Don’t read if you can’t cry now [en]

No, not this post. But it’s a warning I’ve used twice in the last hour. I keep reading stuff that makes me cry. Because there’s that kind of stuff around, like my friend who just lost her dog, or this piece on the ugly truth behind kill shelters (tl;dr: people who let their pets reproduce, buy rather than adopting, and discard them when they become inconvenient). Cats who die in the diabetic cat group I manage.

Yeah, animal stuff, because the human stuff is worse and right now I can’t take it.

I’m spreading myself thin, too thin, the not enough butter on too much bread thing. A lot to do at work, a lot to do out of work, and a slippery slope I keep crawling back up and sliding back down where I struggle to set aside time and space and peace to recuperate.

I’m doing OK, though. A minor (minor? major?) crisis landed on my lap on Monday, and I didn’t disintegrate. So, I’m still winning against the slippery slope. But I know I have to be careful. Very careful. And I am being careful. I’m taking active measures to slow down, give myself “default mode” time, curb compulsive behaviours. But it’s not easy.

And all around me everybody seems overworked, stretched too thin, running after time and bandwidth. Is it worth trying to resist, or is this just how life is?

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Lecture d’été: Ma belle-mère s’appelle Rex [fr]

Pour ces journées caniculaires à ne pas mettre un chat sur le balcon, Sir Quintus vous recommande vivement la lecture de Ma belle-mère s’appelle Rex (aussi: amazon, fnac, page facebook — il est bien sûr dispo en kindle).

Un vétérinaire convaincu que sa belle-mère (un brin problématique, la belle-mère) s’est réincarnée dans le berger allemand que sa femme a adopté pour se remettre du décès de celle-ci. Est-ce qu’il débloque sous le coup du stress, le pauvre véto, ou bien est-ce que l’auteur (véto lui-même) veut véritablement nous embarquer dans une aventure surnaturelle? Vous le saurez en lisant le livre!

C’est une histoire pour les gens qui aiment les animaux, vous l’aurez bien compris, drôle et légère, idéale pour cette période où l’on désire se distraire sans se prendre la tête ou faire un grand huit émotionnel. Une lecture d’été 🙂

Et si les animaux c’était pas votre truc… pensez aux gens de votre entourage!

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Des cours sur les chats et leur comportement [fr]

[en] An inventory of the (now numerous) courses I have followed on feline behavior. The next one is on ageing cats, in two weeks.

Note: ne ratez pas le cours le chat âgé, le 12 juillet 19-22h à Semsales, près de Châtel-St-Denis! 60.- le cours; je fais le trajet en voiture depuis Lausanne et peux prendre du monde.

Si vous aimez les chats, si cet animal vous intéresse, que vous désirez mieux comprendre votre félin, améliorer votre relation avec lui, voire résoudre des problèmes de comportement: je ne peux que vous encourager à vous intéresser à une série de cours que j’ai suivis avec grand intérêt.

Bien sûr, j’avais l’intention de faire ici des comptes-rendus à mesure, mais vous savez comme c’est. Alors je vais vous faire un petit inventaire synthétique et aussi vous signaler le prochain cours, sur le chat âgé, qui a lieu le 12 juillet 2018. Il reste encore de la place. Les cours sont donnés par le vétérinaire comportementaliste que j’avais consulté à l’époque pour les problèmes de marquage de Tounsi.

Mon amie Claire, une blogueuse bien plus rigoureuse que moi, a écrit toute une série d’articles suite à ces cours que nous avons suivis ensemble. Je vais donc sans autre forme de procès vous aiguiller sur ses articles.

  1. Le premier cours qu’on avait suivi, Entre chat et moi, était le seul donné par une autre comportementaliste. J’avais trouvé extrêmement intéressant. D’où vient le chat, côté évolution? Comment vit-il? Comment fonctionne-t-il? En gros, qu’est-ce qu’un chat? (les notes de Claire). [note: j’ai commencé à mettre ici certains des points qui m’avaient frappé, mais ce sera pour un article séparé…]
  2. Le deuxième cours portait sur les jeux, activités, et occupations du chat. C’est suite à ce cours que j’avais écrit Le chat, animal si pratique, mais qui s’ennuie “à dormir” dans nos maisons, et fait une longue vidéo live sur Facebook. Comment occuper son chat, conçu pour passer une dizaine d’heures par jour à chasser, et enfermé la plupart du temps dans une cage dorée où la nourriture est servie sur gamelle? J’en étais ressortie avec plein d’idées pratiques pour améliorer le quotidien des mes chats, même s’ils sortaient déjà, ce qui enrichit déjà largement leur environnement. Lire les comptes-rendus de Claire: partie 1 (nourriture), partie 2 (jeux et activités), partie 3 (espace).
  3. Nous avons ensuite fait un petit détour par la nutrition (générale et thérapeutique). C’était fascinant aussi! La nourriture est vite un sujet de débat “religieux” parmi les propriétaires de chats, donc c’était bien d’avoir quelques notions de base, des outils, et un peu de science à laquelle se raccrocher pour garder son esprit critique. Ce que j’ai apprécié particulièrement lors de ce cours est qu’il n’avait pas pour but de débattre si cru, croquettes, humides, ou rations maison étaient “le mieux”, mais de clarifier quels sont les besoins nutritionnels du chat et nous aider à déterminer si tel ou tel régime est équilibré. La preuve, tant Claire que moi avons trouvé ce cours intéressant: elle donne de la nourriture crue à ses chats et moi des croquettes! Voici d’ailleurs deux articles qu’elle a écrits suite à ce cours: l’alimentation du chat, introduction et les conséquences d’un déséquilibre alimentaire.
  4. Le cours sur le développement du comportement du chat, même s’il se focalise pas mal sur le chaton, était aussi utile pour comprendre comment un chat devient un chat, et ainsi mieux rentrer dans sa “logique de chat”. Comme tout le monde, j’adore les chatons, mais je fais aussi campagne pour que les gens adoptent les adultes qui se morfondent dans les refuges plutôt que de simplement craquer pour un “chaton cromignon”, et donc je n’ai pas de grande expérience (ou intérêt) côté reproduction, mise à part m’être occupée de trois orphelins il y a déjà pas mal d’années de ça. Ce cours a abordé en particulier les questions d’inné et d’acquis, le mode d’apprentissage du chat, sa socialisation (à l’espèce féline et aux autres espèces). Claire a écrit Comment se développe le comportement du chat et Le développement du chaton, partie 1 et partie 2.
  5. Nombre de problèmes comportementaux sont dûs au stress et à l’anxiété, donc c’était utile de suivre un cours sur le sujet. Comme les humains ne sont pas stressés par les mêmes choses que les chats ou les chiens, on évalue souvent mal ce qui est source de stress pour notre animal. Avoir les clés, c’est précieux. D’une part pour que notre animal se sente bien, d’autre part pour réduire certains comportements non-désirés qui sont dûs à des stress évitables.
  6. Septième cours suivi (!): la communication féline. Un inventaire très utile des différents signaux émis par le chat (sonores, visuels, olfactifs, posturaux, etc) et leur interprétation. C’est plutôt complexe, mais vraiment intéressant. Depuis, je vois les soucis que la cécité de Quintus pose dans ses (rares) interactions avec Erica, quand ils se croisent dehors. J’ai aussi découvert les différentes fractions de phéromones, l’importance d’observer des choses comme la position des oreilles ou le diamètre des pupilles vu que les odeurs et les phéromones ne nous sont pas accessibles, et on a aussi parlé de l’impact de la “socialisation forcée” chez les chats obligés à cohabiter. Claire a écrit La communication féline pour débutants suite à ce cours.
  7. Dernier cours en date, la douleur chez le chat et le chien. Là aussi, sujet hyper important vu que le chat masque sa douleur et ne s’en plaint pas, et donc que celle-ci va se manifester à travers son comportement, qu’il s’agira d’interpréter correctement. Vous imaginez que c’est un sujet qui me tenait particulièrement à coeur, avec Quintus et toute son arthrose. Mieux comprendre les éléments physiologiques de la douleur m’a permis de comprendre un peu mieux comment agissent les différents médicaments qu’on a pour agir dessus. Comme toujours, Claire a été bien plus organisée que moi et elle a publié Qu’est-ce que la douleur chez le chat? Comment la repérer? Comment la soulager?

Dans deux semaines, je me réjouis vraiment d’aller suivre le cours sur le chat âgé. Quintus a 17 ans, âgé depuis un moment, et il présente plein de problématiques de vieux chats: douleur et maladie, handicap (cécité et difficultés de mobilité), activité réduite, un peu de désorientation… Je suis déjà relativement bien équipée pour m’occuper de lui, mais je me réjouis de compléter les lacunes dans mon “éducation féline”! Cet automne, j’ai prévu de suivre le cours sur l’intelligence des chats, chiens, et autres animaux. Et je me tâte même pour aller faire un petit tour chez le chien, animal que je connais moins bien que le chat mais qu’il m’intéresse aussi de comprendre.

Faites-moi signe si vous vous inscrivez au cours du 12 juillet!

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Les chats diabétiques: ce qu’il faut savoir [fr]

[en] A summary of my learnings around feline diabetes, since Quintus's diagnosis last November. If you have a diabetic kitty, run -- don't walk -- to the Feline Diabetes Message Board and sign up there. It will be your life-saver, and probably your kitty's, too.

Depuis novembre 2017 je suis plongée dans le diabète félin. Le diagnostic de Quintus m’a rapidement amenée sur felinediabetes.com, une mine d’informations et une communauté active qui m’ont bien soutenue jusqu’à sa rémission le 1er janvier.

Je suis ensuite allée me balader chez les francophones, et comme d’habitude, j’ai été sidérée par le décalage d’informations et de pratiques entre l’anglophonie et la francophonie. J’ai endossé ma cape de “passeuse”, et après m’être fait virer d’un premier groupe facebook parce que ce que j’amenais était “trop pointu” (pour les sous-entendu simples esprits fréquentant le groupe), j’ai ouvert le mien avec l’aide d’une petite équipe motivée à mettre le paquet pour réguler le diabète de leur chat au mieux: Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique.

Le groupe compte maintenant plus de 50 membres, l’esprit d’entraide y est génial, le niveau est bon, nous voyons nos premières rémissions.

Après le diabète de Quintus, je voulais faire un article complet pour rendre compte de ce que j’avais appris. En fait, l’article en question, il a pris la forme de ce groupe. J’y passe beaucoup de temps à rédiger/traduire des documents, expliquer des choses encore et encore… bref. Et j’apprends encore tous les jours: je fréquente aussi le forum allemand Diabete-Katzen (source du protocole sur lequel je me suis basée pour soigner Quintus). J’use de Google Translate et je me rends compte que j’ai quand même des beaux restes d’allemand!

Si vous avez un chat diabétique, je vous encourage vivement à rejoindre une communauté en ligne pour vous accompagner. Même avec la meilleure volonté du monde, votre vétérinaire ne peut pas vous offrir le suivi quotidien dont vous pourrez bénéficier dans ces communautés.

Pour les curieux, ou ceux qui voudraient le résumé, voici les points principaux que j’ai retirés de mes aventures au pays du diabète félin.

Rémission

Chez les humains, une fois qu’on est diabétique, c’est insuline à vie. Pas chez les chats. Avec le bon protocole, le taux de rémission est élevé: 84% pour les chats sous glargine (Lantus) ou detemir (Levemir) utilisant le protocole du forum allemand dans les six mois après le diagnostic (Roomp & Rand 2009: télécharger l’étude parue dans le Journal of Feline Medicine and Surgery; les instructions sur le forum allemand et leur traduction; la variante de FDMB et la traduction).

L’insuline utilisée (Lantus/Levemir), le régime (pauvre en glucides), le test de glycémie à domicile (indispensable), et la méthodologie d’ajustement du dosage sont tous des facteurs dans les chances de rémission. A partir du moment où Quintus a passé de caninsulin à Lantus et où j’ai commencé à suivre sa glycémie de près, il a fallu environ un mois pour qu’il entre en rémission. Dans son cas, son diabète était lié à une pancréatite, que l’on a également soignée, mais c’est pour dire que c’était un mois de boulot assez intense, mais nous sommes maintenant libérés de l’insuline, de ses contraintes et ses risques.

Dans le groupe que j’anime, nous avons un chat qui est en train d’entrer en rémission maintenant. Après un an sous Lantus sans surveillance de glycémie à domicile, deux graves épisodes hypoglycémiques symptomatiques, il fait ses premiers jours sans insuline également juste un mois après la mise en place du protocole de régulation stricte Roomp & Rand (changement de régime alimentaire, surveillance de glycémie à domicile, et dosage de l’insuline selon le protocole).

Insuline

Il y a différentes insuline. Je ne le savais pas (je débarquais côté diabète, ce n’était vraiment pas quelque chose que je connaissais). La plupart des vétos vont donner Caninsulin en première instance (des fois par obligation, suivant le pays). C’est une insuline développée à la base pour les chiens, dont la durée d’action a tendance à être un peu courte pour les chats.

Quintus a fait 10 jours avec, et au vu des résultats peu probants, il a passé à Lantus.

Si vous avez le choix, ma recommandation est vraiment de demander Lantus ou Levemir (ou ProZinc, qui est aussi pas mal). Si on doit travailler avec Caninsulin, on peut, et on a des chats dans le groupe qui sont correctement régulés avec. Mais c’est plus délicat, et j’ai l’impression que le risque d’hypoglycémie est plus élevé qu’avec une insuline plus douce.

Une autre insuline humaine relativement récente est degludec (Tresiba). Il y a visiblement eu des tests avec à l’hôpital vétérinaire de Zurich, un essai est en cours sur FDMB, et il y a eu des tentatives sur le forum allemand également. Cette insuline aurait une durée d’action encore plus longue que Levemir.

Test de glycémie à domicile

Même si les vétérinaires ne le proposent généralement pas d’office (les clients sont déjà flippés par le diabète et la lourdeur du traitement, certains refusent en bloc ou envisagent même l’euthanasie!), le suivi de la glycémie à la maison est indispensable.

Tout d’abord pour une question de sécurité. Est-ce qu’on imaginerait un diabétique humain se donner des injections d’insuline à l’aveugle, avec un contrôle toutes les quelques semaines? On sait tous que le risque mortel du traitement à l’insuline est l’hypoglycémie. On veut l’éviter. Donc on garde un oeil sur la glycémie.

Et je vous vois venir: prendre la glycémie ne fait pas mal au chat, à peine une piqûre de moustique, on prend vite le pli, et une fois qu’on a le truc en 30 secondes c’est liquidé. Comme on donne une petite récompense après, on a des chats qui arrivent en courant se mettre sur le table pour leur test de glycémie, d’eux-mêmes.

Quand on donne de l’insuline sans tester la glycémie à la maison, il y a deux risques:

  • l’hypoglycémie: les besoins en insuline évoluent. Le chat, en particulier, s’il est assez bien régulé, peut entrer en rémission ou voir ses besoins en insuline chuter. Si on ne teste pas, on le découvrira parce qu’on retrouve un jour son chat inanimé par terre au retour du travail (je rigole pas). Une hypo clinique, c’est beaucoup de stress (pour chat et maître), une hospitalisation souvent coûteuse, et on a de la chance si le chat s’en tire sans séquelles, et s’en tire tout court. Ne faites pas courir ce risque à votre chat.
  • l’hyperglycémie: comme on veut éviter de trouver son chat en plein crise d’hypoglycémie au milieu de la nuit, si on ne contrôle pas sa glycémie à domicile, on va sous-doser l’insuline. C’est tout à fait logique, comme attitude: sécurité d’abord. Mais l’hyperglycémie n’est pas sans risques (c’est pour ça qu’on donne de l’insuline aux diabétiques au lieu de les laisser baigner dans leur sucre): terrain propice aux infections, dégâts aux organes (reins entre autres), glucotoxicité (résistance à l’insuline), production de corps cétoniques (hospitalisation longue et coûteuse, peut être mortel — l’expérience des communautés de patients auxquelles j’ai accès est qu’on a plus de chats qui meurent de cétoacidose diabétique que d’hypoglycémie. Laisser un chat diabétique être mal régulé, ce n’est donc pas anodin ni sans risques.

Le test à domicile permet donc une bien meilleure régulation de la glycémie. Avec Lantus et Levemir, il permet même une régulation stricte: on fait en sorte que la glycémie reste à peu près 24h/24 dans des valeurs “non-diabétiques” (c’est l’objectif du protocole Roomp&Rand et cette approche n’est certainement pas étrangère au très fort taux de rémission). On utilise un tableau de suivi de glycémie pour pouvoir analyser les mesures faites afin d’ajuster le dosage.

Il existe des glucomètres pour animaux (le calibrage est un peu différent que pour les humains). Les bandelettes pour ces glucomètres sont toutefois vraiment chères. On peut sans aucun problème utiliser un glucomètre pour humains. Les valeurs sont légèrement décalées mais les instructions de dosage et les seuils de sécurité qu’on utilise sont prévus pour ces glucomètres humains. Peu importe que ce ne soit pas exactement la “vraie” valeur que mesurerait le labo: c’est assez proche pour nous permettre de suivre l’évolution de la glycémie, ajuster les doses en toute sécurité, et amener des chats en rémission.

Alimentation pauvre en glucides

L’alimentation joue un rôle énorme dans la régulation du diabète. La première chose à faire avec un chat diabétique, même avant de le mettre sous insuline, c’est de passer à un régime pauvre en glucides (moins de 8-10% en matière sèche).

Il y a des aliments thérapeutiques “spécial diabète” (j’ai utilisé ça, je ne voulais pas partir à la chasse à la nourriture juste avec tout ce que j’avais à gérer), mais il y a plein de pâtées pauvres en glucides qui coûtent moins cher et peuvent faire l’affaire. Les croquettes, même les plus pauvres en glucides, sont encore généralement assez élevées en glucides comparé à ce qu’on peut trouver dans les pâtées.

Procéder avec grande prudence si le chat est déjà sous insuline: le changement de nourriture va faire chuter les besoins en insuline, et si on fait ce changement brutalement et sans surveillance, on risque vraiment une hypoglycémie. Ça a failli m’arriver avec Quintus: j’avais changé sa nourriture, je n’ai pas pensé à le dire à mon vétérinaire (c’était le début, je n’avais pas réalisé à quel point c’était important!) — heureusement celui-ci m’avait prêté son glucomètre et dit de contrôler la glycémie avant injection. Si je n’avais pas fait le test ce matin-là (il était très bas) et injecté à l’aveugle, je n’ose pas penser à ce qui serait arrivé.

Corps cétoniques

On peut trouver facilement en pharmacie des bandelettes (ketodiastix) qui permettent de détecter le glucose et les corps cétoniques dans l’urine. Il suffit de la passer sous la queue du chat quand il urine (ou mettre un petit plastique pour récolter l’urine et y tremper la bandelette).

Même si on ne teste pas la glycémie à domicile, ce test-ci devrait être fait. C’est vraiment le degré zéro de la surveillance.

La quantité de glucose dans l’urine peut vous donner une idée de la régulation (même si c’est très imprécis). Et surtout, il faut s’assurer de l’absence de corps cétoniques. Si ceux-ci apparaissent, c’est vétérinaire direct!

On se retrouve avec des corps cétoniques quand le chat ne reçoit pas assez d’insuline, pas assez de calories, et a un souci supplémentaire comme par exemple une infection (je n’ai pas compris tous les mécanismes, mais grosso modo c’est ça). Donc une bête infection urinaire ou une gastro (le chat vomit) peut nous amener là. Une fois que les corps cétoniques ont fait leur apparition, c’est le cercle vicieux: la glycémie augmente, le chat est mal, il vomit… et si on ne fait rien, il finit par mourir.

Stress…

Il ne faut pas se leurrer: gérer un chat diabétique, c’est stressant, en tous cas au début. Il y a un tas de choses à apprendre, on craint pour son chat, on doit faire des gestes médicaux (injections etc) qui nous effraient peut-être. Si on veut assurer un bon suivi on va tester la glycémie plusieurs fois par jour, commencer à réguler la prise des repas, il va falloir être là toutes les 12h pour faire l’injection. Ça fait beaucoup.

En plus, on peut se heurter à l’incompréhension de notre entourage, qui trouve qu’on s’acharne, qui ne comprend pas qu’on puisse se donner tout ce mal “juste pour un chat”.

Suivant comment les choses se passent, notre confiance en notre vétérinaire peut aussi se trouver ébranlée. Plus ça va, plus il me semble que le diabète félin est un peu un “parent pauvre” de la médecine vétérinaire. A leur décharge, les vétos doivent “tout savoir sur tout”, et pas juste pour une espèce, le diabète félin n’est pas très courant, et beaucoup de maîtres vont hésiter devant la lourdeur du traitement: la prise en charge “standard” du diabète félin reflète ça. Mais c’est très inconfortable de se retrouver pris entre ce que nous indique le professionnel de la santé et ce qu’on trouve “sur internet”: on finit par ne plus savoir à quel saint se vouer.

Largement, toutefois, ce que je constate à travers les expériences des autres maîtres de chats diabétiques que je côtoie, c’est que quand les clients montrent à leur vétérinaire qu’ils sont motivés à faire une prise en charge sérieuse du diabète de leur animal, qu’ils comprennent ce qu’ils font, que leur méthode est solide, les vétos se montrent généralement ouverts, et parfois même ravis d’élargir leurs horizons.

A travers tout ça, pouvoir échanger avec d’autres personnes “ayant passé par là”, faire partie d’une communauté qui se serre les coudes et se soutient, c’est extrêmement précieux. Pour ma part, ça m’a clairement sauvée plus d’une fois du pétage de plombs 🙂

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Some Podcasts to Listen to [en]

[fr] Des podcasts à écouter.

Here are some episodes I recommend you listen to. There’s more to say, about these, other stuff, and life in general, but it’ll have to do for today.

By the way: if you use the Apple Podcasts app, like me, you probably also cursed the dreadful last update. Amongst other things, there’s no way to see what episodes are in my “play next” queue. I had high hopes when I saw there was a “recently played” list, but at least for me, it’s polluted by dozens of episodes supposedly played “yesterday”, at the top of the list. Thankfully, further down, there are the latest podcasts I’ve actually listened to. Which is something I’ve always wanted to be able to see.

So, here we go. A first batch on sexism and harassment at the workplace (you didn’t think I’d spare you that, did you?). Listen, particularly if you’re a man. Or if you think all this #metoo stuff is way overblown.

Then, about animal rights activists’ craziness. Remember the photographer sued for the “monkey selfie”? Well, listen to all the work he put in before thinking he’s benefitting from “animal labour”. (I’m leaving aside the discussion on the deeply flawed thinking – from a philosophical point of view – that underpins a lot of the antispeciesism animal rights ideology. Francophones might enjoy this piece by lawyer Maître Eolas on animals as subject vs. object of the law.)

99% Invisible is a podcast I didn’t think I’d like. But I do. It’s fascinating. Here’s a selection of stuff I’ve recently listened to, and that you should listen to too:

If you haven’t heard it yet and are up for a serial, you shouldn’t miss S-Town. And one of my favorite podcasts these days is Heavyweight — true stories, true people, going back to where things went wrong and trying to untangle things. Beautiful storytelling.

Happy listening!

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They Chose Tears [en]

[fr] Aimer un animal, c'est choisir les larmes, parce qu'on sait qu'on va le voir mourir.

7 years ago today, Bagha.
In less than two weeks, it will be a year since Tounsi’s death.
I don’t know how long Quintus has got. I hope it’s longer than I fear.

I’m not big on the whole “pet parent”, “rainbow bridge”, and “mommy” thing. My cats are my cats, even though there is a kinship of caring for children and pets. I don’t believe in anything outside of this material world, in any god or afterlife. I’m also not into lengthy quotation posts. But this tale tells a deep truth about loving a pet: it’s choosing tears.

THE LOVING ONES by Anne Kolaczyk

The little orange boy stopped. Behind him, kitties were playing, chasing each other and wrestling in the warm sunshine. It looked like so much fun, but in front of him, through the clear stillness of the pond’s water, he could see his mommy. And she was crying.

He pawed at the water, trying to get at her, and when that didn’t work, he jumped into the shallow water. All that got him was wet and Mommy’s image danced away in the ripples. “Mommy!” he cried.

“Is something wrong?”

The little orange boy turned around. A lady was standing at the edge of the pond, her eyes sad but filled with love. The little orange boy sighed and walked out of the water.

“There’s been a mistake,” he said. “I’m not supposed to be here.” He looked back at the water. It was starting to still again and his mommy’s image was coming back. “I’m just a baby. Mommy said it had to be a mistake. She said I wasn’t supposed to come here yet.”

The kind lady sighed and sat down on the grass. The little orange boy climbed into her lap. It wasn’t Mommy’s lap, but it was almost as good. When she started to pet him and scratch under his chin like he liked, he started to purr. He hadn’t wanted to, but he couldn’t help it.

“I’m afraid there is no mistake. You are supposed to be here and your mommy knows it deep down in her heart,” the lady said. The little orange boy sighed and laid his head on the lady’s leg. “But she’s so sad. It hurts me to see her cry. And daddy too.”

“But they knew right from the beginning this would happen.”

“That I was sick?” That surprised the little orange boy. No one had ever said anything and he had listened when they thought he was sleeping. All he had heard them talk about was how cute he was or how fast he was or how big he was getting.

“No, not that you were sick,” the lady said. “But you see, they chose tears.”

“No, they didn’t,” the little orange boy argued. Who would choose to cry?

The lady gently brushed the top of his head with a kiss. It made him feel safe and loved and warm – but he still worried about his mommy. “Let me tell you a story,” the lady said.

The little orange boy looked up and saw other animals gathering around. Cats – Big Boy and Snowball and Shamus and Abby and little Cleo and Robin. Merlin and Toby and Iggy and Zachary. Sweetie and Kamatte and OBie. Dogs too- Sally and Baby and Morgan and Rocky and Belle. Even a lizard named Clyde and some rats named Saffron and Becky and a hamster named Odo.

They all lay down near the kind lady and looked up at her, waiting.

She smiled at them and began:

A long long time ago, the Loving Ones went to the Angel in Charge. They were lonesome and asked the Angel to help them.

The Angel took them to a wall of windows and let them look out the first window at all sorts of things – dolls and stuffed animals and cars and toys and sporting events.

“Here are things you can love,” the Angel said. “They will keep you from being lonesome.”

“Oh, thank you,” the Loving Ones said. “These are just what we need.”

“You have chosen Pleasure,” the Angel told them.

But after a time the Loving Ones came back to the Angel in Charge. “Things are okay to love,” they said. “But they don’t care that we love them.”

The Angel in Charge led them over to the second window. It looked out at all sorts of wild animals. “Here are animals to love,” he said. “They will know you love them.”

So the Loving Ones hurried out to care for the wild animals.

“You have chosen Satisfaction,” the Angel said.

Some of the Loving Ones worked at zoos and wild animal preserves, some just had bird feeders in their yards, but after a time they all came back to the Angel in Charge.

“They know we love them,” they told the Angel. “But they don’t love us back. We want to be loved in return.”

So the Angel took them to the third window and showed them lots of people walking around, hurrying places. “Here are people for you to love,” the Angel told them.

So the Loving Ones hurried off to find other people to love.

“You have chosen Commitment,” the Angel said.

But after a time a lot of Loving Ones came back to the Angel in Charge.

“People were okay to love,” they said. “But sometimes they stopped loving us and left. They broke our hearts.”

The Angel just shook his head. “I cannot help you,” he said. “You will have to be satisfied with the choices I gave you.”

As the Loving Ones were leaving, someone saw a window off to one side and hurried to look out. Through it, they could see puppies and kittens and dogs and cats and lizards and hamsters and ferrets. The other Loving Ones hurried over.

“What about these?” they asked.

But the Angel just tried to shoo them away. “Those are Personal Empathy Trainers,” he said. “But there’s a problem with their system operations.”

“Would they know that we love them?” someone asked.

“Yes,” the Angel said.

“Would they love us back?” another asked.

“Yes,” the Angel said.

“Will they stop loving us?” someone else asked.

“No,” the Angel admitted. “They will love you forever.”

“Then these are what we want,” the Loving Ones said.

But the Angel was very upset. “You don’t understand,” he told them. “You will have to feed these animals.”

“That’s all right,” the Loving Ones said.

“You will have to clean up after them and take care of them forever.”

“We don’t care.”

The Loving Ones did not listen. They went down to where the Pets were and picked them up, seeing the love in their own hearts reflected in the animals’ eyes.

“They were not programmed right,” the Angel said.

“We can’t offer a warranty. We don’t know how durable they are. Some of their systems malfunction very quickly, others last a long time.”

But the Loving Ones did not care. They were holding the warm little bodies and finding their hearts so filled with love that they thought they would burst.

“We will take our chances,” they said.

“You do not understand.” The Angel tried one more time. “They are so dependent on you that even the most well-made of them is not designed to outlive you. You are destined to suffer their loss.”

The Loving Ones looked at the sweetness in their arms and nodded. “That is how it should be. It is a fair trade for the love they offer.”

The Angel just watched them all go, shaking his head. “You have chosen Tears,” he whispered.

“So it is,” the kind lady told the kitties. “And so each mommy and daddy knows. When they take a baby into their heart, they know that one day it will leave them and they will cry.”

The little orange boy sat up. “So why do they take us in?” he asked.

“Because even a moment of your love is worth years of pain later.”

“Oh.” The little orange boy got off the lady’s lap and went back to the edge of the pond. His mommy was still there, and still crying. “Will she ever stop crying?” he asked the kind lady.

She nodded. “You see, the Angel felt sorry for the Loving Ones, knowing how much they would suffer. He couldn’t take the tears away but he made them special.”

She dipped her hand into the pond and let the water trickle off her fingers. “He made them healing tears, formed from the special water here. Each tear holds bits of all the happy times of purring and petting and shared love. And the promise of love once again. As your mommy cries, she is healing. “It may take a long while, but the tears will help her feel better. In time she will be less sad and she will smile when she thinks of you. And then she will open her heart again to another little baby.”

“But then she will cry again one day,” the little orange boy said.

The lady just smiled at him as she got to her feet. “No, she will love again. That is all she will think about.” She picked up Big Boy and Snowball and gave them hugs, then scratched Morgan’s ear just how she liked.

“Look,” she said. “The butterflies have come. Shall we go over to play?”

The other animals all ran ahead, but the little orange boy wasn’t ready to leave his mommy. “Will I ever get to be with her again?”

The kind lady nodded. “You’ll be in the eyes of every kitty she looks at. You’ll be in the purr of every cat she pets. And late at night, when she’s fast asleep, your spirit will snuggle up close to her and you both will feel at peace. One day soon, you can even send her a rainbow to tell her you’re safe and waiting here for when it’s her turn to come.”

“I would like that,” the little orange boy said and took one long look at his mommy. He saw her smile slightly through her tears and he knew she had remembered the time he almost fell into the bathtub. “I love you, Mommy,” he whispered. “It’s okay if you cry.” He glanced over at the other pets, running and playing and laughing with the butterflies. “Uh, Mommy? I gotta go play now, okay? But I’ll be around, I promise.”

Then he turned and raced after the others.

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Le ronron du vieux chat [fr]

Dimanche 23h

Je voulais me coucher tôt, parce que demain sonnez clairons à 5h pour aller à Fribourg, après près de 10 jours de maladie.

Mais je ne dors pas, parce que sitôt la lumière éteinte avec Quintus contre moi, j’ai fondu en larmes, parce que bien sûr, si je suis en train d’apprendre tout ce sur quoi je peux mettre la main au sujet du diabète félin, de surveiller sa glycémie comme un aigle, de me demander comment je vais gérer les injections d’insuline à 6h et 18h tous les jours, c’est bien pour ne pas sentir combien je suis triste à la perspective de perdre Quintus.

L’anniversaire de la mort de Tounsi approche à grands pas, et je suis tout sauf sereine face à son absence qui s’éternise.

Aujourd’hui Quintus aurait pu faire une hypo. Il en a peut-être fait une, petite, sans signes cliniques. Hier et samedi soir j’ai veillé pour vérifier qu’il ne descendait pas trop bas, et frémi en voyant les mesures se rapprocher des valeurs préoccupantes. Je l’ai trouvé fatigué aujourd’hui. Hier aussi. Peut-être ce grand huit de la glycémie qu’il nous a fait. Il y aurait de quoi. C’est plus facile d’imaginer qu’un vieux chat va mourir quand il ne fait plus que dormir et semble n’avoir plus d’énergie.

Alors je ne dors pas. Il a fini par quitter mon lit, boire un peu, il m’a fait peine à voir, il a dû s’y reprendre à deux fois pour trouver sa gamelle, puis il est sorti direction le couloir, où est la nourriture. Je l’y ai amené, j’ai sorti l’écuelle de la gamelle à puce, parce que je commence à voir que ça le retient un peu de manger et que la pâtée un peu sèche ne le dérange nullement.

Après avoir bien mangé, il est revenu d’un pas plus assuré, a sauté sur le lit pour s’installer sur l’oreiller.
Et soudain, alors je m’occupe à ne pas dormir ni trop sentir, j’entends ce bruit régulier que j’avais cherché en vain aujourd’hui et une bonne partie d’hier: il me regarde et il ronronne.

Il n’a pas dit son dernier mot.

Vous pouvez suivre le grand huit de la glycémie en temps réel.

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The Speed of Time [en]

[fr] Réflexion sur le temps au travail et le temps à la maison, les chats malades et l'hiver.

Routine is settling in. As I have mentioned, my time seems to be shrinking. Or speeding up. It’s a good sign when time flies by, but it scares me. I look at my colleagues, some of whom have been in the same position, doing pretty much the same job, for decades — and try to imagine waking up ten years from now, getting up at the same time in the morning, going to the same place, doing the same thing with the same people. This is the life of many, but there’s something scary about it for me.

A year has passed since Tounsi started being ill. It was early November. He had his MRI early December. He died January 1st. It still feels very recent. His ashes are still in a little box in my bookcase — I haven’t felt ready to spread them in the garden yet. I think I should just do it.

Quintus hasn’t been well lately. I took him for a checkup before starting my new job. He has pancreatitis, and developed diabetes as a result. He’s on insulin now (it’s been 10 days) and we are hoping to get the pancreatits under control. He’s been improving, slowly, with a bit of back and forth. But I have to face things: he’s an old cat, going on 17, and we’re lucky he’s still around. I treasure every extra week I get with him, and hope it will be months. But there are no certainties.

And so I face another winter with the prospect of possibly losing a cat. Bagha died just before Christmas, too. I don’t believe in magic, so I’m not scared winter is “more dangerous” for my cats than any other time of the year. But it does mean that I have had some difficult winters — including the one following my mother’s death when I was a child.

My preoccupation with Quintus makes me feel my hours away from home with a particular awareness. My days at work don’t feel long, but my time at home feels short. A week is a handful of waking hours. I’ve become somebody who doesn’t want to spend any more time away from home than absolutely necessary.

My professional ambition right now is a job that allows me to come back home for lunch. That would be just wonderful.

 

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Un chat c’est CHF 2000.- par an [fr]

[en] A rough calculation based on the 20 years of cat-life in my home tell me that in Switzerland, one should budget roughly CHF 2000.- per year and per cat, food and meds included. It's an average. But knowing this might help us see less people in Facebook groups saying they won't spay their cat because it's too expensive (hey, kittens are expensive too!) or can't take their sick cat to the vet because they don't have the money.

En moyenne. Sur une vie de chat. A la louche.

Ça paraît beaucoup, hein?

En faisant ma compta 2016, je me suis amusée à extraire mes frais de vétérinaire. C’était une mauvaise année. La première pancréatite de Quintus, la maladie de Tounsi.

Un jour, au guichet après une consultation, je mentionne le chiffre à l’assistante. Elle n’est pas étonnée. Et elle m’en donne un autre: le montant que j’ai dépensé chez eux, depuis 17 ans que je suis leur cliente.

Alors j’ai fait des calculs. Sur 20 années de vie de chat en moyenne, à la louche, en rajoutant un bout pour les consultations d’urgence hors du cabinet, les spécialistes, le Tierspital. Bagha, Safran, Tounsi, Quintus, Erica, une poignée de chatons. Ça comprend les croquettes (médicalisées parfois) et les médicaments. Les vaccins, les bobos, les grosses maladies, les accidents, les mystères.

Et à la louche, un chat, ce serait sage de budgeter CHF 2000.-/an.

Certes, il y a des années qui ne coûteront pas grand-chose. Et des chats qui ne coûteront pas grand-chose. Une moyenne, c’est une moyenne. Mais je me dis que se rappeler qu’un chat c’est 2000.-/an au budget, ça éviterait les gens qui se plaignent sur Facebook du prix d’une stérilisation (les chatons ça peut coûter cher aussi, en passant), ou qui “n’ont pas les moyens” d’amener leur chat clairement malade chez le vétérinaire.

Le jour où on a un souci sérieux avec un chat, on est vite dans les grosses centaines de francs, et facilement dans les quelques milliers. Il vaut mieux y avoir pensé avant.

Pour ma part, je me dis que deux chats, c’est un nombre sage pour moi.

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Piège de l’empathie [fr]

Je l’ai fait de nouveau. Je voulais poster quelque chose ici, et pour faire bien, vous savez, écrire un peu sérieusement, j’ai commencé à réfléchir, je me suis perdue dans un terrier de lapin, et je n’ai pas écrit l’article, parce que mes idées ne me satisfaisaient pas.

A ma décharge, j’ai envoyé une newsletter de liens, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps.

C’est ceci dont je voulais vous parler:

Ça parle d’empathie, de compassion, et c’est l que je me suis perdue, car ces mots sont utilisés pour dire tout et son contraire (si si quasi) par plein de personnes différentes. La compassion de l’un est l’empathie de l’autre, et vice-versa. Bref.

Vous savez, il y a quelque temps, je parlais des gens aimant les animaux qui se permettaient d’être détestable et hyper jugeants avec les humains. Et en écoutant le début de cette conférence, je crois que j’ai trouvé la clé pour comprendre ce qui se passe.

L’empathie, au sens de “sentir/souffrir AVEC”, ne nous rend pas meilleurs. Quand on souffre, parce qu’on s’identifie à la souffrance de l’autre (ce qui correspond assez bien à ce profil “d’ami des animaux” vindicatif qui me dépasse), on réagit en être qui souffre. On attaque, on juge, on blesse, on veut faire mal.

La compassion, au contraire, implique une certaine distance. Comprendre, être à l’écoute, mais sans voir s’effondrer la frontière entre soi-même et l’autre.

L’excès d’empathie (dans ce sens, hein), nous associe à ceux qui nous ressemblent au détriment de ceux qui nous sont plus distants. C’est comme ça qu’on se retrouve à tuer des médecins pratiquant les avortements aux Etats-Unis, à justifier la haine de l’autre par le fait qu’il y a “d’abord une victime”. La perspective et la vision grand angle sont absentes. Une politique basée sur l’empathie “à vif” est catastrophique.

Même s’il s’agit “juste” de prendre soin des animaux, il faut réussir à trouver cette posture qui reconnaît la souffrance mais ne se laisse pas envahir par elle au point de ne plus voir que la victime, et de faire sienne sa détresse.

Un autre exemple très pertinent que donne le chercheur est celui du thérapeute. Si je vais chez mon thérapeute et que je suis angoissée, déprimée, en souffrance, je ne veux surtout pas que celui-ci, par empathie, sente en lui mon angoisse, ma dépression, ma souffrance. Il serait bien en peine de faire ainsi son travail. Au contraire, j’ai besoin de sa part d’écoute, de compassion, de compréhension, et de sérénité pour qu’il puisse m’accompagner.

Bref, je vous invite à écouter cette vidéo, au moins les dix premières minutes, si l’anglais n’est pas votre zone de confort.

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