Post-Funk [en]

Yesterday I was in a bit of a funk. Went back to sleep after breakfast (literally collapsed) and slept till noon. Then, vegged most of the afternoon.

This means I’m starting today with a backlog of productivity. Stuff I’d planned on doing yesterday and the stuff I’d planned on doing today. (I don’t plan much for week-ends, but I still do, particularly things I should have done during the week and didn’t get around to doing.)

So I find myself in what I call priority paralysis: where do I start? How do I prioritise? This is particularly tricky for me when nothing absolutely needs to get done today. Not enough urgency. And there is a tension between what I want to do and what I feel I should do. And stress because the list of what I’d like to do today is too long for today.

The solution is to pick one and get started. It sounds easy, but in fact there is a great resistance to picking one over the others. What if I’m making the wrong choice? What if I don’t have time for the rest? Will I be happy I picked this thing? Isn’t something else more important, more urgent? What if I spend way more time than I anticipated on this one thing?

That is the kind of background noise that goes through my mind at that moment.

But on another level I know that as soon as I pick one and start doing it, most of the anxiety evaporates. Even if I only manage to do that one thing, I’m out of my funk, and can resume doing things.

It’s a little switch to flip. I just need to free a finger to do it.

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I Can’t Think of a Title [en]

I did something silly a week ago and got bitten by a cat I was fostering during the holidays. Not her fault – I grabbed her and she was scared. But the result is my right hand has been variously bandaged up (I left the hospital with a finger and wrist cast, I had to negotiate to leave my pinkie and ring finger free), my arthroscopy planned for the 25th is postponed, and I’ve been thrown off whatever I was thinking of doing this week and these days.

I have a lot to write about but first, I need to limit my typing (sprained finger and the wounds are still healing), and second, I feel like I have such a backlog of unwritten thoughts that I don’t know where to start. It’s the same old problem, I know I’ve written about it dozens of times, but I’m still stuck with it.

Yesterday whilst listening to a podcast I had a flashback to the days when I discovered Facebook. A long time ago now. I remember this feeling that it was “like the internet inside the internet”. I was super excited. Now, it feels like it has taken over the internet, and though I’m stuck fast in it, I am way less excited.

Euan’s post this morning resonates a lot with me, of course. Not having to chase clients or market oneself, and not wanting to, and seeing business start drying up. Right now, as I look for my next (employed) job here, my mind wanders off to completely different things I could be doing. Things that have nothing to do with what I’ve done up till now. I have so many interests that sometimes I don’t know where to start. And of course, “making lots of money” is not one of them. (I’m not against making money, I’m just not that commercially-minded.)

Podcast recommendation: The Passenger List.

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Autumn blogginess [en]

Time for another “I need to blog” post. Sigh. Here’s what happens (I might have described it before). I think of something to write. I have other more important things to do. I plan to make time for it. I don’t. Then I think of another thing to write. That’s now two things on the backlog. And it just goes downhill from there.

When did I start procrastinating blogging?

So, on with the here and now. There are two strange cats in my kitchen. For another week. Old Quintus is still around, though I had a bit of a scare with him last week-end (he doesn’t like Tramadol). I’m still looking for my next job in Lausanne, but it’s going to be a bit on hold right now because I’m getting an arthroscopy done to my right wrist next week (damage from the car accident I had in April).

I made holes in the wall this morning, part of a DIY operation to give Erica a cat-flap. Well, the first hole I drilled was great, but with the other five I hit something hard 2-3cm in. I’ll give them another go this afternoon with a smaller drill bit. And pray.

I bought a ticket to go and see Elton John in Zurich next year. And heard him interviewed on Fresh Air. I’m walking more, as sports are off the table until February (thanks, car accident). And taking photos. I went to France to give a talk on feline diabetes (in French). I’m following the impeachment news. I voted, mainly for women. I listen to too many podcasts and read too many interesting things. My mind is a bit all over the place at times. I think of algorithms, cats, people, politics, my next job, and what my place in the world is.

 

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Je regarde tomber ces hommes les uns après les autres [fr]

Il y a eu #metoo, et des histoires qui sont sorties concernant quelques hommes que je connais (et même apprécie) dans le milieu de la Silicon Valley. Maintenant, c’est Epstein, et là aussi, beaucoup trop de noms que je connais, et une personne en particulier que je tenais en haute estime, qui dégringole.

Ça m’atteint, tout ça. A plusieurs niveaux. Déjà, c’est la suite d’un gros éclatement qu’a subi ma vision du monde à l’élection du dernier président des Etats-Unis. Quelque chose s’est cassé, pour moi, à ce moment-là. J’avais toujours eu une foi assez inébranlable en la résilience de l’humain en général, de notre société, de notre civilisation — ou de celles qui suivraient. Je l’ai toujours, mais j’ai perdu une certaine naïveté concernant l’époque où nous vivons. Certes, si l’on est une femme, maintenant est la meilleure époque à laquelle avoir vécu. Il ne faut pas tout peindre en noir.

Mais on est en train de crever des abcès, et ce qui en sort est moche, moche, et je me retrouve, j’avoue un peu prise par surprise. De moins en moins, malheureusement, mais quand même.

Je crois que les gens, fondamentalement, sont relativement bons. (On laisse de côté les psychopathes, mais même là, il y a matière à discussion.) Après, il y a les parcours de vie, les décisions prises, les priorités mal mises, la souffrance qui s’exprime parfois de drôles de façons. Et surtout, on est faillibles.

Comme l’a dit une connaissance commune concernant la démission de Joi: suis-je certaine que j’à sa place, je n’aurais pas aussi pris l’argent? Né en 17 à Leidenstadt, et tout ça… Mais avant tout, on est faillibles.

Les erreurs doivent se payer. Je n’ai aucun doute à ce propos. Que des hommes riches et influents, même si je les admire et les apprécie, même si j’ai somme toute bénéficié de leur influence, voient leur carrière s’écrouler, leur réputation partir en fumée, c’est quelque chose avec lequel je peux vivre.

Mais quand on connaît les gens, c’est dur, je trouve. De réconcilier la personne qu’on connaît avec les squelettes qu’on découvre. La tentation est grande de tout couper, d’amputer ces relations devenues dérangeantes, de partir le dos tourné. C’est simple et c’est propre, mais est-ce juste? Peut-on appréhender l’autre dans sa complexité, failles, crimes, faiblesse morale et échecs éthiques y compris? Jusqu’où peut-on encore dire “tu as merdé, je ne te pardonne pas, mais je te garde dans ma vie”?

L’actualité met ces questions en relief à grande échelle pour moi juste maintenant, mais ce sont des questions du quotidien. Pour faire avancer les choses, il faut de l’intransigeance sur certains points. Où mettre la ligne rouge, là est toute la question. La question d’une vie, peut-être. Je sais que je me débats avec, ces temps, en tous cas.

Et là-dessous, il y a les hommes. Ma confiance dans le genre masculin, surtout sa version “influente”, est en chute libre, juste là. Oui, oui, #notallmen (merci de nous épargner ça). Mais de plus en plus, je commence à voir les hommes d’une certaine catégorie comme en sursis, en sursis du scandale sexuel ou financier qui va éclater, ou du squelette brinquebalant dans un placard. Je me prépare à être déçue. J’attends.

Et c’est très inconfortable. Parce que je veux croire qu’il y a des gens bien. Et chaque candidat à ce titre qui se casse la gueule me fait douter un peu plus.

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Un partage n’est pas forcément une invitation au débat [fr]

Il y a des thématiques qui me tiennent à coeur. Des thématiques sur lesquelles j’ai une position assez établie, parce que j’ai plongé dedans, réfléchi, lu, discuté, et je me suis forgée une opinion. J’aime croire que mes opinions prennent racine dans les faits, dans une certaine rationalité, mais je ne suis pas dupe, je sais que comme pour tout le monde, la part de croyance et d’idéologie dans mes prises de position est certainement bien plus grande qu’il ne m’est agréable de l’admettre.

Ce sont des thématiques que je nomme parfois “religieuses” — celles qui ne génèrent le plus souvent que des débats stériles, qui polarisent, et qu’on évite soigneusement avec ses amis si l’on se trouve de part et d’autre du gouffre idéologique… parce qu’on veut rester amis malgré tout. Ou alors, ce sont les thématiques qui défont les amitiés. Ça arrive.

Largement, je ne suis pas intéressée à en débattre. Alors oui, j’adorerais convaincre les gens, parce que je pense que j’ai raison, mais je sais aussi que malheureusement ce ne sont la plupart du temps pas les arguments rationnels qui font changer d’avis.

Deux exemples parmi d’autres: les vaccins et les OGM. Pour moi, et je suis convaincue d’avoir la science et la raison de mon côté (et donc “l’objectivité” du monde), les vaccins sont sûrs et efficaces pour lutter contre toute une collection de maladies dont on a parfois oublié les horreurs (la polio, ça vous dit?). De même, il est clair pour moi que ce qu’on appelle les OGM, qui sont parmi les organismes les plus testés et contrôlés à finir dans nos assiettes, sont aussi sûrs (si ce n’est plus) que d’autres variétés obtenues par d’autres méthodes (mutagenèse, hybridation) que ne font sourciller personne.

Je crois aussi qu’il n’y a pas de dieux ou de Dieu, pas d’esprit indépendant de la matière, pas “d’ondes” ou “d’énergies” mystérieuses entre les êtres ou ceux-ci et la nature.

Donc de même qu’on ne me convaincra pas de croire en Dieu, et que je ne convaincrai pas un croyant d’abandonner sa foi, on ne me convaincra pas de rejeter les vaccins ou les OGM. (J’ai conscience que ces trois exemples ne sont pas tout à fait sur le même plan, hein. Je les mets côte-à-côte pour insister sur ce qui les rassemble, pas sur ce qui les sépare.)

Et donc, pourquoi “un partage n’est pas une invitation au débat”?

C’est autant un rappel pour moi qu’une annonce pour les autres: si je partage un article, ce n’est pas forcément pour convaincre celles et ceux qui seraient convaincus du contraire. C’est peut-être juste pour les curieux, pour ceux qui sont déjà d’accord, ou ceux qui cherchent encore. Ce n’est pas une invitation à tenter de réfuter le point de vue exposé.

Mais j’ai remarqué que sur Facebook, le message subliminal du partage est compris ainsi: ouvrez le débat. Tentez de convaincre l’autre qu’il a tort.

Alors non. Parfois, on ne veut pas débattre sur des sujets “religieux” ou sur lesquels on a un avis bien tranché. On veut juste mettre quelque chose à disposition, à prendre ou à laisser.

Ceci dit, j’aime les échanges où au-delà du désaccord, on peut être sereinement d’accord d’avoir des points de vue différents et tenter honnêtement de comprendre comment l’autre voit le monde et pourquoi. Sans juger, sans vouloir faire changer d’avis l’autre, juste regarder de plus près comment nos croyances et convictions se rejoignent et divergent.

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The Importance of Being Active [en]

I’ve already noticed that I fare better when I am active. My mood is better, I’m more easily motivated, I have more energy. Doing things is easier.

Activity brings motivation. I had that key.

But I still remained stuck in non-activity: how and where do I find the will to jumpstart the machine and be active again?

On Monday morning I understood a key point I’d been missing. A shift of focus, actually. It’s funny how so many of the most important realisations in life are shifts of focus. Looking at things differently.

My mission is not to get things done, because X and Y are on my list and need to be done so I reach my goal or stay out of trouble.

My mission is to be active. That is the important thing. Not doing the things. Being active. Process over outcome. And, well, I might as well keep myself active with things I need or want to do.

It may seem minor, but looking at things this way makes a big difference.

“How am I going to keep myself active today?” versus “how many of my to-dos can I cram in today?”

Things I need to do become a means to fulfil my mission of ensuring a certain level of activity in my day. And thus it becomes much easier to do them.

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Le message vocal, entre amour et haine [fr]

A la base, je déteste les messages vocaux. Mais j’ai appris à les aimer. Je vous raconte.

Premièrement, le message vocal souffre du défaut propre à l’audio et à la vidéo, par rapport au texte: on ne peut pas y jeter un rapide coup d’oeil ou l’écouter en diagonale. Soit on l’écoute, soit on ne l’écoute pas. L’écouter monopolise l’entier de notre attention. Et avant de l’écouter, on ne sait pas ce qu’il y a dedans.

Impossible de “trier”, de décider s’il mérite ou non une consultation immédiate, s’il va nous remuer ou simplement nous donner une information anodine. Le message vocal, comme la séquence audio ou vidéo, est simple à produire, mais impose à celui qui le reçoit une plus grande charge pour y accéder.

Deuxièmement, et ça c’est un élément personnel, comme je suis malentendante, écouter un message vocal représente potentiellement toute une gymnastique: ôter mes appareils, trouver mon mains libres, etc. Et il y a toujours la crainte que la qualité audio ne soit pas suffisamment bonne et que je doive réécouter des bouts.

Voilà pour le message vocal “haine”: celui qui débarque sans explications ni annonce, imprévu, une boîte noire qui réclame que je lâche tout pour je-ne-sais-quoi.

Et l’amour alors?

Le message vocal, c’est de la voix. On entend l’autre. On s’exprime parfois plus facilement qu’à l’écrit. Pour raconter quelque chose, ou rentrer dans des subtilités, c’est génial. C’est moins prenant qu’un appel, mais il y a une proximité similaire. Il y a des gens avec qui j’ai des conversations par messages vocaux. J’adore.

Mais le pré-requis, c’est le consentement. Vérifier que je vais pouvoir écouter, par exemple. C’est aussi le message vocal envoyé avec un peu de contexte: “je te raconte ça, tu écouteras à l’occasion”.  C’est le message vocal poli, au final, qui tient compte de l’autre, et pas juste de la grande facilité qu’il y a à le produire.

Et vous, comment vivez-vous les messages vocaux?

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I need to write [en]

I’ve felt in “survival mode” for the last few years. More on that later. I had a wonderful professional experience in Fribourg. More on that later. I’ve been largely off sports due to an injury that messed with my back, and that hasn’t helped. And I haven’t been writing, for various reasons.

I read Thierry yesterday. I remembered that I used to write, not just “talk” on Facebook.

It’s more silent around here. There is time to think while I write. It’s less immediate. There are less people hanging around ready to pounce on every word (though I have to say, I consider myself very lucky to be blessed with the “Facebook crowd” I have — smart, reasonable, intelligent people).

My old Quintus is still hanging in there, though he’s been a bit off lately. He’s going to be 19 in February. He has a lot of old man ailments but nothing that is killing him.

After six months silent, where do I start? A few articles have been knocking around in my head. One on voice messages. Another one, for the WDS blog, will be advice I would have liked to give 32-year-old me when I went freelance. I might do a French version for the eclau blog, if I haven’t written it already.

Eclau is empty, but I’m keeping the space, it’s still open, and I’m on the lookout for a small company or non-profit who would like to settle there. Let me know.

Let’s not overdo it. This will be enough for today.

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Making Memories [en]

I’ve recently started watching TV series (Doctor Who!) and listening to podcasts again, partly in an attempt to pull myself out of some activities or preoccupations that were on the way to becoming a little obsessive. And amongst those podcasts I listened to recently, one episode seems to have had a lasting impact on how I view the world and life: Hidden Brain’s Yum and Yuck.

It’s funny how you don’t always realise on the moment that a new idea is going to be an important milestone in your worldview. I’ve groaned about this before, concerning podcasts. But in this case, I’m lucky, I did manage to lay my hands on the podcast to show it to you.

So, what’s this about? The episode is about food. But the idea that struck me has to do with how we “make” memories. The podcast was describing how memories of meals are created. For example, if you eat a meal of just one thing, you will remember that one thing. But if you eat the same amount of food, in the form of five different things, you will have memories for those five things. See where this is going?

It seems quite obvious, but it’s not something I had ever given much thought to. So, if I eat three slices of toast for breakfast, and put honey on all three, my memory of breakfast is going to be “honey on toast”. But say I put honey on one toast, jam on the second, and cenovis on the last: my memory of my breakfast will be much richer.

The podcast went on to talk about ordering strategies at the restaurant: do you order your favorite dish, or take the risk of trying something else? If you eat something different each time you go to the restaurant, or your favorite dish each time, you will not have the same memories. There is a tension between immediate enjoyment and the creation of memories.

In the same way, if you spend three weeks of holiday at the beach, you won’t have much to tell. But you will certainly have enjoyed each day (if you like the beach). But if you did all sorts of things during your holiday, there are certainly days where you would have had more pleasure sticking with the beach — but your memories of your holidays will be much richer.

I tend to stick in my comfort zone. I’ll order the same thing again and again. I’ll do the same thing over and over. I stick with what I know and what I like.  I go to the same places. I’ve been in the same flat nearly 20 years, have been doing judo for 25, sailing for 10… I go to India regularly, but don’t really travel around or visit new places.

I had never realised the impact this way of living my life was having on the memories I am building of my life. I sometimes feel adrift in time, in some sort of limbo, and I’m now considering explicitly trying to add more “peak experiences” to my life.

Regarding food, because meal-memory seems to have an impact on whether you feel hungry or not, this insight is also encouraging me to make sure I have less “mono-meals” and more meals with a collection of different foods composing them.

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Biais d’attribution: ne jugeons pas autrui aussi sévèrement [fr]

Tous les jours, je me retrouve face à un biais cognitif (chez les autres et moi-même) qui commence à sérieusement me casser les pieds, y compris quand c’est moi qui m’y laisse prendre: le biais d’attribution (voir aussi: l’erreur fondamentale d’attribution).

Si vous googlez ces deux termes vous trouverez tout un tas d’articles pour en savoir plus. De mon côté, je vais tenter d’expliquer simplement où je vois ce biais se manifester, et pourquoi je le trouve aussi casse-bonbons.

Si je devais trivialiser ce biais pour l’expliquer, c’est un peu l’erreur de pensée qui consiste à considérer que l’autre est soit un maladroit soit un connard, tandis que nous, nous avons toujours de bonnes raisons pour faire ce qu’on fait.

Quelques exemples:

  • la personne qui coupe la file d’attente, clairement c’est un connard (alors que peut-être qu’il y avait une très bonne raison à son comportement, indépendante de sa valeur propre en tant que personne); les rares fois où c’est nous qui nous retrouvons à couper la file, on a toujours conscience du caractère exceptionnel de cette action et du fait qu’on a une vraie bonne raison pour le faire
  • je suis cycliste et automobiliste: quand je suis à vélo, je peste contre ces abrutis d’automobilistes qui ne tiennent pas compte des vélos; quand je suis en voiture, je peste contre ces abrutis de cyclistes qui ne respectent rien. Alors que quand c’est moi qui tiens le volant ou le guidon, je ne suis pas une abrutie, j’optimiste ma conduite, ou peut-être, je n’ai pas vu l’autre parce qu’il était dans mon angle mort, ou encore, j’ai pris un raccourci car j’étais en retard
  • la personne que j’interpelle ne me répond pas: c’est certainement un malappris, ou une autre variété de connard — alors qu’en fait la personne est sourde ou malentendante et ne m’a simplement pas entendue
  • dans une expérience, on donne à un participant la télécommande d’un train électrique qu’il doit conduire; un autre participant doit observer et évaluer le conducteur. Sans que les participants le sachent, les expérimentateurs font varier la vitesse et la puissance du train. La personne qui tente de le conduire se rend bien compte qu’il y a des facteurs en-dehors de son contrôle qui lui rendent la tâche difficile, tandis que l’observateur, lui, va juste voir que l’autre est un mauvais conducteur, un maladroit incompétent

Vous voyez le schéma? On est prompts à juger les autres pour leur comportement, alors que notre comportement a toujours une explication rationnelle et valable.

L’explication via cette “erreur fondamentale d’attribution” est la suivante: on considère que les raisons qui poussent l’autre à agir sont “intérieures”, sans tenir compte des circonstances extérieures, qui ont pourtant une bien plus grande influence sur nos actions. On s’en rend bien compte quand il s’agit de nous: on est en retard, on ne peut pas faire autrement, quelque chose est venu nous mettre des bâtons dans les roues – mais on l’oublie promptement lorsqu’il s’agit d’expliquer les actions d’autrui.

C’est pour ça qu’un de mes mantras personnels (et que je demande également aux membres du groupe Diabète Félin d’appliquer les uns envers les autres) est “accorder à l’autre le bénéfice du doute”. Il s’agit d’activement combattre ce réflexe de la pensée qui étiquette de façon jugeante l’autre parce qu’il a fait ceci ou cela. Il s’agit de se souvenir que de son point de vue, ses intentions sont certainement bonnes, et qu’il y a aussi certainement des facteurs extérieurs à son contrôle qui motivent son action.

(Laissons de côté pour le moment la question des – rares – personnes véritablement malfaisantes. Leur existence n’est pas une raison pour soupçonner l’humanité tout entière.)

Je trouve que dans l’ensemble, surtout avec la course à l’indignation que sont devenus les médias sociaux aujourd’hui, on est beaucoup trop prompts à juger notre prochain et à lui attribuer des intentions négatives, et qu’un peu de générosité de générosité vis-à-vis de ce qui motive autrui, ça ne fera de mal à personne.

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