Pandemic Snippets 3 [en]

In a flash, everything changes colour. Changes taste, and smell, and even sound. Moments of elation come crashing down to the ground and lie there miserably, wriggling helplessly in the dust of shattered hope. The past is rewritten, back to the crossroad where perception and reality took different turns.

Words and events play back, interpretations are reprioritised, hypotheses crumble while others crawl out of dark corners where they had been cowering in shame, blinking in the light and trying shyly to unfold their wings.

Something rips inside, leaving deep chasm between two unshared experiences.

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Pandemic Snippets 2 [en]

Just sit
And feel
Is it nothing?
It feels like nothing
But isn’t nothing.
It’s a tightness in the chest
A sinking of the heart
Tears that gather in the throat
Eyes that stare straight ahead

Just sit
And feel
Close those eyes
Breathe inside
Is there anything there?
All is silent
And still
Nobody else
Just me.

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Bribes de pandémie 1 [fr]

Il fait gris sur le balcon ce matin. Les pétunias essaient de sortir du désert où ils avaient été abandonnés, fleurs roses mais feuilles brunes. Les cloches de l’église au loin sonnent une porte ouverte entre deux mondes. Une chanson flotte dans l’air, ou dans ma tête, elle tourne en boucle et elle est belle. Ma voix se mêle au reste du choeur, et j’attends le jour où à nouveau, pour de vrai, je serai une petite goutte de son perdue au milieu de l’harmonie.

Dehors, aucun autre bruit à part les cloches. Pas ce que les gens imaginent quand ils pensent à la ville. C’est un dimanche matin en Suisse, rien ne bouge, sauf les feuilles du cerisier et les branches du sureau, saisis par le courant d’air qui traverse le jardin. Un oiseau appelle, un autre répond, les chats ne bronchent pas, enlisés dans leur sieste confortable de matous choyés.

Les cloches se sont tues. Il ne reste que le bourdonnement intérieur de mes oreilles, fréquences non identifiées qui tentent de remplir le silence. Avez-vous déjà remarqué comme le silence extérieur fait ressortir le bruit intérieur? Des fois ça s’agite avec fracas, ça prend ses aises dans l’immense espace à disposition, on voudrait quelque chose pour l’arrêter… Et des fois, tout ce silence permet d’entendre un chuchotement timide, d’habitude noyé, quelques mots qui changent une vie ou une journée.

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Pandemic Snippets 1 [en]

I am a stone. At the bottom of the ocean. I do not breathe, I do not move. I just lie there and wait. Wait for nothing to happen. I feel nothing, I think nothing, I am nothing. Just a dead weight, a could-have-been mountain. 

Sometimes a strong current comes and rolls me along. And there I remain again, still and silent at the bottom of the ocean. A nest in the sand bears my weight through the years. I am there. I am, but that is all I am. 

Heavy with my own weight, I have sunk as low as I could. Never changing, never wanting. Seasons pass me by in the silence of nothingness.

Around me life thrives and dies. I do not even have eyes to watch it fly by. There, but not there. An insignificant outsider to all that lives. 

I am a stone, dead weight on the ocean floor, a sinking heart fallen off a drifting ship.

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I thought I might write [en]

Sleep isn’t coming tonight. Or rather, it’s coming and going. I’m not a bad sleeper, generally. I fall asleep easily, sleep though the night (give or take one bathroom break), wake up when my alarm rings or when my “usual time” comes by.

Lately things have been a bit more complicated, though not dramatically so. I’ve been having a harder time falling asleep, and my old Quintus has been waking me up regularly (he’s restless at night). I don’t fall back asleep as easily as I’d expect.

I don’t think this is a permanent change. It’s a phase. And sometimes, when you’re wide awake at 2.30am, you just have to do with it. So, after two whole episodes of Sleep With Me (to the end, quite unusual… falling in and out of sleep), sleep-inducing meditation music, a snack (I was hungry), a bit of reading… I thought I might write.

I actually had an idea for something I wanted to write. But it’s gone. Ideas are like that.

Last night, just as I was drifting off, I came up with a few lines for a poem. I hesitated. I could let myself fall asleep and probably lose the lines, or dictate them into my phone for safekeeping. I chose the latter. It woke me up. I haven’t yet gone back to the lines to see if they were any good… I hope they were!

Today I am sore all over from a long and somewhat arduous trek in the mountains. I was expecting to fall asleep “like a baby” (I know the expression is wrong, but it’s still there). But I haven’t. Aside from my body hurting (yes I did take a long hot bath to try and soothe my overworked muscles), there’s quite a lot going on in my head these days. Not bad things! But things. And things in one’s head are not very helpful when it comes to falling asleep.

Now that I’ve settled down to write them out, they’re mysteriously gone (those that I would have been willing to write, of course). Funny how things are.

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J’ai testé pour vous le self-checkout en France [fr]

Aujourd’hui j’ai fait quelque chose de presque incroyable: j’ai passé la frontière. Un petit rendez-vous de dentiste pour une dent qui m’avais fait un mauvais coup il y a quelque temps. Genre, je mords dessus, et je décide dans la foulée que je ne vais pas refaire ça de sitôt. Il y avait une carie. Comme quoi, j’ai beau être “douillette”, comme on dit, j’ai quand même un assez bon radar.

Mais passons sur le dentiste et la carie. Je ne suis pas une grande “touriste d’achats”, mais quand je vais en France, je profite pour acheter 2-3 petits trucs. Donc, je passe à Carrefour. Et moi, ne vous déplaise, je suis des self-scanning et autres self-checkout (ceci n’est pas une invitation au débat, déjà moult fois fait et refait). A défaut de self-scanning (où l’on se balade dans le magasin son petit scanner à la main), je me rebats sur le self-checkout (la borne où l’on scanne patiemment tous ses articles les uns après les autres).

Donc, en France, ou plus précisément à Carrefour, ça se passe comme ça:

  • interdiction d’y aller avec un caddie, même s’il est quasi vide (j’ai du transvaser mes petites courses dans un panier)
  • pas de touche “fois deux” ou “répéter l’article”; il faut vraiment scanner chaque article
  • chaque article scanné doit être posé dans le “bac”, à droite, avant de pouvoir scanner le suivant. Chaque. Article. Donc quand tu as 6 tubes de dentifrice, tu scannes un tube, tu le poses, tu scannes le suivant, tu le poses, etc. Six fois.
  • impossible, donc, de prendre 2-3 articles à scanner dans les mains, les scanner, puis les poser ensemble
  • impossible aussi de faire “scan, scan” sur le même article quand on l’a à double
  • la machine arrête pas de causer pendant qu’on scanne (ne me demandez pas ce qu’elle dit, c’est complètement inintelligible pour moi)
  • l’hôtesse/assistante a dû venir au moins deux fois débloquer la machine qui ne voulait pas prendre mon scan suivant (sur une trentaine d’articles)

Clairement, ils ont tenté d’économiser sur le budget UX (expérience utilisateur). D’ailleurs, pour un grand magasin, il n’y a que 3-4 de ces bornes (dont une en panne).

Pour mes amis français, en Suisse (à la Migros en tous cas):

  • il n’y a pas besoin de poser un article scanné dans une zone définie avant de pouvoir scanner le suivant
  • il y a une touche “+” pour ajouter encore une fois le même article
  • on peut scanner un article et le rescanner 2 secondes plus tard
  • on peut venir avec son caddie
  • on peut mettre ses articles direct dans le sac qu’on tient à la main (si on n’a que 2-3 articles, par exemple)
  • la machine est complètement silencieuse sauf pour le joli “blip” quand on réussit à scanner un article
  • on peut donc scanner aussi vite qu’on veut
  • on peut scanner de droite à gauche si ça nous chante
  • on n’a pas besoin de déclarer en début de session si on a un sac ou non pour mettre nos courses
  • ça “marche”… je n’ai jamais dû faire appel à une hôtesse…

Voilà, c’était la petite humeur ronchonnante du jour!

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Bribes de confinement 5 [fr]

Ecrit le 4 mai. Quintus est toujours là aujourd’hui et ne va pas trop mal, je vous rassure.

Tout doucement
Sans un bruit
Le vieux chat
Est devenu si léger
Qu’il s’est envolé.

Dans le cœur
De sa maîtresse
Un grand trou
En forme de chat
Lourd, si lourd
Qu’elle est clouée au sol.

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Bribes de confinement 4 [fr]

Il y a un oiseau dans mon cerveau. C’est un tout petit oiseau. Ses plumes sont bleu et or. Il a un long bec recourbé rouge vif. 

Il volette sans cesse, ses ailes battant plus de mille fois par minute, cherchant de-ci de-là mais se heurtant inexorablement à la limite de ma boîte crânienne.

Ce n’est pas un colibri, même s’il y ressemble, car il ne fait pas sa part.

Mon oiseau tourne et vrille, il butine mes pensées et mes envies sans jamais me laisser de répit. Ses ailes soulèvent la poussière dans tous les recoins, son long bec parfois se faufile dans les crevasses de mon histoire.

Parfois j’aimerais qu’il s’arrête, mais je ne sais pas trop ce que je ferais de son petit cadavre dans mon cerveau.

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Bribes de confinement 3 [fr]

Dehors il y a l’océan. L’océan de ma vie. Des profondeurs insondables, des monstres marins, des algues interminables. Et des vagues, du vent, des embruns. Des baleines et du krill.

Dans la forêt du monde les sapins piquent le ciel et les sentiers se perdent entre les troncs. L’odeur forte du sol me fait tourner la tête, me remplit, m’enlève jusqu’aux nuages.

Là-haut, je croise des cigognes qui ont mis le cap sur leur ailleurs, et un aigle qui tournoie entre le soleil et le ciel. Je ferme les yeux, éblouie, et je tombe, comme une plume qui danse et vient se poser sur les flots.

 

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Bribes de confinement 2 [fr]

Bien au chaud dans mon petit cocon, je me sens libre comme jamais. Les autres et leurs besoins se sont évaporés, les miens petit à petit montrent quelques feuilles. 

Dans ce monde arrêté, moi aussi je peux m’arrêter. Enfin. La chape d’attentes s’est envolée. Le besoin désespéré de rester dans le train, aussi.

J’essaie de ne pas trop penser à l’injustice contre laquelle je ne peux rien, à la douleur qui traverse tant d’autres et qui m’épargne jusqu’ici. J’écoute ma respiration, j’essaie de tout oublier. 

Liberté mon privilège, que j’essaie de goûter avant que la culpabilité ne t’emporte.

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