Des bribes [fr]

Il y a des moments où je pense à des choses à écrire, et puis ça s’en va. C’est un peu l’automne dans ma tête, avec des feuilles jaunes et rouges et brunes et parfois vertes qui volettent par-ci, par-là.

Ce matin, dans un podcast, un intervenant remarquait que l’on avait été tellement bien éduqués à être des consommateurs qu’on réagissait en consommateurs et non en citoyens aux problèmes politiques ou de gouvernement. Je pense que c’est une remarque très juste, et que c’est grave. On ne résout pas les problèmes politiques en agissant comme des consommateurs mécontents.

Ça me fait penser aux personnes qui “boycottent” les scanners à la Migros. Ça n’a aucun sens, autre que se donner bonne conscience. Ce n’est pas un problème de consommation, c’est un problème d’évolution technologique. On n’a pas sauvé les fiacres en boycottant les taxis. On n’a pas sauvé l’usine à glace en boycottant les frigos.

Ça me fait penser à Paléofutur, le podcast de Laurent. Un excellent podcast en français pour comprendre les enjeux de notre époque!

L’histoire, c’est important. C’est important de pouvoir prendre un minimum de distance historique et critique sur ce qui est sous notre nez. Au risque de répéter l’histoire aveuglément, de ne pas même voir que nous marchons dans les pas de ceux qui sont allés dans le mur bien avant nous. Oh! Un mur! Si on avait su…

L’histoire, c’est l’histoire de notre société et de notre civilisation, mais en tant qu’individus, nous avons aussi une histoire. Notre histoire personnelle. Et nous avons un regard sur celle-ci, qui n’est pas le même à 15, 20, 30, 50 ou 70 ans. Ou 100. Je pense beaucoup aux âges de la vie.

Mon regard sur le monde a beaucoup changé ces dernières années. Et je me demande combien de ce changement de regard est dû à ma mi-quarantaine, dû à mon âge de la vie, et non simplement aux événements récents qui semblent avoir chamboulé ma vision du monde.

Fin 2016, l’élection du 45e président des Etats-Unis, un dénouement impensable et qui m’a laissée dans un atmosphère de cauchemar pendant très longtemps. Pas tant pour le mal que je craignais pour le pays (même si j’y ai des amis et que je suis triste pour eux), mais parce qu’après Brexit, que je n’avais pas vu venir du tout, et ça, mon optimisme et ma foi en la résilience du monde en avait pris un grand coup. Sans compter que derrière tout ça, à un moment où ma carrière dans le domaine était en souffrance, il fallait bien se rendre à l’évidence du rôle important et grave qu’avait joué la désinformation via internet, qui est devenu tout entier “l’internet social/sociable” qui m’avait tant émerveillée il y a 15-20 ans.

Les réseaux sociaux ont le pouvoir de rassembler ceux qui ont des idées semblables, mais malheureusement, les complotistes et conspirationnistes auront toujours plus d’énergie pour faire circuler leur pourriture que les gens relativement raisonnables et sains d’esprit. On voit aussi, dans un environnement où tout est mesurable et où le profit est maintenant le maître-mot (droit derrière, car le profit en dépend, la course à l’attention), que l’exploitation du système est à présent un business, bien évidemment fort lucratif. Tu veux que je fasse circuler telle ou telle idée? Influencer l’opinion vers ici ou là? Polariser les gens sur des questions qui divisent comme l’avortement ou l’immigration? Pas de souci, balance les sous, on va payer des tas de gens dans des bureaux pas chers pour déséquilibrer l’information.

Ça me fout le moral en bas, ça. Et je me dis: est-ce que je vois ce genre de chose et ça me dérange parce que nous vivons effectivement une époque très particulière, ou bien est-ce que mon regard sur le monde est celui de mon âge, est-ce que c’est le propre de tout quarantenaire d’ouvrir les yeux sur le monde autour de lui et de se sentir découragé?

Alors j’en sais rien, vraiment, mais à la lecture du passage sur les âges de la vie dans le livre Comment rester vivant au travail, que j’ai lu il y a un an environ, j’ai pris conscience que l’âge colorait quand même beaucoup notre attitude face à la vie. J’ai perdu espoir que nous étions à l’abri (je pense à l’Iran, souvent), j’ai perdu confiance dans le jugement des hommes (humains), et je crains que les choses doivent maintenant devenir bien plus graves avant de s’arranger. Alors, est-ce parce que nous sommes dans une période plus sombre, ou simplement parce que j’ai l’âge que j’ai?

Parce qu’objectivement, si on prend un peu de recul, il n’a jamais mieux valu être une femme qu’aujourd’hui. Revenez en arrière ne serait-ce que 100 ans. Vraiment? Il vaut mille fois mieux vivre aujourd’hui. #metoo nous ouvre les yeux, mais n’a pas créé une nouvelle réalité. C’est un mouvement qui nous invite à voir et lire autrement ce qui était déjà là. Les choses bougent.

Alors malgré les anti-vaccins, les trumpistes, les voleurs de selle de vélo et les gens qui ne voient pas le problème avec #notallmen, j’essaie de me concentrer sur le verre à moitié plein. Mais c’est pas tous les jours facile.

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J’écris pas [fr]

J’écris pas. C’est pas bon signe. Je fais pas à manger non plus. Enfin bon, là je suis en train d’écrire, donc c’est meilleur signe! Le rangement, c’est pas trop ça non plus. Mais hier soir j’ai fait de l’ordre dans la cuisine afin de pouvoir cuisiner une soupe aux pois jaunes… que je n’avais pas. (Note: passer à la Migros en rentrant.)

Il y a des périodes comme ça où on est en mode survie. Où certaines choses du quotidien deviennent insurmontables. Faire à manger. Où les contrariétés et les tuiles s’accumulent, parfois sans faute de notre part, parfois parce que c’est une conséquence inévitable de nager trop longtemps en mode survie. En vrac: une selle de vélo volée, un balcon à “dénuder” sans délai, une attaque de chat, des impôts qui commencent à chauffer, des proches malades, des imprévus professionnels… Rien d’ingérable, mais quand on n’a pas d’amortisseurs, ça fait vite un peu tape-cul et on s’en prend plein le dos.

Mais que vous ne vous inquiétiez pas. J’écris, là. Je suis allée au théâtre, aussi (voir Une chambre en Inde, que je recommande vivement — en allant 2h avant à Beaulieu, vous pouvez vous mettre en liste d’attente et avez toutes vos chances d’avoir une place), je retourne au cinéma (voire entre autres Les Dames, un film qui tape “juste” je trouve), je reprends le judo, je vais me promener avec mes voisines…

J’ai envie de prendre des cours de pilotage de drône. Oh, je sais que je peux apprendre toute seule (et je me suis déjà amusée un peu), mais faire un cours, ça me plait comme idée. Pour le fun.

J’essaie de me mettre au crochet et au tricotin. C’est sympa le tricotin. Et sur YouTube il y a Jimmy Tricotin.

J’apprends à me ménager un peu plus, au travail comme en dehors. Dire non, bon sang, c’est pas facile, surtout quand tout notre être crie “oui! oui! j’arrive!” J’apprends à me faire violence, du coup, pour me préserver. Ça semble paradoxal, mais c’est bien ça. Je vois à quel point ça ne me vient pas naturellement, de défendre mes intérêts.

J’ai pris conscience que je “cadre” une grande partie de mes activités. Même le plaisir. Sur ma liste de choses à faire, “aller au cinéma” côtoie “faire la compta 2017”. Parce que j’ai le sentiment que si je ne fais pas de me faire plaisir une obligation, je ne vais jamais le faire. Et c’est pas juste une impression. Vous avez vu comme c’est tordu? Je cherche encore la clé.

Je vais donc résister à la tentation de terminer cet article par une liste des choses que je veux faire. Autant je peine à me fixer des objectifs à long terme et à m’y investir, autant mon quotidien semble régi par une succession de mini-objectifs. J’essaie d’apprendre à faire autrement.

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Être libre [fr]

Il faut courir, encore et toujours, mener une vie digne des jours-mois-années comptés qui nous sont donnés, que dis-je, que l’on arrache à coups de hasard au couperet de la mort.

La vie est courte. On ne sait pas de combien. On a la certitude du moment présent, mais après, plus rien. Une crise cardiaque, un caillot au cerveau, une camion qui passe ou un accident con. Une maladie qui d’un coup nous montre le bout de la route.

Alors il faut en profiter.

Mais comment?

Il faut faire, faire, construire des cathédrales gravées de notre nom, qui garderont durant des siècles la trace d’une petite vie vécue, petite vie insignifiante, comme tant d’autres, toujours trop courte avant de retourner au néant.

On s’accroche, on s’accroche. On l’aime bien, notre petite vie, même si on ne sait pas trop à quoi elle sert. Elle est là, on ne voudrait pas qu’elle ne soit plus.

Nous sommes les chanceux. Coupables survivants, condamnés à “faire quelque chose” de leur vie, à ne pas la gaspiller, chanceux, toi qui as ce que tant d’autres ont perdu, tu te dois d’avoir du sens, d’en fabriquer, de ne pas vivre en vain.

L’absence de mode d’emploi donne une liberté presque absolue, mais étouffée sous le poids du devoir, de l’obligation, de la peur de disparaître. La peur de ne pas être là pour voir notre souvenir s’effacer du quotidien de ceux qui nous étaient chers, de voir le monde continuer sans nous, impensable, en un battement de cils, on aurait presque pu ne pas venir du tout.

Quelque part, ma liberté, tu piaffes dans les starting-blocks en attendant que je fasse quelque chose de toi. De liberté tu deviens carcan, car il faut il faut il faut. Ce serait si dommage de ne pas en profiter.

Sois libre!

Cahin-caha, les années passent, que l’on sache ou non ce qu’on est en train de faire. Avancée inexorable sous le joug de cette injonction paradoxale, appel d’air qui nous embarque qu’on le veuille ou non. Il faut y aller. Pas le choix. Mais comment? Trop de choix.

Mieux vaut tout faire, de peur de laisser échapper ce qui enfin donnera sens à tout ça.

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Je crois au hasard [fr]

Je crois au hasard. Notre route est semée de carrefours et d’aiguillages dans lesquels on s’engouffre pour mille et une raisons, des raisons intérieures, des raisons extérieures. Si les raisons intérieures peuvent avoir du sens, je crois profondément que les raisons extérieures en sont dénuées.

Il n’y a pas de sens hors de nous qui guide notre vie. Il n’y a pas de destin, de force extérieure qui pose les pièces ou nous pousse ici plutôt que là. Mais il y a du hasard. Beaucoup de hasard.

Et peu de certitudes mise à part notre finitude.

Ce n’est pas confortable, de croire que le monde est comme ça. Formulé ainsi, cela donne l’impression que c’est un choix, une décision lucide, mais il n’en est rien: c’est une évidence. Tout comme pour d’autres l’existence de Dieu est une évidence qui ne se démontre ni ne s’argumente, pour moi la non-existence d’autre chose que la matière qui compose notre monde l’est aussi.

Le monde et la vie n’ont pas de sens en eux-mêmes. Ce qui est arrivé aurait très bien pu ne pas arriver. Les événements qui ont changé le cours de nos vies tiennent parfois à un fil. Un fil aléatoire, plutôt qu’un fil qui nous confirmerait l’intervention d’une main divine au sens large. Nous sommes de petites coques de noix ballotées sur les vagues, qui faisons de notre parcours une histoire qui semblerait nous mener quelque part, alors que le prochain remous peut tout à fait nous couler ou nous envoyer valser dans l’autre direction.

Ce n’est pas confortable. C’est même très inconfortable.

Et ça ne mène nulle part, parce qu’on meurt à la fin, parce que tout le monde va mourir un jour ou l’autre, parce qu’on a beau se reproduire et tenter de sauver la planète, un jour notre terre sera inhabitable, et la vie disparaîtra, et il n’y aura plus rien, et nous ne serons pas en train de parcourir l’univers comme dans les romans de science-fiction en laissant notre planète morte derrière nous, parce que le paradoxe de Fermi (vous connaissez?), enfin pas “parce que” le paradoxe précisément, mais en y réfléchissant, y’a bien des chances qu’on soit tout seuls dans l’univers ou que personne ne fait jamais contact, ce qui fondamentalement revient au même. Et puis bon, un jour l’univers tirera sa révérence, de toute façon, et il n’y aura plus rien de rien nulle part et personne pour le voir.

Et moi là-dedans, je fais quoi? Je la mène où, ma vie? Elle sert à quoi? Ces questions et tant d’autres m’emprisonnent dans des schémas dont je me passerais bien. #vagueblogging, un peu, parce que je peux.

Que personne ne s’alarme. Cet inconfort, il m’accompagne depuis le début de ma vie d’adulte, et peut-être même avant. S’il y a là un fond de désespoir existentiel, que je reconnais volontiers, il ne tend pas à l’autodestruction. Il tend à la quête, la quête, encore la Quête: pourquoi, comment, pour quoi, où vais-je. Je m’accroche aux réponses que je trouve, même si je sais qu’elles sont mal arrimées. Elles me permettent de flotter un peu et d’oublier la profondeur infinie de l’eau sous mes pieds.

Et qu’est-ce que ce serait plus confortable de croire qu’il y a un sens à tout ça, un ordre qui nous dépasse, une raison d’être là.

Mais je ne peux pas.

C’est ainsi.

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J’ai adoré le hammam [fr]

Quand je vais aux bains thermaux, ce que j’aime le plus c’est le “hammam”. Chaud mais pas trop, plein de vapeur, juste comme il faut. Mais je n’étais jamais allée dans un “vrai” hammam. Aujourd’hui, c’est chose faite. Avec une amie, on est allées ce matin au hammam “Le charme de l’Orient” à Pully.

C’était super, et j’ai bien envie d’y retourner et d’y entrainer toutes mes copines (vous êtes prévenues!).

Comme j’avais un poil d’anxiété “saut dans l’inconnu” par rapport à me rendre dans un hammam la première fois, j’ai décidé de mettre par écrit ce que j’aurais aimé pouvoir lire avant d’y aller. Je précise que tout s’est bien passé, justement, et qu’il n’y avait pas de raison de s’inquiéter! Mais l’inconnu me fait toujours un peu peur.

D’abord, on appelle pour réserver (se pointer comme ça peut se faire, mais risque de se faire refouler à la porte s’il n’y a pas de place). C’est comme le coiffeur ou l’esthéticienne, on prend rendez-vous. On peut y aller seule ou en groupe (je recommande de prendre des copines avec).

A l’entrée, on met des chaussons sur ses chaussures, et on va aux vestiaires. Un casier, un peignoir, des pantoufles, un ligne et un petit slip en papier par personne. On peut donc ranger ses affaire en sécurité, et il n’y a rien besoin d’amener de spécial. Je recommande d’ôter colliers, montre, bracelets, boucles d’oreilles.

On nous mène ensuite dans la salle pleine de vapeur. Petite douche (avec le slip en papier et sans savon), la dame nous enduit le corps de je-ne-sais-quoi (debout), et on va s’installer sur le petit linge préparé à notre intention sur le banc, les pieds dans une bassine d’eau chaude.

Une citronnade à la main, mon amie et moi papotons, papotons, papotons, pendant que la salle se remplit progressivement de plus en plus de vapeur. On finit par ne plus rien y voir! La vapeur diminue ensuite, on touche le fond de la citronnade, et la dame revient pour le gommage.

Ça c’est le bout qui m’inquiétait un peu et me semblait très “l’inconnu”. L’idée, c’est qu’après avoir bien gogé dans la vapeur, on va ôter les cellules mortes à coups de gant de crin. L’idée me faisait frémir un peu. Mais en fait, c’est surtout un massage assez vigoureux et très agréable, certes avec gant de crin, mais ça craint pas autant (il fallait que je la place) que dans mon imagination. Ma peau de blonde fragile a survécu, ça n’a pas fait mal, rien.

Il faut savoir qu’on se fait masser sous toutes les coutures, y compris les fesses, l’intérieur des cuisses, les seins, sous les bras, bref, la totale. Mais c’était vraiment le “clou” de la séance, pour moi. Elle fait le visage aussi, mais doucement, et de nouveau, ma peau a supporté, la vôtre n’a rien à craindre.

Après avoir laissé la moitié de son épiderme sur la table de massage, on se douche (shampooing et gel douche à disposition), on remet son peignoir et ses pantoufles, on sort de la vapeur et on va larver sur les canapés (prévus pour s’y allonger!) avec une petite théière de thé marocain.

Ça aussi c’est super: quand on va quelque part pour un massage, généralement, une fois la séance finie, on se rhabille et on sort. Là, on peut continuer à végéter et papoter, à choix. Je me suis en fait endormie!

Mon amie a ensuite fait une épilation. Moi je suis restée à ne rien faire, ce dont j’avais bien besoin. C’était vraiment une très bonne expérience, et je vais y retourner 🙂

 

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LR/Transporter: Renaming Files With Excess Whitespace in Lightroom CC Classic [en]

I’ve spent a large chunk of my leisurely holiday in Pune trying to continue my “return to Lightroom“. Amongst the various problems I’ve had to solve, one of them was that many of the filenames in my library had one or two leading spaces. How, why? I don’t know. But it creates problems when you want to match files by filenames to weed out duplicates (with Photosweeper for example).

Here’s how I did things, using a plugin called LR/Transporter, and messing with .csv files. Warning: don’t do this if you don’t understand what you’re doing — you can really mess things up!

Adapted from my post on the Lightroom Queen forum:

  1. I sorted my whole catalog by file name so that those with the leading spaces would be listed first, and selected them.
  2. I used LR Transporter to export File name + file name base to a file
  3. I edited this file in Numbers (Excel messed up the encoding, some of my file names have accented characters in them, Google Sheets removed the leading whitespace)
  4. Copied the column containing the base file name to another table, did a search and replace for two spaces to remove them
  5. Trickier: what about one leading whitespace? Some of my filenames have spaces in them, so I can’t just “remove spaces”. I used the “concatenate” function to add a second leading whitespace to those files, then did another search and replace for two spaces, then copied the formula results back onto the original cells.
  6. I now have a two-column spreadsheet with the filenames (whitespace included) in the first column, and the second column has the base filename with leading whitespace stripped off.
  7. I export as CSV after having removed extra columns and empty cells
  8. In Lightroom, I go back to my selected photos, and Import metadata with LR Transporter: I map the “file base name” field to a metadata field that I don’t use, but that can be used as an “ingredient” in a file renaming preset. I chose “Instructions”.
  9. After import, these files should all have their future filename base listed in the “Instructions” field.
  10. Rename the files, composing the new name with the metadata field that has been used to store the whitespace-stripped base filename (in my example, “Instructions”)
  11. After that, just empty the “Instructions” metadata field if you wish!

Hope this might come in handy to someone!

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Sleep With Me Podcast [en]

It’s 11pm. It’s 30 degrees on my windowsill. The cat is dripping off the couch like a Dali watch. I slept all afternoon, because of a short night, and woke up at 8.30pm.

Tomorrow I take my car and go to work. It feels a little unreal, because it’s so hot that Switzerland is turning into a tropical country, and I’m thinking of installing a ceiling fan, and mosquito nets, because even though mosquitoes aren’t a problem now, in a few years they will.

Caught in a mildly dystopian SF short story.

There is a warm breeze that sometimes makes it onto the balcony where I’m writing. Sometimes. Tonight I will sleep with the fan on.

On Wednesday morning I will flee to the chalet, where it’s 10 degrees cooler. I will work from up there. I will sleep. The cats won’t like the commute but I know they’ll appreciate the temperature change too.

The other day I was listening to the episode The Shipping Forecast on the 99% invisible podcast. I like this podcast because it’s super interesting, and also because (paradoxical, I know), I use it to go to sleep when I have a hard time falling asleep. I’m not alone (listen to the episode). It’s a bit annoying because I end up having to relisten to episodes I fell asleep to, but it works really well.

Seems many enjoy falling asleep to the sound of the shipping forecast. Roman Mars does a reading at the end of his episode, and indeed, I was almost asleep by the end. On this episode, he introduced us to Sleep With Me, a podcast designed on purpose to help people go to sleep. I’ve used it a few times and it’s wonderful. I can’t make head or tail of what Drew is talking about, but it works great. The added bonus is that I don’t feel bad about falling asleep in the middle of the story, as that’s what it’s designed for! From a storytelling point of view I’m fascinated by how meandering the narration is. All over the place, just like your brain when it wanders off before pulling the curtains for the night.

If you have trouble going to sleep, whether because of the heat or thoughts running around in your head, I definitely recommend trying it.

 

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En chemin [fr]

Bec dans le bitume
Petite vie à plumes
Se termine, comme ça
Sans raison
A plumes, à poils
Et d’hommes, aussi
Ces vies qui passent
Trépassent
Petite vie courte
Sur la route
Et nous les chanceux
Qui n’avons pas eu “pas de chance”
Témoins endoloris
De la vie
Qui s’éteint
Qui n’est plus
Rien.

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Heat [en]

We’re under a heat wave. Definitely under, not riding it. Submerged.

It’s too hot. Too hot outside, too hot inside. Hotter than it has been in decades — more than a century.

It’s not going to be getting any better. In a few years I’ll probably have ceiling fans. Or portable AC.

For the time being I’m getting by with normal fans, and being smart about opening and closing windows, and keeping blinds down. As soon as the air outside is warmer than inside, I keep everything airtight. And no sun shines inside.

It’s a bit dreary. And it makes it hard to do things like work.

I’ve seen worse heat. In India. But India has ceiling fans, high ceilings, and AC in many places.

My building absorbs heat and keeps radiating it inside during the night. It’s not so much the air as the walls that are the issue.

So, in India. The pace of life is different. It is heat-compatible. Trying to live a Swiss life with nasty heat isn’t fun at all.

My feet are soaking in a tub of water as I write, and it’s 9.30pm. I used that trick to work this afternoon — thanks to Gabriel who mentioned it on Facebook when I complained about struggling to work in the heat.

This afternoon, it was 34.5 in the shade on my balcony. 30 inside. 28 downstairs at eclau, at my desk. 30 in the conference room.

Quintus is suffering. He lies down on his side, vacant stare, spread out like a tropical cat. He’s taken to flopping down in various places (good thing he’s the blind one or I’d be stepping on him), including the bathroom rug. I try not to worry.

I plan to escape to the mountains a little next week. To work. I’m at this stage in my project that I can’t take time off, though I’d really like to right now. I actually have a lot of work to do. This heat isn’t helping. So I’m planning on heading to the chalet to work. Not the way I’d want to be heading to the chalet. But I need to escape from here.

I remember doing that last year already (not to work).

This is not going to be getting better. We will have scorching hot summers and freezing winters. Dry spells and flooding rain. It’s more comfortable to think we can do something about it by buying carbon offset or foregoing a car. But the truth is that impact will come from policy level. So… if you want to make a difference, become one of those people who make the rules or vote on them. That’s how to operate change.

It’s actually cooler in Pune right now than it is in Lausanne. How ironic.

Tonight I will sleep with everything open. Blinds and windows. I will not sleep well. I will dream of AC or a ceiling fan. I will wonder about the mosquitoes buzzing around, and mosquito nets. I will imagine that before I die, my experience living in a tropical country will serve me again — in a very different part of the world.

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Don’t read if you can’t cry now [en]

No, not this post. But it’s a warning I’ve used twice in the last hour. I keep reading stuff that makes me cry. Because there’s that kind of stuff around, like my friend who just lost her dog, or this piece on the ugly truth behind kill shelters (tl;dr: people who let their pets reproduce, buy rather than adopting, and discard them when they become inconvenient). Cats who die in the diabetic cat group I manage.

Yeah, animal stuff, because the human stuff is worse and right now I can’t take it.

I’m spreading myself thin, too thin, the not enough butter on too much bread thing. A lot to do at work, a lot to do out of work, and a slippery slope I keep crawling back up and sliding back down where I struggle to set aside time and space and peace to recuperate.

I’m doing OK, though. A minor (minor? major?) crisis landed on my lap on Monday, and I didn’t disintegrate. So, I’m still winning against the slippery slope. But I know I have to be careful. Very careful. And I am being careful. I’m taking active measures to slow down, give myself “default mode” time, curb compulsive behaviours. But it’s not easy.

And all around me everybody seems overworked, stretched too thin, running after time and bandwidth. Is it worth trying to resist, or is this just how life is?

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