Lunettes de lecture [fr]

[en] Reading glasses.

Je crois bien que c’était à Kolkata, en 2015, que j’ai réalisé que je peinais un peu à lire, le soir. J’ai toujours eu une “bonne vue”, mais je me suis dit, passé les 40, ce serait peut-être bien d’aller faire un contrôle.

D’oculiste en ophtalmo, je ressors avec un oeil bizarrement astygmate et compliqué à corriger, et une presbytie pas tellement dramatique à +0.75. Enfin, strictement parlant, j’étais entrée avec aussi.

L’oeil astygmate, je pense que c’est la conséquence de l’éclat en métal qu’il a fallu déloger en rasant un peu de cornée. Etait-ce justement en été 2015? On avait accusé ma décapotable, mais je suis maintenant persuadée que le coupable est le store rouillé du balcon du chalet. Ne pas regarder en haut quand on le déroule…

J’ai donc acheté une paire de loupes toutes faites en pharmacie. J’ai trouvé du +0.75! Pas de garantie pour le style, mais pas de trou dans le budget, surtout pour des engins que je n’étais même pas certaine que j’allais vraiment porter beaucoup. C’était surtout utile pour faire des coloriages (et ne pas déborder).

Au final, les coloriages ont un peu pris une pause, et j’ai augmenté la taille de la police sur ma Kindle.

Deux bonnes années plus tard, je prends mes premières vacances (non-malades) d’employée depuis plus d’une décennie. Et je me dis que je pourrais faire un peu de coloriage, au chalet, pour me vider la tête. Et je retrouve mes lunettes. Et je les embarque. J’avais en passant regretté de ne pas savoir où je les avais rangées lors du diabète de Quintus: viser la petite veine capillaire dans l’oreille à 6h du matin, mesurer des mini-doses d’insuline entre les graduations de la seringue, tout ça aurait probablement été plus facile avec.

Premier coloriage, effectivement, ça fait une grosse différence! Le soir, sur ma Kindle, je me souviens que j’ai des lunettes, j’essaie, et oui, c’est vachement pas mal. Je prends gentiment le pli de la lecture avec lunettes.

Puis je me demande si ça aiderait devant l’écran. Surprise: oui!

Je passe donc deux semaines en compagnie de mes lunettes.

De retour au travail, je prends conscience que je suis en train de froncer quand même pas mal le front devant mon ordinateur de travail… Et si…? Parce que c’est comme avec les appareils auditifs, en fait, on réalise qu’on pourrait (devrait!)  faire moins d’effort, et le cerveau se rebelle. Se rendre la tâche inutilement plus pénible, c’est fini!

Du coup, aujourd’hui, j’ai amené mes lunettes avec moi, et on va voir si elles m’aident avec mon écran au travail.

Ah oui! Depuis quelques années (?) j’ai des maux de têtes plus fréquents que par le passé. Et si c’était lié?

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Not Giardia? [en]

As many of you know, I’ve been ill this winter. It started out with what seemed to be a simple stomach bug in early December, but it turned out I had a giardia lamblia infection — probably brought back from India in 2015 (at least), and mostly dormant (well, with hindsight, there were subclinical symptoms) until tiredness of a new job with a demanding schedule and winter funk pushed it (me?) over the edge.

I relapsed after the first treatment, and the second, and seemingly after the third. A month of being unwell after the third treatment led me to repeat the analysis to make sure the nasty protozoan was still around.

It wasn’t.

Much as having giardia detected in December came as a huge relief (I hadn’t been dreaming this last couple of years that my digestion wasn’t great and that my tiredness wasn’t normal), this negative result left me nonplussed. If I didn’t have giardia anymore, what was going on? And if I did it now, and my third relapse wasn’t a relapse, what about my second relapse? And the first?

Doubting myself, again.

Thankfully, by the time I got the results I’d gone about a week feeling better. Lots of rice and no dairy, had said the doc. I’d been doing that since before the third treatment. Maybe my gut was finally rested enough that it had stopped misbehaving?

I don’t know if I had a third relapse and got over it myself. Though giardia can be really hard to get rid of, you’re also supposed to be able to eliminate it yourself. And a week or so after the end of that third antibiotic treatment, I found myself extremely tired and sleeping a lot. Maybe it was my body putting up the fight?

I’ll never know.

Now, things are quite good. Two weeks of holiday also helped. It’s hard to recuperate from a long illness when you’re working nearly full-time over an hour from home.

I can now eat cheese without any trouble. I’m going to take a second batch of probiotics (s. boulardii). I took the first early in my holidays, a bit less than three weeks ago. I’m careful not to overload my digestive system, particularly with raw veggies (salad) or dairy.

I’m much less hungry than I was. I can actually “stand” being hungry. I used to get frantic if I didn’t have food. It seems much better now. Was it giardia? Was it something else that all the antibiotics got rid of? How long have I had giardia?

Again, I’ll probably never know.

So, I’m less hungry, and eating less, and I can wear the trousers I couldn’t fit in last autumn again. I’ve lost weight, in between being ill and having less of a “stuff myself” drive. Maybe I’ll be able to reduce my grocery budget 🙂

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Je dors [fr]

…trop.

Franchement, je pourrais me demander si ma copine n’accompagne pas la maladie du sommeil. Je fais des nuits de passé 8h, à la chaîne, et je me réveille comme si un camion m’avait passé dessus. Avec 12h par jour environ loin de la maison, c’est vraiment mode survie. Je rentre, et en fait je pourrais aller me mettre au lit tout de suite. CFF, boulot, dodo. Mais je me fais quand même un truc à manger, hein.

Bref, heureusement que les chats vont bien, juste là. (Enfin, il reste des investigations à faire pour Erica mais elle est stable et semble OK côté symptômes.)

Alors, what next? La balle est dans mon camp. On va refaire des analyses histoire d’être sûrs qu’on passe pas à côté d’un truc, que la giardia n’est pas l’arbre qui cache la forêt. J’essaie d’attendre un peu depuis la fin de mon dernier traitement (début février) histoire d’être sûrs que si l’analyse est positive, elle est vraiment positive, et que ce n’est pas des “traces” de l’infection précédente. Je me rends compte que je n’ai pas suffisamment d’infos sur les faux positifs par PCR pour savoir à quel point c’est vraiment utile d’attendre.

Mais bon, là, de toute façon, je ne peux pas continuer très longtemps comme ça. Sans compter que je suis supposée partir en vacances dans deux semaines, et on sait tout comment ça se passe, les vacances, quand on est malade pendant qu’on travaille mais qu’on “tient bon”.

Donc, aujourd’hui, c’est le jour où je rappelle le médecin pour dire que “ça ne va plus”.

(Je précise que si j’avais voulu, il m’aurait donné un traitement quand j’ai appelé la semaine dernière. C’est moi qui me sentais assez bien pour continuer à attendre.)

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Giardiose: ma copine giardia lamblia [fr]

[en] My friend giardia lamblia has probably kept me company for a good couple of years. Two antibiotic courses later, looking at a third. If you have any kind of tropical parasitic infection, go see a specialist.

Je dis que giardia lamblia est ma copine parce que ça fait probablement deux ans ou plus qu’on traine ensemble. Oui oui, probablement chopée en Inde, mais ça existe aussi dans nos contrées (chats, chiens, et jeunes enfants).

L’histoire? Je vous la résume, si vous n’avez pas suivi le feuilleton sur Facebook. Début décembre, “gastro” qui tarde à passer. Analyse de selles. Giardiose! Premier traitement. Rechute. Deuxième traitement. Rechute. Médecin spécialiste des maladies tropicales.

Si j’ai un tuyau à vous donner: la prochaine fois que vous avez un truc tropical, allez directement voir un spécialiste.

Des mots dudit spécialiste, c’est une “belle saloperie” pour s’en débarrasser. En fait ça me rassure et me soulage infiniment d’entendre ça. Il confirme que je me balade certainement avec depuis au moins deux ans. Oui, l’intolérance passagère au lactose, c’est ça. Les douleurs, ballonnements, gaz, et diarrhées intermittentes. Moi qui croyais que j’étais un peu trop relax avec le nombre de jour que je gardais mes restes au frigo (ou le nombre d’années au congél).

Semblerait que dans nos contrées, ce sympathique protozoaire soit même responsable de “mauvaises classes” chez les enfants. Celles où ils sont fatigués, pas à leur affaire, absents…

Je n’ai aucune peine à l’imaginer. Depuis des mois voire des années (et maintenant, je me dis “depuis en tous cas octobre 2015”), je me trouve fatiguée, sans énergie, et à la digestion souvent pénible. J’en ai même parlé à mon médecin, on a fait des analyses sanguines, quelques mini-carences, mais rien de profondément anormal. Et c’en est resté là.

On est toujours plus intelligent après: en gros, ça fait probablement deux ans que j’ai une infection parasitaire qui a un impact négatif sur ma capacité à être active dans ma vie. Con, hein.

Ce qui me fait penser ça?

Après le premier traitement (3x250mg de metronidazole par jour pendant 5 jours, un peu léger en première instance semblerait-il) je me suis sentie plus en forme et pleine d’énergie que je ne l’avais été depuis “des siècles”. Digestion nickel, je dormais même pas plus que d’hab, mais j’avais la pêche. Et patatras dix jours plus tard.

J’ai vu quelque part (je ne retrouve plus où) qu’il suffit d’une dizaine de ces bestioles dans un verre d’eau pour vous faire une belle infection.

Deuxième traitement, albendazole (400mg 1x/jour pendant 5 jours, bon choix en deuxième instance selon le spécialiste). Et moins d’une semaine après la fin de ce traitement, me voilà de nouveau HS (vive les vacances de ski).

Au programme:

  • éviter les produits laitiers pendant 2 mois (intolérance passagère aux produits laitiers)
  • si dans 10 jours j’ai toujours des symptômes, commencer mon troisième traitement d’antibios (histoire de se donner une chance que les symptômes soient dus à l’intolérance passagère)
  • troisième traitement, dose de cheval: ornidazole 500 3x/jour pendant 10 jours, qui devrait liquider l’éventuel ami blastocystis aussi.
  • si dix jours après le traitement je pète pas le feu, je retourne et on relance les analyses.

Au-delà de mon propre cas et des conséquences de cette infection sur ma vie (qui est encore à mesurer, une fois que je serai guérie, et que j’aurai un point de repère pour ce qu’est “aller bien”), ce qui me fait vraiment frémir c’est l’impact des infections à large échelle sur des sociétés entières. Si giardia lamblia peut nous donner une “mauvaise classe”, on ose à peine imaginer son impact sur les populations de pays en voie de développement où 30% des gens peuvent être infectés.

Ça ne m’étonne pas d’apprendre qu’elle a été largement négligées jusqu’à il y a peu.

Cette expérience me fait penser à Unrest — de nouveau, on est à une autre échelle de gravité que ce qui m’arrive, mais il y a des parallèles: le mari de la réalisatrice explique à quel point il est délicat d’obtenir de l’aide. Si on dit trop peu, personne ne peut nous aider, et si on en dit trop, on passe vite dans la catégorie “patient psy”.

Que faire avec ces symptômes vagues ou sub-cliniques? J’ai mal au ventre, je suis fatiguée, j’ai des coups de barre digestifs… C’est vrai qu’à force de revenir à la charge avec ces choses qui objectivement ne sont “rien”, on finit aussi par se demander si on imagine des choses.

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Why I Get My Flu Shot Each Year [en]

[fr] En très résumé, les raisons pour lesquelles je me fais vacciner chaque année contre la grippe (reprise de mon article en français sur la question). Je suis à risque pour des complications (dès que je chope un rhume ça vire en bronchite), je ne tiens pas à me retrouver HS durant trois semaines à cause d'un vilain virus (je suis déjà bien assez souvent malade comme ça), et je considère que c'est ma responsabilité de citoyenne de faire ce que je peux pour enrayer la propagation du virus (il ne passera pas par moi!) et protéger les personnes "à risque" dans mon entourage.

Surtout, j'explique un peu la grippe: ce n'est pas le truc qu'on appelle d'habitude la grippe, et qui est en fait le rhume. (Confusion? y'a de quoi.) La grippe, c'est un truc qu'on chope en moyenne 2-3 fois dans sa vie. Je crois que je ne l'ai jamais eue, et pourtant, dieu sait si j'ai été malade (parfois durant des semaines).

Years ago, when we ended up with a separate vaccine for H1N1, I wrote an article in French summarizing my personal research on the topic of flu vaccinations: I’d decided I would be getting the flu shot.

Aside from the fact that I’m still amazed when I realise otherwise rational people think vaccines are a Bad Thing (listen to the great Science Vs Vaccines podcast episode for some debunking of common fears), here are some of the arguments that made me come to the conclusion that I was going to get vaccinated against influenza.

First, it’s important to understand what the flu is. It’s not this thing people routinely catch and call the “flu”. What we usually call the flu is in fact one of the many flavours of the common cold. You feel crappy, you might even be off work for a week, you get a fever, your nose is all stuffy, you might even have trouble breathing if, like me, you get bronchitis. I’ve been out of order for three weeks due to bronchitis developed over the common cold. If you’re falling ill, stay in bed two days, and then you’re over it, it wasn’t the flu. It was the common cold.

Why is this important? Well, the flu and the cold are different families of viruses. Getting vaccinated against the flu will not prevent you from catching a cold or bronchitis. Also, there are high chances you are underestimating how nasty the flu actually is.

On average, you are likely to get the flu two or three times in your life. I don’t think I’ve personally ever caught it in my adult life – though I have been ill with various colds and bronchitis (very miserable ones too) dozens and dozens of times. At one point I would fall ill every month in winter. Really. I’d get over two weeks of sniffling and coughing misery, feel on the mend for two weeks, and then start all over again. And it wasn’t the flu.

The flu is a disease that kills every year (numbers are tricky to compute because the direct cause of death is often the opportunistic bacterial infection that takes hold over an organism weakened by the virus). It’s the virus that had my mechanic, a super-healthy-never-ill strapping 45-year-old, off work for two weeks and unable to work “normally” for a month and a half. And he’s self-employed: as all independants know, we work even when we’re sick, because no work = no money. So him being off work so long is a testimony to how incapacitated he was.

Now that we’re clear about what the flu is and isn’t: should one get the shot?

Vaccination is risk management. And the human brain is super crap at risk management. You can’t really use your gut for it, because your gut is designed to keep you from getting eaten by wild beasts or falling off cliffs: present and immediate dangers. So, we’re going to have to be rational about this. Here are some guiding questions:

  • is being off work for three weeks (average time to get over the flu) a risk you’re ready to take? the answer to this will vary a lot depending on your professional situation.
  • are you at risk for complications? ie, do you have asthma, a weak immune system, a heart condition, or like me, a tendency to catch any upper respiratory tract infection that is lying around? chances are your doc has told you if you are, but it might be worth checking. If you are at risk for complications, catching the flu may have consequences more dire for you than for the average person. It may not be a risk you should be willing to take.
  • are you in contact with people who cannot get vaccinated, or who are at risk of complications? if you are, then you might want to reduce the risk of passing on the flu to them – by reducing the risk of catching it yourself.

The flu vaccine usually offers coverage around 70-90%. Less than some other vaccines, but still much more than zero.

In my case, once I thought about it, it’s a no-brainer: even though I’m not medically “at risk” enough to be provided with the shot free of cost here in Switzerland my doc has been pretty clear that in the event of me catching the flu, things were not going to be pretty. Plus, as somebody who is self-employed and already falls ill regularly, I’d rather not run the risk of being off work more than necessary. Not to mention the social responsability of contributing to herd immunity and doing my part to prevent the epidemic from spreading through me.

If you decide it makes sense to get vaccinated against the flu, then it also makes sense to get vaccinated each year. Unless your circumstances change dramatically, if catching the flu is not an acceptable risk for you this year, why would it be so next year? Bear in mind your chances of catching the flu are a handful of times in a lifetime – so only by getting the flu shot every year for a significant number of years do you get to reap the benefits. You can’t know in advance which year the nasty virus will try to crawl into your lap.

Time for me to go get that shot!

[PS: Comments refuting vaccine safety or efficiency will be deleted without pity. It’s not something I’m interesting in debating: the scientific consensus is quite clear.]

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Grand moment de solitude [fr]

Minuit moins quart. Je suis rentrée tard, mais c’est samedi soir, ça va encore.

Je suis accoudée sur mon lit, téléphone à la main, chat presque contre moi. Il est temps de me lever pour me mettre vraiment au lit. Je vais lire un peu et dormir sans trop tarder.

Seulement, quand j’essaie de changer de position, je ne peux pas. Mon bassin est un océan de douleur paralysante. Changer ne serait-ce que la répartition du poids entre mon coude et ma hanche est un calvaire. J’essaie de plier légèrement la jambe: n’y pensons pas.

Quinze longues minutes plus tard, j’ai péniblement réussi à me coucher sur le dos.

Il me faudra quinze minutes supplémentaires et pas mal de serrage de dents pour me retrouver sur mes pieds, pliée comme une petite vieille, accrochée à la table de nuit – mais « debout ». Je tremble comme une feuille: froid, peur, choc?

Je me redresse tant bien que mal. Je fais quelques pas en m’accrochant aux murs. Que faire? Prendre des médicaments? Un bain chaud? Essayer de bouger? Au contraire, surtout ne pas bouger? Me mettre au lit et prier?

Je suis raide comme un bâton, pendue à un fil. J’aimerais aller aux WC mais je n’arrive plus à m’asseoir. J’aimerais voir ce que j’ai comme médicaments mais je n’arrive pas à me pencher pour ouvrir le tiroir. A tout hasard, je sors la clé de ma serrure. On sait jamais. Je m’accroche à mon téléphone, point de contact avec le monde.

Vais-je pouvoir aller travailler lundi? Ma tête fait le tour des plans de contingence en cas de catastrophe.

Vivre seul a plein d’avantages. Je ne range que mon propre bordel. J’ai toujours mon espace vital. Je fais ce que je veux à peu près quand je le veux.

Il y a des désavantages, aussi: je paie toutes les factures. Quand je rentre du travail, les courses ne sont jamais faites, le repas n’est jamais prêt. Toutes les décisions reposent sur mes épaules.

Et les frayeurs médicales arrivent toujours au milieu de la nuit. Être mal, effrayé, et seul, c’est vraiment misérable, comme situation. Je connais bien le numéro de la centrale des médecins de garde.

J’hésite à l’appeler, mais j’ai des scrupules à deranger l’infirmière de garde parce que je n’arrive pas à m’asseoir.

Heureusement, une copine infirmière est encore debout. Un paracétamol, un ibuprofène, un patch anti-inflammatoire et une heure plus tard, je peux précautionneusement me mettre au lit avec un coussin chauffant en bas du dos. J’ai pu aller aux WC.

Je vois ma physio mercredi.

[PS pour les curieux: très certainement l’articulation sacro-iliaque, et la suite du feuilleton faisant suite à mon accident de judo d’il y a 18 mois. Je suis entre de bonnes mains.]

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Fertilité féminine: un enfant à 40 ans? [fr]

[en] Numbers and facts about female fertility. Do you know what the success rate of an IVF is at age 40? and 42? Many links at the bottom of the article are in English.

Je suis, encore et encore (depuis quelques année) sidérée de voir à quel point les idées ambiantes sur la fertilité féminine sont à côté de la plaque. Régulièrement, j’entends parler de femmes de 40 ans (ou plus) qui pensent qu’elles ont toutes les chances de concevoir, si elles le veulent assez.

Vous êtes maintenant en train de penser à toutes les femmes que vous connaissez et qui sont devenues mères (ou qui ont enfanté à nouveau) autour de 40 ans. Ça arrive tout le temps, me direz-vous!

J’espère, chère lectrice (cher lecteur aussi) que tu es familier/familière avec les mécanismes du biais du survivant et du biais de confirmation. Le premier nous rappelle qu’on entend parler des survivants et de ceux qui ont réussi, et beaucoup moins de ceux qui ont tout tenté et échoué. Vous savez donc bien qui sont les femmes de votre entourage ayant réussi à enfanter autour de 40 ans. Vous ignorez peut-être toutes celles qui ont essayé et échoué, parce qu’on ne parle pas trop de ça, sauf avec les intimes. Ça nous fait donc surestimer les taux de réussite. Le biais de confirmation, lui, nous rappelle qu’on remarque et retient les choses qui viennent confirmer ce qu’on croit. Si on croit qu’avoir un enfant à 40 ans est facile, on aura dans sa tête une liste de toutes les histoires qui viennent confirmer cette croyance, et on aura tendance à ignorer et ne pas retenir celles qui pourraient l’infirmer.

Ce qui n’aide pas non plus, c’est la médiatisation extrême des célébrités qui font des enfants “tard”. Genre Janet Jackson, récemment. On retient “Janet Jackson enceinte à 50 ans” et on se dit “ah ben 40, j’ai encore tout le temps!” Mais ce qu’on ne sait pas, c’est:

  • combien de temps elle a essayé
  • combien elle a dépensé
  • si elle a porté l’enfant (les photos ne prouvent pas grand-chose)
  • et surtout, si c’était ses ovules du jour, ou si elle a fait appel à un don d’ovules ou si elle avait congelé les siens quand elle était plus jeune.

Ce dernier point est important, car l’âge de l’ovule est un facteur déterminant dans les chances de succès d’une grossesse, bien plus que l’âge de l’utérus dans lequel l’enfant se développe.

Quelques chiffres pour remettre l’église au milieu du village:

  • la fertilité féminine se casse la figure grave vers les 37 ans
  • 1 femme sur 5 née dans les années 60, et 1 sur 4 née dans les années 70, arriveront à 45 ans sans avoir d’enfant – jusqu’à 80% d’entre elles “pas par choix”
  • les chances de succès (naissance) d’une FIV à l’age de 40 ans tournent autour de 10% (et ça se casse la gueule grave après ça)
  • les chances de concevoir lors d’un rapport sexuel durant la période fertile, quand on est jeune, sont de 15-20% max (oui, vous avez bien lu)
  • FIV avant l’âge de 30 ans? au max 40% de chances de succès
  • les chances de succès d’une FIV ne baissent pas avec l’âge si l’ovule utilisé est jeune
  • si vous êtes une femme et que vous voulez des enfants et que vous attendez 35 ans “pour vous y mettre”, vous avez de fortes chances de ne pas réussir à en avoir (donc sérieusement, si vous avez 40 ans ou proche, passez sans attendre à la FIV si c’est important pour vous d’être mère… 10% de chances c’est déjà mieux que ce que vous allez avoir autrement)

Oui oui, je vous entends: vous connaissez tous des cas qui “contredisent” ces chiffres. Si vous pensez ainsi, c’est que vous ne comprenez pas ce qu’est une probabilité. Un événement peut avoir une probabilité de 1 sur 500 d’arriver, et arriver la première fois. Ou la dernière. On espère tous être “le miracle”, mais être un peu réaliste quant à ses chances permet de s’investir de façon mesurée, et peut-être de mieux supporter la dure réalité de l’échec quand il arrive. Donc quand je dis qu’une FIV à 40 ans a 1 chance sur 10 de fonctionner, et que vous me répondez “mais je connais Josette qui est tombée enceinte après une FIV à 42 ans du premier coup”, ce n’est pas une contradiction des statistiques. C’est juste que Josette a eu beaucoup de chance. Elle est “l’anomalie”, ou plutôt, “le miracle”.

Bon à savoir, pour la Suisse:

  • le don d’ovules est interdit (info critique quand on sait que l’âge de l’ovule influe lourdement sur les chances de succès)
  • le don de sperme n’est pas ouvert aux couples homosexuels, non mariés, ou aux femmes seules (du coup, exit FIV aussi)
  • la congélation d’ovules (qui n’est pas la panacée) n’est possible que jusqu’à 35 ans et pour une durée de 5 ans (je n’arrive plus à retrouver la source pour ça)
  • pas juste pour la Suisse, mais tout ça coûte cher! Entre 5000 et plus de 10000.- pour une FIV à Lausanne par exemple, et c’est pas remboursé…

 

Je vous laisse avec quelques sources pour creuser, vérifier, vous informer… Et faites passer ces infos autour de vous afin de lutter contre les idées reçues (fausses) concernant la procréation et la fertilité féminine!

Ne confondez pas les miracles avec la norme.

 

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Back On The Heat Wave [en]

[fr] L'oeil qui voyait trouble? Pas un coup de soleil, mais un mini corps étranger métallique. Oui, ouille. J'en ai monstre marre de voir flou de mon oeil dominant, juste là.

It was much cooler up in the mountains. Here I am in Lausanne, with another heat wave hitting us. Or the same. I don’t know anymore, this summer has been endless days in survivor mode trying to keep my flat cool. The largest part of my flat faces southwest. As soon as it gets warmer outside than inside, I close everything. I close the blinds so the sun doesn’t heat my rooms through the windows. And late in the evening, when the temperature has dropped a few degrees, and the outside air is finally cooler than inside, I open everything wide.

heat wave 2015

No ceiling fans or AC here. Swiss buildings are designed to keep the cold out.

Remember the fuzzy vision I told you about a few days ago? Wednesday morning I headed over to Lausanne’s eye hospital. I spent most of the morning there. The fun bit is that I got to see two young doctors doing their internship. They were very friendly and relaxed, went through all the preliminary questions, examined my eye, tinkered with the devices in the room (they usually saw patients in another room, they explained, and weren’t familiar with this one), and then went to present my case to the doctor supervising them, who then saw me to close the case.

Turns out it wasn’t too much sun. Oh no. It was a speck of metal dust stuck in my eye, right in the middle. Tiny, a fifth of a millimetre or something. My first reaction was “OMG metal in my eye”, followed straight behind by “OMGOMG you’re going to have to remove it!” The doctor reassured me that this was something they did many times a day and was no big deal.

A few drops of anaesthetic in my eye, some deep breaths (well, I tried, at least) and clenched hands on the handles in front of me, staring straight ahead with my other eye, straight ahead, very important not to move, straight ahead… and that was it. He scraped out the nasty little thing from my eye. Oh, and a tiny layer of my cornea, too, he explained. (Luckily I’ve had enough feline eye adventures with Sir Quintus that this didn’t alarm me. But still.)

So, now I’m left with gooey antibiotic drops (we don’t want an infection there) and still-blurry vision. It’s really making reading (on-screen or off-screen) difficult and frustrating. The blurry eye is my dominant eye, otherwise it wouldn’t be so bad. It still hurts a bit at night, but hopefully the pain should go away in a few short days. I don’t know about the timeline for the blurry vision, and it’s starting to distress me. The nurse on the hotline suggested I give it the week-end and come around on Monday if it was still bad. At this stage what’s going through my mind is “I hope I get all my vision back at some point” and “I hope it doesn’t take too long, because it’s starting to impact my ability to work”.

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Fuzzy Vision [en]

[fr] Encore du vrac!

Watch, if you haven’t watched it yet, the video on managing unconscious bias at Facebook.

And, just because I thought of it right now this second, this documentary on Yusuf Islam, the artist formerly known as Cat Stevens. He tells a very moving story of his religious journey, from the early days when he was “a pop star” to now. (Remember the “Salman Rushdie incident“? Not surprisingly, it’s not what you thought it was, just like the story of the lady suing McDonald’s for spilling hot coffee on her lap is not what you thought.)

Note to Self” was formerly called “New Tech City“, and it’s a podcast on the human side of the digital world. Exactly what has been of interest to me these last fifteen years. I recently liked this episode about reading. There are two different types of reading skills we need to develop in today’s world:

  • slow reading: the type we learned at school and practiced before the internet. Reading a novel. Reading complex, complicated stuff we need to digest.
  • skim & skip reading: the type we do online, always interrupted, always jumping off to something new, going through large quantities of information quickly.

Both need training. But our brain adapts to the second type so well… we need to remember to practice the first type. It will come back. I still read books (Kindle…) and I’m going to make sure I set aside some regular phoneless reading time in future.

Hiking yesterday, I realised that there really is a technique to walking on a mountain trail. Specially going downhill. I don’t know how I learned this, if somebody taught me or if I figured it out alone. Shift weight gently, don’t just dump all your weight on the next foot as soon as it hits the ground. Do it in a way that you can backtrack if you start slipping. Remember your knees (and ankles) are there to absorb shock (too many concussions have taught me to be sensitive to this). So bend your knees. Don’t plonk your foot down with a locked knee.

Vue depuis le Chamossaire

And when it’s too steep, or there is a really big step to go down, and your back leg is not willing (or strong enough) to let you down gently? Squat first on both legs. Then take a step down from that squatting position. Easy!

Fuzzy eye? Articles need titles, don’t they. I seem to have managed to sunburn one of my eyes two days ago, and my vision out of it is still fuzzy. Probably nothing serious, but as it’s about an eye, I’ll do what my vet says and not mess around. Doctor today or tomorrow.

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Ne plantez pas vos bâtons comme des bûcherons [fr]

[en] I learned to my dismay (injury) that I had been using my ski poles wrong all these years. Go light with them!

Je l’ai appris à mes dépens: on peut faire des dégâts avec une mauvaise technique de planter du bâton.

Je m’explique. Ayant skié (et snowboardé) comme une acharnée de 3 à 20 ans (environ), je me suis remise sérieusement au ski cette année après un bon hiatus (de temps en temps une journée, style “oh mais comment je faisais pour skier autant avant?”). J’ai pris un abonnement de saison, j’ai acheté du bon matériel de ski, j’ai booké mon mois de janvier au chalet et… je me suis lancée.

Mi-janvier, cependant, aïe: je me blesse aux poignets. D’abord un (la faute à une plaque de glace sous la poudreuse), puis l’autre, un peu plus inexplicablement — mais toujours en plantant ce satané bâton.

Médecins, attelle, radios, IRM: kyste arthro-synovial palmaire à gauche, et qui sait quoi à droite (on n’a pas fait d’IRM à droite… donc on sait pas ce qu’on n’a pas vu).

xray steph hands

C’est enquiquinant. Repos (1 semaine de snowboard, plus de judo pour un moment), crème, Flector, ostéo, et on attend pour voir si ça se remet ou s’il faut opérer. Rendez-vous déjà pris avec le spécialiste de la main en mai… au cas où.

En parallèle, je me demande (et une ou deux sages personnes de mon entourage posent aussi la question) si je ne suis pas en train de faire une erreur technique qui me vaut ces blessures. Ce serait trop bête… quand même. Une fois la phase la plus aigüe passée (celle où on demande aux visites de faire la vaisselle et porter les poubelles parce qu’on a trop mal), je reprends mes skis et mes bâtons, et je me dirige vers le bureau de l’école de ski pour un cours de planter de bâton.

Y’a pas d’âge pour prendre son premier cours de ski!

J’explique toute la situation, le moniteur me regarde faire quelques virages, je le rejoins, il sourit et me dit: “OK, je vois le problème”. Je suis à la fois ravie et consternée: je ne suis pas impuissante devant mes poignets qui se déglinguent, mais punaise, apprendre qu’on fait “faux” depuis si longtemps, pas simple!

En gros, je plante mon bâton d’un mouvement ample et décidé, de haut en bas… pauvres petits poignets. Ils pouvaient bien souffrir. Alors je tente de corriger. C’est dur! Je suis toute déséquilibrée. Je vais même jusqu’à skier plusieurs jours sans bâtons, parce que même en corrigeant, je me fais mal.

Et avant-hier, en skiant avec un monsieur suisse-allemand ex-instructeur, ex-coureur, ex-entraîneur, je pige enfin grâce à ses explications (le tout en allemand SVP!) ce que je n’avais pas pigé jusque-là: un bâton, ça ne se plante pas. Je ne parle pas du carving (ça je savais et pratiquais), mais des virages normaux.

Un bâton, ça se tape sur la neige. Et ça se tape dans le sens inverse de la marche. Eh oui: un petit mouvement d’arrière en avant pour venir toucher la piste. Juste avec le poignet. Chping, chping, chping.

Alors je réapprends à skier. Et j’essaie tant bien que mal de corriger mon “taper de bâton”. Et je sens que ça commence gentiment à rentrer. Ouf!

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