La chance d’être là [fr]

On ne parle pas de ça d’habitude, mais là, on parle de ceux partis trop tôt, des accidents, des maladies qui foudroient. On parle de l’absence de sens de tout ça. De la fragilité de la vie face au coup du sort, ou du hasard, au fait d’être là ou maintenant ou de faire ça ou pas. La bactérie qui passe, l’avalanche, la bôme, le ski qui se détache. La cellule maligne qui prend le dessus.

Je ne crois pas qu’il y ait du sens dans tout ça au-delà de celui qu’on veut bien y mettre. Je ne crois pas qu’il y a une intention derrière le monde au-delà de celle des êtres qui le peuplent. Les hommes, les animaux, et encore.

Il y a des années, pendant mes études, j’étais arrivée à la conclusion que l’Homme est une machine à produire du sens. Nous faisons ça: nous mettons du sens dans ce qui nous arrive, dans ce que nous faisons, dans ce qui se passe.

Mais il n’y a pas de sens “dans le monde”. Pas de transcendance qui tire les ficelles, qui nous dit quand c’est l’heure.

Je crois au hasard. Je crois que le hasard et la chance jouent un grand rôle dans nos vies. Bien plus qu’il n’est confortable de penser. Et je l’assume. Je veux dire que j’assume que ce que je crois, mes conclusions sur le monde, c’est inconfortable. Et franchement, il y a bien des moments où j’aimerais bien croire en des choses plus confortables. Mais je ne peux pas. Et je ne veux pas.

Et donc je refuse de penser que quand on meurt avant l’heure, c’est parce que c’était notre heure. Je crois au contraire au triste et bête concours de circonstances, à la malchance, à la faute de personne, souvent.

Et de plus en plus, je me dis que ceux d’entre nous qui sommes encore vivants, c’est que jusqu’ici, on a eu de la chance. Beaucoup de chance.

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Après la marche [fr]

J’étais au chalet à l’Ascension. Mon dos va suffisamment mieux pour que je sois allée faire une petite randonnée, à Nant. C’était bien, de marcher. Franchement, pour moi en tous cas, rien n’arrive à la cheville de la marche ou de l’activité physique pour mettre ma tête sur pause. C’est ressourçant.

Et du coup, j’ai pensé à des tas de choses. A écrire. Et j’ai hésité, un peu. Ecrire ou ne pas écrire? Faut-il vouloir tout écrire? Tout comme: faut-il vouloir tout photographier? C’est important de pouvoir vivre sans arrière-pensée, sans se demander comment on va parler de ce moment. En fait, je n’étais pas partie sur l’idée d’en parler. C’est à la fin de la balade que je me suis dit, ah, mais, ça je pourrais dire.

J’ai même sorti mon dictaphone (tu en as un aussi, cher lecteur, sur ton smartphone) et déversé dedans mes idées en vrac. Ce n’est pas quelque chose que je fais habituellement. J’ai pensé à Kevin J. Anderson, prolifique auteur de science-fiction, qui dicte ses livres. Il part faire de longues balades et il raconte en marchant. Puis il a quelqu’un qui tape le tout. Ça m’avait fascinée, l’idée qu’un auteur/écrivain puisse fonctionner comme ça. Mais moi aussi j’ai dicté, durant près d’un an, quand je ne pouvais plus taper, sauf que moi je dictais directement à l’ordinateur et je voyais mes mots apparaître instantanément à l’écran.

A quelques reprises par le passé, donc, j’ai mis des choses dans mon dictaphone. Mais je les en ai rarement sorties. On verra si cette fois c’est différent, ou si les ranger là était juste un autre moyen de les sortir de ma tête pour les oublier ensuite, en me racontant qu’en fait je les garde précieusement. Ça me fait penser à cet article que j’ai lu sur le fait que déclarer ses intentions diminue en fait la probabilité qu’on les accomplisse. Dans le même ordre d’idées, à une époque je préparais des brouillons des articles que je n’arrivais pas à écrire “maintenant”, souvent avec juste le titre. Mais je n’avais jamais le désir de les écrire, après. Je devais me forcer. Et souvent je ne le faisais pas.

L’écriture reste, pour moi, une histoire d’impulsion. Un moyen d’expression, quand j’ai quelque chose à dire. Je n’ai d’ailleurs jamais aimé le rédactionnel sur commande. J’ai bien fait de ne pas partir dans le journalisme, quand j’étais à la croisée des chemins, en 2004. Il y avait besoin d’enseignants, j’ai enseigné. La suite, vous la connaissez… ou pas.

La marche, donc, ou l’activité physique, c’est ressourçant. J’ai déjà exprimé à plusieurs reprises que j’étais vraiment en train d’intégrer l’importance de donner à mon cerveau du temps en standby. Ce n’est pas étonnant, que c’est important, non?

Culturellement, on le sait. On promeut le sport, pas juste pour les bienfaits physiques, mais aussi mentaux. On part en vacances “faire rien” à la plage. On pratique une activité artistique.

Mais dans nos vies ultra-connectées, un smartphone à la main, je crois qu’on l’oublie. En tous cas, moi, j’ai dû le redécouvrir. Je vois, depuis quelques années, chez mes pairs “toujours connectés” et “toujours actifs”, qu’on en revient. Je vois de plus en plus d’articles sur les bienfaits de l’ennui, de la méditation, de l’inactivité, de la non-productivité. Rien de nouveau, mais quand même. Je crois qu’on est en train, en tant que collectivité, de réaliser que ce sont des choses qu’il faut défendre.

On se rend compte que des outils créés pour garder notre attention captive doivent se poser des questions éthiques: jusqu’où faut-il être attractif? Si on l’est trop, on finit par risquer le rejet, parce que l’individu ne veut pas se sentir esclave. C’est une réflexion que je me faisais au sujet de Seesmic, oui, il y a dix ans, bon sang, dix ans, dix ans hier que la conférence Going Solo a eu lieu. Dix ans. Dix ans. Un hier si lointain.

Donc, Seesmic, c’était génial, mais c’était tellement accaparant que je pensais que risquait de porter préjudice à son adoption. Je ne dis pas que j’avais raison, mais que je pensais ça à l’époque. Il y a dix ans…

Je n’ai pas assez de recul et je n’ai pas assez fait mes devoirs pour pouvoir affirmer avec certitude que ma petite analyse de notre attitude collective face à la problématique “connexion/déconnexion” est autre chose qu’un reflet de mon propre parcours.

Peut-être aussi que c’est une question d’âges de la vie. Pour les romains, il y avait un âge pour être actif dans sa vie, un âge pour l’engagement politique, un âge pour philosopher… (je cite de tête, mes cours de latin du collège). J’ai recroisé cette notion dans un livre que j’ai lu sur le burn-out: la trentaine, ce n’est pas la cinquantaine, et ce n’est pas non plus la quarantaine. L’âge n’est pas juste un nombre, je l’ai toujours pensé. L’âge, c’est tout de même le reflet du nombre d’années de vie qu’on a vécues. On se situe dans un parcours: études/formation, optionnellement fonder une famille, trouver sa voie professionnelle, se stabiliser, arrêter de travailler… C’est lacunaire et simpliste, ce que je présente là, mais c’est très clair pour moi que la façon dont je vis mon “retour à l’emploi salarié” est fortement lié à ma quarantaine.

Je regarde les 20 ans passés et les 20 ans à venir, et je me pose des questions. Le temps où l’on ne pourra ou voudra plus travailler, même s’il reste dans un avenir un peu flou, est quand même vachement plus concret à 45 qu’à 25. A 25 ans, entre dans l’inconnu, professionnellement. On est peut-être même bloqué sur le pas de la porte. A 45, c’est bon, on a compris un peu comment ça marche. On se cherche, encore, certainement, parce qu’on ne cesse probablement jamais de se chercher, mais on est “en plein dedans” pour ce qui est de la vie active. Et quand on regarde le début, la fin ne semble pas si impossible que ça.

Donc j’ai marché, samedi passé, et il y a plein de choses qui se bousculent dans ma tête, parce que la marche a fait de la place pour elles. Je n’ai pas écouté mon dictaphone, là. On verra si je le fais. Si je prends le temps pour ça, ou si les jours qui passent rendent caduques mes projets d’écriture.

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“Ça, je fais plus!“ [fr]

Lundi, chez le vétérinaire.

Lui: “Salut, tu vas bien?”
Moi: “Oh, moi je vais bien, mais mon dos pas trop… j’ai porté des trucs lourds ce week-end…”
Lui: “Ah, haha, ça je fais plus!”
Moi: “Je crois que je suis en train d’apprendre à ne plus faire…”

Vous me direz que se plaindre de vieillir à la quarantaine, c’est faire un peu la peignette. Mais quand même. J’ai pas eu mal en portant ces trucs lourds. J’ai plié les genoux, j’ai fait “juste” autant que possible. Mais mes disques ont clairement pas aimé. Il ne suffit plus de me poser la question “suis-je capable de soulever” (oui, bien sûr); je dois aussi savoir, en amont, que si je fais ceci ou cela qu’il me semble que je peux faire, ben non, en fait je ne peux pas, parce que je vais le payer cher après.

Apprendre à se mettre des limites avant de se retrouver dans le mur. L’apprentissage de toute une vie?

Je vous laisse, il faut que j’appelle ma physio pour voir si elle peut me prendre lundi…

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Matin sans photo [fr]

Ce matin, à l’annonce d’une journée magnifique, c’est la brume qui s’échappe des champs et vallons. Elle s’installe dans les petits creux, cottoneuse, elle se prélasse devant les bois, capturant les rayons éclatés du soleil qui les traverse, au gré du passage des wagons à travers la campagne. Une touche de givre fait pâlir le paysage, et toujours, derrière, les montagnes blanches qui découpent le ciel.

Comme hier, il n’y aura pas de photo. Elle ne rendrait pas justice à ce que j’ai pu voir. La faute à mes maigres talents de photographe, au smartphone qui cherche frénétiquement un angle à travers les reflets de la vitre, au réel qui parfois refuse de se laisser capturer.

Une idée aussi qui a pris racine dans ma tête, sans crier gare, comme c’est souvent le cas, de sorte que je ne sais même plus où je l’ai croisée, cette idée, et que je vais être bien en peine de retrouver sa source: le fait de prendre des photos a un impact, pas toujours positif, sur nos souvenirs de ce que l’on voit ou vit. J’ai oublié les détails, l’explication, mais l’idée a planté ses petites racines dans mes pensées, et elle me travaille.

Je prends beaucoup de photos. Depuis… pas tout à fait toujours, mais presque. Et ça fait longtemps que je sens que prendre des photos peut être un moyen de s’éloigner de l’instant présent, de sentir moins. Ça me revient: un élément de cette idée-qui-pousse, c’était que la prise de vue nous incitait à “déléguer” la fonction souvenir à notre appareil.

Est-ce que je veux plus de souvenirs-photos que je ne consulte que rarement, ou plus de souvenirs-cerveau accessibles immédiatement (au sens premier), mais surtout, qui font partie de moi?

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Une heure plus tard [fr]

[en] Trying to move my schedule 1 hour later.

Aujourd’hui, premier matin de mon horaire “une heure plus tard”. Je me suis mise à y penser sérieusement à mon retour de vacances, après le changement d’heure. Pas tant à cause du changement d’heure lui-même, mais parce qu’après une semaine de vacances, retrouver le rythme “Diane debout 5h30” et la descente à la gare dans la nuit, bof.

Je sais bien que la difficulté du lever est une histoire relative. On prend un rythme. Mais il y a aussi d’autres considérations.

Debout à 5h30, ça implique, si je veux mes 7h30 de sommeil réglementaires (pour moi! on n’est pas tous égaux devant le besoin de sommeil), d’être en train de dormir à 22h00, et donc qu’à 21h, 21h30, je commence à me réduire. Ça veut dire que si un jour je suis bien raide, je risque même de me retrouver au lit avant 21h (ça m’est arrivé). Quand il fait jour jusqu’à passé 22h en été… psychologiquement, je trouve ça un peu pénible.

J’ai initialement opté pour l’horaire “5h30” parce qu’il me permettait d’être de retour chez moi à 18h le soir. C’est pratique car le vétérinaire et les magasins sont encore ouverts. Et surtout, en hiver, il fait un peu moins nuit. Maintenant que les jours se rallongent, l’idée de n’être chez moi qu’à 19h est beaucoup moins déprimante. Il y a encore de longues heures de jour. Et l’idée de “me mettre au lit” vers 22h et de viser de dormir à 23 me semble plus raisonnable qu’avec l’horaire 5h30.

Le désavantage, évidemment, c’est que ça décale mes heure de travail, et alourdit mon après-midi. J’aime mieux travailler plus longtemps le matin et avoir un après-midi court. Mais on ne peut pas tout avoir.

Alors aujourd’hui, premier jour de test. Je ferai un petit bilan en courant/fin de semaine prochaine. La première bonne surprise, c’était la lumière du jour lorsque j’ai ouvert mes stores. Il fait jour quand je me lève! Il y a un peu plus de circulation (et ça va empirer après la fin des vacances), mais le train n’était pas plus plein (aussi, à voir après les vacances.

J’ai pu profiter du magnifique panorama en traversant Lavaux, du coup. Je ne m’en lasse pas. Aujourd’hui, il fait moche, on a eu un gros orage hier soir, il a plu durant la nuit. Très moche. Gris et sombre.

Mais depuis mon train surplombant le lac, je vois la trouée de lumière derrière nous sur le Jura, qui se glisse sous l’épais nuage noir qui nous raconte encore l’orage. De l’autre côté du lac, sur Evian il me semble, il y a carrément une tache de soleil, qui se transforme avec la pluie en une tache d’arc-en-ciel, comme une lampe multicolore dans le gris de ce paysage menaçant.

Il y a une fine bande claire découpant les montagnes qui surplombent Saint-Gingolphe et Meillerie, accentuant encore leur tombée dramatique dans le lac. Plus loin, direction Valais, on voit le blanc de la neige qui est encore tombée sur les sommets.

Le temps d’arriver dans la campagne fribourgoise, le ciel se dégage un peu, le soleil fait une apparition timide sur quelques collines, et on devine qu’il va peut-être pouvoir faire beau.

Ma journée “6h30” commence bien.

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Lunettes de lecture [fr]

[en] Reading glasses.

Je crois bien que c’était à Kolkata, en 2015, que j’ai réalisé que je peinais un peu à lire, le soir. J’ai toujours eu une “bonne vue”, mais je me suis dit, passé les 40, ce serait peut-être bien d’aller faire un contrôle.

D’oculiste en ophtalmo, je ressors avec un oeil bizarrement astygmate et compliqué à corriger, et une presbytie pas tellement dramatique à +0.75. Enfin, strictement parlant, j’étais entrée avec aussi.

L’oeil astygmate, je pense que c’est la conséquence de l’éclat en métal qu’il a fallu déloger en rasant un peu de cornée. Etait-ce justement en été 2015? On avait accusé ma décapotable, mais je suis maintenant persuadée que le coupable est le store rouillé du balcon du chalet. Ne pas regarder en haut quand on le déroule…

J’ai donc acheté une paire de loupes toutes faites en pharmacie. J’ai trouvé du +0.75! Pas de garantie pour le style, mais pas de trou dans le budget, surtout pour des engins que je n’étais même pas certaine que j’allais vraiment porter beaucoup. C’était surtout utile pour faire des coloriages (et ne pas déborder).

Au final, les coloriages ont un peu pris une pause, et j’ai augmenté la taille de la police sur ma Kindle.

Deux bonnes années plus tard, je prends mes premières vacances (non-malades) d’employée depuis plus d’une décennie. Et je me dis que je pourrais faire un peu de coloriage, au chalet, pour me vider la tête. Et je retrouve mes lunettes. Et je les embarque. J’avais en passant regretté de ne pas savoir où je les avais rangées lors du diabète de Quintus: viser la petite veine capillaire dans l’oreille à 6h du matin, mesurer des mini-doses d’insuline entre les graduations de la seringue, tout ça aurait probablement été plus facile avec.

Premier coloriage, effectivement, ça fait une grosse différence! Le soir, sur ma Kindle, je me souviens que j’ai des lunettes, j’essaie, et oui, c’est vachement pas mal. Je prends gentiment le pli de la lecture avec lunettes.

Puis je me demande si ça aiderait devant l’écran. Surprise: oui!

Je passe donc deux semaines en compagnie de mes lunettes.

De retour au travail, je prends conscience que je suis en train de froncer quand même pas mal le front devant mon ordinateur de travail… Et si…? Parce que c’est comme avec les appareils auditifs, en fait, on réalise qu’on pourrait (devrait!)  faire moins d’effort, et le cerveau se rebelle. Se rendre la tâche inutilement plus pénible, c’est fini!

Du coup, aujourd’hui, j’ai amené mes lunettes avec moi, et on va voir si elles m’aident avec mon écran au travail.

Ah oui! Depuis quelques années (?) j’ai des maux de têtes plus fréquents que par le passé. Et si c’était lié?

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Not Giardia? [en]

As many of you know, I’ve been ill this winter. It started out with what seemed to be a simple stomach bug in early December, but it turned out I had a giardia lamblia infection — probably brought back from India in 2015 (at least), and mostly dormant (well, with hindsight, there were subclinical symptoms) until tiredness of a new job with a demanding schedule and winter funk pushed it (me?) over the edge.

I relapsed after the first treatment, and the second, and seemingly after the third. A month of being unwell after the third treatment led me to repeat the analysis to make sure the nasty protozoan was still around.

It wasn’t.

Much as having giardia detected in December came as a huge relief (I hadn’t been dreaming this last couple of years that my digestion wasn’t great and that my tiredness wasn’t normal), this negative result left me nonplussed. If I didn’t have giardia anymore, what was going on? And if I did it now, and my third relapse wasn’t a relapse, what about my second relapse? And the first?

Doubting myself, again.

Thankfully, by the time I got the results I’d gone about a week feeling better. Lots of rice and no dairy, had said the doc. I’d been doing that since before the third treatment. Maybe my gut was finally rested enough that it had stopped misbehaving?

I don’t know if I had a third relapse and got over it myself. Though giardia can be really hard to get rid of, you’re also supposed to be able to eliminate it yourself. And a week or so after the end of that third antibiotic treatment, I found myself extremely tired and sleeping a lot. Maybe it was my body putting up the fight?

I’ll never know.

Now, things are quite good. Two weeks of holiday also helped. It’s hard to recuperate from a long illness when you’re working nearly full-time over an hour from home.

I can now eat cheese without any trouble. I’m going to take a second batch of probiotics (s. boulardii). I took the first early in my holidays, a bit less than three weeks ago. I’m careful not to overload my digestive system, particularly with raw veggies (salad) or dairy.

I’m much less hungry than I was. I can actually “stand” being hungry. I used to get frantic if I didn’t have food. It seems much better now. Was it giardia? Was it something else that all the antibiotics got rid of? How long have I had giardia?

Again, I’ll probably never know.

So, I’m less hungry, and eating less, and I can wear the trousers I couldn’t fit in last autumn again. I’ve lost weight, in between being ill and having less of a “stuff myself” drive. Maybe I’ll be able to reduce my grocery budget 🙂

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Marre de l’indignation [fr]

[en] Outrage fatigue.

L’indignation (“outrage” en anglais, attention, faux ami) est ce qui fait tourner Facebook, malheureusement. C’est l’émotion qui “marche” le mieux, nous fait partager, réagir, revenir. Facebook est une plateforme dont les algorithmes sont optimisés pour “l’engagement” (un autre faux ami), c’est-à-dire notre investissement en temps et en interactions avec la plate-forme. Likes, partages, commentaires: tout est bon à prendre.

En 2002, j’écrivais Blog provoc’, parce que j’avais repéré cette tendance sur les blogs de l’époque. On écrit pour faire réagir l’autre. Sur facebook, les contenus qui “marchent” le mieux, à savoir qui font réagir et revenir sur la plateforme, ce sont aussi les contenus qui titillent l’autre, le provoquent, l’indignent.

Quand quelqu’un poste exprès un contenu qui vise à faire réagir émotionnellement autrui, de façon négative, afin de se nourrir de son attention et de son énergie, on l’appelle un troll.

Les algorithmes des médias sociaux sont malheureusement optimisés pour les trolls, ou le type de contenu que pourrait poster un troll.

Heureusement, il n’y a pas que ça. Il y a de très belles choses dans les médias sociaux. L’entraide, par exemple. Des amitiés qui se créent. Rester en contact avec les vies de ceux qu’on aime, ou qu’on aimerait mieux connaître. Ou juste rire, ou apprendre quelque chose d’intéressant ou d’utile.

Mais là au milieu, il y a tout ce contenu “qui marche” trop bien, qui active en nous des compulsions, qui nous fâche et au final, qui nous fait nous sentir moins bien.

Si vous voulez vous émouvoir de tous les maux du monde, Facebook est l’endroit idéal. 24h/24, 7 jours sur 7, vous pouvez vous indigner à bon marché: pour l’état de la planète, la politique, les animaux maltraités, la connerie des gens, et même des choses qui ne sont pas vraies, tant l’intox (oui, on avait déjà un nom pour ça avant “fake news”) se plaît dans cet environnement à fleur de peau et à clics de souris.

Non, je ne prône pas l’abandon de Facebook. C’est utopique et ça ne règle pas le problème de fond. Mais un peu de recul, oui. Comprendre les réglages qui vous permettent de gérer un peu vos données privées. Comprendre les mécanismes qui nous font revenir encore et encore. Développer son esprit critique pour avoir une chance de repérer les intox, même (surtout!) celles qui racontent une histoire qui nous plaît. Savoir se désengager. Choisir ses combats, et ne pas gaspiller son indignation juste parce que quelqu’un a partagé quelque chose. Choisir d’agir vraiment sur le monde, au lieu de juste sentir.

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More blogging in the world? [en]

Originally meant as a comment on the post Back to the Blog by Dan Cohen.

Over the years (quite some years ago) I ran a handful of “back2blog” challenges, to try and get people writing on their blogs again. They worked, but once the challenge was over, we all folded back into Facebook.

I’ve been writing more on my blog these last six months or so. One thing that helped me was to try and go back to the early days of pre-social-media blogging, when I’d write much shorter pieces than the essay-like ones. I realised that one of the things that made me write things that could very well have been blog posts on facebook rather than on my blog was that I had come to see blog posts as “articles”, complete with a proper title, appropriate categories and tags, and to make it worse, as I’m bilingual, a short summary of what I was writing in my “other language”.

To do that, I started posting things as “asides” — a post type WordPress provides with for somewhat lesser content. I also decided that my 45-minute commute on the train was more than enough time to crank out a quick post, and when I’m not travelling with colleagues, I really make an effort to write stuff.

I really believe that unless Facebook et al backpedal in making their platforms less addictive (cf. Clay Shirky’s segment in this OTM episode) we are definitely going to see people falling back on their blogs.

Now let me go and find a no-nonsense-no-frills newsreader so I can subscribe to Dan’s blog.

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Méditation pendulaire [fr]

Je reprends le travail après deux semaines de vacances. Oh, bien sûr, j’aurais bien prolongé mes vacances, surtout qu’il y a encore plein de neige. Mais bon, il ne va pas faire beau cette semaine.

Je reprends le travail le coeur plutôt léger: j’ai laissé mes affaires en ordre avant de partir, j’aime ce que je fais, et peut-être un peu bête à dire, j’aime aussi mon salaire. L’idée qu’il faut avoir manqué de quelque chose pour l’apprécier ne sort pas de nulle part.

Je médite toutefois sur l’occupation de mon temps. En semaine, j’en ai peu. 12 heures loin de la maison, même si ma squatteuse semble avoir vidé les lieux et que mes besoins en matière de sommeil redeviennent raisonnables, ça ne laisse pas des masses de temps pour vivre hors du week-end et des vacances.

Rien d’extraordinaire, je sais, vous autres qui vivez à ce rythme depuis des années haussez les sourcils en disant “ben ouais quoi”. J’ai conscience d’avoir eu pendant dix ans une qualité de vie vraiment privilégiée, au niveau de mon emploi du temps. Beaucoup de liberté. Ça se payait par ailleurs, mais maintenant que l’equation est renversée, ça me travaille. Je me dis que c’est important d’aimer ce qu’on fait (un minimum), vu le temps qu’on y passe. D’être dans un environnement qui nous convient.

En ce qui me concerne, clairement, il y a ces 2.5 heures par jour que je passe en transit. Ça, sérieusement, je m’en passerais bien. Ça me permet d’écrire, de bouquiner, de m’ennuyer ou de discuter avec mes collègues pendulaires, mais franchement, je préférerais faire ça sur mon balcon avec le chat sur les genoux ou sur une terrasse ou lors d’un restau à midi.

Ayant toujours été très libre de mon temps, je n’ai jamais pris la peine de beaucoup l’organiser. Oh, quand même, mais je pouvais laisser la part belle à l’improvisation. Maintenant que mes heures sont plus rares, je me rends compte qu’un peu de planification peut me permettre de mieux en faire ce que je veux. (Je n’aime pas “profiter”.)

Alors je réfléchis, je regarde mon calendrier, je commence à planifier mes week-ends, et aussi mon peu de soirées. Il ne faut pas attendre d’avoir envie de faire les choses qu’on a envie de faire. Il faut les agender. Alors j’agende. Je regarde comment me simplifier la vie pour monter plus facilement au chalet, par exemple.

Tout ça peut vous sembler bien naïf, à vous qui vivez la vie d’employé depuis des années voire des décennies. Eh oui, je découvre. Mais je vous rassure (enfin vous ne vous inquiétez peut-être pas!) — durant mes dix ans à mon compte j’ai appris à faire face à un tas d’autres choses qu’une vie d’employé ne met pas forcément sur son chemin.

Au final, on apprend tous à bien faire ce qu’on fait, et à bien vivre la vie qu’on vit…

 

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