Quintus, étapes d’un adieu (3) [fr]

Quintus, étapes d’un adieu (2)

11.12.2020 19:54

Quand j’exprime ici ma peine face à la mort à venir de Quintus, je mesure la chance que j’ai d’être entourée (pas par hasard) d’autant de personnes qui comprennent la peine de perdre un animal de compagnie, et l’immense difficulté de planifier sa mort.

Ne pas être reconnu dans sa peine ou sa douleur peut amplifier celle-ci. On le sait bien. Entendre “ce n’est qu’un chat”, on sait tous ce que ça nous fait. Exprimer sa peine a un sens si elle peut être reconnue, si on peut être rejoint par autrui dans ce qu’on vit.

Le deuil non reconnu isole; on se replie sur sa douleur, on se détache d’autrui car être incompris dans sa souffrance l’attise encore. Ce n’est pas pour rien qu’on a toute une collection de rituels sociaux autour du deuil, qu’on enterre ou incinère nos morts, qu’on se rassemble pour honorer leur mémoire, pour être en lien dans notre peine.

C’est ça qui est important: être avec. Non pas rassurer ou essayer de réconforter. On ne peut rien faire de la peine d’autrui, qu’en être témoin. La vidéo de Megan Devine dans les commentaires le montre à mon avis très bien. Il suffit d’être avec. C’est simple, mais pas toujours si simple, en fait.

La peine de l’autre vient souvent réveiller la nôtre. Il arrive, sans mauvaise intention, qu’on cherche en fait en rassurant l’autre à se rassurer soi-même aussi, avec nos valeurs et nos croyances, qui ne sont pas toujours celles de la personne en peine. Par exemple, parler à une personne qui ne croit pas en Dieu de paradis ou de vie après la mort, parce qu’on y croit, nous aide nous, mais risque de laisser la personne en deuil encore plus seule avec sa douleur – l’idée du paradis ne la réconforte pas du tout, puisqu’elle n’y croit pas.

Chacun fait comme il peut avec la mort. On est tous mal pris face à elle. On se débat un peu comme des moucherons prisonniers d’une toile d’araignée, on s’agite pour essayer de s’en sortir, et nos efforts secouent toute la toile, y compris les autres petits moucherons prisonniers.

Alors j’aimerais vous remercier. De me lire. De pleurer avec moi. D’être là. De me rejoindre dans ma peine. Elle est moins lourde à porter car je suis moins seule. Et ça, c’est le meilleur des réconforts.

12.12.2020 23:30

Ce soir, j’ai peur de manquer de courage. Après une journée où j’ai senti très fort combien j’étais cotonnée dans le déni, j’ai fait un effort énorme pour me rappeler que dans 3 jours, peut-être 2, tout est fini. J’ai un rendez-vous. Ton rendez-vous avec la mort.

Ton poil est beau. Tu as quasi retrouvé ton autonomie “vitale”. Tu as récupéré de la stabilité sur tes pattes, même si ça reste fragile, comme ça l’était d’ailleurs déjà avant cette crise. Tu ronronnes, tu frottes ta tête contre ma main ou mon visage, tu me lèches la joue, tu fais un brin de toilette après ton repas.

C’est tellement dur. Si au moins tu déclinais! Mettre fin à ta vie me semble complètement abstrait.

J’ai peur de manquer de courage et de tout annuler, de te laisser survivre encore un peu, parce que c’est trop dur pour moi de te dire au revoir, adieu, parce que j’ai trop de mal à l’idée de t’endormir alors qu’en fait tu sembles l’avoir surmontée, cette crise, et que même si tu es affaibli tu restes “encore capable”…

J’ai envie de te garder encore un peu près de moi. Je sais, je vois ce qui va, pas ce qui ne va pas.

Je vois que tu manges, que tu bois, que tu utilises ta caisse, que tu arrives à te déplacer tout seul pour ces choses, que tu aimes ma présence et mes caresses, que tu es confortable sur ton dodo, que tu t’étires, que parfois tu te nettoies la patte ou le museau, que tu viens appuyer ta tête contre la mienne quand je la pose près de toi.

J’oublie de voir que tu ne cours plus, que tu marches avec peine, que tu trébuches en descendant tes petits escaliers sur-mesure. Que tu ne chasses plus, que tu ne vas plus dehors, que tu n’inities plus d’interaction ni avec tes congénères ni vraiment avec moi, que tu ne demandes plus à sortir, que tu n’appelles même plus le service d’étage. Que tu n’es peut-être maintenant plus capable de marcher jusqu’au balcon, que tu ne joues plus, que tu ne fais plus ta toilette mis à part quelques coups de langue symboliques, qu’aller à la caisse, tu arrives mais c’est un effort, que tout déplacement ou changement de position te coûte. Tu ne vois plus depuis longtemps, ton monde s’est rétréci, tellement rétréci qu’il ne se passe au final plus rien ou presque.

L’essentiel de ta vie est derrière toi. Ce que tu pourrais encore vivre n’est rien à l’échelle de la richesse de ta vie. Ce que tu avais à vivre, tu l’as vécu. C’est fait. Il ne reste que quelques miettes, et c’est pour ces miettes que je me torture, que je me dis qu’il faudrait peut-être attendre, ou ne pas attendre, et je tergiverse, un jour oui, un jour non, essayant d’écouteur mon coeur, et aussi ma tête, de faire le tri entre la sagesse et les propres peurs de ceux qui m’entourent, essayer de décider ce qui est mieux pour mon trop vieux chat et pour moi.

Juste là je ne sais vraiment plus. J’aimerais dire “allez, pas cette fois, tu as encore du temps”. J’ai peur de regretter d’attendre trop, j’ai peur aussi de regretter d’aller de l’avant avant de me sentir vraiment prête. Mais peut-être que mettre fin à la vie de mon doux compagnon est quelque chose pour lequel je ne me sentirai jamais prête. J’avais peut-être l’illusion que dans un processus lent, où l’on a des choix, j’aurais l’occasion de me préparer. Mais peut-être que ce n’est pas possible, et que je dois juste décider, et que cette mort sera pour moi aussi brutale que les autres, celles que je n’avais pas vues venir, alors même que c’est moi qui en aurai fixé la date et l’heure.

Ce soir, je me sens juste très, très perdue.

***

Clairement, il est “à son avantage” sur cette photo et cette vidéo, mais c’est ce que je vois et qui me rend la décision si dure… Faut-il attendre qu’il se dégrade encore et encore, et souffre clairement? Le chat cache sa souffrance, je le sais, je sais qu’il est perclus d’arthrose, que sa masse musculaire a fondu comme neige au soleil (il a perdu 250g lors de cette crise et je doute fort qu’il y ait un monde possible où il les reprendrait), qu’il est très diminué… Je ne sais vraiment plus, là. J’ai arrêté les perfs, je suis en train d’arrêter de le nourrir “activement” (autre que lui proposer sa gamelle ou le mettre devant, mais plus de seringue, et quasi plus de nourriture reconstitutive)… on est en train de revenir au “régime d’avant” côté soins… il est “juste” plus faible.

***

Franchement, là je comprends vraiment qu’on soit tenté de se tourner vers la “communication animale” (en laquelle je ne crois pas) pour y chercher un peu de certitude ou de réconfort, ou de vouloir croire que tout ne s’arrête pas avec la mort, que finalement mourir ce n’est pas si grave, c’est libérer son esprit pour rejoindre le Grand Tout (qu’importe comment on le conçoit)… à nouveau quelque chose en lequel je ne crois pas du tout.

Comme tout serait plus simple si je croyais que Quintus pouvait me “dire” ce qu’il veut, ou me réconforter de l’au-delà en me disant qu’il est dans un lieu meilleur! Comme ce serait plus simple et rassurant…

Mais ce n’est pas pour moi. Pour moi il y a l’incertitude, la solitude devant le choix, ma certitude que quand le corps s’arrête, l’existence cesse.

C’est clair que s’il mourait “de lui-même” cela m’épargnerait cette décision, mais d’une part je n’y crois pas (il n’a pas une maladie qui est en train de le tuer, si ce n’est “l’âge”, toutes ses maladies chroniques sont bien gérées et sous contrôle), et d’autre part je pense que si ça arrivait je considérerais que j’ai failli à ma mission de l’accompagner correctement dans ses derniers instants, en étant là près de lui, en faisant au mieux pour minimiser sa souffrance.

14.12.2020 10:58

Je ne serai jamais prête, mais ma décision est prise. Ta qualité de (sur)vie n’est plus une vie. La vétérinaire viendra cet après-midi. D’ici là, je vais assurer ton confort autant que possible, et rester près de toi. ❤️

Il y avait du soleil, alors on est sortis un petit moment sur le balcon, que tu puisses humer l’air du dehors.

Je t’aime, mon p’tit vieux.

14.12.2020 21:06

Tout doucement
Sans un bruit
Le vieux chat
Est devenu si léger
Qu’il s’est envolé.

Dans le cœur
De sa maîtresse
Un grand trou
En forme de chat
Lourd, si lourd
Qu’elle est clouée au sol.

Quintus (02.02.2001-14.12.2020)

14.12.2020 21:40

Juste là je suis dans cette espèce de zone étrange, un peu irréelle, où j’ai mal aux yeux à force d’avoir tant pleuré, où la place de mon vieux chat au coin de mon lit est vide et froide, mais où je ne sens en fait pas grand chose. Je suis calme, un peu détachée, je sais que Quintus est mort mais c’est comme si “j’imprimais” pas.

J’essaie d’accepter d’aller avec mes mécanismes de défense. Ils sont là pour une raison. Il m’ont permis de profiter d’un excellent repas que je me suis fait livrer. Ils vont me permettre de dormir. Ils me permettent, alors que je peine à accepter l’énormité de ma perte, de fonctionner un tant soit peu.

Alors je ne lutte pas, je suis le mouvement.

J’ai eu très vite envie de ranger un certain nombre de choses liés à Quintus. Lors des décès de Bagha et Tounsi, j’ai pris mon temps pour faire disparaître les traces de leur vie dans mon quotidien. Je suis du genre à y aller doucement. Mais là, vu l’importance des aménagements faits pour Quintus dans notre espace de vie, j’avais besoin de reprendre un peu pied dans “mon” appart. Alors j’ai rangé les tapis chauffants, déplacé deux-trois gamelles, mais surtout mis au bout du lit l’escalier qui longeait ma table de nuit et m’obligeait à crapahuter via le pied du lit pour y monter. Quintus étant aveugle, je devais me plier à ses habitudes si je ne voulais pas qu’il se blesse. Ça fait très bizarre, ce nouvel “aménagement” autour de mon lit.

Oscar est installé sur le lit, couché contre mon pied, alors que j’écris. Depuis janvier ou février, Oscar passait ses nuits dans le salon (sa résidence initiale) pour que Quintus puisse manger correctement durant la nuit son régime spécial pour vieux chat malade. Ça aussi, ça change.

Je pensais qu’en me préparant, en sachant d’avance la date et l’heure, ce serait plus facile. Mais ça ne l’est pas. C’est même pire que d’être au pied du mur et n’avoir pas le choix, face à un animal qu’on aime qui souffre visiblement et est proche de l’agonie. Depuis 10 jours, le poids de cette décision à prendre m’écrasait, et j’oscillais entre espoir et douleur, doutes et culpabilité. Tout ça s’est envolé avec Quintus. Je me sens libérée. Mais je n’ai pas moins mal, en fait, d’avoir perdu mon chat.

Même si l’effet de sidération est moins fort que face à une mort inattendue et brutale, il demeure. Il y a quelque chose dans la mort qui nous échappe, du moins qui m’échappe, qui est impossible à conceptualiser. Comme ces trous dans le réel qu’on rencontre parfois dans les histoires fantastiques, ces espaces au bord du monde qu’on n’arrive simplement pas à regarder tellement ils ne sont pas là.

Je vais donc accepter cette légère sidération. Quintus n’est pas là, mais émotionnellement c’est comme si ce n’était pas définitif. Ça, je pense que ça se corrigera avec le temps. Je sais que les jours à venir ne vont pas être drôles. Mais je suis reconnaissante de pouvoir respirer un peu, au moins quelques heures, au milieu de ce gros temps émotionnel.

15.12.2020 14:36

Aujourd’hui est bien moins pire que ce que j’imaginais. Je suis épuisée, je suis triste, évidemment, mais ce qui domine c’est le soulagement.

Quand Bagha puis Tounsi sont morts, j’avais eu une peine immense à ranger leurs affaires. Il m’avait fallu du temps. Tranquillement. Je pensais qu’il en serait de même maintenant avec Quintus. Mais en fait non, pas du tout.

J’ai réalisé en rangeant que l’essentiel de ses “traces” dans notre lieu de vie partagé, ce sont des traces de sa maladie, de sa vieillesse, de son déclin. L’escalier pour accéder au lit, le long de ma table de nuit, et le pouf à côté pour le rattraper s’il se ratait, ce n’était pas du tout pratique pour moi. Mais il devait être là, car Quintus s’attendait à le trouver là, et si je l’avais déplacé, il serait tombé du lit en voulant descendre. Il y a plein d’exemples comme ça.

J’ai aimé ce chat de tout mon coeur. C’est un amour qui venait avec son lot de contraintes. Des aménagements pour tenir compte de sa cécité et de ses problèmes de mobilité. Des médicaments à donner. Le séparer d’Oscar pour la nuit afin qu’il puisse se nourrir au mieux. Passer chez le vétérinaire presque toute les semaines (sans lui, heureusement). Être limitée dans mes déplacements et mes absences. Avoir peur, depuis des années, qu’il lui arrive quelque chose, que le mois prochain ce soit la fin, être peinée de son déclin. Et ces dix derniers jours, la douleur et l’angoisse quotidienne de vouloir faire au plus juste pour sa fin de vie.

Je ne regrette rien. Il a été un merveilleux compagnon, et méritait le temps et l’énergie investis pour adoucir ses vieux jours. Mais l’essentiel de sa vie, ce n’est pas ces quelques dernières années où il était en permanence “sur le fil”. En allant regarder des anciennes photos, j’ai repris conscience à quel point il était devenu l’ombre de lui-même, mine de rien. Il était toujours là, toutefois: le mois passé encore, il me sommait d’un miaulement rauque (“service d’étage! y’a quelqu’un?”) de venir près de lui une fois arrivé sur le lit. Tant que la température le permettait cet automne, il mettait le cap sur le balcon dès mon lever, et j’avais intérêt à avoir ouvert la porte, et Oscar avait intérêt à ne pas s’être installé sur “son” bout du canapé.

Je suis triste et il me manque, mais je ne suis pas en désespoir. J’ai la conscience tranquille d’avoir fait tout au mieux. Il a vécu une belle et longue vie, d’abord avec Aleika, puis avec moi. Une vie de chat, qui sortait, qui grimpait aux arbres, chassait, se frittait avec ses congénères, comme en témoignent ses oreilles. Une vie de chat qui ronronnait sur les genoux et sur l’oreiller, qui avait une confiance totale en l’humain, qui a été capable de créer un lien fort avec Tounsi alors même qu’il n’était plus tout jeune, qui a été une super nounou pour trois chatons orphelins. Un chat beau et doux, tolérant mais avec les idées bien arrêtées, qui a vécu dans deux pays, qui montait au chalet et faisait la sieste comme personne, que ce soit dans les fourrés, sur le canapé, ou sur la tête de quelqu’un dans un lit.

Je crois que je suis aussi en paix qu’on peut l’être en pareille circonstance. Merci à vous tous pour votre présence, pour les échanges, pour les mots gentils. J’ai été bien entourée et c’était précieux.

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J’adorais mon vélo électrique Moustache (Samedi 28 Nuvinci) [fr]

[en] My bicycle was stolen Friday. I really loved it, and I'm finding myself really sad about this loss -- in addition to angry at those who stole.

Vendredi soir, arrivant à la gare après une longue journée de travail, je me paie un épisode “4e dimension”: mon vélo n’est plus là.

Envolé, volé, parti, adieu mon beau vélo.

Alors je dépose plainte, je trouve une solution de repli temporaire (un grand merci, Yan), je mets en route les démarches pour l’assurance, et je tente de faire le deuil de ce vélo que j’adorais.

Vous savez, souvent, quand on acquiert quelque chose, on est tout content de l’avoir et de l’utiliser. L’excitation de la nouvelle acquisition. Et puis ça passe, on s’habitue, et on oublie de s’émerveiller.

Rien de tel avec mon vélo. J’avais toujours un plaisir fou à chaque utilisation. Et pas juste parce qu’il était beau. Il était vraiment merveilleux à l’usage.

C’était un Moustache Samedi 28 Nuvinci. Je n’avais jamais entendu parler de la marque Moustache avant de l’acheter. Pour dire vrai, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à l’idée d’acheter un vélo électrique. Mais maintenant je suis fan. Du vélo électrique comme moyen de transport, et de cette marque.

Ce sont des vélos chers. Très honnêtement, le prix était une des choses qui me retenait à m’intéresser aux vélos électriques. Je trouvais que sortir 1500 balles pour un vélo, c’était excessif. Alors quand vous regardez le prix des Moustache…

C’est mon père, en cherchant un pour lui, qui a déniché un revendeur qui déstockait. Et qui m’a “un peu” poussé à en acheter un. C’était une très bonne affaire, alors je l’ai fait, mais sans grand enthousiasme.

Tout ça a changé quand j’ai commencé à l’utiliser. Mon vélo est devenu mon vélo chéri. J’étais la première surprise. Et maintenant, il est soit en pièces quelque part, soit en train d’être revendu dans un autre pays à un client plus ou moins soupçonneux. L’aimera-t-il autant que moi?

Maintenant que j’ai un point de comparaison, voici ce que j’appréciais particulièrement avec mon Samedi 28:

  • le cadre avait la bonne taille pour moi, j’étais vraiment confortable dessus pour pédaler (et l’angle des poignées de guidon)
  • la puissance du moteur et la façon dont il complétait sans accroc celle de mes mollets, super fluide
  • la selle, extrêmement confortable
  • côté sécurité, les freins à disque, les roues réfléchissantes, et les phares costauds
  • la suspension à l’avant et dans la tige de la selle
  • la sensation au pédalier et d’adhérence à la route, même en pédalant sans l’assistance électrique
  • et surtout, surtout, le moyeu Nuvinci pour le changement continu de vitesses.

Alors bien sûr, je suis en train de regarder les modèles actuels, en espérant que l’assurance me rembourse effectivement de quoi remplacer mon vélo par un équivalent. Mais les lignes et les modèles changent, et le modèle précis que j’avais n’existe plus.

Adieu, mon beau vélo Moustache.

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Les jours passent sans Tounsi [fr]

[en] Days without Tounsi are going by. Less tears by the day. I learned a lot about grief when Bagha died, and I am reaping the benefits today. I think we should be able to wish each other "good grieving", when the time comes. Because knowing how to grieve is such an important skill.

Tounsi en hautUn jour il y aura un jour sans larmes. C’est bête, mais je le redoute. Chaque matin passe un peu plus de temps avant que je pleure mon chat. Je suis en train de me faire à son absence. Et alors que je sais bien que c’est nécessaire, me faire à son absence signifie l’accepter – et je ne suis pas encore prête. Alors je pleure encore.

Je vais bien, compte tenu des circonstances. Vous êtes nombreux, nombreux, à m’avoir fait part de votre sympathie, sur Facebook et ailleurs. Je l’apprécie infiniment. C’est con, hein, mais je vais m’en rappeler: en temps de deuil, ce ne sont pas vraiment les mots qui comptent, mais le fait qu’il y ait des mots. Même les formules convenues font du bien.

Mon appartement est plein de rappels de Tounsi. Je n’ai pas touché à grand chose. J’ai ôté l’élastique qui l’empêchait d’ouvrir le frigo. Petit à petit, je rangerai. Le carton au milieu du salon disparaîtra. Les perchoirs d’observation se rempliront de plantes. Les taches laissées par sa truffe sur la fenêtre seront nettoyées. Les derniers marquages aussi. Je trouverai quoi faire de ses croquettes, des médicaments qui restent, des jouets. Quintus et moi retrouverons un nouvel équilibre, pour le temps qu’il nous reste ensemble.

Avec la mort de Tounsi, je me prépare aussi à me retrouver “sans chat” quand ce sera au tour de Quintus. Le plus tard possible, j’espère. Mais il a quand même 16 ans.

Tounsi et Quintus

Quintus ne semble pas souffrir outre mesure de la disparition de Tounsi, si ce n’est que son absence change le déroulement de son quotidien. Je crois que la présence de Tounsi le stimulait à bouger – je dois donc prendre plus sur moi.

Je repense à Bagha, ces jours. Et je me retrouve parfois à vouloir dire Bagha pour Tounsi. Bagha était jusqu’ici mon chat mort. Maintenant j’en ai deux. Comme je l’avais fait pour Bagha, je veux raconter Tounsi. Mettre par écrit qui il était, ce qui le rendait si spécial pour moi. A la mort de Bagha j’avais un gros regret: ne pas avoir plus de vidéos de lui. C’était en 2010. Avec Tounsi, c’est presque le contraire. J’ai des milliers de photos et certainement des heures de vidéo. Le temps du deuil, pour moi, c’est aussi le temps de prendre le temps d’en faire quelque chose. On verra quelle forme ça prend.

J’avais prévu de monter au chalet lundi. Je vais retarder de quelques jours, histoire d’avoir retrouvé un peu de stabilité ici avant de partir. Ça va être dur à nouveau quand je serai là-haut sans Tounsi.

tounsi au chalet

Bien entendu, ces jours, je réfléchis beaucoup au deuil. Le grand cadeau de la mort de Bagha avait été de pouvoir vivre pleinement son deuil – si vous connaissez mon histoire personnelle vous saisirez l’importance que ça a pu avoir. Maintenant, le deuil me fait moins peur, et c’est peut-être aussi pour ça que j’ai l’impression que ça va “vite” pour Tounsi. C’est un peu déstabilisant.

Je regrette qu’on ne souhaite pas “bon deuil” aux gens. On devrait. Il faut arrêter de voir le deuil comme quelque chose à éviter, dont il faut sortir le plus vite possible, voire fuir en se perdant dans autre chose. Alors certes, c’est nécessaire parfois par moments pour continuer de fonctionner, mais mon expérience est que plus on accepte de s’y plonger, et de sentir les émotions que le deuil nous amène, plus on est justement capable de fonctionner en dehors de ces “montées de peine”, et plus celles-ci sont gérables.

On peut choisir ces moments pour se laisser sentir. J’ai dû le faire ce week-end, totalisant passé 8 heures de route en moins de 48 heures. On ne peut pas conduire quand on est pris par le chagrin. Mais on peut s’arrêter, le temps qu’il faut, s’abandonner au chagrin, et ensuite vient un moment de répit où l’on peut fonctionner. Si on accepte de pleurer, vient un moment où ça se calme.

A l’époque de la mort de Bagha, mon psy m’avait dit qu’une bonne crise de larmes, où l’on pleure sans retenue à grands sanglots, ça dure (physiologiquement) max 20 minutes. En cherchant une source pour ce chiffre, je suis tombée sur cette page “comment pleurer pour vous soulager” qui semble plutôt bien faite (ça me fait un peu mal de mettre en avant une page de WikiHow mais elle me paraît utile). J’avais trouvé rassurant de savoir que ça s’arrête, parce que quand on est au fond de notre peine, on a le sentiment que ça ne va jamais s’arrêter.

sleepy tounsi

Le deuil fait partie de la vie. C’est quelque chose qu’on traverse tous à un moment ou un autre. Lorsque j’ai lu “Apprendre à vivre”, de Luc Ferry, un livre qui m’a beaucoup aidée par rapport à ma quête de sens dans la vie à la lumière de l’inévitabilité de la mort, l’essentiel que j’en avais retiré était qu’apprivoiser le deuil, pouvoir accepter les “jamais plus” de la vie, petits ou grands, était le travail d’une vie. Le sens, c’est ça.

On devrait se souhaiter bon deuil. Car le deuil peut être bon, ou moins bon. Et on le souhaite bon pour ceux qu’on aime.

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I Never Lost My Hearing [en]

As the founding editor of Phonak’s community blog “Open Ears” (now part of “Hearing Like Me“) I contributed a series of articles on hearing loss between 2014 and 2015. Here they are.

Though I find myself favouring the expression “hearing loss” to talk about “hearing that’s not ‘normal'”, it always feels wrong for me.

You see, I haven’t lost my hearing: I just never had it. Well, the part that’s missing. Because there is a sizeable chunk that is there. Give me 60 dB in any frequency (down to 25 in my better ones) and I’ll happily hear.

As far as I can tell, I was born with “hearing like that”. I share my cookie-bite audiogramme with my brother and father, a typical situation of hereditary congenital “not hearing well-ness”.

Saying “hearing loss” makes it sound like at some point I lost my hearing. Like I have a “before” and an “after”, or that my hearing is deteriorating. That I have an awareness of what life with “more hearing” is like. But my “loss-less” story is very different from the stories of loss that others like Stu, Christina, Howard or Angie have been through.

I-Never-Lost-My-Hearing

I have not suffered the trauma of losing. I only have the grief of having never had, and of realising at age 40 how much more difficult my hearing impairment made my life as a child and a teen (even an adult!) during all those years where it was first undiagnosed, then underestimated to the point I just decided to cope, because it was “no big deal”.

But it was, and it’s painful to think about.

I am left with not knowing how to describe myself or my hearing, in terms that are both understandable by others and do not betray my experience of living with these somewhat wonky ears. I fall back on “hearing loss” in English, and “je n’entends pas bien” in French, but they feel like a pair of jeans that is not quite the right shape for me.

This struggle with language is, in my opinion, symptomatic of both the lack of general information about D/deaf/HoH issues in the hearing population, and (related of course) the greater social stigma (leading all the way to denial in some cases) around hearing vs. vision impairments.

Because of our unease around malfunctioning ears (yes, I dare say that), we do not speak gladly of hearing loss/impairment/problems, and the inadequacy of our language is there to remind us of this state of affairs.

We “on the spectrum” are tossing these terms and expressions around, and will continue to do so for a while before they agree to settle.

Until then, we will do the best we can with the words we have — at the risk of being misunderstood.

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The Right to Grieve — And That Means Being Sad [en]

[fr] Avez-vous remarqué comme personne ne veut qu'on soit triste? La tristesse est néanmoins une émotion nécessaire, celle qui nous permet d'accepter une perte, d'en faire le deuil, et de pouvoir continuer à avancer à travers et au-delà de la peine.

Have you noticed how nobody wants you to be sad? Tell people around you that you’re sad, and immediately they’ll want to cheer you up.

Sadness is not bad. Sadness is necessary. It is through being sad that we are able to accept our losses and move on. That is what grieving is.

Our friends don’t want us to feel sad, because they don’t want us to suffer. But refusing to be sad and to grieve brings along a lot of suffering — certainly more, in the long run, than the pain of sadness.

Sadness is not depression. Unprocessed grief can lead to depression, though.

Sadness is the feeling of loss.

A person who is experiencing loss needs the courage to feel sad, and in a world which wants to shove sad under the carpet at the first opportunity, that can be far from easy.

What is valued is staying strong in the face of loss, grief, catastrophe. Not collapsing. Not showing how much pain we’re in.

But what we need when we’re sad and in pain, most of the time, is support so we can dare to feel all this. A safe place to be heard, recognised, and not judged. Love and acceptance that does not desperately want to save us from our emotions, but on the contrary, regard them as part of ourselves and our journey through life.

To grieve and to move on from all the various losses in our lives, all the nevermores, we need to be able to be sad. It is a good thing.

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What Made Bagha Such a Special Cat For Me [en]

[fr] Un pas de plus sur le chemin du deuil, alors que je m'apprête à éparpiller les cendres de Bagha dans le jardin où il passait ses journées. Tentative un peu laborieuse d'identifier (et de trier) ce qui dans la douleur de la perte de mon chat est proprement la douleur de sa mort, et ce qui est simplement la douleur de la solitude retrouvée.

I started writing this months ago, not long after Bagha died. In India, to be precise. As a way to help me come to terms with his loss, I spent some time trying to write down what made him special for me. What is it exactly that I’m grieving, through him?

Bagha's Floppy Nap 3

I actually tried to blog this once before, and that ended up being the article “Sorting Through Grief“. Like all painful things, it’s tempting to postpone this kind of exercise — but now that I’m preparing to take Bagha’s ashes out of the back of my cupboard to scatter them in the garden he loved, I feel it is time to pick up this list again. I need to move forward. These last weeks, or maybe months, I’ve slipped into a not-too-uncomfortable limbo somewhere along the road of grief. There was a little sideroad somewhere with a bench, and I sat down.

It’s time to start walking again.

What follows is a little raw. It’s also not “perfect” — meaning that I’m aware I’m failing at sorting through some of the things I was hoping to sort through while writing this. That’s the whole point, I guess. Otherwise I would just sail “happily” through grief, if it wasn’t that difficult for me.

So, what made Bagha such a special cat for me? Quoting from my previous post, here’s what I’m trying to disentangle:

  • what it means for me to now be living completely alone (ie, “petless” => by extension, what having a pet — any pet — adds to my life)
  • what made Bagha special, as compared to other cats (his personal caracteristics, pretty objectively)
  • what made Bagha special for me, in terms of the relationship we had and what he meant to me

I’ll start by setting aside the obvious: what kind of cat Bagha was, outside of the relationship I had with him.

Physically:

  • he was big and strong
  • he was a beautiful animal
  • he had a mashed-up nose and ear tufts
  • he had a long non-twitchy tail
  • he slept on his back with his front paws crossed
  • he was long-legged and slim with very sleek fur — had the body of an Indian cat
  • he was a spotted/striped tabby with lovely eyeliner

New Year Bagha 1And also:

  • he slept on his back, front paws crossed on his chest
  • he had a very girly high-pitched meow which was kind of comical for such a big boy
  • he snored gently in his sleep and made little moaning noises when being petted

Character-wise:

  • he wasn’t fearful
  • he liked people and people liked him
  • he was smart
  • he was communicative
  • he was dignified
  • he had an attitude
  • he was cuddly without being needy
  • he was patient and tolerant but not out of fear
  • he had a strong character
  • he was very territorial and peed on all the bushes

It's MY computerThings he did (I’m aware we’re in the anecdotal department here):

  • he opened the fridge
  • he drank out of the toilet
  • he gnawed on drawer handles
  • he played with sticks and chewed them like a dog, holding them between his two front paws
  • he would creep into cupboards the second the door was opened
  • he opened drawers
  • whenever possible, he would rest his head on a pillow (proper or improvised — a laptop would do)
  • he would deftly knock over glasses of water to drink it
  • he would knock things off my bedside table if I didn’t wake up fast enough

The cat and his humanHow he was with me, bearing in mind that this is pretty standard cat-behaviour:

  • he loved having his belly rubbed
  • he liked being carried under one arm
  • he liked being cuddled curled up on my chest
  • he’d sleep with his head and paw resting on my arm

More about his behaviour and interactions with me and other humans, which is maybe a little less “cat-standard”, but not yet the stuff that made my relationship with him so special:

  • he would come back home all by himself, right into the flat, and come and say hello
  • he trained the whole building to let him in and out
  • he would patiently let me give him his meds or put his collar on before going out
  • everybody who met him liked him and saw he was not an ordinary cat

Here we are, now. The cat-companion. This is what the emptiness of his absence is made of.

  • he slept with me every night
  • he would follow me discreetly from room to room
  • he’d sit on the table while I ate
  • he’d wake me in the morning to go out with just one meow
  • he would come and lie down where I patted my hand
  • he would come and cuddle when I watched TV or worked at home

Taking some rest

Trying to rise above the mundane details of daily cohabitation (even if they’re important), here are some of the deeper roles Bagha played for me:

  • he would be waiting for me, always happy to see me
  • he kept me company every day
  • he helped me connect to people in my building and neighbourhood
  • he connected me to India and Aleika
  • he was a constant through all the changes my life went through these last ten years

Of these, I guess the fact he kept me company and was happy to see me are more pet-generic than Bagha-specific.

But the role he played in helping me find my place in my neighbourhood, the connexion to India and Aleika, and the ten years of my life that he saw me through — those are things that are uniquely linked to Bagha. No other cat will ever be able to give me that again. He was a living, breathing, purring witness to these things, no lost forever. I carry those years and that part of my life completely alone, now.

Along the same lines, here are two more things I’d like to add:

  • he made eclau a special coworking space
  • he brought me closer to some of my friends who lived in my flat to take care of him when I was away

Eclau will have other cats, and be a “special” coworking space in that respect in the future. Salem, my upstairs neighbour’s cat, has already taken quarters on the couch, and will probably soon have his own page on the eclau website. Some time next year, I’ll be ready to have cats again, and they’ll come to eclau too. It will always be a kitty-friendly coworking space — but Bagha was the first, and his constant presence in the office was soothing for those who worked there.

The fact that quite a few of my friends cat-sat at some point or another when I was travelling over the last ten years made him a connexion between me and them — connexion which is now gone, like some of those friendships. His absence makes their pastness a little more present.

On a more emotional level:

  • I loved him and cared for him
  • I gladly gave up some of my freedom because I loved him
  • I accepted some risks (like losing him to a car accident) because it gave him a better life

These are things I learned for life because he was my pet, and will treasure for ever. His legacy in me. Traces of his life that his death cannot erase, and which — I believe — make me a better person.

I believe there is no meaning in the world other than the meaning we put in it, consciously or not. Beyond the meaninglessness of life and death, we choose to make sense of our lives so that we can keep on growing.

Maybe Bagha’s biggest gift to me, beyond the ten years of precious companionship he gave me, is in his death. I got to say good-bye. Not at the moment of my choosing, of course — death rarely gives us that — but did get to say good-bye properly. I am saying good-bye.

So here’s the meaning I choose and which makes perfect sense for my life, almost as if it were provided by some intention bigger than and beyond me:

Bagha let me love him for a long time and with all my heart, so that I could learn to love and grieve properly.

Amongst all this, I wonder, what is just the pain of finding myself “alone”, or catless? What does it mean to me to have a cat? I’ve tried to break it down into “plus side” and “minus side”, because part of the grieving process is also greeting the new good things in my life brought about by this loss (I have a blog post draft sitting in WordPress titled “The Bittersweet Freedom of Catlessness” — I will write it someday).

Having a cat means:

  • having company to sleep with me at night
  • having somebody to care for
  • having somebody waiting for me to come home
  • having somebody to communicate with and keep me company
  • having cuddles and affection handy when needed
  • having an attraction for visitors and a topic of conversation to make friends amongst cat-lovers

But it also means:

  • giving up some freedom (no unplanned trips)
  • expenses (food, vet, etc)
  • having to cat-proof the home
  • having to get up to let the cat out, or change the litter
  • worrying that it didn’t come home (or might not)
  • negotiations with neighbours/concierge if it causes any trouble

The pain of losing Bagha is still very present, nearly five months after his death. There is still a terrible pit of sadness in my heart, but it doesn’t overflow with tears anymore when I don’t want it to.

I sometimes try to imagine my future cats, who are maybe not even born yet — I fear that I will not love them as much as I loved Bagha, or that they will not be quite so extraordinary, and I know that I still need to spend some time walking down that road.

Bagha arbre 1

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Twitter Stops Sending SMS in Europe [en]

[fr] Twitter n'envoie dès à présent plus de SMS aux utilisateurs basés hors des Etats-Unis, du Canada, et de l'Inde: trop cher. Oui, ça veut dire que même vos DM ne vous parviennent plus sur votre téléphone. Très déçue et embêtée par ce changement assez important dans l'intégration de mes communications online et offline.

This is a sad day. Twitter has just lost some of its value for me. One very precious feature of Twitter is direct messages. They allow a user to send a private message to another user.

I used to get these messages on my phone, directly by SMS. So, basically, this is giving the nearly 1’500 people following me the possibility to send me a text message without having to know my phone number of have it handy. All they need to know is my username, which is easy: [stephtara](http://twitter.com/stephtara).

Oh well, we had it coming. Sending out all these text messages was costing Twitter a lot of money, we know that. It couldn’t go on like that. They’ve just stopped sending out text messages from the UK number we non-US people use (via [The Next Web blog](http://thenextweb.org/2008/08/14/old-phone-user-so-long-for-mobile-twittering/)). You can still send messages by SMS, though.

However, this means that as of today, DM is not an immediate and secure way to reach me anymore.

This is a big crack in my online/offline integration. Twitter allowed my online world to reel me back in or contact me if necessary by reaching me on my phone. This is pretty disruptive and saddening for me.

Twitter tell us they’ll be working on partnerships with phone companies in various countries. You bet Switzerland won’t be high on their list, given the small market here.

And using data? Well, for one, it isn’t “push”, and for two, it’s still mighty expensive here. We don’t all have the data penetration the US has.

Losing “track” was already sad for me, as it allowed me to receive my @replies on my phone, ensuring I didn’t miss any. Now I won’t even be getting my DMs anymore.

And Twitter didn’t even send me a text to let me know — I could be offline in the mountains waiting for a DM that’d never come.

There is a conversation over on Get Satisfaction if you want to join in.

This is the first time a Twitter problem could make me consider switching to another service. The SMS integration was a huge selling point.

Update: I’m not complaining about the fact we can’t get/send SMS for free anymore. I think we were lucky to get all we did, and for so long (I’m amazed this didn’t happen sooner). What I’m really unhappy about though is that this announcement comes without any alternative. I’d pay. See this blog post for an example I would go with. I’m not saying either that I’m going to switch to another service. But the thought crossed my mind, for the first time.

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