Multilingue! [en]

Vous qui aimez mélanger les langues, et qui proposez allégrement à  vos lecteurs des liens vers des sites anglais, français, québécois, helvètes, belges ou allemands (bon, je ne vais pas faire toute la liste!) — sachez qu’il y a dorénavant bien plus élégant que mes petits drapeaux html. Daniel nous explique comment indiquer la langue d’un lien en css (oui je sais, ça sonne bête et c’est même probablement faux de le dire comme ça — mais vous me comprenez.)

Bon, moi je fais encore bien pire: non seulement je fais des liens vers des sites tantôt francophones, tantôt anglophones, mais en plus je m’amuse (comme Martine, Romain, Emmanuelle et d’autres encore) à  écrire dans les deux langues. Ce serait cool d’avoir un moyen CSS-structural-tout-beau-machin pour différencier le texte français du texte anglais (pour le moment, ce sont les mêmes petits drapeaux qui s’en chargent.)

Au fait, que met-on dans hreflang lorsque le site linké est bilingue?

Note: linké, c’était exprès pour faire friser les oreilles de la grande rousse

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Causons vaudois! [en]

Certains d’entre vous m’auront déjà  pris en flagrant délit d’helvétisme, et encore d’autres auront eu le grand bonheur d’entendre de vive voix (ou presque) mon accent du coin.

Vous le savez, vous l’avez compris – je ne parle pas français, mais une variété citadine de vaudois.

Je vous ai déjà  dit deux mots sur Lausanne, la ville dont les habitants s’encoublent, panossent et poutzent, puis rangent leurs commissions dans des cornets Migros. Il y roille parfois, on s’y promène en boguet (enfin, moins maintenant que de mon temps!) et quand on va à  la piscine, il faut surtout pas oublier son linge.

Je vous invite donc, afin de parfaire votre culture et d’agrémenter votre journée d’un petit brin d’exotisme, à  causer vaudois quelques instants autour d’un bon papet; le lexique du bon parler vaudois vous y aidera.

Je ne connais pas tous les mots du lexique – je suis peut-être trop citadine et cosmopolitaine pour être une vaudoise de sorte. Mais il y en a quand même une bonne cralée qui font partie de mon vocabulaire actif. Ces derniers jours, par exemple: chenit (je n’y crois pas, c’est pas dans le dico!), miquelet (idem), s’encoubler (on n’en parle plus, de celui-là ), crotchon, gouille… Egalement goger, grailler, dézaquer, débattue, déguiller, béder, requinquer, foutimasser, roiller, et j’en passe. Et encore, il y a tous ceux qui me sont familiers mais que je n’utilise pas.

De quoi fleurir votre prose sur vos weblogs respectifs, les copains!

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Orthographe II: infinitifs et participes passés [en]

Voyez également Orthographe I

Je sais, cela fait près d’une semaine que vous attendez que j’écrive quelque chose. Ma foi, j’en suis presque navrée, mais ma vie est bien remplie: travail (que j’aime), études (que j’aime presque), résurrection de pompage.net, sorties et rencontres de plein de nouvelles personnes sympathiques. Mais bon, ce n’est pas le sujet du jour.

Le sujet du jour, c’est un coup de gueule orthographique. Marre que l’on confonde participes passés en “-é” et infinitifs en “-er” à  tour de bras! Je vais donc vous donner le petit truc infaillible que m’a donné dans le temps ma maîtresse d’école primaire, pour ne plus jamais se tromper:

Lorsque l’on hésite entre une terminaison en “-é” (participe passé) ou en “-er” (infinitif), remplacer le verbe coupable par “vendre”. Si on dit “vendre”, c’est “-er”, et si on dit “vendu”, c’est “-é”.

Sympa, non? Je vous fais un exemple pour que vous compreniez bien: Demain, on ira plant… des choux. “Planté” ou “planter”? On essaie de remplacer le verbe “planter” par le verbe “vendre” (et là , franchement, je n’ai pas fait exprès, mais la phrase test est sensée – ce n’est souvent pas le cas, mais ça ne gêne pas!) Demain, on ira vendre des choux. Ce sera donc: Demain, on ira planter des choux… Bon, là , je commence à  m’étaler. C’est bon comme ça?

Vous n’avez plus d’excuses, maintenant. Les coupables seront donc pendus par les pieds au milieu des Champs-Elysées lors de ma prochaine visite à  Paris.

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De la traduction automatique [en]

Réflexion suite à  un commentaire de la grande rousse.

A mon avis, les traducteurs en ligne ne remplaceront jamais un traducteur humain. Pour trancher entre les différents sens possibles d’un mot en cas d’ambiguité, on utilise le sens du contexte. On infère également les sens possibles de l’ensemble du texte suite à  notre choix.

Jusqu’à  nouvel avis, la saisie du sens global est une opération de synthèse. La synthèse, contrairement à  l’analyse, est une opération proprement humaine et vivante. L’analyse peut tenter d’expliquer le tout en le décomposant, et pour ce qui nous intéresse, tenter de reconstruire le sens d’un texte en juxtaposant les sens individuels des mots qui le composent – mais elle ne pourra atteindre le “tout”.

Une manière un peu plus “bateau” de dire ceci, c’est “le tout est plus que la somme des parties”. Ce “plus”, c’est ce qu’apporte l’opération de synthèse.

Les traducteurs automatiques sont à  mon avis très utiles pour savoir de quoi parle un texte dans une langue que l’on ne maîtrise pas. Ils peuvent aussi servir de béquille pour comprendre un texte dans une langue que l’on ne maîtrise pas complètement. Mais ils ne peuvent rendre compte avec exactitude de ce qui est dit, ni de comment c’est dit.

Plus de considérations sur l’analyse et la synthèse.

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Traduction de iStockphoto.com [en]

Le site iStockphoto.com cherche des personnes intéressées à  le traduire en français. Envoyer un e-mail à  Bitter pour en discuter si vous êtes intéressé!

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Harry Potter in Marathi! [en]

The first book of the Harry Potter series has been translated into Marathi.

I’m really keeping an eye open for a Hindi translation. I promise I’ll buy it and try to read it if it is published in Hindi. Reading a book you know and like in a foreign language you are learning is a great way to improve your skills: it makes you read a lot, and it’s not as discouraging as reading an unknown text: you know the story already, so you’re not reaching for the dictionary at every line.

[via The Leaky Cauldron]

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Orthographe [en]

Me voici ce soir d’humeur pour un petit coup de gueule orthographique. Ceux qui me connaissent le savent: je tiens à  l’orthographe. Ne me sortez donc pas vos beaux discours sur son inutilité, je leur suis totalement imperméable.

Les fautes de frappe ou d’orthographe, ça accroche l’oeil et ça gêne la lecture. La mienne, en tout cas. Ça rend aussi difficile le travail des traducteurs automatiques, qui ne sont pas aussi flexibles que nous. Bref. Je milite pour un peu d’orthographe et de syntaxe dans nos productions virtuelles.

Aujourd’hui, nous allons nous arrêter sur une petite faute toute bête, toute minuscule, mais qui se répand comme la peste sur nos écrans:

Quand on intercale, pour raisons d’euphonie, un petit “t” entre le verbe et le sujet inversés, on l’emballe bien chaudement entre deux tirets.

C’est donc quel temps fera-t-il? et non pas quel temps fera t’il? ou même fera-t’il. Merci d’en prendre note!

La vie ayant ses lois implacables, je sais qu’une faute de frappe, d’orthographe ou de syntaxe m’aura certainement échappé dans cette entrée. Si ça se trouve, dans cette note même. Je vous prie de ne pas m’en tenir rigueur, et de m’en aviser!

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Langage: analyse et synthèse [en]

[…] Le changement d’échelle [herméneutique -> sémantique lexicale -> sémantique structurale] du problème [le double-sens] fait apparaître une constitution fine qui seule permet un traitement scientifique du problème: la voie de l’analyse, de la décomposition en unités plus petites, c’est la voie même de la science, comme on le voit dans l’usage de cette analyse en traduction automatique. Mais je voudrais montrer en retour que la réduction au simple consacre l’élimination d’une fonction fondamentale du symbolisme qui ne peut apparaître qu’au niveau supérieur de manifestation, et qui met le symbolisme en relation avec la réalité, avec l’expérience, avec le monde, avec l’existence (je laisse à  dessein le choix libre entre ces termes). Bref, je voudrais établir que la voie de l’analyse et la voie de la synthèse ne coïncident pas, ne sont pas équivalentes: sur la voie de l’analyse se découvrent les éléments de la signification, qui n’ont plus aucun rapport avec les choses dites; sur la voie de la synthèse, se révèle la fonction de la signification qui est de dire, et finalement de “montrer“.

Paul Ricœur, Le problème du double-sens (in Le conflit des interprétations)

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Langage: fiction, histoire, temps [en]

Avant que vous vous lanciez avec courage dans le paragraphe ci-dessous, quelques mots de commentaire.

Ricœur fait remarquer la division entre œuvres ayant prétention à  la vérité et œuvres de fiction. Je crois que c’est une distinction très importante. On peut flirter avec les limites, certes, mais lorsqu’un genre tente de se faire passer pour l’autre (c’est en général dans le sens fiction -> histoire), il y a malhonnêteté. C’est entre autres ceci qui m’a fait réagir comme je l’ai fait à  l’affaire Kaycee Nicole.

Sous cette fracture entre histoire et fiction, il y a cependant une unité sous-jacente: le caractère temporel de l’expérience humaine que l’on peut raconter. Cela semblerait bien confirmer une remarque que je faisais cet été en Inde, concernant le fait que l’on raconte facilement ses mésaventures, mais plus difficilement ses moments de bonheur – justement parce que les premières s’inscrivent dans le temps et font une bonne matière à  récit.

[…]Au cours du développement des cultures dont nous sommes héritiers, l’acte de raconter n’a cessé de se ramifier dans des genres littéraires de plus en plus spécifiés. Cette fragmentation pose aux philosophes un problème majeur, en raison de la dichotomie majeure qui partage le champ narratif et qui oppose massivement, d’une part, les récits qui ont une prétention à  la vérité comparable à  celle des discours descriptifs à  l’œuvre dans les sciences — disons l’histoire et les genres littéraires connexes de la biographie et de l’autobiographie — et, d’autre part, les récits de fiction, tels que l’épopée, le drame, la nouvelle, le roman, pour ne rien dire des modes narratifs qui emploient un autre médium que le langage: le film par exemple, éventuellement la peinture et d’autres arts plastiques. A l’encontre de ce morcellement sans fin, je fais l’hypothèse qu’il existe une unité fonctionnelle entre les multiples modes et genres narratifs. Mon hypothèse de base est à  cet égard la suivante: le caractère commun de l’expérience humaine, qui est marqué, articulé, clarifié par l’acte de raconter sous toutes ses formes, c’est son caractère temporel. Tout ce qu’on raconte arrive dans le temps, prend du temps, se déroule temporellement; et ce qui se déroule dans le temps peut être raconté. Peut-être même tout processus temporel n’est-il reconnu comme tel que dans la mesure où il est racontable d’une manière ou d’une autre. […] En traitant la qualité temporelle de l’expérience comme référent commun de l’histoire et de la fiction, je constitue en problème unique fiction, histoire et temps.

Paul Ricœur, Du texte à  l’action (De l’interprétation)
[je souligne]

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Langage: explication et compréhension [en]

Ne vous en faites pas si c’est un peu obscur, toute cette linguistique. La crise passera, n’ayez crainte.

Une position purement dichotomique du problème consisterait à  dire qu’il n’y a pas de rapport entre une analyse structurale du texte et une compréhension qui resterait fidèle à  la tradition herméneutique romantique. Pour les analystes, partisans d’une explication sans compréhension, le texte serait une machine au fonctionnement purement interne auquel il ne faudrait poser aucune question — réputée psychologisante —, ni en amont du côté de l’intention de l’auteur, ni en aval du côté de la réception par un auditoire, ni même dans l’épaisseur du texte du côté d’un sens, ou d’un message distinct de la forme même, c’est-à -dire de l’entrecroisement des codes mis en œuvre par le texte. Pour les herméneutes romantiques, en revanche, l’analyse structurale procéderait d’une objectivation étrangère au message du texte inséparable lui-même de l’intention de son auteur: comprendre serait établir entre l’âme du lecteur et celle de l’auteur une communication, voire une communion, semblable à  celle qui s’établit dans un dialogue face à  face.

Ainsi, d’une part, au nom de l’objectivité du texte, tout rapport subjectif et intersubjectif serait éliminé par l’explication; d’autre part, au nom de la subjectivité de l’appropriation du message toute analyse objectivante serait déclarée étrangère à  la compréhension.

Paul Ricœur, Du texte à  l’action (Expliquer et comprendre)

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