The Right to Grieve — And That Means Being Sad [en]

[fr] Avez-vous remarqué comme personne ne veut qu'on soit triste? La tristesse est néanmoins une émotion nécessaire, celle qui nous permet d'accepter une perte, d'en faire le deuil, et de pouvoir continuer à avancer à travers et au-delà de la peine.

Have you noticed how nobody wants you to be sad? Tell people around you that you’re sad, and immediately they’ll want to cheer you up.

Sadness is not bad. Sadness is necessary. It is through being sad that we are able to accept our losses and move on. That is what grieving is.

Our friends don’t want us to feel sad, because they don’t want us to suffer. But refusing to be sad and to grieve brings along a lot of suffering — certainly more, in the long run, than the pain of sadness.

Sadness is not depression. Unprocessed grief can lead to depression, though.

Sadness is the feeling of loss.

A person who is experiencing loss needs the courage to feel sad, and in a world which wants to shove sad under the carpet at the first opportunity, that can be far from easy.

What is valued is staying strong in the face of loss, grief, catastrophe. Not collapsing. Not showing how much pain we’re in.

But what we need when we’re sad and in pain, most of the time, is support so we can dare to feel all this. A safe place to be heard, recognised, and not judged. Love and acceptance that does not desperately want to save us from our emotions, but on the contrary, regard them as part of ourselves and our journey through life.

To grieve and to move on from all the various losses in our lives, all the nevermores, we need to be able to be sad. It is a good thing.

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Moment fort [fr]

[en] In Geneva Saturday night, I came upon an actress who played in Rester Partir, the play my brother and I had a small part in twenty years ago, just after our mother died. We talked a few minutes -- a very emotional moment for me -- and I left her my number. We'll meet again, hopefully.

Le moment le plus fort de cette soirée à  Genève était totalement imprévu. J’avais vu dans la liste de lecteurs le nom de Caroline Gasser. Je ne suis pas très physionomiste (ce qui peut être embarrassant par moments) mais j’ai une mémoire un peu effrayante pour les noms (en général).

Caroline est comédienne. Elle jouait dans Rester Partir, il y a plus de vingt ans. Mon frère et moi avions eu un petit rôle dans la pièce. Ma maîtresse d’école de l’époque était une amie de l’assistante du metteur en scène Hervé Loichemol, et ils avaient besoin d’enfants pour quelques scènes. Je me souviens d’ailleurs que j’étais la deuxième personne à apparaître sur scène, poursuivant en criant l’acteur principal Philippe Polet, qui courait avec des casseroles attachées à son pied, dans lesquelles pétaient des pétards.

Je me souviens aussi très bien d’une autre scène: Caroline en religieuse entourée d’un groupe d’enfants (nous!), qui s’élevait bien au-dessus de la scène grâce à  une petite plateforme ronde qui se détachait du sol, alors que nous la regardions tous. L’odeur du maquillage brun dont nous nous enduisions pour la scène où nous jouions des touaregs. Esther, la maquilleuse-habilleuse (je ne sais plus exactement quel était son titre, mais elle faisait ça il me semble). Les loges. Les histoires entre gamins. Les trois représentations à Genève (dans quel théâtre?). Les trois Michel, magiciens, la colombe rangée dans la veste de l’un d’entre eux.

Cette pièce reste un excellent souvenir. J’ai vraiment adoré faire ça, à plus forte raison peut-être parce que ma vie ne devait pas être très drôle à ce moment-là, quelques mois à peine après le décès de ma mère. Je me demande quel genre d’enfant j’étais à l’époque. Je me souviens que les comédiens étaient gentils avec nous. Caroline était ma préférée. Je me revois en coulisses, assise sur ses genoux.

Nuit du Journal Intime 19

En sortant de [notre interview avec la DRS](http://climbtothestars.org/archives/2006/02/14/nuit-du-journal-intime-reflexions/ “Voir la fin du billet.”), je fais un saut par la salle de spectacles pour l’apercevoir, car elle fait partie des trois premiers lecteurs. Elle est là, sur scène, assise entre André Hurst et Charles Beer. Je la reconnais. Elle a de longs cheveux à présent — ils étaient coupés en brosse en 1985. Je prends une photo ou deux et je m’eclipse.

Durant le repas, la voilà qui passe près de notre table. Je ne sais pas trop dans quel ordre les choses se font, mais je la salue, elle se souvient de moi, on échange quelques mots, on se sourit, elle repart. Et là, hop, la machine à  remonter le temps, vingt ans en arrière, j’ai dix ans à nouveau, je suis bouleversée. Elle a mentionné Amanda, je ne me souviens plus. Une actrice? Une autre de la bande d’enfants que nous étions?

Un peu plus tard, j’ai réussi à me reprendre, je vais rentrer car il est tard, je suis malade, et j’ai quand même encore un article à écrire. Je réussis à recroiser Caroline avant de partir, on parle encore un peu — je lui laisse mes coordonnées. On se reverra.

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