Je crois au hasard [fr]

Je crois au hasard. Notre route est semée de carrefours et d’aiguillages dans lesquels on s’engouffre pour mille et une raisons, des raisons intérieures, des raisons extérieures. Si les raisons intérieures peuvent avoir du sens, je crois profondément que les raisons extérieures en sont dénuées.

Il n’y a pas de sens hors de nous qui guide notre vie. Il n’y a pas de destin, de force extérieure qui pose les pièces ou nous pousse ici plutôt que là. Mais il y a du hasard. Beaucoup de hasard.

Et peu de certitudes mise à part notre finitude.

Ce n’est pas confortable, de croire que le monde est comme ça. Formulé ainsi, cela donne l’impression que c’est un choix, une décision lucide, mais il n’en est rien: c’est une évidence. Tout comme pour d’autres l’existence de Dieu est une évidence qui ne se démontre ni ne s’argumente, pour moi la non-existence d’autre chose que la matière qui compose notre monde l’est aussi.

Le monde et la vie n’ont pas de sens en eux-mêmes. Ce qui est arrivé aurait très bien pu ne pas arriver. Les événements qui ont changé le cours de nos vies tiennent parfois à un fil. Un fil aléatoire, plutôt qu’un fil qui nous confirmerait l’intervention d’une main divine au sens large. Nous sommes de petites coques de noix ballotées sur les vagues, qui faisons de notre parcours une histoire qui semblerait nous mener quelque part, alors que le prochain remous peut tout à fait nous couler ou nous envoyer valser dans l’autre direction.

Ce n’est pas confortable. C’est même très inconfortable.

Et ça ne mène nulle part, parce qu’on meurt à la fin, parce que tout le monde va mourir un jour ou l’autre, parce qu’on a beau se reproduire et tenter de sauver la planète, un jour notre terre sera inhabitable, et la vie disparaîtra, et il n’y aura plus rien, et nous ne serons pas en train de parcourir l’univers comme dans les romans de science-fiction en laissant notre planète morte derrière nous, parce que le paradoxe de Fermi (vous connaissez?), enfin pas “parce que” le paradoxe précisément, mais en y réfléchissant, y’a bien des chances qu’on soit tout seuls dans l’univers ou que personne ne fait jamais contact, ce qui fondamentalement revient au même. Et puis bon, un jour l’univers tirera sa révérence, de toute façon, et il n’y aura plus rien de rien nulle part et personne pour le voir.

Et moi là-dedans, je fais quoi? Je la mène où, ma vie? Elle sert à quoi? Ces questions et tant d’autres m’emprisonnent dans des schémas dont je me passerais bien. #vagueblogging, un peu, parce que je peux.

Que personne ne s’alarme. Cet inconfort, il m’accompagne depuis le début de ma vie d’adulte, et peut-être même avant. S’il y a là un fond de désespoir existentiel, que je reconnais volontiers, il ne tend pas à l’autodestruction. Il tend à la quête, la quête, encore la Quête: pourquoi, comment, pour quoi, où vais-je. Je m’accroche aux réponses que je trouve, même si je sais qu’elles sont mal arrimées. Elles me permettent de flotter un peu et d’oublier la profondeur infinie de l’eau sous mes pieds.

Et qu’est-ce que ce serait plus confortable de croire qu’il y a un sens à tout ça, un ordre qui nous dépasse, une raison d’être là.

Mais je ne peux pas.

C’est ainsi.

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J’adorais mon vélo électrique Moustache (Samedi 28 Nuvinci) [fr]

[en] My bicycle was stolen Friday. I really loved it, and I'm finding myself really sad about this loss -- in addition to angry at those who stole.

Vendredi soir, arrivant à la gare après une longue journée de travail, je me paie un épisode “4e dimension”: mon vélo n’est plus là.

Envolé, volé, parti, adieu mon beau vélo.

Alors je dépose plainte, je trouve une solution de repli temporaire (un grand merci, Yan), je mets en route les démarches pour l’assurance, et je tente de faire le deuil de ce vélo que j’adorais.

Vous savez, souvent, quand on acquiert quelque chose, on est tout content de l’avoir et de l’utiliser. L’excitation de la nouvelle acquisition. Et puis ça passe, on s’habitue, et on oublie de s’émerveiller.

Rien de tel avec mon vélo. J’avais toujours un plaisir fou à chaque utilisation. Et pas juste parce qu’il était beau. Il était vraiment merveilleux à l’usage.

C’était un Moustache Samedi 28 Nuvinci. Je n’avais jamais entendu parler de la marque Moustache avant de l’acheter. Pour dire vrai, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à l’idée d’acheter un vélo électrique. Mais maintenant je suis fan. Du vélo électrique comme moyen de transport, et de cette marque.

Ce sont des vélos chers. Très honnêtement, le prix était une des choses qui me retenait à m’intéresser aux vélos électriques. Je trouvais que sortir 1500 balles pour un vélo, c’était excessif. Alors quand vous regardez le prix des Moustache…

C’est mon père, en cherchant un pour lui, qui a déniché un revendeur qui déstockait. Et qui m’a “un peu” poussé à en acheter un. C’était une très bonne affaire, alors je l’ai fait, mais sans grand enthousiasme.

Tout ça a changé quand j’ai commencé à l’utiliser. Mon vélo est devenu mon vélo chéri. J’étais la première surprise. Et maintenant, il est soit en pièces quelque part, soit en train d’être revendu dans un autre pays à un client plus ou moins soupçonneux. L’aimera-t-il autant que moi?

Maintenant que j’ai un point de comparaison, voici ce que j’appréciais particulièrement avec mon Samedi 28:

  • le cadre avait la bonne taille pour moi, j’étais vraiment confortable dessus pour pédaler (et l’angle des poignées de guidon)
  • la puissance du moteur et la façon dont il complétait sans accroc celle de mes mollets, super fluide
  • la selle, extrêmement confortable
  • côté sécurité, les freins à disque, les roues réfléchissantes, et les phares costauds
  • la suspension à l’avant et dans la tige de la selle
  • la sensation au pédalier et d’adhérence à la route, même en pédalant sans l’assistance électrique
  • et surtout, surtout, le moyeu Nuvinci pour le changement continu de vitesses.

Alors bien sûr, je suis en train de regarder les modèles actuels, en espérant que l’assurance me rembourse effectivement de quoi remplacer mon vélo par un équivalent. Mais les lignes et les modèles changent, et le modèle précis que j’avais n’existe plus.

Adieu, mon beau vélo Moustache.

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Lunettes de lecture [fr]

[en] Reading glasses.

Je crois bien que c’était à Kolkata, en 2015, que j’ai réalisé que je peinais un peu à lire, le soir. J’ai toujours eu une “bonne vue”, mais je me suis dit, passé les 40, ce serait peut-être bien d’aller faire un contrôle.

D’oculiste en ophtalmo, je ressors avec un oeil bizarrement astygmate et compliqué à corriger, et une presbytie pas tellement dramatique à +0.75. Enfin, strictement parlant, j’étais entrée avec aussi.

L’oeil astygmate, je pense que c’est la conséquence de l’éclat en métal qu’il a fallu déloger en rasant un peu de cornée. Etait-ce justement en été 2015? On avait accusé ma décapotable, mais je suis maintenant persuadée que le coupable est le store rouillé du balcon du chalet. Ne pas regarder en haut quand on le déroule…

J’ai donc acheté une paire de loupes toutes faites en pharmacie. J’ai trouvé du +0.75! Pas de garantie pour le style, mais pas de trou dans le budget, surtout pour des engins que je n’étais même pas certaine que j’allais vraiment porter beaucoup. C’était surtout utile pour faire des coloriages (et ne pas déborder).

Au final, les coloriages ont un peu pris une pause, et j’ai augmenté la taille de la police sur ma Kindle.

Deux bonnes années plus tard, je prends mes premières vacances (non-malades) d’employée depuis plus d’une décennie. Et je me dis que je pourrais faire un peu de coloriage, au chalet, pour me vider la tête. Et je retrouve mes lunettes. Et je les embarque. J’avais en passant regretté de ne pas savoir où je les avais rangées lors du diabète de Quintus: viser la petite veine capillaire dans l’oreille à 6h du matin, mesurer des mini-doses d’insuline entre les graduations de la seringue, tout ça aurait probablement été plus facile avec.

Premier coloriage, effectivement, ça fait une grosse différence! Le soir, sur ma Kindle, je me souviens que j’ai des lunettes, j’essaie, et oui, c’est vachement pas mal. Je prends gentiment le pli de la lecture avec lunettes.

Puis je me demande si ça aiderait devant l’écran. Surprise: oui!

Je passe donc deux semaines en compagnie de mes lunettes.

De retour au travail, je prends conscience que je suis en train de froncer quand même pas mal le front devant mon ordinateur de travail… Et si…? Parce que c’est comme avec les appareils auditifs, en fait, on réalise qu’on pourrait (devrait!)  faire moins d’effort, et le cerveau se rebelle. Se rendre la tâche inutilement plus pénible, c’est fini!

Du coup, aujourd’hui, j’ai amené mes lunettes avec moi, et on va voir si elles m’aident avec mon écran au travail.

Ah oui! Depuis quelques années (?) j’ai des maux de têtes plus fréquents que par le passé. Et si c’était lié?

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Not Giardia? [en]

As many of you know, I’ve been ill this winter. It started out with what seemed to be a simple stomach bug in early December, but it turned out I had a giardia lamblia infection — probably brought back from India in 2015 (at least), and mostly dormant (well, with hindsight, there were subclinical symptoms) until tiredness of a new job with a demanding schedule and winter funk pushed it (me?) over the edge.

I relapsed after the first treatment, and the second, and seemingly after the third. A month of being unwell after the third treatment led me to repeat the analysis to make sure the nasty protozoan was still around.

It wasn’t.

Much as having giardia detected in December came as a huge relief (I hadn’t been dreaming this last couple of years that my digestion wasn’t great and that my tiredness wasn’t normal), this negative result left me nonplussed. If I didn’t have giardia anymore, what was going on? And if I did it now, and my third relapse wasn’t a relapse, what about my second relapse? And the first?

Doubting myself, again.

Thankfully, by the time I got the results I’d gone about a week feeling better. Lots of rice and no dairy, had said the doc. I’d been doing that since before the third treatment. Maybe my gut was finally rested enough that it had stopped misbehaving?

I don’t know if I had a third relapse and got over it myself. Though giardia can be really hard to get rid of, you’re also supposed to be able to eliminate it yourself. And a week or so after the end of that third antibiotic treatment, I found myself extremely tired and sleeping a lot. Maybe it was my body putting up the fight?

I’ll never know.

Now, things are quite good. Two weeks of holiday also helped. It’s hard to recuperate from a long illness when you’re working nearly full-time over an hour from home.

I can now eat cheese without any trouble. I’m going to take a second batch of probiotics (s. boulardii). I took the first early in my holidays, a bit less than three weeks ago. I’m careful not to overload my digestive system, particularly with raw veggies (salad) or dairy.

I’m much less hungry than I was. I can actually “stand” being hungry. I used to get frantic if I didn’t have food. It seems much better now. Was it giardia? Was it something else that all the antibiotics got rid of? How long have I had giardia?

Again, I’ll probably never know.

So, I’m less hungry, and eating less, and I can wear the trousers I couldn’t fit in last autumn again. I’ve lost weight, in between being ill and having less of a “stuff myself” drive. Maybe I’ll be able to reduce my grocery budget 🙂

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Méditation pendulaire [fr]

Je reprends le travail après deux semaines de vacances. Oh, bien sûr, j’aurais bien prolongé mes vacances, surtout qu’il y a encore plein de neige. Mais bon, il ne va pas faire beau cette semaine.

Je reprends le travail le coeur plutôt léger: j’ai laissé mes affaires en ordre avant de partir, j’aime ce que je fais, et peut-être un peu bête à dire, j’aime aussi mon salaire. L’idée qu’il faut avoir manqué de quelque chose pour l’apprécier ne sort pas de nulle part.

Je médite toutefois sur l’occupation de mon temps. En semaine, j’en ai peu. 12 heures loin de la maison, même si ma squatteuse semble avoir vidé les lieux et que mes besoins en matière de sommeil redeviennent raisonnables, ça ne laisse pas des masses de temps pour vivre hors du week-end et des vacances.

Rien d’extraordinaire, je sais, vous autres qui vivez à ce rythme depuis des années haussez les sourcils en disant “ben ouais quoi”. J’ai conscience d’avoir eu pendant dix ans une qualité de vie vraiment privilégiée, au niveau de mon emploi du temps. Beaucoup de liberté. Ça se payait par ailleurs, mais maintenant que l’equation est renversée, ça me travaille. Je me dis que c’est important d’aimer ce qu’on fait (un minimum), vu le temps qu’on y passe. D’être dans un environnement qui nous convient.

En ce qui me concerne, clairement, il y a ces 2.5 heures par jour que je passe en transit. Ça, sérieusement, je m’en passerais bien. Ça me permet d’écrire, de bouquiner, de m’ennuyer ou de discuter avec mes collègues pendulaires, mais franchement, je préférerais faire ça sur mon balcon avec le chat sur les genoux ou sur une terrasse ou lors d’un restau à midi.

Ayant toujours été très libre de mon temps, je n’ai jamais pris la peine de beaucoup l’organiser. Oh, quand même, mais je pouvais laisser la part belle à l’improvisation. Maintenant que mes heures sont plus rares, je me rends compte qu’un peu de planification peut me permettre de mieux en faire ce que je veux. (Je n’aime pas “profiter”.)

Alors je réfléchis, je regarde mon calendrier, je commence à planifier mes week-ends, et aussi mon peu de soirées. Il ne faut pas attendre d’avoir envie de faire les choses qu’on a envie de faire. Il faut les agender. Alors j’agende. Je regarde comment me simplifier la vie pour monter plus facilement au chalet, par exemple.

Tout ça peut vous sembler bien naïf, à vous qui vivez la vie d’employé depuis des années voire des décennies. Eh oui, je découvre. Mais je vous rassure (enfin vous ne vous inquiétez peut-être pas!) — durant mes dix ans à mon compte j’ai appris à faire face à un tas d’autres choses qu’une vie d’employé ne met pas forcément sur son chemin.

Au final, on apprend tous à bien faire ce qu’on fait, et à bien vivre la vie qu’on vit…

 

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Chercher l’ennui [fr]

Oui, vous avez bien lu. Chercher l’ennui. Il ne s’agit pas de le chasser, mais de le chercher, volontairement.

L’ennui est une denrée rare dans le monde d’aujourd’hui. Il suffit d’un doigt sur un écran pour qu’il s’évapore. Le cerveau toujours occupé, toujours en route, toujours en interaction. Toujours des choses qui entrent et qui sortent.

Ce qu’il faut, c’est du temps pour tourner à vide.

Alors moi, je vais chercher l’ennui. Ce n’est pas la première fois que j’en parle, et je vois bien que je commence à vous ennuyer avec mon histoire d’ennui. Je le cherche, par exemple, sur les pistes.

Ça paraît triste de dire ça, je sais, mais non, en fait c’est pas triste du tout.

Je skie seule, le cadre est magnifique (quand le brouillard ne nous empêche pas de savoir dans quel sens on avance, ou même si on avance), je bouge… mais au bout d’un moment, je sens une certaine agitation des neurones: j’en ai marre.

L’hiver dernier, et celui d’avant, quand j’en avais marre, j’arrêtais. Maintenant, je me délecte de cette sensation d’inutile, de non-productif, de cerveau qui part en vadrouille dans des endroits complètement imprévus. Je reste encore, une fois que j’ai trouvé l’ennui, je reste en je prends encore une fois le télésiège pour aller le chercher, encore, parce que je sais à quel point il me glissera toujours entre les doigts, une fois de retour au chalet, une fois de retour dans ma vie.

Et vous, où cherchez-vous l’ennui?

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At the Chalet for Two Weeks [en]

[fr] Au chalet pour deux semaines. Pas mal de réflexions sur où j'en suis.

I’m at the chalet for two weeks. I brought Erica. Last time I came I left her at eclau, and she fell ill, and my neighbours had to scramble to get her to the vet. I was ill too. I figured for two weeks it was worth it. She and Quintus still don’t really know each other, as she lives outside and at eclau, and he lives upstairs in the flat and only comes outside for a few minutes at a time, with me. But they’ve “seen” each other (quotes as Quintus is blind). There was growling and hissing early on, and then I prevented contact for a bit. Lately, when Erica comes to say hello to Quintus, he hasn’t growled or hissed. She’s cool. He’s old and lame and suspicious. So, maybe I’ll introduce them at the chalet. If it doesn’t go well, Erica can stay downstairs and outside, and Quintus upstairs. Quintus doesn’t go downstairs anyway.

I wasn’t planning on writing so much about the cats.

I’m at the chalet, for two weeks. My first real holiday since becoming gainfully employed. My previous two attempts at holidaying failed because of my friend giardia lamblia. I’ve been feeling slowly better these last two weeks. My last test came back negative. There’s more to write about this whole story. I don’t know if I’m relieved or more worried. It could in theory be a false negative, unless giardia in humans behaves fundamentally differently in humans than in cats and dogs. The doctor says a false negative is very unlikely, but I haven’t had a chance to confront him to the vet lab instructions linked above. More likely, what I’ve been seeing over the last month could be a post-infection GI disorder. I still haven’t tried introducing dairy back into my diet. I’m keeping a journal now, trying to figure out if I can link certain foods to the symptoms I still have (mainly gas, mild cramps, discomfort — more and more intermittent). I do not want to have IBDIBS, so I’m resisting cutting out gluten to see if it makes a difference, in a futile attempt to make it not that. I’m pretty sure it’s not that, having not noticed an obvious link between wheat and symptoms. But clearly, when I stick to rice and meat, things are pretty good.

I wasn’t planning on writing so much about my digestive woes.

So, here I am at the chalet, for two weeks, on vacation. A vacation as an employee or as a self-employed person feels pretty different. I managed to wrap up everything at work before heading out. Nothing can “happen” during my holidays. When you’re freelance, you can always get that phone call for a dream gig during your holidays, and chances you’re going to pick up the phone and talk with the client. The flexibility one gets as an independent goes both ways: more freedom when working, but less “getting completely away” when you’re not. At least, I never really managed to, except with the week I’d take in the south of France with my martial arts school, pretty much completely offline.

So, speaking of offline. One of my aims during this holiday is to disconnect. Not completely, but largely. This autumn I realised I was suffering from burnout. Starting work has been a lifesaver, because it reduced my mental load dramatically. All I needed to do was worry about waking up in the morning and catching my train. My working hours were long (factor in commuting) but the job itself was actually relaxing compared to my freelance life — particularly on the mental load front. I love my job. My job and I are a great match. I like doing what I do and am good at it. I have good relationships with my colleagues. I have a lot of autonomy, enough stimulation, and appreciation. It’s given me hope for my future and my ability to earn a living.

But aside from work, and aside from the fact I’ve been ill for nearly three months, I can still feel the effects of burnout. I read a book that was very helpful when I figured out what was going on. And it made me realise, more even than I had before, how important it is to have downtime. To do nothing. When I was playing Ingress a lot, I realised that was the problem: I had completely emptied my life of any kind of downtime. And looking back, when I ended up on sick leave for four months in my first year of teaching, that was probably some variety of burnout.

A few links, by me and others:

In addition to the issue around technology, there is social interaction. I mentioned it already in passing, and it’s something I’m thinking a lot about these days. I am a helper/fixer (I don’t know if there is a typology around that, but whatever). Many of my relationships revolve around helping others, particularly in times of crisis. I tend to put others first. Their needs before mine.

Even with my cats, sometimes. When I was trying to get Quintus’s diabetes under control, I realised that the “caring” component of our relationship had taken over all the rest. All my interactions with him had become medical, to the point of becoming obsessive. Thinking back to when Tounsi was ill, there was some of that too. It’s even more marked with humans. I’m the opposite of the fair-weather friend: I’m there during the crisis, but don’t seem very good at maintaining relationships when things are going well.

I’m giving this for context: I’m involved a lot in helping others online, and I feel this double draw of a) fleeing my downtime, and b) wanting contact above all else, pulling me towards a screen when I would actually “want” to be doing something else. (Like eating. Or sleeping. Or watching a TV series. Or simply, something for me rather than for others.)

And so I catch myself: right, I want to check Facebook/FDMB/whatever — but then, what will I do? Will I not go and eat to answer somebody? Will I put off going to bed? Will I give up on relaxing in front of the TV or going for a little stroll with Quintus because somebody needs my help?

It’s good to be altruistic. But in the era of connectedness, there is no limit to how much time you can spend on others rather than yourself.

So, my aim is to spend my holidays on myself. I’ve brought colouring books, my Kindle, my photos to sort through, and I might do a little work on CTTS, like incorporating all the blog posts I wrote for what was then the Open Ears blog, back when I was managing it for Phonak (yay, they seem to have fixed the formatting issues that made the blog posts pretty much unreadable after they migrated to the new platform!)

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Je dors [fr]

…trop.

Franchement, je pourrais me demander si ma copine n’accompagne pas la maladie du sommeil. Je fais des nuits de passé 8h, à la chaîne, et je me réveille comme si un camion m’avait passé dessus. Avec 12h par jour environ loin de la maison, c’est vraiment mode survie. Je rentre, et en fait je pourrais aller me mettre au lit tout de suite. CFF, boulot, dodo. Mais je me fais quand même un truc à manger, hein.

Bref, heureusement que les chats vont bien, juste là. (Enfin, il reste des investigations à faire pour Erica mais elle est stable et semble OK côté symptômes.)

Alors, what next? La balle est dans mon camp. On va refaire des analyses histoire d’être sûrs qu’on passe pas à côté d’un truc, que la giardia n’est pas l’arbre qui cache la forêt. J’essaie d’attendre un peu depuis la fin de mon dernier traitement (début février) histoire d’être sûrs que si l’analyse est positive, elle est vraiment positive, et que ce n’est pas des “traces” de l’infection précédente. Je me rends compte que je n’ai pas suffisamment d’infos sur les faux positifs par PCR pour savoir à quel point c’est vraiment utile d’attendre.

Mais bon, là, de toute façon, je ne peux pas continuer très longtemps comme ça. Sans compter que je suis supposée partir en vacances dans deux semaines, et on sait tout comment ça se passe, les vacances, quand on est malade pendant qu’on travaille mais qu’on “tient bon”.

Donc, aujourd’hui, c’est le jour où je rappelle le médecin pour dire que “ça ne va plus”.

(Je précise que si j’avais voulu, il m’aurait donné un traitement quand j’ai appelé la semaine dernière. C’est moi qui me sentais assez bien pour continuer à attendre.)

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Survival Mode [en]

[fr] Ça va. Mais je suis fatiguée. Vive le week-end.

Last week-end was my first week-end in a long time where I wasn’t sick, worried sick about a cat, or rushing a cat to the vet.

Quintus is in remission from his diabetes and doing well. If you have a diabetic cat, join FDMB.

Erica had an acute episode of something gastro-intestinal (pancreatitis? tummy bug? something else?) on a background of something chronic. She’s over the acute episode and we are (without urgency) investigating the chronic condition.

I probably still have my unwelcome host but by cutting out dairy completely I can keep the worst of the symptoms at bay and remain functional while we continue our investigations with the specialist doc.

My hip still bothers me a bit but my blocked back is clearly linked to the giardia digestive issues.

I’m tired. Work is going well. I’m trying to regain my balance. My brain needs down time.

I am trying to focus more on me and less on always being there for others above all. The realisation that my urge to help others first and foremost is something I need to learn to channel is becoming more and more acute. This article framing compulsive use of technology as “addiction to social interaction” really rings true for me.

So, more down time. More alone time. More energy invested in things I want to feel more motivated and enthusiastic about. Silly things like making my flat a place I really enjoy spending time in. Cleaning. Tidying. Just doing nothing. I’m looking forward to being able to ski and do judo, I really miss moving.

Two OTM podcast episodes to listen to for you:

  • Blame it on the Alcohol: interesting perspective on alcohol across the ages and borders (France vs. US for example), and a welcome critique of the ubiquitous AA in American culture, how Hollywood promoted it and labeled abstinence the one and only “cure”, despite the 12-step programme being anything but successful by any measure as a solution to excessive drinking. (No disrespect to my meeting-going friends.)
  • The Safety Net Just Got a Little Less Safe: back to the 2016 series busting poverty myths. How the current system pushes people into poverty, and a poignant account of how it can happen, by a mother who got evicted after being a victim of a crime on the property the family were renting.

Happy listening. I’m going to put the tech away and stare out of the train window.

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Giardiose: ma copine giardia lamblia [fr]

[en] My friend giardia lamblia has probably kept me company for a good couple of years. Two antibiotic courses later, looking at a third. If you have any kind of tropical parasitic infection, go see a specialist.

Je dis que giardia lamblia est ma copine parce que ça fait probablement deux ans ou plus qu’on traine ensemble. Oui oui, probablement chopée en Inde, mais ça existe aussi dans nos contrées (chats, chiens, et jeunes enfants).

L’histoire? Je vous la résume, si vous n’avez pas suivi le feuilleton sur Facebook. Début décembre, “gastro” qui tarde à passer. Analyse de selles. Giardiose! Premier traitement. Rechute. Deuxième traitement. Rechute. Médecin spécialiste des maladies tropicales.

Si j’ai un tuyau à vous donner: la prochaine fois que vous avez un truc tropical, allez directement voir un spécialiste.

Des mots dudit spécialiste, c’est une “belle saloperie” pour s’en débarrasser. En fait ça me rassure et me soulage infiniment d’entendre ça. Il confirme que je me balade certainement avec depuis au moins deux ans. Oui, l’intolérance passagère au lactose, c’est ça. Les douleurs, ballonnements, gaz, et diarrhées intermittentes. Moi qui croyais que j’étais un peu trop relax avec le nombre de jour que je gardais mes restes au frigo (ou le nombre d’années au congél).

Semblerait que dans nos contrées, ce sympathique protozoaire soit même responsable de “mauvaises classes” chez les enfants. Celles où ils sont fatigués, pas à leur affaire, absents…

Je n’ai aucune peine à l’imaginer. Depuis des mois voire des années (et maintenant, je me dis “depuis en tous cas octobre 2015”), je me trouve fatiguée, sans énergie, et à la digestion souvent pénible. J’en ai même parlé à mon médecin, on a fait des analyses sanguines, quelques mini-carences, mais rien de profondément anormal. Et c’en est resté là.

On est toujours plus intelligent après: en gros, ça fait probablement deux ans que j’ai une infection parasitaire qui a un impact négatif sur ma capacité à être active dans ma vie. Con, hein.

Ce qui me fait penser ça?

Après le premier traitement (3x250mg de metronidazole par jour pendant 5 jours, un peu léger en première instance semblerait-il) je me suis sentie plus en forme et pleine d’énergie que je ne l’avais été depuis “des siècles”. Digestion nickel, je dormais même pas plus que d’hab, mais j’avais la pêche. Et patatras dix jours plus tard.

J’ai vu quelque part (je ne retrouve plus où) qu’il suffit d’une dizaine de ces bestioles dans un verre d’eau pour vous faire une belle infection.

Deuxième traitement, albendazole (400mg 1x/jour pendant 5 jours, bon choix en deuxième instance selon le spécialiste). Et moins d’une semaine après la fin de ce traitement, me voilà de nouveau HS (vive les vacances de ski).

Au programme:

  • éviter les produits laitiers pendant 2 mois (intolérance passagère aux produits laitiers)
  • si dans 10 jours j’ai toujours des symptômes, commencer mon troisième traitement d’antibios (histoire de se donner une chance que les symptômes soient dus à l’intolérance passagère)
  • troisième traitement, dose de cheval: ornidazole 500 3x/jour pendant 10 jours, qui devrait liquider l’éventuel ami blastocystis aussi.
  • si dix jours après le traitement je pète pas le feu, je retourne et on relance les analyses.

Au-delà de mon propre cas et des conséquences de cette infection sur ma vie (qui est encore à mesurer, une fois que je serai guérie, et que j’aurai un point de repère pour ce qu’est “aller bien”), ce qui me fait vraiment frémir c’est l’impact des infections à large échelle sur des sociétés entières. Si giardia lamblia peut nous donner une “mauvaise classe”, on ose à peine imaginer son impact sur les populations de pays en voie de développement où 30% des gens peuvent être infectés.

Ça ne m’étonne pas d’apprendre qu’elle a été largement négligées jusqu’à il y a peu.

Cette expérience me fait penser à Unrest — de nouveau, on est à une autre échelle de gravité que ce qui m’arrive, mais il y a des parallèles: le mari de la réalisatrice explique à quel point il est délicat d’obtenir de l’aide. Si on dit trop peu, personne ne peut nous aider, et si on en dit trop, on passe vite dans la catégorie “patient psy”.

Que faire avec ces symptômes vagues ou sub-cliniques? J’ai mal au ventre, je suis fatiguée, j’ai des coups de barre digestifs… C’est vrai qu’à force de revenir à la charge avec ces choses qui objectivement ne sont “rien”, on finit aussi par se demander si on imagine des choses.

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