entre mon coude et ma hanche est un calvaire. J’essaie de plier légèrement la jambe: n’y pensons pas.

Quinze longues minutes plus tard, j’ai péniblement réussi à me coucher sur le dos.

Il me faudra quinze minutes supplémentaires et pas mal de serrage de dents pour me retrouver sur mes pieds, pliée comme une petite vieille, accrochée à la table de nuit – mais « debout ». Je tremble comme une feuille: froid, peur, choc?

Je me redresse tant bien que mal. Je fais quelques pas en m’accrochant aux murs. Que faire? Prendre des médicaments? Un bain chaud? Essayer de bouger? Au contraire, surtout ne pas bouger? Me mettre au lit et prier?

Je suis raide comme un bâton, pendue à un fil. J’aimerais aller aux WC mais je n’arrive plus à m’asseoir. J’aimerais voir ce que j’ai comme médicaments mais je n’arrive pas à me pencher pour ouvrir le tiroir. A tout hasard, je sors la clé de ma serrure. On sait jamais. Je m’accroche à mon téléphone, point de contact avec le monde.

Vais-je pouvoir aller travailler lundi? Ma tête fait le tour des plans de contingence en cas de catastrophe.

Vivre seul a plein d’avantages. Je ne range que mon propre bordel. J’ai toujours mon espace vital. Je fais ce que je veux à peu près quand je le veux.

Il y a des désavantages, aussi: je paie toutes les factures. Quand je rentre du travail, les courses ne sont jamais faites, le repas n’est jamais prêt. Toutes les décisions reposent sur mes épaules.

Et les frayeurs médicales arrivent toujours au milieu de la nuit. Être mal, effrayé, et seul, c’est vraiment misérable, comme situation. Je connais bien le numéro de la centrale des médecins de garde.

J’hésite à l’appeler, mais j’ai des scrupules à deranger l’infirmière de garde parce que je n’arrive pas à m’asseoir.

Heureusement, une copine infirmière est encore debout. Un paracétamol, un ibuprofène, un patch anti-inflammatoire et une heure plus tard, je peux précautionneusement me mettre au lit avec un coussin chauffant en bas du dos. J’ai pu aller aux WC.

Je vois ma physio mercredi.

[PS pour les curieux: très certainement l’articulation sacro-iliaque, et la suite du feuilleton faisant suite à mon accident de judo d’il y a 18 mois. Je suis entre de bonnes mains.]

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Raising Boys [en]

Cindy Gallop (you should follow her on Facebook) shares a piece about the Weinstein scandal and excerpts this:

Begin young: Jaclyn Friedman said culture must adopt a new definition of what it means to be a man: “We have to start raising boys to think girls are cool. … If we raised boys to assume that girls are fully three dimensional and human and interesting, then they will be more horrified when people don’t act the same way,” she said.

USA TODAY

Indeed. From reading « Bitter Chocolate » way back when (on child sexual abuse in India), it’s been clear to me that the way out of this is largely in the way we raise our boys. Starting from when they are very little.

Mothers, fathers: this is on you.

Over the last year, I’ve become increasingly sensitive to two things that we do with kids that now feels very wrong:

  • forcing physical contact upon toddlers and small kids when they don’t want it (how do you then explain to them that it’s wrong to do it to others once they are teenagers or grown men?)
  • « romanticising » childhood friendships by making fun of (even in a nice day) « girlfriends » or « boyfriends » when our kids are three, four, five… Why does every interaction between the sexes have to be seen through that lens? And after that, we complain that our kids are « sexually precocious »…

Seriously, just like you’d educate a cat or a puppy: don’t, when they’re small, encourage behavior you don’t want to see when they’re big. 300 grammes of kitten climbing up your jeans is cute. 5kg of adult cat is not. Then don’t let the kitten do it. 4-year-old running after a little girl to kiss her: will that be cute when he’s 40? Don’t let him.

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Je pendule [fr]

Depuis une dizaine de jours, je pendule. Lausanne-Fribourg le matin, retour le soir. Certains d’entre vous le savez, d’autres ont deviné, d’autres encore tombent de leur chaise (mais non, mais non).

C’est très étrange après toutes ces années d’irrégularité d’avoir un horaire et une routine stables. Certaines personnes arrivent mieux que d’autres à se mettre leurs propres contraintes, et en ce qui me concerne, ça a toujours été un exercice difficile. En 2009, 2010, avant la mort de Bagha, j’y étais parvenue. 7h30 debout, 9h à l’eclau. Je crois même que je m’y suis tenue durant mon « année sans chat ». A l’arrivée de Tounsi et Safran, qui avaient d’autres horaires et d’autres idées concernant nos activités du matin (et le matin commençait tôt), ça a dégringolé, et je n’ai jamais vraiment réussi à remonter dans le train.

Jusqu’à maintenant.

Littéralement.

Je cherche encore comment m’organiser au mieux. Déjeuner dans le train? Peu concluant. Y dormir? Dommage, je trouve. Lire, laisser vagabonder mon esprit… Et hier soir, alors que le sommeil tardait à venir: bloguer!

A demain, peut-être.

 

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Piège de l’empathie [fr]

Je l’ai fait de nouveau. Je voulais poster quelque chose ici, et pour faire bien, vous savez, écrire un peu sérieusement, j’ai commencé à réfléchir, je me suis perdue dans un terrier de lapin, et je n’ai pas écrit l’article, parce que mes idées ne me satisfaisaient pas.

A ma décharge, j’ai envoyé une newsletter de liens, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps.

C’est ceci dont je voulais vous parler:

Ça parle d’empathie, de compassion, et c’est l que je me suis perdue, car ces mots sont utilisés pour dire tout et son contraire (si si quasi) par plein de personnes différentes. La compassion de l’un est l’empathie de l’autre, et vice-versa. Bref.

Vous savez, il y a quelque temps, je parlais des gens aimant les animaux qui se permettaient d’être détestable et hyper jugeants avec les humains. Et en écoutant le début de cette conférence, je crois que j’ai trouvé la clé pour comprendre ce qui se passe.

L’empathie, au sens de “sentir/souffrir AVEC”, ne nous rend pas meilleurs. Quand on souffre, parce qu’on s’identifie à la souffrance de l’autre (ce qui correspond assez bien à ce profil “d’ami des animaux” vindicatif qui me dépasse), on réagit en être qui souffre. On attaque, on juge, on blesse, on veut faire mal.

La compassion, au contraire, implique une certaine distance. Comprendre, être à l’écoute, mais sans voir s’effondrer la frontière entre soi-même et l’autre.

L’excès d’empathie (dans ce sens, hein), nous associe à ceux qui nous ressemblent au détriment de ceux qui nous sont plus distants. C’est comme ça qu’on se retrouve à tuer des médecins pratiquant les avortements aux Etats-Unis, à justifier la haine de l’autre par le fait qu’il y a “d’abord une victime”. La perspective et la vision grand angle sont absentes. Une politique basée sur l’empathie “à vif” est catastrophique.

Même s’il s’agit “juste” de prendre soin des animaux, il faut réussir à trouver cette posture qui reconnaît la souffrance mais ne se laisse pas envahir par elle au point de ne plus voir que la victime, et de faire sienne sa détresse.

Un autre exemple très pertinent que donne le chercheur est celui du thérapeute. Si je vais chez mon thérapeute et que je suis angoissée, déprimée, en souffrance, je ne veux surtout pas que celui-ci, par empathie, sente en lui mon angoisse, ma dépression, ma souffrance. Il serait bien en peine de faire ainsi son travail. Au contraire, j’ai besoin de sa part d’écoute, de compassion, de compréhension, et de sérénité pour qu’il puisse m’accompagner.

Bref, je vous invite à écouter cette vidéo, au moins les dix premières minutes, si l’anglais n’est pas votre zone de confort.

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Dernière minute! [fr]

Dernière minute pour:

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Des nouvelles [fr]

Je sors la tête de l’eau après une bonne dizaine de jours où je n’arrivais même plus à faire ma vaisselle. Dormir un minimum mais pas assez, manger mais plutôt en coup de vent, j’ai couvert l’essentiel. Mais le reste… Pourquoi?

Mis à part la vie, une triple collision:

Le moral va bien. Je suis super contente de la forme que prend “l’eclau 3.0” (il y a un apéro le 5 septembre, notez). A défaut de voir où je vais pour ce qui est de mon avenir professionnel, je vois comment y aller, et croyez-moi, c’est déjà immense. Erica et Mikou ont des heures de sortie pour éviter les bagarres, et ça semble aller plutôt bien pour le moment. Entre le balcon et l’eclau, j’ai fait du tri, j’ai jeté, jeté, jeté, et ça fait du bien, aussi.

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