Should I Stay Or Should I Go [fr]

Chalet ou appartement? Montagne ou plaine? J’ai de la chance que ceci soit ma seule préoccupation vraiment importante en ce moment. “Tout le monde” me dit de rester au chalet. Mais mon appartement est plus grand, j’ai un balcon, de la bande passante, un troisième chat, des tas de choses à ranger… Je pense que ce sera une façon “facile” de m’occuper. Ici évidemment je peux “faire” des choses, j’ai pris mon crochet et mon tricotin mais… comment dire. Ranger me semble plus cathartique.

Aujourd’hui ça va. Hier soir j’ai eu un gros coup de tristesse. Je pense que notre monde ne sera plus jamais le même. J’espère avoir tort, et je suis parfois pessimiste, mais si je n’ai effectivement pas peur pour l’humanité, qui s’en sortira d’une façon ou d’une autre, j’ai peur pour notre mode de vie, notre société, peut-être même notre civilisation.

C’est peut-être le moment de me mettre à écrire sérieusement, catégorie roman d’anticipation dystopique. A quoi ressemblera le monde de demain, avec un virus qui peut tuer et qui traine partout, qu’on peut porter et répandre autour de soi sans qu’aucun indice soit visible… Un monde ou la rencontre en chair et en os est une transgression, où l’on ne se touche plus, où nos mouvements et notre température sont surveillés en permanence… Il y a à faire avec ça, je trouve.

Je manque de patience avec les gens qui ne respectent pas les mesures de distanciation sociale. Heureusement ici au chalet je ne les vois pas (ou presque). Est-ce que ce sera différent en plaine? Je manque aussi de patience avec les personnes qui s’enthousiasment pour la chloroquine (ou l’hydroxychloroquine) alors que les résultats sont tellement préliminaires qu’on peut juste dire “faut investiguer plus”. Oui, on est désespérés, oui, on aimerait un remède miracle, oui, on veut croire que le confinement tel que nous le vivons maintenant ne durera que quelques semaines… mais il ne faut pas se leurrer.

Alors oui, quand quelqu’un est en train de mourir, on va tenter le tout pour le tout, mais ça ne veut pas dire qu’on a un traitement. Et un vaccin encore moins. Il y a des gens qui travaillent d’arrache-pied aux deux – traitement et vaccin – et tôt ou tard, il y a aura des résultats. Mais ça va prendre des mois. Des longs mois. Pas mal de mois probablement. Des mois durant lesquels notre vie restera cette nouvelle vie déconnectée de celle d’avant, une vie d’isolement et de conversations vidéo, de promenades solitaires et de rues vides. J’espère que ce ne sera que des mois.

Comme je serai heureuse d’avoir tort dans mes sombres prédictions et de pouvoir profiter des terrasses cet été. Me préparer au pire, c’est mon mode de fonctionnement, j’avoue. Mais j’essaie de faire une évaluation informée des situations avant de me préparer. J’avale les articles et les analyses, j’essaie de comprendre les tenants et les aboutissants. Et ce que je comprends, jusqu’ici, c’est que d’une part ça va être catastrophique (du point de vue sanitaire et économique), et d’autre part ça va durer. Longtemps.

Le Conseil Fédéral fait le choix, pour l’instant, de ne pas prononcer de confinement obligatoire. Il interdit les réunions de plus de 5 personnes et impose de respecter les mesures de distanciation sociale lors de celles-ci. (Ecouter la conférence de presse du 20.03.2020, vers 5 min après le début.) Je suis tiraillée. Toute la population de respecte pas les mesures. Mais est-ce que renforcer l’obligation et réduire encore nos libertés changera quelque chose pour ces personnes? Berset explique le choix (7min environ après le début). Il va falloir tenir sur la durée. Et la santé n’est pas que physique, elle est également mentale.

Nous devons donc tous prendre sur nous. Respecter ces mesures et les faire respecter autour de nous. Je ne parle pas juste des enfants mineurs qui “doivent” (!) obéissance. Je parle de notre entourage, nos proches, nos moins proches. Chacun d’entre nous a un rôle à jouer, non seulement en restant chez soi au maximum et en respectant les mesures, mais en prenant position dans notre entourage pour que tout le monde le fasse. Si on connaît des gens qui ne prennent pas les choses au sérieux, il est de notre devoir, à mon sens, de déployer argumentation, persuasion, et même pression pour amener à la prise de conscience. Alors oui, je sais, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, mais là il ne s’agit pas de la sécurité individuelle, mais collective. On doit essayer autant que possible.

Pour changer de sujet, avec l’augmentation de l’activité en ligne, et l’arrivée de toute une population “peu numérique” sur le réseau, il est important de ne pas négliger les questions de cybersécurité. Si vous êtes “lettré du numérique”, prenez soin de ceux qui vous entourent, encore plus que d’habitude. Installez des gestionnaires de mots de passe. Utilisez Teamviewer pour vous connecter à distance, installer des applications, montrer comment faire des choses (lancer un skype vidéo ou faire ses courses en ligne… quand le service reprendra). Activez l’authentification à deux facteurs partout où vous pouvez (et si possible avec Google Authenticator ou équivalent plutôt que des codes par SMS).

La sécurité “utilisateurs” est l’affaire de tous. Et dans un monde où le présentiel s’est réduit comme peau de chagrin, l’intégrité de notre identité numérique compte encore plus. Pour la grande majorité des gens, être la cible explicite d’une attaque n’est pas le scénario qui doit inquiéter. Etre une victime collatérale d’une attaque à large échelle: voilà la réalité du risque que nous courons, vous et moi.

J’aimerais aussi attirer votre attention sur l’importance de faire preuve d’esprit critique face à toutes les informations qui nous parviennent en ligne. C’est valable en tout temps, mais d’autant plus maintenant, où l’anxiété est l’émotion dominante, où la peur nous motive à chercher des réponses. Si l’info vous parvient par “copier-coller” sur WhatsApp ou Messenger, il y a toutes les chances que vous puissiez l’ignorer. Contrôlez-la dans Hoaxbuster par exemple, ou au pire, envoyez-moi un message pour me demander. Il y a assez de raisons réelles d’avoir peur aujourd’hui sans s’en rajouter encore des fausses.

Toutes les sources d’information ne se valent pas. Privilégiez les sources officielles, les grands médias sérieux ou spécialistes. Recoupez les informations. Essayez de remonter à la source première d’une info. Vous avez le monde entier de l’information au bout des doigts! Quand quelque chose est plein d’adjectifs alarmistes, anxiogènes, ou au contraire victorieux, c’est une raison de vous méfier. Si c’est trop beau pour être vrai, ça l’est probablement.

On a vu que la crise actuelle pouvait avoir un impact sur le bon fonctionnement de nos plate-formes sociales, avec les soucis de modération dont a été victime Facebook. Les processus et outils en place pour essayer de trier en amont le vrai du faux sont faillibles. Imaginez une boîte mail sans filtre à spam! Il n’est donc pas impossible que nos fils soient plus pleins que d’habitude de fake news et autres intox. Faites gaffe.

Autre sujet: les magasins ne vont pas manquer de vivres, on ne va pas mourir de faim, par contre l’accès tant aux magasins qu’à certains produits peut manquer temporairement. Ayez un peu de marge. N’attendez pas d’être à sec. Soyez proactifs. De même avec vos animaux et la nourriture et les médicaments dont ils ont besoin. Les services de livraison en ligne sont saturés, les commandes ont du retard ou sont donc même parfois carrément annulées. Donc sans paniquer, sans faire des stocks apocalyptiques, organisez-vous pour avoir “un peu plus” et “un peu plus tôt”.

Au rayon des choses sympas et positives, j’ai démarré un petit groupe Messenger avec des personnes intéressées, pour se soutenir et se motiver mutuellement à garder une activité physique malgré le confinement. Faites-moi signe si vous voulez nous rejoindre. Et si vous avez besoin d’aide pour votre “transformation numérique expresse”, je suis là aussi.

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Notes du chalet [fr]

Je suis au chalet. Pour la première fois depuis un an à peu près (sans compter une petite visite sans nuit il y a peu). Mon vieux Quintus, 19 ans, aveugle et chancelant sur ses petites pattes arthritiques, a du mal à retrouver ses marques – mais ça va aller. Oscar a fait le tour sur ses trois pattes et a déjà tenté de s’installer “à la place” de Quintus. De 11 degrés, la température est maintenant montée à 14. Le poêle à bois est à fond et le brûleur à mazout aussi. Il fait moche.

Mais bon, je suis contente d’être là. J’aime la montagne, et cet endroit en particulier. Aujourd’hui je ne bouge pas trop, demain je dois déjà retourner à Lausanne pour des rendez-vous (qu’est-ce que c’est qu’une heure de route, au final), vendredi je prendrai peut-être la cabine pour aller voir à quoi ça ressemble en haut.

Il y a maintenant plus de cas de COVID-19 identifiés dans le canton qu’il n’y en avait dans le pays entier lorsque j’ai écrit la semaine dernière. Plus de 600 cas en Suisse, ça nous paraît énorme mais ça va encore grimper, grimper. L’Italie a placé tout son territoire en “isolement”. Ici, on cesse de tester systématiquement, on cesse aussi de remonter les chaînes de transmission. Les symptômes sont souvent trop peu marqués, et puis bon, il faut se rendre à l’évidence, le virus est maintenant “partout”, donc à quoi bon. Mieux vaut concentrer les ressources sur maintenir le bon fonctionnement des hôpitaux et du système de santé, communiquer auprès de la population pour que les mesures de précaution continuent d’être appliquées (car ralentir la progression a encore un sens, et ça, c’est dans nos gestes du quotidien à tous que ça se joue), que les personnes vulnérables se protègent et qu’on les protège.

Enfin, c’est comme ça que je comprends les choses.

Pour ma part je ne suis ni plus ni moins “inquiète” qu’il y a une semaine ou dix jours. Mes nouvelles habitudes de lavage de mains commencent à devenir, justement, des habitudes. J’essaie d’éviter les transports publics si je peux. Je me demande si la petite toux que je traine depuis 2-3 semaines justifie que je me mette en auto-isolement. Elle date “d’avant”, c’est courant pour moi d’avoir ce genre de petite affection respiratoire, et je n’ai pas de fièvre, mais vu qu’il semble de plus en plus clair que le virus se propage également de façon asymptomatique ou peu symptomatique, je me pose des questions. Mais j’hésite à engorger la hotline pour ça, j’avoue. Coronacheck me dit que oui, mais coronacheck n’a pas mon contexte. Si c’est ma toux “normale”, ça peut durer des semaines et des semaines…

Bon, du coup j’ai appelé la hotline. Et non, petite toux superficielle (je toussote en fait), ça ne justifie pas que je m’enferme. Par contre si ça s’aggrave, si c’est une toux qui commence à m’empêcher de respirer, là oui. Ce qui me mène à la réflexion suivante: vu qu’on a des porteurs asymptomatiques ou peu symptomatiques… est-on plus contagieux si on a de la fièvre et la super-méga-toux? Vu qu’on n’isole pas les porteurs sains ou peu malades (il faudrait tester la population entière à tour de bras et souvent pour les identifier tous), quel est le sens d’isoler les “gros tousseurs”?

Sur ce, le chalet se réchauffe et le soleil est sorti, je vais aller faire un tour au jardin avec Quintus!

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Trouver un équilibre [en]

C’est pas facile la convalescence. Même quand on se sent mieux, on n’arrive pas à faire “comme avant”. Il faut doser l’effort et reconstruire petit à petit la résistance – physique comme mentale. Parfois j’ai l’impression qu’un rien m’épuise.

Pour sortir des limbes il faut construire les marches que l’on empruntera, l’une après l’autre. S’assurer de leur solidité. Ne pas vouloir se précipiter au risque de tout dégringoler.

J’apprends à écouter mes limites (je dis ça mais… ça fait 20 ans que je dis ça… le travail de toute une vie?), à non seulement avoir conscience de mes besoins mais leur donner sciemment la priorité (pas une mince affaire, et j’échoue encore souvent), à avoir de l’indulgence avec moi-même. Ça prend le temps que ça prend.

A part ça, je me sens “mieux” que je ne l’ai été depuis des années. Pas physiquement, ça c’est clair, mais mentalement. Je retrouve le sentiment que j’avais perdu je ne sais où de gérer ma vie, même si ce n’est pour le moment qu’imparfaitement, au lieu de lui courir après. Mon cerveau fonctionne. Mon état émotionnel est plutôt stable, même si je dois rester vigilante. Ça me fait vraiment plaisir de me voir “fonctionner” à nouveau comme ça.

Maintenant, le challenge est de consolider tout ça et de le rendre durable. Un jour à la fois. Une chose à la fois.

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Quelques mots du jour [fr]

C’est jamais facile de remettre en branle quelque chose après une longue pause. Lundi, je suis retournée au dojo où je pratique le judo depuis 25 ans, j’ai mis mon judogi et je suis montée sur les tapis pour la première fois depuis une année. Une année d’arrêt (et c’est pas fini) après une bête blessure à laquelle s’est enchaînée un accident de voiture et une opération.

Alors je ne peux pas pratiquer le judo, clairement. Il faut encore que je patiente de longs mois avant que mon poignet soit prêt à “faire du sport”. Mais je m’installe sur un coin des tatamis, je fais ce que je peux de l’échauffement, puis je m’étire, je fais un peu de “physio” pour mon poignet, quelques vagues exercices de condition physique qui me laissent catastrophée par mon état de larve sédentaire, je regarde les autres pratiquer.

Déjà ça, ça fait du bien.

Ici aussi, ça a été la pause. Pour tout dire (si je ne l’ai pas déjà dit), ces dernières années, ça a été un peu la galère dans ma tête. A trop courir sans avoir de bonne direction. C’est en train de changer, là, et pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression que ma tête fonctionne comme elle doit et que me vie n’est pas en train de m’échapper. Et je recommence à avoir envie d’écrire. De me donner le temps pour le faire, parce que j’aime ça.

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Post-Funk [en]

Yesterday I was in a bit of a funk. Went back to sleep after breakfast (literally collapsed) and slept till noon. Then, vegged most of the afternoon.

This means I’m starting today with a backlog of productivity. Stuff I’d planned on doing yesterday and the stuff I’d planned on doing today. (I don’t plan much for week-ends, but I still do, particularly things I should have done during the week and didn’t get around to doing.)

So I find myself in what I call priority paralysis: where do I start? How do I prioritise? This is particularly tricky for me when nothing absolutely needs to get done today. Not enough urgency. And there is a tension between what I want to do and what I feel I should do. And stress because the list of what I’d like to do today is too long for today.

The solution is to pick one and get started. It sounds easy, but in fact there is a great resistance to picking one over the others. What if I’m making the wrong choice? What if I don’t have time for the rest? Will I be happy I picked this thing? Isn’t something else more important, more urgent? What if I spend way more time than I anticipated on this one thing?

That is the kind of background noise that goes through my mind at that moment.

But on another level I know that as soon as I pick one and start doing it, most of the anxiety evaporates. Even if I only manage to do that one thing, I’m out of my funk, and can resume doing things.

It’s a little switch to flip. I just need to free a finger to do it.

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I Can’t Think of a Title [en]

I did something silly a week ago and got bitten by a cat I was fostering during the holidays. Not her fault – I grabbed her and she was scared. But the result is my right hand has been variously bandaged up (I left the hospital with a finger and wrist cast, I had to negotiate to leave my pinkie and ring finger free), my arthroscopy planned for the 25th is postponed, and I’ve been thrown off whatever I was thinking of doing this week and these days.

I have a lot to write about but first, I need to limit my typing (sprained finger and the wounds are still healing), and second, I feel like I have such a backlog of unwritten thoughts that I don’t know where to start. It’s the same old problem, I know I’ve written about it dozens of times, but I’m still stuck with it.

Yesterday whilst listening to a podcast I had a flashback to the days when I discovered Facebook. A long time ago now. I remember this feeling that it was “like the internet inside the internet”. I was super excited. Now, it feels like it has taken over the internet, and though I’m stuck fast in it, I am way less excited.

Euan’s post this morning resonates a lot with me, of course. Not having to chase clients or market oneself, and not wanting to, and seeing business start drying up. Right now, as I look for my next (employed) job here, my mind wanders off to completely different things I could be doing. Things that have nothing to do with what I’ve done up till now. I have so many interests that sometimes I don’t know where to start. And of course, “making lots of money” is not one of them. (I’m not against making money, I’m just not that commercially-minded.)

Podcast recommendation: The Passenger List.

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Autumn blogginess [en]

Time for another “I need to blog” post. Sigh. Here’s what happens (I might have described it before). I think of something to write. I have other more important things to do. I plan to make time for it. I don’t. Then I think of another thing to write. That’s now two things on the backlog. And it just goes downhill from there.

When did I start procrastinating blogging?

So, on with the here and now. There are two strange cats in my kitchen. For another week. Old Quintus is still around, though I had a bit of a scare with him last week-end (he doesn’t like Tramadol). I’m still looking for my next job in Lausanne, but it’s going to be a bit on hold right now because I’m getting an arthroscopy done to my right wrist next week (damage from the car accident I had in April).

I made holes in the wall this morning, part of a DIY operation to give Erica a cat-flap. Well, the first hole I drilled was great, but with the other five I hit something hard 2-3cm in. I’ll give them another go this afternoon with a smaller drill bit. And pray.

I bought a ticket to go and see Elton John in Zurich next year. And heard him interviewed on Fresh Air. I’m walking more, as sports are off the table until February (thanks, car accident). And taking photos. I went to France to give a talk on feline diabetes (in French). I’m following the impeachment news. I voted, mainly for women. I listen to too many podcasts and read too many interesting things. My mind is a bit all over the place at times. I think of algorithms, cats, people, politics, my next job, and what my place in the world is.

 

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Je regarde tomber ces hommes les uns après les autres [fr]

Il y a eu #metoo, et des histoires qui sont sorties concernant quelques hommes que je connais (et même apprécie) dans le milieu de la Silicon Valley. Maintenant, c’est Epstein, et là aussi, beaucoup trop de noms que je connais, et une personne en particulier que je tenais en haute estime, qui dégringole.

Ça m’atteint, tout ça. A plusieurs niveaux. Déjà, c’est la suite d’un gros éclatement qu’a subi ma vision du monde à l’élection du dernier président des Etats-Unis. Quelque chose s’est cassé, pour moi, à ce moment-là. J’avais toujours eu une foi assez inébranlable en la résilience de l’humain en général, de notre société, de notre civilisation — ou de celles qui suivraient. Je l’ai toujours, mais j’ai perdu une certaine naïveté concernant l’époque où nous vivons. Certes, si l’on est une femme, maintenant est la meilleure époque à laquelle avoir vécu. Il ne faut pas tout peindre en noir.

Mais on est en train de crever des abcès, et ce qui en sort est moche, moche, et je me retrouve, j’avoue un peu prise par surprise. De moins en moins, malheureusement, mais quand même.

Je crois que les gens, fondamentalement, sont relativement bons. (On laisse de côté les psychopathes, mais même là, il y a matière à discussion.) Après, il y a les parcours de vie, les décisions prises, les priorités mal mises, la souffrance qui s’exprime parfois de drôles de façons. Et surtout, on est faillibles.

Comme l’a dit une connaissance commune concernant la démission de Joi: suis-je certaine que j’à sa place, je n’aurais pas aussi pris l’argent? Né en 17 à Leidenstadt, et tout ça… Mais avant tout, on est faillibles.

Les erreurs doivent se payer. Je n’ai aucun doute à ce propos. Que des hommes riches et influents, même si je les admire et les apprécie, même si j’ai somme toute bénéficié de leur influence, voient leur carrière s’écrouler, leur réputation partir en fumée, c’est quelque chose avec lequel je peux vivre.

Mais quand on connaît les gens, c’est dur, je trouve. De réconcilier la personne qu’on connaît avec les squelettes qu’on découvre. La tentation est grande de tout couper, d’amputer ces relations devenues dérangeantes, de partir le dos tourné. C’est simple et c’est propre, mais est-ce juste? Peut-on appréhender l’autre dans sa complexité, failles, crimes, faiblesse morale et échecs éthiques y compris? Jusqu’où peut-on encore dire “tu as merdé, je ne te pardonne pas, mais je te garde dans ma vie”?

L’actualité met ces questions en relief à grande échelle pour moi juste maintenant, mais ce sont des questions du quotidien. Pour faire avancer les choses, il faut de l’intransigeance sur certains points. Où mettre la ligne rouge, là est toute la question. La question d’une vie, peut-être. Je sais que je me débats avec, ces temps, en tous cas.

Et là-dessous, il y a les hommes. Ma confiance dans le genre masculin, surtout sa version “influente”, est en chute libre, juste là. Oui, oui, #notallmen (merci de nous épargner ça). Mais de plus en plus, je commence à voir les hommes d’une certaine catégorie comme en sursis, en sursis du scandale sexuel ou financier qui va éclater, ou du squelette brinquebalant dans un placard. Je me prépare à être déçue. J’attends.

Et c’est très inconfortable. Parce que je veux croire qu’il y a des gens bien. Et chaque candidat à ce titre qui se casse la gueule me fait douter un peu plus.

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Un partage n’est pas forcément une invitation au débat [fr]

Il y a des thématiques qui me tiennent à coeur. Des thématiques sur lesquelles j’ai une position assez établie, parce que j’ai plongé dedans, réfléchi, lu, discuté, et je me suis forgée une opinion. J’aime croire que mes opinions prennent racine dans les faits, dans une certaine rationalité, mais je ne suis pas dupe, je sais que comme pour tout le monde, la part de croyance et d’idéologie dans mes prises de position est certainement bien plus grande qu’il ne m’est agréable de l’admettre.

Ce sont des thématiques que je nomme parfois “religieuses” — celles qui ne génèrent le plus souvent que des débats stériles, qui polarisent, et qu’on évite soigneusement avec ses amis si l’on se trouve de part et d’autre du gouffre idéologique… parce qu’on veut rester amis malgré tout. Ou alors, ce sont les thématiques qui défont les amitiés. Ça arrive.

Largement, je ne suis pas intéressée à en débattre. Alors oui, j’adorerais convaincre les gens, parce que je pense que j’ai raison, mais je sais aussi que malheureusement ce ne sont la plupart du temps pas les arguments rationnels qui font changer d’avis.

Deux exemples parmi d’autres: les vaccins et les OGM. Pour moi, et je suis convaincue d’avoir la science et la raison de mon côté (et donc “l’objectivité” du monde), les vaccins sont sûrs et efficaces pour lutter contre toute une collection de maladies dont on a parfois oublié les horreurs (la polio, ça vous dit?). De même, il est clair pour moi que ce qu’on appelle les OGM, qui sont parmi les organismes les plus testés et contrôlés à finir dans nos assiettes, sont aussi sûrs (si ce n’est plus) que d’autres variétés obtenues par d’autres méthodes (mutagenèse, hybridation) que ne font sourciller personne.

Je crois aussi qu’il n’y a pas de dieux ou de Dieu, pas d’esprit indépendant de la matière, pas “d’ondes” ou “d’énergies” mystérieuses entre les êtres ou ceux-ci et la nature.

Donc de même qu’on ne me convaincra pas de croire en Dieu, et que je ne convaincrai pas un croyant d’abandonner sa foi, on ne me convaincra pas de rejeter les vaccins ou les OGM. (J’ai conscience que ces trois exemples ne sont pas tout à fait sur le même plan, hein. Je les mets côte-à-côte pour insister sur ce qui les rassemble, pas sur ce qui les sépare.)

Et donc, pourquoi “un partage n’est pas une invitation au débat”?

C’est autant un rappel pour moi qu’une annonce pour les autres: si je partage un article, ce n’est pas forcément pour convaincre celles et ceux qui seraient convaincus du contraire. C’est peut-être juste pour les curieux, pour ceux qui sont déjà d’accord, ou ceux qui cherchent encore. Ce n’est pas une invitation à tenter de réfuter le point de vue exposé.

Mais j’ai remarqué que sur Facebook, le message subliminal du partage est compris ainsi: ouvrez le débat. Tentez de convaincre l’autre qu’il a tort.

Alors non. Parfois, on ne veut pas débattre sur des sujets “religieux” ou sur lesquels on a un avis bien tranché. On veut juste mettre quelque chose à disposition, à prendre ou à laisser.

Ceci dit, j’aime les échanges où au-delà du désaccord, on peut être sereinement d’accord d’avoir des points de vue différents et tenter honnêtement de comprendre comment l’autre voit le monde et pourquoi. Sans juger, sans vouloir faire changer d’avis l’autre, juste regarder de plus près comment nos croyances et convictions se rejoignent et divergent.

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I need to write [en]

I’ve felt in “survival mode” for the last few years. More on that later. I had a wonderful professional experience in Fribourg. More on that later. I’ve been largely off sports due to an injury that messed with my back, and that hasn’t helped. And I haven’t been writing, for various reasons.

I read Thierry yesterday. I remembered that I used to write, not just “talk” on Facebook.

It’s more silent around here. There is time to think while I write. It’s less immediate. There are less people hanging around ready to pounce on every word (though I have to say, I consider myself very lucky to be blessed with the “Facebook crowd” I have — smart, reasonable, intelligent people).

My old Quintus is still hanging in there, though he’s been a bit off lately. He’s going to be 19 in February. He has a lot of old man ailments but nothing that is killing him.

After six months silent, where do I start? A few articles have been knocking around in my head. One on voice messages. Another one, for the WDS blog, will be advice I would have liked to give 32-year-old me when I went freelance. I might do a French version for the eclau blog, if I haven’t written it already.

Eclau is empty, but I’m keeping the space, it’s still open, and I’m on the lookout for a small company or non-profit who would like to settle there. Let me know.

Let’s not overdo it. This will be enough for today.

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