J’ai adoré le hammam [fr]

Quand je vais aux bains thermaux, ce que j’aime le plus c’est le “hammam”. Chaud mais pas trop, plein de vapeur, juste comme il faut. Mais je n’étais jamais allée dans un “vrai” hammam. Aujourd’hui, c’est chose faite. Avec une amie, on est allées ce matin au hammam “Le charme de l’Orient” à Pully.

C’était super, et j’ai bien envie d’y retourner et d’y entrainer toutes mes copines (vous êtes prévenues!).

Comme j’avais un poil d’anxiété “saut dans l’inconnu” par rapport à me rendre dans un hammam la première fois, j’ai décidé de mettre par écrit ce que j’aurais aimé pouvoir lire avant d’y aller. Je précise que tout s’est bien passé, justement, et qu’il n’y avait pas de raison de s’inquiéter! Mais l’inconnu me fait toujours un peu peur.

D’abord, on appelle pour réserver (se pointer comme ça peut se faire, mais risque de se faire refouler à la porte s’il n’y a pas de place). C’est comme le coiffeur ou l’esthéticienne, on prend rendez-vous. On peut y aller seule ou en groupe (je recommande de prendre des copines avec).

A l’entrée, on met des chaussons sur ses chaussures, et on va aux vestiaires. Un casier, un peignoir, des pantoufles, un ligne et un petit slip en papier par personne. On peut donc ranger ses affaire en sécurité, et il n’y a rien besoin d’amener de spécial. Je recommande d’ôter colliers, montre, bracelets, boucles d’oreilles.

On nous mène ensuite dans la salle pleine de vapeur. Petite douche (avec le slip en papier et sans savon), la dame nous enduit le corps de je-ne-sais-quoi (debout), et on va s’installer sur le petit linge préparé à notre intention sur le banc, les pieds dans une bassine d’eau chaude.

Une citronnade à la main, mon amie et moi papotons, papotons, papotons, pendant que la salle se remplit progressivement de plus en plus de vapeur. On finit par ne plus rien y voir! La vapeur diminue ensuite, on touche le fond de la citronnade, et la dame revient pour le gommage.

Ça c’est le bout qui m’inquiétait un peu et me semblait très “l’inconnu”. L’idée, c’est qu’après avoir bien gogé dans la vapeur, on va ôter les cellules mortes à coups de gant de crin. L’idée me faisait frémir un peu. Mais en fait, c’est surtout un massage assez vigoureux et très agréable, certes avec gant de crin, mais ça craint pas autant (il fallait que je la place) que dans mon imagination. Ma peau de blonde fragile a survécu, ça n’a pas fait mal, rien.

Il faut savoir qu’on se fait masser sous toutes les coutures, y compris les fesses, l’intérieur des cuisses, les seins, sous les bras, bref, la totale. Mais c’était vraiment le “clou” de la séance, pour moi. Elle fait le visage aussi, mais doucement, et de nouveau, ma peau a supporté, la vôtre n’a rien à craindre.

Après avoir laissé la moitié de son épiderme sur la table de massage, on se douche (shampooing et gel douche à disposition), on remet son peignoir et ses pantoufles, on sort de la vapeur et on va larver sur les canapés (prévus pour s’y allonger!) avec une petite théière de thé marocain.

Ça aussi c’est super: quand on va quelque part pour un massage, généralement, une fois la séance finie, on se rhabille et on sort. Là, on peut continuer à végéter et papoter, à choix. Je me suis en fait endormie!

Mon amie a ensuite fait une épilation. Moi je suis restée à ne rien faire, ce dont j’avais bien besoin. C’était vraiment une très bonne expérience, et je vais y retourner 🙂

 

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Ralentir [fr]

[en] About slowing down after a few intense months of work.

Depuis fin juin, j’ai mis les bouchées doubles. Et le site est en ligne. Mais moi, j’ai besoin de ralentir. Je cours-cours-cours, comme je l’ai fait tout l’été, moins quelques semaines début juillet où j’ai levé le pied un peu car mon cerveau avait frisé la surchauffe. La ligne d’arrivée est franchie mais je me sens emportée par mon élan.

Des fois, je me souviens d’un conseil qu’il m’avait donné: marcher lentement. Bouger lentement. Moi qui ne vais nulle part ou presque sans courir, qui fais tout le plus vite possible, qui enchaîne pour ne pas perdre de temps.

En fait, je sais prendre le temps. Mais parfois j’oublie, quand je suis lancée, à quel point c’est important. Là, ça fait une dizaine de jours que je suis en décélération. Enfin, que j’essaie. Ça marche, parfois, parfois pas. Comme tout à l’heure quand je suis rentrée avec mes courses et que je sentais l’urgence de vite-vite les sortir de la voiture les amener à l’appart les ranger–

Ben non en fait. Pas besoin. Je peux trainer.

Comme tant de choses c’est une question de regard et de perspective. De la prise de conscience nécessaire, alors que je suis engluée dans le moment présent, que l’urgence c’est moi qui la crée, que je peux en fait ralenter mon pas, monter les escaliers un à un, respirer, ou même m’asseoir un moment sans rien faire.

C’est dur, de ne rien faire. Vous avez essayé? Pas de méditer, non, ça c’est déjà faire quelque chose. Juste de ne rien faire. J’ai vite la bougeotte quand je tente ça. Oh là là, il faut faire ci, il faut faire ça, et si je faisais truc, ah, je sais, je vais arroser les plantes, je me lève–stop, non, je reste assise et je continue cet extraordinairement difficile exercice de ne rien faire.

Dans deux semaines, si tout va bien, je suis dans l’avion pour l’Inde. Je n’ai pas acheté mon billet, encore. Demain. Mais sinon, ma journée n’est pas trop pleine. Je dis pas trop, parce qu’une journée de week-end vide, comme j’aimerais en avoir, juste là maintenant on n’y est pas encore.

Mais ça vient.

Je ralentis.

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Sleep With Me Podcast [en]

It’s 11pm. It’s 30 degrees on my windowsill. The cat is dripping off the couch like a Dali watch. I slept all afternoon, because of a short night, and woke up at 8.30pm.

Tomorrow I take my car and go to work. It feels a little unreal, because it’s so hot that Switzerland is turning into a tropical country, and I’m thinking of installing a ceiling fan, and mosquito nets, because even though mosquitoes aren’t a problem now, in a few years they will.

Caught in a mildly dystopian SF short story.

There is a warm breeze that sometimes makes it onto the balcony where I’m writing. Sometimes. Tonight I will sleep with the fan on.

On Wednesday morning I will flee to the chalet, where it’s 10 degrees cooler. I will work from up there. I will sleep. The cats won’t like the commute but I know they’ll appreciate the temperature change too.

The other day I was listening to the episode The Shipping Forecast on the 99% invisible podcast. I like this podcast because it’s super interesting, and also because (paradoxical, I know), I use it to go to sleep when I have a hard time falling asleep. I’m not alone (listen to the episode). It’s a bit annoying because I end up having to relisten to episodes I fell asleep to, but it works really well.

Seems many enjoy falling asleep to the sound of the shipping forecast. Roman Mars does a reading at the end of his episode, and indeed, I was almost asleep by the end. On this episode, he introduced us to Sleep With Me, a podcast designed on purpose to help people go to sleep. I’ve used it a few times and it’s wonderful. I can’t make head or tail of what Drew is talking about, but it works great. The added bonus is that I don’t feel bad about falling asleep in the middle of the story, as that’s what it’s designed for! From a storytelling point of view I’m fascinated by how meandering the narration is. All over the place, just like your brain when it wanders off before pulling the curtains for the night.

If you have trouble going to sleep, whether because of the heat or thoughts running around in your head, I definitely recommend trying it.

 

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Heat [en]

We’re under a heat wave. Definitely under, not riding it. Submerged.

It’s too hot. Too hot outside, too hot inside. Hotter than it has been in decades — more than a century.

It’s not going to be getting any better. In a few years I’ll probably have ceiling fans. Or portable AC.

For the time being I’m getting by with normal fans, and being smart about opening and closing windows, and keeping blinds down. As soon as the air outside is warmer than inside, I keep everything airtight. And no sun shines inside.

It’s a bit dreary. And it makes it hard to do things like work.

I’ve seen worse heat. In India. But India has ceiling fans, high ceilings, and AC in many places.

My building absorbs heat and keeps radiating it inside during the night. It’s not so much the air as the walls that are the issue.

So, in India. The pace of life is different. It is heat-compatible. Trying to live a Swiss life with nasty heat isn’t fun at all.

My feet are soaking in a tub of water as I write, and it’s 9.30pm. I used that trick to work this afternoon — thanks to Gabriel who mentioned it on Facebook when I complained about struggling to work in the heat.

This afternoon, it was 34.5 in the shade on my balcony. 30 inside. 28 downstairs at eclau, at my desk. 30 in the conference room.

Quintus is suffering. He lies down on his side, vacant stare, spread out like a tropical cat. He’s taken to flopping down in various places (good thing he’s the blind one or I’d be stepping on him), including the bathroom rug. I try not to worry.

I plan to escape to the mountains a little next week. To work. I’m at this stage in my project that I can’t take time off, though I’d really like to right now. I actually have a lot of work to do. This heat isn’t helping. So I’m planning on heading to the chalet to work. Not the way I’d want to be heading to the chalet. But I need to escape from here.

I remember doing that last year already (not to work).

This is not going to be getting better. We will have scorching hot summers and freezing winters. Dry spells and flooding rain. It’s more comfortable to think we can do something about it by buying carbon offset or foregoing a car. But the truth is that impact will come from policy level. So… if you want to make a difference, become one of those people who make the rules or vote on them. That’s how to operate change.

It’s actually cooler in Pune right now than it is in Lausanne. How ironic.

Tonight I will sleep with everything open. Blinds and windows. I will not sleep well. I will dream of AC or a ceiling fan. I will wonder about the mosquitoes buzzing around, and mosquito nets. I will imagine that before I die, my experience living in a tropical country will serve me again — in a very different part of the world.

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A Day Without Glasses [en]

I’ve only been wearing my reading glasses regularly since March. I had +0.75 in both eyes when I got tested 18 months or so ago. Not much, but enough to bother me. I’m turning 44 this summer. It’s early. But it is what it is.

My glasses snapped in half yesterday. They’re cheap glasses I got at the pharmacy, but over the last weeks I had grown to depend on them. Just like with hearing aids, the brain quickly learns to refuse to make extra useless efforts. It learns that it doesn’t have to spend so  much energy compensating.

I noticed that, each time I’d try to look at my phone without glasses, I could see it was fuzzy, and I could feel my brow furrowing and my eyes straining.

I’m on the train back from a whole day of work (at the computer, not fun otherwise) without my glasses. And I can feel how much more tired my eyes are. I had a headache. Maybe it was the two short nights I had (I’m reading a captivating book), or the stormy weather, but I kind of suspect the lack of glasses is also to be blamed.

I’m going to buy some new ones tomorrow, come hell or high water.

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Morning Train [en]

I’m swimming in francophonia and it shows on my blog, right? So, today on my morning commute, I’ll write in English.

I’m sick of commuting. As commutes go, my commute is nice. Beautiful views. Clean and quiet Swiss train. Quiet Swiss passengers. 45 minutes uninterrupted from station to station. But it’s a total of 2.5 hours each day that I am spending away from home.

Last Thursday I forgot my bicycle battery again. In a bus, this time. I’d already forgotten it on the train, and just after that, in a corridor at work.

My next job had better be in Lausanne. This one ends on September 30th. The project is going great. Our CMS is in place now and although development is not finished yet, it means I can get busy introducing content into it. It’s a lot of work.

Though I still have time, I’m starting to look for my next job. I updated LinkedIn a little, and am starting to tell people I am looking. Ideally a consultant or project manager position (doesn’t have to be in digital communications but I’m aware that given my strong skills in that area it might be what I’ll find). I’d love to work at facilitating Swiss-Indian work relations — there seems to be a market there for somebody like me who is acquainted with both cultures.

Why consulting? Well, although I can do operational work, to be honest, it’s generally not what I enjoy the most. I know work is not (just!) about enjoying yourself, but there enjoyment, motivation, and performance are linked — at least for me. What I like doing and am good at is analysing situations, solving problems, getting things off the ground, organising, bringing about change, and putting operations in place. Once that is done, I much prefer if I can move on to something else and hand over the project.

So, I’m looking. In Lausanne.

Other than that, my old cat Quintus is doing quite well given his 17 years and various ailments. After being pretty certain I was going to lose him this winter, it’s nice to be able to relax. He remains an old cat and I treasure every extra week we get.

Health wise, I’m clearly over my giardia infection. And I’m really wondering how crazy long I had it, because my digestive system hasn’t been this happy in years. It took me months to be able to reintroduce dairy (and I still haven’t had fondue or raclette) but I seem to have managed. I’m at least far enough along the process now that I’m confident I should be able to deal with dairy like before. I’m also finding that I need less sleep, and cope with short nights much better than I used to.

With that, my back is getting better. Lots of back problems are in fact digestive issues. Well, when giardia stopped bothering me, my back (and hip) clearly started improving. It didn’t prevent me from doing silly things like carry heavy stuff and block my back again, but overall I can see the end of the tunnel. I’m slowly starting to go back to judo.

In the silly news department, I broke my reading glasses yesterday. They just snapped in half. I’ve been wearing them regularly since March and it really makes a difference. I can actually feel my eyes strain as I write this. Tomorrow I’ll go and see what I can find.

I could have put a pile of links in this post but it’s pretty fiddly to do on the iPad, even with an external keyboard. Sorry about that!

 

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Après la marche [fr]

J’étais au chalet à l’Ascension. Mon dos va suffisamment mieux pour que je sois allée faire une petite randonnée, à Nant. C’était bien, de marcher. Franchement, pour moi en tous cas, rien n’arrive à la cheville de la marche ou de l’activité physique pour mettre ma tête sur pause. C’est ressourçant.

Et du coup, j’ai pensé à des tas de choses. A écrire. Et j’ai hésité, un peu. Ecrire ou ne pas écrire? Faut-il vouloir tout écrire? Tout comme: faut-il vouloir tout photographier? C’est important de pouvoir vivre sans arrière-pensée, sans se demander comment on va parler de ce moment. En fait, je n’étais pas partie sur l’idée d’en parler. C’est à la fin de la balade que je me suis dit, ah, mais, ça je pourrais dire.

J’ai même sorti mon dictaphone (tu en as un aussi, cher lecteur, sur ton smartphone) et déversé dedans mes idées en vrac. Ce n’est pas quelque chose que je fais habituellement. J’ai pensé à Kevin J. Anderson, prolifique auteur de science-fiction, qui dicte ses livres. Il part faire de longues balades et il raconte en marchant. Puis il a quelqu’un qui tape le tout. Ça m’avait fascinée, l’idée qu’un auteur/écrivain puisse fonctionner comme ça. Mais moi aussi j’ai dicté, durant près d’un an, quand je ne pouvais plus taper, sauf que moi je dictais directement à l’ordinateur et je voyais mes mots apparaître instantanément à l’écran.

A quelques reprises par le passé, donc, j’ai mis des choses dans mon dictaphone. Mais je les en ai rarement sorties. On verra si cette fois c’est différent, ou si les ranger là était juste un autre moyen de les sortir de ma tête pour les oublier ensuite, en me racontant qu’en fait je les garde précieusement. Ça me fait penser à cet article que j’ai lu sur le fait que déclarer ses intentions diminue en fait la probabilité qu’on les accomplisse. Dans le même ordre d’idées, à une époque je préparais des brouillons des articles que je n’arrivais pas à écrire “maintenant”, souvent avec juste le titre. Mais je n’avais jamais le désir de les écrire, après. Je devais me forcer. Et souvent je ne le faisais pas.

L’écriture reste, pour moi, une histoire d’impulsion. Un moyen d’expression, quand j’ai quelque chose à dire. Je n’ai d’ailleurs jamais aimé le rédactionnel sur commande. J’ai bien fait de ne pas partir dans le journalisme, quand j’étais à la croisée des chemins, en 2004. Il y avait besoin d’enseignants, j’ai enseigné. La suite, vous la connaissez… ou pas.

La marche, donc, ou l’activité physique, c’est ressourçant. J’ai déjà exprimé à plusieurs reprises que j’étais vraiment en train d’intégrer l’importance de donner à mon cerveau du temps en standby. Ce n’est pas étonnant, que c’est important, non?

Culturellement, on le sait. On promeut le sport, pas juste pour les bienfaits physiques, mais aussi mentaux. On part en vacances “faire rien” à la plage. On pratique une activité artistique.

Mais dans nos vies ultra-connectées, un smartphone à la main, je crois qu’on l’oublie. En tous cas, moi, j’ai dû le redécouvrir. Je vois, depuis quelques années, chez mes pairs “toujours connectés” et “toujours actifs”, qu’on en revient. Je vois de plus en plus d’articles sur les bienfaits de l’ennui, de la méditation, de l’inactivité, de la non-productivité. Rien de nouveau, mais quand même. Je crois qu’on est en train, en tant que collectivité, de réaliser que ce sont des choses qu’il faut défendre.

On se rend compte que des outils créés pour garder notre attention captive doivent se poser des questions éthiques: jusqu’où faut-il être attractif? Si on l’est trop, on finit par risquer le rejet, parce que l’individu ne veut pas se sentir esclave. C’est une réflexion que je me faisais au sujet de Seesmic, oui, il y a dix ans, bon sang, dix ans, dix ans hier que la conférence Going Solo a eu lieu. Dix ans. Dix ans. Un hier si lointain.

Donc, Seesmic, c’était génial, mais c’était tellement accaparant que je pensais que risquait de porter préjudice à son adoption. Je ne dis pas que j’avais raison, mais que je pensais ça à l’époque. Il y a dix ans…

Je n’ai pas assez de recul et je n’ai pas assez fait mes devoirs pour pouvoir affirmer avec certitude que ma petite analyse de notre attitude collective face à la problématique “connexion/déconnexion” est autre chose qu’un reflet de mon propre parcours.

Peut-être aussi que c’est une question d’âges de la vie. Pour les romains, il y avait un âge pour être actif dans sa vie, un âge pour l’engagement politique, un âge pour philosopher… (je cite de tête, mes cours de latin du collège). J’ai recroisé cette notion dans un livre que j’ai lu sur le burn-out: la trentaine, ce n’est pas la cinquantaine, et ce n’est pas non plus la quarantaine. L’âge n’est pas juste un nombre, je l’ai toujours pensé. L’âge, c’est tout de même le reflet du nombre d’années de vie qu’on a vécues. On se situe dans un parcours: études/formation, optionnellement fonder une famille, trouver sa voie professionnelle, se stabiliser, arrêter de travailler… C’est lacunaire et simpliste, ce que je présente là, mais c’est très clair pour moi que la façon dont je vis mon “retour à l’emploi salarié” est fortement lié à ma quarantaine.

Je regarde les 20 ans passés et les 20 ans à venir, et je me pose des questions. Le temps où l’on ne pourra ou voudra plus travailler, même s’il reste dans un avenir un peu flou, est quand même vachement plus concret à 45 qu’à 25. A 25 ans, entre dans l’inconnu, professionnellement. On est peut-être même bloqué sur le pas de la porte. A 45, c’est bon, on a compris un peu comment ça marche. On se cherche, encore, certainement, parce qu’on ne cesse probablement jamais de se chercher, mais on est “en plein dedans” pour ce qui est de la vie active. Et quand on regarde le début, la fin ne semble pas si impossible que ça.

Donc j’ai marché, samedi passé, et il y a plein de choses qui se bousculent dans ma tête, parce que la marche a fait de la place pour elles. Je n’ai pas écouté mon dictaphone, là. On verra si je le fais. Si je prends le temps pour ça, ou si les jours qui passent rendent caduques mes projets d’écriture.

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“Ça, je fais plus!“ [fr]

Lundi, chez le vétérinaire.

Lui: “Salut, tu vas bien?”
Moi: “Oh, moi je vais bien, mais mon dos pas trop… j’ai porté des trucs lourds ce week-end…”
Lui: “Ah, haha, ça je fais plus!”
Moi: “Je crois que je suis en train d’apprendre à ne plus faire…”

Vous me direz que se plaindre de vieillir à la quarantaine, c’est faire un peu la peignette. Mais quand même. J’ai pas eu mal en portant ces trucs lourds. J’ai plié les genoux, j’ai fait “juste” autant que possible. Mais mes disques ont clairement pas aimé. Il ne suffit plus de me poser la question “suis-je capable de soulever” (oui, bien sûr); je dois aussi savoir, en amont, que si je fais ceci ou cela qu’il me semble que je peux faire, ben non, en fait je ne peux pas, parce que je vais le payer cher après.

Apprendre à se mettre des limites avant de se retrouver dans le mur. L’apprentissage de toute une vie?

Je vous laisse, il faut que j’appelle ma physio pour voir si elle peut me prendre lundi…

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Matin sans photo [fr]

Ce matin, à l’annonce d’une journée magnifique, c’est la brume qui s’échappe des champs et vallons. Elle s’installe dans les petits creux, cottoneuse, elle se prélasse devant les bois, capturant les rayons éclatés du soleil qui les traverse, au gré du passage des wagons à travers la campagne. Une touche de givre fait pâlir le paysage, et toujours, derrière, les montagnes blanches qui découpent le ciel.

Comme hier, il n’y aura pas de photo. Elle ne rendrait pas justice à ce que j’ai pu voir. La faute à mes maigres talents de photographe, au smartphone qui cherche frénétiquement un angle à travers les reflets de la vitre, au réel qui parfois refuse de se laisser capturer.

Une idée aussi qui a pris racine dans ma tête, sans crier gare, comme c’est souvent le cas, de sorte que je ne sais même plus où je l’ai croisée, cette idée, et que je vais être bien en peine de retrouver sa source: le fait de prendre des photos a un impact, pas toujours positif, sur nos souvenirs de ce que l’on voit ou vit. J’ai oublié les détails, l’explication, mais l’idée a planté ses petites racines dans mes pensées, et elle me travaille.

Je prends beaucoup de photos. Depuis… pas tout à fait toujours, mais presque. Et ça fait longtemps que je sens que prendre des photos peut être un moyen de s’éloigner de l’instant présent, de sentir moins. Ça me revient: un élément de cette idée-qui-pousse, c’était que la prise de vue nous incitait à “déléguer” la fonction souvenir à notre appareil.

Est-ce que je veux plus de souvenirs-photos que je ne consulte que rarement, ou plus de souvenirs-cerveau accessibles immédiatement (au sens premier), mais surtout, qui font partie de moi?

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Une heure plus tard [fr]

[en] Trying to move my schedule 1 hour later.

Aujourd’hui, premier matin de mon horaire “une heure plus tard”. Je me suis mise à y penser sérieusement à mon retour de vacances, après le changement d’heure. Pas tant à cause du changement d’heure lui-même, mais parce qu’après une semaine de vacances, retrouver le rythme “Diane debout 5h30” et la descente à la gare dans la nuit, bof.

Je sais bien que la difficulté du lever est une histoire relative. On prend un rythme. Mais il y a aussi d’autres considérations.

Debout à 5h30, ça implique, si je veux mes 7h30 de sommeil réglementaires (pour moi! on n’est pas tous égaux devant le besoin de sommeil), d’être en train de dormir à 22h00, et donc qu’à 21h, 21h30, je commence à me réduire. Ça veut dire que si un jour je suis bien raide, je risque même de me retrouver au lit avant 21h (ça m’est arrivé). Quand il fait jour jusqu’à passé 22h en été… psychologiquement, je trouve ça un peu pénible.

J’ai initialement opté pour l’horaire “5h30” parce qu’il me permettait d’être de retour chez moi à 18h le soir. C’est pratique car le vétérinaire et les magasins sont encore ouverts. Et surtout, en hiver, il fait un peu moins nuit. Maintenant que les jours se rallongent, l’idée de n’être chez moi qu’à 19h est beaucoup moins déprimante. Il y a encore de longues heures de jour. Et l’idée de “me mettre au lit” vers 22h et de viser de dormir à 23 me semble plus raisonnable qu’avec l’horaire 5h30.

Le désavantage, évidemment, c’est que ça décale mes heure de travail, et alourdit mon après-midi. J’aime mieux travailler plus longtemps le matin et avoir un après-midi court. Mais on ne peut pas tout avoir.

Alors aujourd’hui, premier jour de test. Je ferai un petit bilan en courant/fin de semaine prochaine. La première bonne surprise, c’était la lumière du jour lorsque j’ai ouvert mes stores. Il fait jour quand je me lève! Il y a un peu plus de circulation (et ça va empirer après la fin des vacances), mais le train n’était pas plus plein (aussi, à voir après les vacances.

J’ai pu profiter du magnifique panorama en traversant Lavaux, du coup. Je ne m’en lasse pas. Aujourd’hui, il fait moche, on a eu un gros orage hier soir, il a plu durant la nuit. Très moche. Gris et sombre.

Mais depuis mon train surplombant le lac, je vois la trouée de lumière derrière nous sur le Jura, qui se glisse sous l’épais nuage noir qui nous raconte encore l’orage. De l’autre côté du lac, sur Evian il me semble, il y a carrément une tache de soleil, qui se transforme avec la pluie en une tache d’arc-en-ciel, comme une lampe multicolore dans le gris de ce paysage menaçant.

Il y a une fine bande claire découpant les montagnes qui surplombent Saint-Gingolphe et Meillerie, accentuant encore leur tombée dramatique dans le lac. Plus loin, direction Valais, on voit le blanc de la neige qui est encore tombée sur les sommets.

Le temps d’arriver dans la campagne fribourgoise, le ciel se dégage un peu, le soleil fait une apparition timide sur quelques collines, et on devine qu’il va peut-être pouvoir faire beau.

Ma journée “6h30” commence bien.

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