Invisibilia: A Podcast About the Hidden Forces That Shape our Behaviour [en]

[fr] Un super podcast à découvrir: Invisibilia. Ça parle des forces invisibles qui conditionnent le comportement humain. Et c'est super bien fait. Quelques histoires pour démarrer: l'homme aveugle (sans yeux) qui voit par écholocalisation et fait du vélo, la femme qui ressent physiquement ce qui arrive à ceux autour d'elle (un cas extrême de "synesthésie miroir"), le rapport entre nos pensées et qui nous sommes (sommes-nous nos pensées? quelle importance leur accorder?), et j'en passe.

I thought I’d written a post somewhere introducing the podcasts I listen to regularly. I don’t watch TV, but I do listen to a bunch of podcasts religiously: Radiolab, On The Media, The Savage Lovecast, and The Moth. Serial was great, too.

Through Radiolab, I recently discovered the new show Invisibilia. It’s actually co-hosted by one of Radiolab’s former producers, and there is clearly in the choice of subject matter a kinship with what drew me to Radiolab in the first place all these years ago.

Invisibilia is about the stuff that we can’t see and which shapes human behaviour. In the pilot season, you’ll find stories about a blind man who can actually see by using echolocation, a woman who cannot feel fear, and Paige, tragically flipping through gender categories. And that’s just the beginning. Subscribe to the podcast and start listening.

Here’s a bunch of random takeaways for me after listening to the first episodes:

  • the three “stages” in the history of our thoughts: 1) all thoughts are meaningful (Freud), 2) some thoughts are BS and we can think ourselves out of them (CBT), 3) our thoughts don’t deserve that much attention (mindfulness)
  • how important categories are in helping us make sense of the world (I kind of knew that); reminded me of India again and the utter confusion of the first weeks where all my European categories broke down, and I didn’t have any Indian ones yet to work with
  • how gently facing one’s fears works much better in getting rid of them than obsessing about them and trying to avoid their object
  • how important our expectations of what people can do are in determining what they actually are going to be capable of doing (“blind people can’t do that“)
  • venting when angry, whilst therapeutic in the moment, actually makes us more angry and aggressive in the long run

Sound interesting? Check out the list of the previous episodes. If you start listening, let me know!

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Frustrations comptables: banques et logiciels, c'est pas encore ça! [fr]

Pour diverses raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas, je songe à la possibilité de reprendre en main ma comptabilité, après l’avoir déléguée (avec bonheur) durant plusieurs années.

Ma comptabilité n’est pas très compliquée: des factures pour mes clients, des frais à déduire, hop. Je pourrais faire ça dans un tableur (<3 Google Docs, c’est ce que j’utilise depuis deux ans pour la compta de l’eclau et ça va très bien).

Oups, ça vient de se gâter. Voyez, moi, la compta, c’est pas mon truc. Ça me fait un peu l’effet que doivent faire les médias sociaux à certains d’entre vous: important, mais compliqué, et bon sang, par où on commence, et ça s’appelle comment, ça?

Ça vient de se gâter parce que j’ai dit “compta” au lieu de “faire les écritures” ou quelque chose comme ça. Mon bilan, je vais laisser faire ça aux professionnels. Mais c’est les écritures, et le côté “garder un oeil sur les sous”, qui m’intéresse.

Donc, tableur, très bien. Je note les entrées et les dépenses, je fais des petites catégories qui rentreront dans le plan comptable, nickel.

Sauf que Philippe (coworker de l’eclau, justement) me montre qu’il y a des programmes qui arrivent à causer avec Postfinance ou d’autres banques et à importer directement les écritures. Vous imaginez comme ça me fait saliver, ça.

Hop, ni une ni deux, je pars en exploration. Chez Crealogix, PayMaker, le programme dont m’a d’abord parlé Philippe. Je fouille un peu, je demande sur Twitter. MacPay. Crésus semble un poil cher. Je télécharge les deux premiers en version d’évaluation.

Premier constat, désolée, mais c’est pas très user-friendly. (“Moche”, je me permettrai pas — mais un peu clunky.) Probablement que c’est pas très user-friendly parce que je suis une complète pive quand il s’agit de finances et donc que je ne comprends pas bien à quoi doit servir le programme, ni les différentes choses qu’on peut faire avec.

Deuxième constat, ça semble surtout être des programmes de saisie d’ordres de paiement. J’en ai rentré un dans MacPay mais impossible de trouver comment “l’envoyer” (j’utilise probablement pas le bon vocabulaire).

Bref, c’est décourageant.

Je retourne à mon plan initial, le tableur. Ma compta n’est pas bien compliquée… Mais j’ai eu l’espoir de ne pas avoir besoin de recopier toutes les écritures déjà saisies dans mon compte en banque, et j’avoue que j’ai de la peine à lâcher l’idée. Mais oui! Il y a une fonction d’exportation des transactions, non?

Je me précipite dans Postfinance. Misère, on nous sert du PDF. La BCV, ça semble plus prometteur: exportation vers Excel. Bon sang, pourquoi n’ai-je jamais utilisé cette fonctionnalité? J’exporte, et j’ouvre dans NeoOffice. Ah oui, je me souviens: ce n’est pas un joli petit tableau bien propre qu’on nous sert, mais une espèce de machin qui ressemble plus à du Word fait dans Excel qu’autre chose.

Messieurs les banquiers (ou plutôt, messieurs les qui-développez-des-interfaces-ebanking), serait-ce trop vous demander de pouvoir simplement exporter mes transactions en format .csv? Tout bêtement?

On ne va pas baisser les bras, je suis une acharnée. Peut-être qu’en copiant-collant les transactions listées dans mon interface e-banking je peux m’épargner quelques précieuses minutes de frappe. Ben là aussi, déception: la BCV est laconique au possible dans ses libellés de transaction (“BCV-NET”, ça indique bien que c’est le paiement de mon assurance maladie, juste? et “BCV-NET”, c’est aussi les paiements de ma facture téléphonique? oublions…) et Postfinance pèche par excès de zèle dans l’autre direction, me donnant jusqu’à dix lignes d’informations dans le libellé de chaque transaction (je vous juge, j’en ai même vu une qui indiquait la date de naissance du créditeur… presque).

Bah.

Comme me l’a fait remarquer Julien, c’est quand même dingue que ce soit aussi mauvais: on a tous des comptes en banque. On utilise tous (bientôt tous) l’e-banking. On a tous besoin de garder un oeil sur ses finances, même si ce n’est “que” à titre personnel. Et les outils qu’on a à disposition pour le faire sont franchement pénibles à utiliser — mauvaise UX autant que fonctionnalités inadaptées.

Développeurs et spécialistes UX, je crois qu’il y a un besoin à remplir, là.

Sinon, prouvez-moi que j’ai tort de me plaindre ainsi amèrement. Montrez-moi l’outil facile à appréhender, agréable à utiliser (et à l’oeil, ça ne gâche rien), qui automatise au maximum le suivi des mes finances, tout en me laissant suffisamment de flexibilité pour l’adapter à ma situation personnelle. Dites-moi ce que je n’ai pas compris et qui fait que je ne trouve rien, peut-être, parce que je cherche au mauvais endroit. Je serai ravie de m’être lamentée pour rien sur ce blog.

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Google Groups Pain in the Neck [en]

[fr] Google Groups trouve qu'il n'est pas raisonnable de vouloir ajouter plus d'une dizaine de personnes à la fois à une newsletter nouvellement créée.

I’ve used Google Groups to set up a [newsletter for Going Solo](http://going-solo.net/2008/04/30/going-solo-has-a-newsletter/).

[Here it is](http://groups.google.com/group/going-solo-news/), with added proof (if needed) of my hopeless lack of design sense.

When I set up the group, I did what most normal newsletter creators would do: went through my contacts to invite those who might be interested in joining. I selected 30 or so people to start with.

My action triggered a flag for review, as I might be a potential spammer:

> **Your request to invite X new members has been flagged for review by our staff.**

>In order to protect our members from unsolicited email, Google manually reviews invite requests which meet various criteria. Your request will not be reviewed unless you provide us with more information in the form below. Reviews generally take 1 – 2 business days.

>Please provide an explanation for where these new members come from and why they would want to be part of your group. Note that Google takes a very dim view of Spam. The people you invite must know you and be expecting your message. If they complain, you will be banned from our service and your group will be deleted.

Great.

Well, I wrote up an explanation, saying I was setting up this newsletter so that people could stay informed about [Going Solo](http://going-solo.net/) ([registration](http://going-solo.net/registration/) is closing soon btw), and that I was going through my address book to let people know about it.

Anything wrong with that, in your opinion? I think not, and Google obviously didn’t think there was anything wrong either, because they let my invitations go through after a few hours.

**BUT.**

Now, each time I invite even **one single person**, my request is flagged.

Google Groups: Threatening!

What a pain! I’m going to be inviting people many times a day over the next week, as I dig out e-mail addresses. And obviously, just announcing the existence of the newsletter is not enough to get people to sign up — ever heard of lower the barrier to entry? If I’m creating this newsletter, it’s because I’m finally coming to my senses (!) and realising that not everybody [follows Twitter](http://going-solo.net/twitter), [subscribes to blogs](http://going-solo.net), hangs out on [Facebook](http://www.facebook.com/event.php?eid=8828618221) or [upcoming](http://upcoming.yahoo.com/event/407911/), and that *good ol’ e-mail* still has some good days before it when it comes to getting information out to people.

I am really annoyed at Google Groups for making this so difficult. Shouldn’t there be a way for me to get the limit “lifted” for my group, by offering proof I’m not a nasty spammer, but a businesswoman (OMG!) who is very much aware that she will very quickly use up her social capital if she spams her network with irrelevant stuff? And therefore, that I actually *need* to send out invites to a few hundred people?

Also, look at this form:

Google Groups invite members

Don’t you think that “e-mail addresses” field invites a reasonably large number of addresses?

I went through the help, and it wasn’t very encouraging, but I did learn a few useful things:

– [the “flagging limit” seems to be **10** invites at a time](http://groups.google.com/group/Managing-Your-Group/msg/034a807378fbdfd5) (talk about being unreasonably low for newsletters, bound to trigger TONS of false positives)
– you can [create a Google Groups account easily](https://www.google.com/accounts/NewAccount) even with a non-Gmail address (I think I had grief with this last year when I was struggling with Google Groups not wanting to send e-mail to the client I was setting up the discussion list for)
– messages from staff in the relevant threads seem to focus on [filling in the fields](http://groups.google.com/group/Managing-Your-Group/msg/d8efc2db78fc1502), which I’ve been doing, of course
– I’m not alone in thinking the [language Google uses for the warning message is a bit over the top](http://groups.google.com/group/Managing-Your-Group/browse_thread/thread/b5d34348c034b6e9), particularly given the number of false positives their low trigger limit is going to create (and the fact there is no warning that such a limit exists when you fill in the [**huge** field for e-mail addresses to invite](http://www.flickr.com/photos/bunny/2456715554/))
– [I’m not alone.](http://groups.google.com/group/Managing-Your-Group/browse_thread/thread/eca163d042772868/31512ccb7cb93d80?lnk=gst&q=)
– There doesn’t seem to be an official Google Groups blog.

So, please. If you have friends working on Google Groups, please draw their attention to this post and issue. It’s a bloody pain in the neck.

Oh yeah — and [please sign up for the newsletter](groups.google.com/group/going-solo-news/subscribe). I’m going to have trouble inviting you 😉 — [email protected] also works.

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Please Don't Be Rude, coComment. I Loved You. [en]

[fr] J'étais une inconditionnelle de la première heure de coComment. Je les ai même eus comme clients. Aujourd'hui j'ai le coeur lourd, car après le désastre de la version 2.0 "beta", le redesign du site qui le laisse plus confus qu'avant, les fils RSS qui timent out, le blog sans âme et les pubs qui clignotent, je me retrouve avec de grosses bannières autopromotionnelles dans mon tumblelog, dans lequel j'ai intégré le flux RSS de mes commentaires.

Just a little earlier this evening, my heart sank. It sank because of this:

Steph's Tumblr - rude cocomment

That is a screenshot of [my Tumblr](http://steph.tumblr.com). And what [coComment](http://cocomment.com) is doing here — basically, inserting a huge self-promotional banner in their RSS feed — is really rude.

I’m really sad, because I used to love coComment. I was involved (not much, but still) [early on](http://climbtothestars.org/archives/2006/02/04/cocomment-enfin-public/) and was a first-hour fan. They [were even my client for over six months](http://climbtothestars.org/archives/2006/04/13/im-working-for-cocomment/), during which I acted as a community manager, gave feedback on features to the team, and [wrote a whole bunch of blog posts](http://climbtothestars.org/categories/cocomment/). This ended, sadly, [when coComment finally incorporated](http://blog.cocomment.com/2007/01/12/launch-notice/), because we couldn’t reach an agreement as to the terms of my engagement.

Inserting content in the RSS feeds is only the latest in a series of disappointments I’ve had with the service. I used to have a sidebar widget to show the last comments I’d made all over the place on my blog, but I removed it at some point — I can’t remember when — because it had stopped working. I tried adding it again, but for some reason WordPress can’t find the feed. It seemed very slow when I tried to access it directly, so maybe it’s timing out — and I think I recall that is what made me remove it in the first place.

I’m sad also to see blinking ads on the coComment site, confusing navigation, pages with [click here](http://www.cocomment.com/tools/owner) links, and [a blog which has no soul](http://blog.cocomment.com/), filled with post after post of press-release-like “we won this contest”, “we’re sponsoring this event”, “version xyz released”, “we were here too” — all too often on behalf of a mostly faceless “coComment Team”. CoComment used to have something going, but to me it now seems like an exciting promise that lost its way somewhere along the line.

[Last August](http://blog.cocomment.com/2007/08), the [version](http://www.myopenletters.com/2007/08/08/smooth-move-cocomments/) [2.0](http://weblogs.mozillazine.org/asa/archives/2007/08/the_last_week_h.html) [beta](http://blog.fupps.com/2007/08/21/cocomment-apologizes/) [disaster](http://blog.cocomment.com/2007/08/21/were-sorry/) made me cringe with embarrassment for my former love (who on earth takes all their users [back to beta](http://blog.cocomment.com/2007/08/03/cocomment-v2-beta-update/) when 1.0 was stable?) and left many blogs paralyzed, including my own. I started writing a blog post, at the time, which I never published, as other things got in the way. Here’s what I’d written:

> I reinstalled the extension yesterday (I’d removed it a few months ago because I suspected it might be involved in a lot of browser hang-ups) but had to uninstall it a couple of hours later:

> – too many non-comment textareas get the coco-bar
– blacklisting seems broken
– pop-up requesting info confirmation for website blocking form submission of non-comment forms, even though coco-bar was removed AND extension was deactivated for the page.

> It would be nice to be able to read some clear and detailed information about these issues and their resolution on the blog, so that I know when it’s worth trying the extension again.

> Also, a **major** issue is that when the coComment server isn’t responding, people cannot leave comments on integrated/enhanced blogs (like this one, or my personal blog). I had to remove coComment integration from my blog so that coComment downtime doesn’t prevent my readers from leaving comments.

***Update:** in case this wasn’t clear first time around, these problems have since then been solved and [coComment apologized for the mess](http://blog.cocomment.com/2007/08/21/were-sorry/). It doesn’t erase the pain, though.*

So, coComment — and Matt — are you listening?

You’re in the process of alienating somebody who was one of your most passionate users — if you haven’t lost me already. I cared. I forgave. I waited. I hoped. But right now, I don’t have the impression you care much about me. I’ve seen excuses, I’ve even seen justifications, and now I see large ugly banners in my Tumblr. What happened to you?

*You’ll have understood, I hope, that this is not just about me. This is about the people who use your service. The service you provide is for us, right?*

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Photography: Being the Model [en]

[fr] Une chose qui m'énerve fréquemment, ce sont les médias qui désirent me faire photographier pour illustrer leur article, mais qui ne considèrent pas "normal" que le photographe me donne une copie des photos faites. C'est mon image, merde.

Branching off on the [Lane Hartwell–Richter Scales story](http://technorati.com/search/%22lane%20hartwell%22) to react to a paragraph of Lane’s post [Please don’t steal my work](http://fetching.net/2007/10/please-dont-steal-my-work/):

> Along with this, everyday I am hit up with requests for me to give people photos I have shot of them. I’ll be shooting an event and people will push their business cards on me and tell me to “email them the shots”. When I politely explain that I won’t be doing that, and why I won’t be doing that, they usually get nasty with me. If I tell them they can purchase a file or print from me, 9 times out of 10 I never hear back from them.

Lane Hartwell, Please don’t steal my work

Just to make things very clear: I’m not taking a stand on the issue at hand here, which I believe is far more complex than “she’s right” or “she’s wrong”. I’m just reacting to one paragraph of her post, because it reminds me of something that pisses me off regularly.

I see **no reason whatsoever** for which I should not have the right, as the person on the picture, to have a copy of the photograph that was shot of me. This happens to me *very regularly* when I’m interviewed by the press and they bring along a photographer to shoot a few pics to illustrate the article: I ask the photographer to e-mail me the shots, or at least those which made the cut. So far, three actually did it — and I thank them very much for it. Most of the time, I never hear from them again.

And it pisses me off.

Why should the photographer **own** a representation of me? I’m not saying I should own it exclusively, either. The photographer has the rights to the image, but I consider I should at least have the use of it for my personal/promotional use.

Same goes for events. If I’m at a conference, or giving a talk, and I let you photograph/film me, consider that I’m CC by-nc-sa. If you take a photograph of me and “all rights reserved” it, that means I am not allowed to use it in my blog, for example — as far as I understand things.

There is something of a joint ownership in a photography. I’m not saying I’ve figured it out. I’m somebody who takes photographs (though I don’t make any money out of them), so I understand the point of view of the person taking photos, but I’m also (frequently) photographed, and I don’t like being dispossessed of my image.

Thoughts and discussion welcome.

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Du lavage de linge sale en ligne [fr]

[en] Nearly two years ago, I did a piece for a paper magazine on blogging, Netizen. I still haven't been paid, and I'm not the only one to have this kind of complaint towards the company Pointblog's CEO, Christophe Ginisty. I think that there are circumstances, when you're wronged, where it's legitimate to use blogging to expose what has happened -- against popular ethics which discourage you from washing your dirty linen in public.

“L’affaire” Ginisty-Pointblog, dont j’ai l’honneur d’être [une des victimes](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/01/pointblog-ca-traine-en-longueur-et-ginisty-aux-abonnes-absents/), refait surface avec [la fermeture de Pointblog](http://www.pointblog.com/). J’attendais que [Chryde nous raconte sa version des faits](http://www.chryde.net/blog/2007/11/ginisty.html), après les [quelques mots de Gilles Klein](http://www.pointblog.com/) à l’adresse précédente, [la “défense parfaite” de Ginisty](http://www.ginisty.com/weblog/2007/11/pointblog-la-pe.html), le [lavage de linge sale de Cyril Fiévet](http://www.nanoblog.com/past/2006/05/lavage_de_linge_sale.htm) il y a déjà longtemps de cela, pour faire un petit dossier récapitulatif sur ce qui a été dit.

Mais je les entends déjà, les bien-pensants: “laver son linge sale en public, c’est pas beau!” “citer des extraits de conversation privée, ça se fait pas!” “arrêtez d’étaler cette vilaine histoire sur vos blogs!”

Oui… oui. Oui mais. Quand il y a un conflit, et que la discussion n’est pas possible avec l’une des parties concernées… qu’est-ce qu’on fait? Eh bien, quand il s’agit d’argent, par exemple, on fait des procès. C’est public, les procès. Salement public.

En ce qui me concerne, on ne me doit “que” 1050€. Je suis une petite joueuse à côté d’autres lésés, j’en ai bien conscience. 1050€, c’est quand même une somme, pour moi. Cela représente près de la moitié de mon budget mensuel. Bah, j’ai appris à vivre sans, depuis le temps (bientôt deux ans!) que j’attends cet argent, envers et contre tout. Mais je peux vous dire qu’en temps de vaches maigres (comme ces jours) j’y repense, j’y repense.

1050€, il n’y a pas de quoi aller s’amuser à faire des frais d’avocats pour ça. Surtout si on habite en Suisse, et que le débiteur est en France, lui. Ah, s’il était en Suisse! Un petit commandement à payer, et voilà, le tour est joué. Mais en France, c’est pas si simple, à ce qu’il paraît.

Donc, nous y arrivons, au linge sale sur les blogs. Parce qu’un blog, comme je le dis souvent, ça peut être utilisé pour trois fonctions principales: partager, informer, **dénoncer**. Oui, dénoncer.

Alors non, en effet, ce n’est pas très beau de laver son linge sale en public. Mais c’est pas très beau non plus de mener les gens en bateau, de faire des promesses qu’on ne tient pas, de les laisser dans le noir, avec (probablement) l’espoir qu’ils se lassent. Au risque de passer pour hargneuse (je veux bien assumer), je ne vais pas me la coincer.

Mais il y a des circonstances, où, merde, on a bien le droit d’utiliser son blog pour parler de nos mésaventures et montrer du doigt ceux qui nous font des sales coups. Il faut assumer les conséquences, ensuite, bien entendu. Comme dans “la vraie vie” (que je déteste ce genre de distinction), quand on dénonce, on court le risque de s’en prendre plein la figure. Eh bien soit. Christophe Ginisty ne va certainement pas apprécier que je le montre du doigt, ou que je rapporte des choses qu’il m’a dites (il m’a quand même fait l’honneur de 2-3 conversations par chat, figurez-vous!). Peut-être m’écrira-t-il (enfin! depuis le temps que j’attends un signe de sa part!) [comme à Chryde](http://www.chryde.net/blog/2007/12/voil-on-arrte.html), pour me menacer ou m’expliquer encore à quel point il est la victime dans cette histoire.

Peu importe. J’en ai ma claque. Pour le billet plus long, mesuré, avec citations et tout le toutim, il faudra repasser dans quelques jours/temps. Ou pas — on sait jamais, avec ces satanés blogs, si et quand on écrira ce qu’on a l’intention d’écrire. Donc au cas où (et si vous voulez prendre de l’avance et vous faire votre propre opinion), voici ma petite collection de liens sur cette triste histoire.

– mai 2006: [Cyril Fiévet pose les plaques et déballe son histoire](http://www.nanoblog.com/past/2006/05/lavage_de_linge_sale.htm)
– février 2007: [Face au silence de mort de Christophe Ginisty, je publie](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/01/pointblog-ca-traine-en-longueur-et-ginisty-aux-abonnes-absents/)
– février 2007: [Dans la foulée, Cyril Fiévet jette l’éponge](http://www.nanoblog.com/past/2007/02/fin.htm) (désolée si j’ai joué un rôle là-dedans, vraiment)
– novembre 2007: [Gilles Klein quitte (et *de facto*, ferme) Pointblog](http://www.pointblog.com/) et [déménage sur Le Monde du Blog](http://www.lemondedublog.com/2007/11/bienvenue-sur-le-monde-du-blog.php)
– novembre 2007: [Christophe Ginisty raconte l’histoire de Pointblog, vu de chez lui](http://www.ginisty.com/weblog/2007/11/pointblog-la-pe.html)
– novembre 2007: [Chryde “le fumiste” nous donne sa version des faits](http://www.chryde.net/blog/2007/11/ginisty.html) — ne pas rater [le commentaire de Cyril Fiévet qui donne des informations supplémentaires](http://www.chryde.net/blog/2007/11/ginisty.html#c92088636) (et comme tout le monde, [Chryde en a marre](http://www.chryde.net/blog/2007/12/voil-on-arrte.html))
– en vrac, des commentaires (que ce soit de la part des passants ou des acteurs principaux), vous en trouverez aussi dans les billets suivants: [Ginisty](http://www.ginisty.com/weblog/2007/11/arrt-de-pointbl.html), [Embruns](http://embruns.net/logbook/2007/11/21.html#005872), [Embruns encore](http://embruns.net/logbook/2007/11/23.html#005877)

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Berlin, Belgrade: Two Contrasting Airport Experiences [en]

[fr] Je déteste vraiment la sécurité dans les aéroports. C'est d'une hypocrisie primaire et le résultat principal en est une péjoration du comfort des voyageurs. Je raconte dans ce billet deux expériences contrastées (mes deux derniers vols).

L'aéroport Tegel a Berlin, où tout s'est passé comme sur des roulettes, même si j'ai eu bien peur de rater mon vol (imaginez: je me suis pointée au faux aéroport, moins de deux heures avant décollage). A Tegel, le taxi vous dépose directement au terminal. Le check-in est à 5m de la porte. Le contrôle des passeports est à côté (vraiment) du check-in (disons 3m). Le contrôle sécurité est droit derrière. Et la zone d'attente pour la porte est juste après. De check-in à salle d'attente, 10m et 5 minutes à tout casser.

A Belgrade par contre... Ce fut moins fun. Personnel peu agréable, renseignements médiocres, vilain sandwich tout sec... et pour couronner le tout, "double" sécurité. Eh oui, non seulement faut-il faire la queue pour faire passer aux rayons X toutes ses petites affaires avant le contrôle des passeports, mais encore faut-il passer par le même cirque à la port, pour accéder à la zone d'attente. Je vous passe les chaises en métal et les courants d'air...

Inutile de dire que je suis ravie de rentrer à Lausanne en train depuis Paris, et que j'espère que les grèves continueront à ne pas avoir d'influences sur les TGVs à destination de la Suisse!

Flying out of Berlin could have been a nightmare. It actually turned out to be a rather smooth experience. The nightmarish bit is that I went to the wrong airport to catch my plane. I flew in to Shönefeld (?), so naturally assumed that I would be flying out from there two.

When I arrived at the airport less than two hours before take-off, I checked the departure board and couldn’t find my flight. Suddenly, it hit me: this wasn’t the only airport in Berlin. A brief panicked enquiry at the airport information desk later, I was grabbing a taxi, calling the JAT office in Tegel Airport to explain the situation (they had my ticket waiting there for me), and deciding that 70€ to take the predictable but longer motorway route (it was peak hour and the town was gridlocked) was better than missing my flight.

My taxi driver was nice, reassuring, and cut quite a few lines to get me there on time.

Here is where it became smooth. Like most of you I guess. I’m used to airports where you need to wait in line for check-in, then walk to passport control, wait in line again, then walk to security, wait in line again, then finally, walk to the gate.

None of that nonsense at Tegel Airport. I had been given the terminal number by the person I spoke to at the JAT office, who told me my ticket would be waiting for me at check-in. My taxi dropped me off at the terminal.

I went through the door.

I walked 5 metres.

I waited 2 minutes at check-in, was greeted by a smiling hostess, given my ticket, and checked in.

The door to security — no kidding — was *just next to the check-in desks*. 10 steps away. And passport control was *just before the door to security*. And the gate itself (the waiting area) was *just behind security*. From check-in to the gate: less than 10 meters. Within 5 minutes I was through all of it.

And I wasn’t (by far) the last person to check in. I was early, actually.

Contrast that with my departure from Belgrade, five days later. (Oh, let me mention in passing that I had the most frightening landing of my life in Belgrade. I’m not a frightened flyer, but the weather was really very rough and stormy, with the plane rocking left and right and dropping abruptly as we were approaching the landing strip. And once on the ground, it didn’t stop either — precisely because the plane wasn’t slowing down, and was making dreadful noises. We stopped OK in the end, but from my point of view we were moving way too fast on that runway for way too long.)

Back to my experience this noon in Belgrade Airport. First, I have to say it was overall not very friendly.

I asked the check-in woman where I could change money and eat. She indicated two places for that, which meant I had to change money (lots of dinars) first and eat (paying in dinars) second. Great. Then, the change office didn’t have Swiss francs. Even greater (I now have enough euros to settle down in Paris for a month, nearly.)

I got a really nasty sandwich for a small fraction of the money I had been advised to keep for the meal, and then realised that I could change money on that floor too. *They* had Swiss francs, but with the amount of dinars I had it was more interesting to change in euros. Then, once I’d gotten rid of all my dinars, I noticed there was at least one other food place — nicer than the one I’d been to, of course.

Oh well.

I queued through security, did my usual Empty Half Your Bag And Get Half Undressed stunt, waited in my socks while the person at security control searched the bags of the woman before me (one person per machine, takes care of searching too, so when a bag is searched, the machine stops too — efficient, isn’t it?), and headed to passport control.

A rather unfriendly woman there gruffly asked me for my boarding pass (it had slipped out of my travel documents into my bag) and put a nasty wet stamp on it before folding it back into my passport. I had to wipe the wet ink off the (thankfully plastified) page with all my personal details.

Once in the “sterile” area, I noticed there were another two places where I could have eaten (oh, well) but no board with flight numbers and gates. I asked a member of staff who was passing by, and she pointed me to the travel information desk where I got the answer I needed.

I walked down the corridor to the gate and was quite surprised to find the place rather empty (this was about 10 minutes before announced boarding time). There was an open door with a corridor leading somewhere cold, and a closed door next to the flight details for the gate, behind which I could see a security machine and a bored young man in a uniform.

There were a few metal seats in the draughty corridor.

I tried to open the closed door, but it was — closed. I made interrogative signs to the young man, who got up to open the door and tell me that this was the right place, only later.

I therefore sat on a draughty metal seat and waited.

Slowly, more people arrived. Airline and airport employees, too. The door opened. Closed. Opened. Closed. Passengers got up and started to form a line (boarding time passed), so I got up too.

And waited in the cold. And cursed at the security machine I could see through the glass door.

You probably know I’m sick of airport security. It’s hypocritical (there mainly to cover some people’s precious arses), basically abusing poor passengers and making our lives miserable when we travel under pretense of keeping us safe from “terrorists”.

Right. So when you make everybody entering one part of the airport (what I call the “sterile area”) go through security and show ID… and you do the same thing **again** later on… what kind of message are you sending?

You’re basically saying: oh, well, our sterile area isn’t really sterile, you see — we don’t trust our own security screening. So please, let us screen you again. You know, just in case one of you entered this part of the airport without going through security, or managed to sneak a gun or explosives past us.

What do you think my opinion of airport security is now?

The cabin crew went through first, and for a wild moment I thought that *maybe* this was just for them, because for some reason they might not have had to go through the same long line of waiting for bags to be searched as us.

But I was wrong. One by one, 15 minutes after announced boarding time, we put our stuff in the X-ray machine again. Did I mention it was cold and draughty? I wasn’t happy to be in my socks again. And no, I didn’t feel bad about holding up the line because I put my stuff in four different trays to make sure I don’t raise any flags (got searched for cables in my bag, once — now they go through separate).

Colour me grumpy.

So, now that everybody had been doubly screened and that we were doubly safe, we got to sit down in more draughty metal chairs and wait. And then, stand up in line again and wait.

I am *so* glad I’m going back to Lausanne by train from Paris.

I just hope the strikes in France continue to not affect connections to Switzerland…

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Opérations médiatiques: marre [fr]

[en] Sick and tired of being asked to do stuff for free particularly when it's a media stunt. I rant about two recent situations where I've been contacted for "unpaid work" which is obviously going to benefit "the client" more than me.

Deux opérations médiatiques auxquelles j’ai été conviée de participer me laissent songeuse — et un peu inconfortable. Laissez-moi d’abord vous en dire quelques mots, puis on verra où part ce billet (j’avoue ne pas très bien le savoir moi-même).

**La première, “Tapis rouge pour les APEMS”**, a eu lieu pour moi hier (il y a aussi un [vernissage de l’expo ce soir](http://www.lausanne.ch/UploadedASP/21155/34/F/Event.asp?DocId=21155&numEvent=4004) à Lausanne, mais vu mon état, je n’y serai pas). D’après ce que j’ai compris, il s’agit d’un événement monté par [l’agence Plates-Bandes](http://plates-bandes.ch/) pour faire mieux connaître [les APEMS](http://www.gauchebdo.ch/article.php3?id_article=433). Les APEMS sont une structure d’accueil lausannoise pour les enfants de première à quatrième primaire, avant et après l’école ainsi que durant la pause de midi. L’événement comporte deux volets: une exposition à l’hôtel de ville (un APEMS éphémère y est recréé) et la visite de personnalités de la région dans les différents APEMS durant la journée, sous forme “d’invités suprise” pour les enfants (“Devine qui vient aujourd’hui?”).

Voici l’essentiel de l’invitation que j’ai reçue par e-mail il y a quelques mois:

> “Devine qui vient aujourd’hui” invitent 20 personnalités de la région à venir
passer un moment (soit le petit déjeuner, soit le repas de midi, soit le
temps de jouer ou les quatre heures), avec les enfants, dans un des 20 APEMS
de Lausanne. Cette action sera fortement médiatisée.

> Votre nom est ressorti dans les invités souhaités par les enfants ou les
professionnels des APEMS et nous aurions grand plaisir à vous associer à
cette journée.

Hier midi, je suis donc allée dîner à l’APEMS de Pierrefleur. C’était une expérience assez perplexante. J’avoue que je ne savais pas trop ce que je faisais là (les indications que j’avais reçues disaient simplement qu’il suffisait que je m’y rende, l’idée étant que je passe un moment là-bas avec les enfants) — et pour tout dire, le personnel de l’APEMS ne semblait pas avoir reçu beaucoup plus d’informations que moi à ce sujet.

Dans un premier temps, j’ai eu une conversation tout à fait sympathique avec la responsable de l’APEMS (après avoir été chaleureusement accueillie). Nous avons parlé de nos parcours respectifs, du fonctionnement de l’APEMS, de [ce que je faisais professionnellement](http://stephanie-booth.com “Le site n’est plus trop à jour, mais c’est un début.”).

Au fur et à mesure que les enfants arrivaient et que le temps passait, mes doutes quant au choix de ma petite personne comme “invitée surprise” pour ces enfants grandissaient. Ils n’ont jamais entendu parler de moi, et c’est bien normal. Je ne travaille pas avec leur tranche d’âge (ils ne chattent pas, ne bloguent pas, vont peut-être sur Internet, mais franchement, ce que j’ai à leur raconter à ce sujet ne les intéresse sans doute guère). Les trois garçons de quatrième année avec qui j’ai partagé une table de repas ont parlé entre eux des jeux vidéos et films qu’ils appréciaient (“Le silence des agneaux”, à neuf ans, avec bénédiction parentale?!). J’avoue que cette partie de l’expérience avait pour moi un désagréable goût de flash-back, me renvoyant à quelques traumatismes scolaires de cette époque (mais bon, ça, c’est mes histoires, hein).

D’une opération annoncée comme “fortement médiatisée”, on est passé à “la presse a été prévenue, peut-être qu’ils viendront” et finalement à “ben non, sont pas venus”.

Je ne suis pas certaine de saisir les tenants et aboutissants de cette opération médiatique, mais j’avoue qu’elle me laisse avec la relativement désagréable impression d’être allée faire acte de présence (et un peu tapisserie) dans une APEMS afin que mon nom puisse figurer sur une liste transmise aux médias pour un coup de pub, accompagnée d’autres noms plus ou moins connus de la région.

Déformation professionnelle oblige: m’est avis qu’un bon site web, bien référencé et vivant, présentant les APEMS et leurs activités (il existe peut-être mais j’ai été [incapable de le trouver](http://www.google.com/search?q=apems+lausanne)) serait déjà un bon moyen de rendre cette structure d’accueil plus visible. (Là, je parie, ça va faire le coup classique, comme d’habitude: cet article va se retrouver sur la première page de Google pour le mot-clé “APEMS” d’ici peu.)

Voilà donc pour ma première “opération médiatique”.

**La seconde, c’est “Le Temps des femmes”.** Le journal [Le Temps](http://letemps.ch/) fête ses 10 ans en début d’année prochaine, et s’offre (et offre à ses lecteurs) un numéro spécial entièrement rédigé par des femmes influentes dans divers domaines en Suisse Romande. Idée fort sympathique, même si je doute que ce genre d’opération fait vraiment avancer la cause des femmes (je ne peux m’empêcher de penser qu’on donne ainsi un jour de congé aux hommes en offrant aux femmes le “privilège” de venir travailler). Il me semble que c’est tout bénéfice pour le journal — rien dans l’invitation n’indique que les bénéfices de ce numéro spécial seront reversés à une organisation faisant avancer la cause des femmes, par exemple (et on pourrait encore bien sûr débattre de l’utilité d’une telle action).

Mais là n’est pas vraiment la question. Mon malaise est ailleurs. Voyez-vous, le ton de l’e-mail (et de l’invitation Word à imprimer et renvoyer par fax!) est assez clair: je suis *invitée* à participer à cette journée de rédaction du numéro spécial, ainsi qu’au débat qui aura lieu le lendemain, et on espère que la proposition m’aura “séduite”. Après un rapide e-mail pour plus d’informations, je comprends que ce qu’on me propose de faire, c’est le “making-of” de la journée, en la bloguant. Du live-blogging d’événement, en somme.

Vous voyez où je veux en venir? Je me demande si Le Temps réalise qu’en m’invitant ainsi, ils sont en train de me demander de venir travailler pour eux une journée? Car oui, c’est du travail. Mettre au service d’une entreprise (ou de tout autre organisme) mon expertise dans le domaine des blogs, c’est ce que je fais pour gagner ma croûte. Bloguer, ce n’est pas juste “écrire dans un outil de blog” — je caresse l’espoir qu’un jour le monde comprenne que c’est [une compétence spécialisée qui s’apprend](http://climbtothestars.org/archives/2006/11/26/video-necessite-dune-formation-blogs/).

En m’invitant à venir couvrir leur événement online, Le Temps s’assure les services d’une blogueuse qui sait vraiment ce qu’elle fait (en d’autres mots, on appelle ça une “professionnelle”). Mettez aux commandes de la couverture live une personne qui sait écrire mais qui ne connaît pas aussi bien le média “blog”, et vous n’aurez pas quelque chose d’aussi bon. Ça ne viendrait à l’idée de personne de penser que “journaliste” est un métier ou une compétence qui s’improvise, alors que sans cesse, on imagine que “blogueur” est un boulot à la portée de n’importe qui. Oui, ça l’est — d’un point de vue technique. Tout comme n’importe qui peut utiliser Word ou PageMaker pour publier un journal. Comme partout, il y a des gens qui sont capables d’apprendre “sur le tas” et qui d’amateurs autodidactes, deviennent des pros. Mais ça n’est pas donné à tout le monde — et ça prend du temps. Des blogueurs francophones qui font ça depuis bientôt huit ans, vous en connaissez beaucoup?

**Je m’emporte, hein. Ben voilà, on vire au coup de gueule.** J’avoue que ces temps-ci j’en ai un peu ma claque. Ma claque qu’on sous-value mes compétences et ce qu’elles peuvent apporter, ma claque d’avoir de la peine à me “vendre” et de trouver si difficile le côté “business” de mon activité professionnelle, et ma claque aussi de ces tentatives répétées de venir me faire travailler gratuitement, sous prétexte qu’on a pas de budget (ce qui peut être vrai, mais c’est pas à moi de me serrer la ceinture à cause de ça), sous prétexte (et c’est pire) que “ça m’apportera de la visibilité” et donc que j’y gagne. Oui, messieurs-dames, la plupart de mes activités professionnelles sont “visibles”, et c’est pour cette raison que je peux me permettre de ne pas facturer le double afin de financer mon budget marketing/pub. (Je sais, je suis en train de râler, mais qu’est-ce que ça fait du bien, de temps en temps!)

Donc, bref, me voilà une nième fois devant le même problème: comment expliquer à quelqu’un qui me contacte pour une participation bénévole (que ce soit une stratégie un peu puante pour obtenir les gens à bon marché ou le résultat d’un manque de conscience honnête et peut-être pardonnable n’y change pas grand chose) que oui, volontiers, mais il faudra ramener les pépettes? Parce que je l’avoue, c’est pas une position très agréable: “ah oui, sympa votre invitation et votre projet, je participe volontiers mais faudra me payer!” Ça me rappelle furieusement cette grosse entreprise européenne qui a invité mon amie [Suw Charman](http://www.suw.org.uk/) à donner une conférence chez eux… et qui ne s’attendait pas à la payer! Elle [en parle brièvement](http://www.viddler.com/explore/SuwC/videos/5/1371.666/) dans notre podcast [Fresh Lime Soda](http://freshlimesoda.net).

Oui, j’ai conscience qu’en bloguant cette histoire Le Temps risque de lire ce billet et de laisser un commentaire qui me sauvera la vie, genre “oh mais bien sûr qu’on va vous payer, combien coûte une journée de votre temps?” — et je me rends compte que si je me sens assez libre de m’exprimer ainsi sur ma petite tribune ouverte (ce blog), les relations “clients-fournisseurs” restent très codifiées et je me verrais mal déverser ce lot d’explications dans un mail. Ce ne serait pas vraiment approprié. Je m’en tiendrai probablement à un “je viens volontiers passer une journée dans vos locaux à couvrir la journée en bloguant, cependant ceci fait partie des prestations que je facture. Qu’aviez-vous prévu de ce côté-là?” assez convenu et un peu plus léché. (Oui, ça m’emmerde vraiment que ces négociations pécuniaires soient si compliquées — je suis en plein dedans ces jours avec au moins deux autres clients.)

Bon, ben voilà, comme on dit. Essayons de finir sur une note constructive: si vous contactez un blogueur (ou une blogueuse) pour participer à un événement, ou bloguer pour vous, par exemple, gardez à l’esprit qu’il s’agit peut-être d’un service pour lequel il (ou elle) s’attend à être payé(e). Et de grâce, approchez les choses ainsi. Si vous n’êtes pas familier avec le milieu (et même si vous l’êtes un peu) il est possible que vous sous-estimiez complètement (a) le travail nécessaire à acquérir les compétences auxquelles vous faites appel et (b) ce que vous allez en retirer comme valeur en fin de compte.

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Faites des liens, ne demandez pas! [fr]

[en] Please don't send e-mails asking if you can link to my site. Yes, you can. You can link to any site you want. The whole web is built upon the premise that anybody can create a link to any web page. It's what make the web the web.

Le web (“internet” pour certains”) est une collection de pages en HTML liées entre elles. Ce sont les liens qui tiennent ensemble le web. Et ce sont aussi les liens qui en font un réseau, un endroit riche, un lieu de conversations et de partage.

Alors de grâce — ne me demandez pas si vous pouvez faire un lien vers mon site. **Ne demandez à personne si vous pouvez faire un lien vers leur site.** Faites simplement un lien. Pas besoin d’autorisation pour ça.

Vous imaginez, si chaque fois que je faisais un lien, je devais demander au propriétaire du site en question son autorisation? Et vous imaginez, pour les éditeurs de sites populaires comme [Boing Boing](http://www.boingboing.net/), le temps qu’ils passeraient noyés dans des e-mails à répondre à des demandes d’autorisation de liens? Ce serait invivable. Tellement invivable que ça ne fonctionnerait pas. On ne ferait plus de liens, on n’écrirait plus, le web mourrait à petit feu.

**Quand faut-il demander?** Demandez, clairement, si vous allez rendre publics des faits concernant une autre personne qui ne sont pas déjà publics, et si vous avez un doute quant à sa réaction. Alors oui, parfois, ça peut prendre la forme d’un lien. Mais le lien est ici secondaire — c’est le texte qui peut poser problème. Dire “tel et tel est mon client”, si le client en question n’est pas d’accord que la collaboration soit rendue publique, ce n’est pas forcément une bonne idée — avec ou sans lien.

Puisque j’y suis, une exhortation: ne faites pas de vos pages, sites, blogs, articles ou billets des culs-de-sac du web. Vous faites référence à une information que vous avez trouvée ailleurs sur le web? **Faites un lien.** Vous parlez de quelqu’un? **Faites un lien vers son blog ou son site.** Donnez à vos lecteurs l’occasion d’accéder aux mêmes informations que vous, de voir sur quoi vous vous êtes basés pour écrire votre texte.

Mais de grâce, n’envoyez plus d’e-mails qui commencent avec “Bonjour, j’aimerais faire un lien vers votre site…” — c’est inutile et c’est un gaspillage du temps de votre destinataire.

*A l’attention de ceux ou celles qui m’ont envoyé des e-mails du genre: soyez rassurés, je ne vous en veux point. Je sais que votre demande part d’une bonne intention — celle de respecter l’autre et de faire les choses dans les formes. J’espère que vous êtes maintenant rassurés qu’il est tout à fait accepté de faire tous les liens que l’on désire sans demander à qui que ce soit leur autorisation. Faites des liens! faites des liens!*

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Borders: Intentionally Misleading Marketing Ploy [en]

[fr] Les étiquettes sur les livres que je viens d'acheter chez Borders, un grand libraire anglo-saxon, sont conçues de façon à induire en erreur l'acheteur. On comprend "achetez-en un, recevez-en un: moitié prix" alors qu'en fait c'est "achetez-en un, recevez-en un moitié prix". Il faut lire les petits caractères qui sont tellement petits qu'on ne voit pas qu'ils sont là. Pas fair-play, malhonnête, et franchement, très petit.

I’m officially pissed off. Yesterday at Borders, I picked up a bunch of books from the stands near the entrance of the shop. They all had a nice red sticker advertising a reduced price. See for yourself:

Border's Intentionally Misleading Marketing Ploy

(want a [closer look](http://flickr.com/photo_zoom.gne?id=507323038&size=o)?)

Here is the text of the sticker, reproduced for your personal entertainment:

Buy one Get one
Half Price
BORDERS

Please note the follow details: line-breaks, capitalisation (“Buy”, “Get”, and both “Half” and “Price”, but not “one”), and text size. They lead the casual reader (and even the not-so-casual one, I’m ready to bet) into interpreting this advertisement this way:

Buy one, get one: half price (Borders)

Right? If you buy one, you get one — the result is that they are half price. Sounds nice!

Actually, not so. You have to read the fine print. Oh, the fine print? I actually only discovered it when I was taking the photos for this post. Let’s have a closer look:

Small Print

Oh! there it is. I can see it now. Fine print indeed:

SUBJECT TO AVAILABILITY. STICKERED TITLES ONLY. CHEAPEST TITLE HALF PRICE.

So, actually, the text on the sticker is to be understood in the following way:

Buy one: get one half price (Borders)

With an addendum, in tiny all-caps:

YOU WILL FALL FOR OUR EVIL MARKETING PLOY. HAHAHAHAHAHAHA.

Please note, again, how the layout, font sizes, and capitalisation are intentionally designed to induce misunderstanding of the sales conditions.

**This is not fair-play, Borders.**

Of course, I bought my books. It’s not when you see the total at the cash desk and you realise it’s higher than you expected, and you say “erm, isn’t it ‘buy one, get one free’?” only to be answered “no, it’s ‘buy one, get one **half price**'” that you’re going to stop everything and give up on the books which you had already acquired in your mind.

**Borders, shame on you for using such an evil marketing ploy. Disgraceful.**

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