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Clicker training avec son chat (dressage, éducation) [fr]

Clicker training avec son chat (dressage, éducation) [fr]

[en] A little intro in French on clicker training. There is a lot in English online (just google "clicker training cats" or search on YouTube) but really not much in French, and people often ask me about it when I mention it. All the links in the article point to English sources, so just click away if you're curious and don't understand French.

Je ne suis pas une grande experte de clicker training mais j’en ai fait un peu avec Tounsi, et je recommande souvent cette technique autour de moi. Le clicker training est nettement mieux connu dans le monde anglophone, alors j’ai décidé de vous offrir un petit article d’introduction en français.

Tounsi et son clicker

Qu’est-ce que c’est?

Le clicker training consiste à utiliser un son distinctif (le “clic” du clicker) pour indiquer au chat que le comportement précis qu’il vient de faire va être récompenser (par une friandise généralement). C’est une méthode de dressage de plus en plus populaire, utilisée avec les dauphins, les chevaux, les chiens, les chats… quasi tout animal.

Oui, il est possible de “dresser” un chat (notez en passant comme les félins de maison passent leur temps à nous dresser, avec beaucoup de succès). Par contre le motivateur chez le chat ne sera pas, comme chez le chien, la relation. Le chien veut faire plaisir (je trivialise un peu), le chat fera quelque chose si c’est dans son intérêt.

A quoi ça sert?

Certaines personnes n’aiment pas l’idée de “dresser” un chat, n’entendant dans ces mots que le côté “apprendre des tours“. Alors oui, on peut apprendre à un chat à faire des choses “inutiles” comme jouer au piano, mais l’éducation au clicker a en fait toute une utilité… éducative et relationnelle:

  • encourager un chat timide à sortir de son trou et interagir avec un humain, et diminuer son anxiété (très utile pour augmenter les chances d’adoption des chats de refuge)
  • apprendre au chat à faire ou tolérer des gestes utiles: rentrer dans sa cage de transport, se laisser examiner la bouche, toucher les pattes, prendre un médicament
  • renforcer la relation entre soi et son chat: une session de clicker, c’est du temps passé ensemble à communiquer, et c’est sympa!
  • corriger des comportements indésirables (se faire les griffes sur le fauteuil) en les remplaçant par des comportements désirés (se faire les griffes sur le poteau à griffer)
  • augmenter l’activité du chat ou le faire jouer (très intéressant pour les chats d’appartement qui peuvent souffrir d’ennui ou d’inactivité).

Comment ça marche?

Il s’agit en fait simplement de “dressage par récompense” (jamais de punition!) Le clicker sert à marquer de façon extrêmement précise le comportement qui a mérité la récompense. En fait, les chats fonctionnent déjà comme ça: quand le chat miaule pour obtenir de la nourriture, par exemple (ou pire, vous réveille), et qu’il est en suite nourri, il apprend que pour une certaine action (vous attaquer les pieds sous la couette) il y a un résultat désirables (vous vous levez et sortez la pâtée).

Dans un premier temps, on va associer le clicker à la récompense (je donne les instructions tout soudain). Puis le chat va comprendre qu’en faisant certaines choses il va “provoquer un clic” et donc avoir ce qu’il veut (la friandise ou la caresse ou la session de jeu). Le clicker est donc vraiment un moyen de communication entre l’humain et le chat.

Concrètement, on fait comment?

Il vous faut d’abord un clicker. Il n’a pas besoin de faire “clic”, juste un son distinctif qui ne sera jamais entendu en dehors des séances. Un stylo ou un bruit de bouche peut suffire, pour autant que le son soit constant et pas utilisé à d’autres occasions.

La vidéo ci-dessous est une très bonne intro, en anglais (même si vous ne comprenez pas l’anglais je pense que la vidéo est utile). Voir mes commentaires dessous. Il faut garder les séances courtes (max 5 minutes — si le chat est dissipé, arrêter… des fois après 10-15 récompense c’est assez). Il faut aussi utiliser une récompense que le chat adore.

  1. Charger le clicker: on clique, et au même moment on donne une friandise. Après quelques clics on attend un poil avant de donner la friandise: si le chat a pigé, on voit qu’il l’attend.
  2. Toucher une cible: utiliser une cible spécifique (il faudra la cacher entre les séances). On la met près du chat, et on clique-récompense tout mouvement en direction de la cible. En la mettant assez près, le chat va aller la toucher du nez — clic! Après, on met la cible un peu plus loin, et en quelques séances, le chat se déplacera, traversera la pièce ou sautera sur un meuble pour aller chercher la cible.
  3. On ajoutera ensuite une “commande” pour une action donnée, récompensant le chat uniquement s’il fait l’action quand on a donné la commande (on voit comme on peut utiliser ça pour faire descendre un chat d’une table, par exemple — ou l’inciter à ne pas y monter à moins qu’on lui ai dit de le faire).
  4. Pour renforcer le comportement, on change le rythme des récompenses et on passe à un mode de récompenses intermittentes: le chat doit toucher la cible plusieurs fois pour avoir un clic.

Pour en savoir plus

Une grande pionnière du clicker training, c’est Karen Pryor, et son site regorge d’informations (en anglais — j’avais aussi acheté son bouquin). Cette page d’instructions clicker sur WikiHow est assez bien faite, aussi. Il y en a aussi une sur Catster. En français, franchement, je n’ai pas vraiment trouvé grand chose de bien, donc si avez des ressources valables, mettez-les dans les commentaires.

Un bon truc est d’aller sur YouTube et de faire une recherche pour “clicker training cat(s)“. Même si on ne parle pas anglais, en regardant assez de vidéos on finit par comprendre comment ça fonctionne, si on a un tout petit peu le sens de la psychologie 😉

Ce que j’ai fait avec Tounsi

Comme je l’ai dit, je ne suis pas une grande experte, mais je fais un peu de clicker avec Tounsi, histoire de canaliser son énergie, et de trouver d’autres moyens de “l’éduquer” que le pistolet à eau et le “non”, auquel il réagit très peu. C’est aussi un chat vite excité et surstimulé qui peut être agressif, comme le noir et blanc dans cette vidéo. Il est aussi complètement impossible à manipuler — il déteste la contrainte.

J’ai donc commencé par lui apprendre à venir toucher une cible (une baguette), ce qu’il a vite pigé. Je peux maintenant utiliser la baguette pour le faire aller plus ou moins n’importe où. J’ai commencé à rajouter une commande mais il faudrait que je reprenne les séances!

Inspirée du clicker, je lui ai appris à rentrer dans sa cage de transport. Très, très difficile de mettre dans sa cage de transport un Tounsi qui ne veut pas. J’ai donc utilisé la méthode suivante:

  • cage ouverte posée par terre
  • friandise devant la cage
  • puis friandise à l’entrée de la cage (il la prend, repart)
  • puis friandise dans la cage (il la prend, ressort)
  • puis une fois qu’il est dans la cage, fermer la porte, lui donner une autre friandise, et rouvrir la porte après quelques secondes.

Donc maintenant, si je veux qu’il entre dans sa cage, je mets une friandise au fond, je ferme la porte, je lui en donne une autre, et hop, je file au chalet ou chez le véto! Il y a même eu un moment où il entrait tout seul dedans dès que je la sortais. Moins maintenant, il faut que je refasse une petite séance à l’occasion.

J’ai aussi utilisé le clicker et son inspiration pour lui apprendre à tolérer qu’on le touche. La tête, par exemple: je lui caresse la tête, ce qu’il aime, et mi-caresse, je m’arrête et je lui tiens la tête avec la main (comme je la tiendrais si j’allais lui basculer la tête en arrière pour lui ouvrir la gueule). Je tiens juste un quart de seconde, et je continue la caresse. Le but c’est d’être sous son seuil de réaction, pour qu’il ne se débatte pas. Puis j’essaie progressivement d’allonger l’arrêt. Là, on peut utiliser le clicker: cliquer quand on tient la tête, relâcher, récompenser. Tenir de plus en plus longtemps avant de cliquer.

Je fais ça aussi en “m’asseyant dessus” (pour si je dois un jour lui mettre des gouttes dans les yeux, quasi impossible maintenant): je m’assieds à genoux avec Tounsi sous moi, je tiens une seconde, et avant qu’il essaie de sortir, je clique-récompense. Vous voyez l’idée? L’idée c’est de transformer quelque chose qu’il considère comme désagréable (être maintenu) en quelque chose de désirable, parce que ça mène à un clic et donc à une récompense.

On peut utiliser ce principe sans le clicker pour un bout (par exemple, quand on caresse le chat tout détendu, l’habituer progressivement à ce qu’on touche ses pattes ou ses oreilles). Mais avec le clicker on peut être plus précis et plus rapide.

Voilà, vous avez certainement des questions parce que mon article n’est pas hyper hyper détaillé, et je vous réponds volontiers dans les commentaires!

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Our Relationship To Technology: Is Your Smartphone In Charge, Or You? [en]

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[fr] Une réflexion sur notre relation à la technologie. C'est pas aussi simple que "addiction! addiction! au secours!".

Today’s post, again, brought to you by an article of Loïc Le Meur’s: Why are we checking our smartphones 150x a day? (Remember when Loïc was a blogger?) He links to a video with the catchy title “After I saw this, I put down my phone and didn’t pick it up for the rest of the day”.

I have mixed feelings about this kind of discussion.

  • On the one hand, I think we need to strive to be those in charge of our use of devices, and not victims of the operant conditioning of modern technology.
  • On the other hand, I think that framing the issue of our relationship with technology as addiction is counter-productive, as it puts the blame on technology and removes responsibility from users.

It’s also not a new conversation, and it pops up every now and again as “today’s big problem”. Hey, I was afraid I had “internet addiction” back in 1998. I read Silicon Snake Oil and The Psychology of Cyberspace, headed off to my chalet for a week, and stopped worrying.

As far as I’m concerned, I’m online a lot, both on my computer and on my phone, but I still perceive being on your phone when in human company as “impolite”. I try not to do it too much. So, usually, when I’m with other people, I won’t be on my phone, unless:

  • we’re playing with our phones: taking photos, looking at stuff together, etc.
  • there is something I need to attend to (I apologize and try and be quick)
  • I’m looking something up to help us solve a problem or get information we need
  • we’re spending quite some time together and are both having “phone-time”

I’m aware this doesn’t mean much: with the same description I could be glued to my phone all the time. How do you define “something I need to attend to”?

So, some context.

My phone is in silent mode, and I have very few notifications set (same on my computer). It usually lives at the bottom of my bag. When I’m working, there are chances it’s next to me on my desk. It’s often charging or abandoned in another room when I’m at home.

I’ll check it somewhat compulsively when I’m on the bus, or when I’m using it “as a computer” to hang out online. If I’m with other people, as I said, I don’t take it out too much (though they’ll be the best judges about how much — I do take it out).

I suffer from FOMO like almost everyone who is connected today, I guess. But I don’t feel that I’m a slave to it. I read The Paradox of Choice many years ago and it really opened my eyes: today’s world is so full of possibilities. If you don’t want to succumb to the anxiety of too much choice and too many options, you need to be aware of what’s going on, and accept you’ll miss out. I try to be selective. I still struggle, but I know I’m going to miss out and it’s not the end of the world. (It’s in my social media survival kit, by the way.)

Why do we end up compulsively checking our phones and stuff? I think there are many reasons, and that’s why saying it’s an “addiction” is a way to frame the problem in a way that makes it difficult to address.

  • FOMO: with the internet, we have access to everything that is going on, all the time, everywhere. If we want to be “part of it”, hang out with the cool kids, or share the video that’ll get us 20 likes, we feel a pressure to “not miss” what is going on in the real-time stream. So we overload ourselves on the input side. We think we need to consume everything.
  • Operant conditioning: I’m clicker-training one of my cats, Tounsi. He knows that a click means a reward is coming. When I’m reinforcing a behaviour, I use an intermittent reinforcement schedule: he doesn’t get a reward with each click.
    See how this fits with digital interfaces, and even more strongly, social media? I think Kevin Marks is the first one who first pointed out this phenomenon to me, when I was having trouble taking breaks from my computer even though I had bad RSI.
    Suw Charman-Anderson wrote about how it applies to e-mail back in 2008. We check our mail, there might be some candy in there. We check Facebook, there might be a like or a comment. Nothing? It only makes the urge to check again more compelling: the next time could be rewarded!
    Yeah, dopamine plays a role in there. Understand how your brain works so you’re not a slave to your hormones and neurotransmitters.
  • Validation: we want to be loved and appreciated, and some of what we’re looking for online is just that. Oh, somebody responded to my post. Oh, somebody sent me a nice e-mail. Ooh. But people who thinks that this is the only thing in play round down our issue with technology to an “ego problem” (very fashionable). It doesn’t help. But yeah, if you feel that your drive for franticly checking your phone when you’re having dinner with a friend is just that, maybe it’s worth addressing.
  • Work: the other time when I ran off to my chalet to find some peace was in 2008, and it was not to escape technology. It was to escape work. Our relationships to work and technology are very much entwined. Often, when people say they’re “addicted to their email”, and you take the trouble to dig a bit, you realise the problem is not “email” but “work”. They can’t pull away from work. They work during the week-ends, the evenings, their holidays. This is, I believe, a bigger issue than technology. Our relationship to work, as a society, is unhealthy. (And: Americans, you have a way bigger problem here than us Swissies.)
  • Not engaging: people often look at “not engaging” as a consequence of excessive use of technology. It’s the message conveyed by the video Loïc linked to in his post. I think that’s missing the point that “not engaging” can be the objective here. Relationships are difficult. Being present is difficult. Being with oneself is difficult. Being present to life is difficult. We do many things to avoid doing all this. We veg’ in front of the TV. We talk about unimportant stuff to avoid dealing with what matters in our relationship. And, increasingly, we dive into our phones.
    In the past, I used my camera a lot to “find my place” in social gatherings that would otherwise make me feel awkward. If I’m the person taking photos, I have a place. I have a pretext for interacting with others. I can remove myself from what is going on to be the observer snapping pics. It’s much more difficult to find my place and be with others if I’m just me, with no escape.
    So when we look at somebody who has his nose in his phone during a dinner party, I’d also ask “what is he avoiding by not being present?”

I think I have a reasonably healthy relationship to technology — and work. I have my drinking completely under control 😉

So, a wrap-up:

  • I check my phone in the evening before going to bed, and it sleeps on my bedside table, on but mute, and it never wakes me up (except when I ask Siri to do so).
  • I generally keep my phone muted and in my bag and my notifications off (also on my computer!)
  • I understand how FOMO and operant conditioning work, I’m aware of my need for validation and how I react to the infinity of choices in the world around me.
  • I stop working at the end of the day, and on week-ends, and I take holidays. Real holidays, not work-holidays.
  • I “switch off” a couple of times a year, taking a week or a few days off somewhere with no internet, where I don’t work and use my computer mainly for writing and having fun with my photos. This helps me remember what it is like to live more slowly, and makes me want to bring some of that back into my “normal” life.
  • I try and give priority of my attention to the people I’m with offline, without being religious about it. If I do need to attend to my phone or online stuff when in company, I try not to “disconnect” from the person I’m with offline.
  • I consider that I am the one in charge of my relationship with technology, and strive for a healthy balance between my ability to spend time totally immersed and connected and multitasking, and my ability to be completely (as completely as possible) present to the “offline”, be it a book, a person, an activity, or myself.
  • Like so many things in life, it’s about having healthy boundaries.

When I shared Loïc’s post on Facebook, he commented that we seemed to have similar points of interest these days. For some time, I’ve found what Loïc is writing about much more interesting to me. It’s more personal. Less about business, more about life. Life has always been the thing that interests me the most. My interest for the internet and social media comes from my interest in how people connect and relate to each other.

Interestingly, this is also the kind of stuff I’ve decided to shift my work focus to. Labelling myself as a “social media” person doesn’t fit with what I really do and want to do, specially in the Swiss context where “social media = digital marketing”, something I have very little interest in and want to stay the hell away of. So I’m moving towards “I help you use technology better”. Helping people have a healthy relationship with tech, use it to do their work or whatever it is they need to get done better. Some of social media fits in there too, of course. But also stuff like (yes, still in 2013), learning to use and manage email properly. (I’m actually preparing a training proposal for a client on just that these very days.)

So, how’s your relationship to technology? Who is in charge, you or the compulsion to check if there is something more exciting going on?

Note: I wrote this article in one sitting, getting up once to go to the loo (!) and checking my phone’s lock screen on the way back (it’s charging in another room) to see if I had a message from my neighbour, as we had been exchanging messages earlier and made a vague plan yesterday to maybe hang out together and look at cat photos this morning.

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