Grieving My Little Feline Family [en]

I am so unbelievably sad to be left without my beautiful Quintus. I don’t want my life to be without him. I miss him, physically. I loved holding him in my arms, feeling him rub his head against mine, even licking my cheek, though his tongue was very rough, it was a mark of affection that I understood and welcomed. He slept on my pillow or next to it every night, give or take a few, for over eight years. I would bury my head in his tummy to fall asleep, wake up to his soft fur next to my face and a gentle purr. All that is gone, forever. It hurts so much that I’ve been setting it aside these last weeks, as I tried to get back on my feet after the ten terrible last days of his life, where I agonised over whether it was indeed time or if he could still make it for a bit that would be worth living.

And now, when I try to sleep, when I manage to stop work-related stress from spinning in my head and finally relax, grief come roaring in, all the more I guess because this is the time where I would most need him, companion of my evenings, of my nights, of my coming-back-to-consciousness when morning arrives. If only he hadn’t had to grow so old and die. I’m grateful for the time we had, and I know that it was time to let him go, but still, I wish there was a way to not have had to. I wish I could still have him near me, trying to crawl into my lap, pushing the computer away to squeeze in, stealing my pillow during the night. I wish I could still spot his graceful feline form in my flat, go to him for comfort when I need it, watch him enjoy a cat’s life.

But no, he’s gone. Gone forever. Forever. I want more time to say goodbye. More time before he has to go. But it’s too late, too late, all I’m left with are memories and pain and en empty spot at the corner of my bed where he spent most of his last months. I know it’s inevitable, I know he’s gone, but I don’t want to have to deal with this. I really don’t.

There is a little box with his remains and his paw print on my night-stand. It comforts me a bit that “he” is there, just next to his spot. It’s not him of course, but a symbol of his presence, and it makes me feel like he’s still somewhat there. Which he is not. I’m not in a hurry to spread his ashes. I will wait until the time feels right. I know already it will be months rather than weeks.

I hate being sad. I guess nobody likes being sad. But I feel like I particularly hate it. In these moments of deep sadness, I stop caring about anything, myself included. I just want to escape, stop feeling. Lose myself in something else, even if I pay for it in some way later.

I still have the box that contained Tounsi’s ashes, even if they have now long since gone back to the earth in the garden he liked to patrol. I put Tounsi’s box next to Quintus’s. I really loved these two cats so much. I loved how they were together, and with me. They were my little feline family. Something broke when Tounsi died. I wasn’t ready at all. And after that it was long years of fear that I’d lose Quintus too, his health slowly declining, each year bringing a new scare, each year thinking it would be the last, that he wouldn’t reach his next birthday. It was so hard the first year or two. I had prepared myself to long years with Tounsi once Quintus would be gone, but that’s not at all how it went. Things don’t go to plan.

I still miss Tounsi. He was a really special cat. I guess all cats are special, but he was particularly special to me. Because he was weird and astonishing, but I “got” him. Bagha and Quintus were wonderful and extraordinary cats, and I’ll never thank Aleika enough for bringing them into my life. They were “real cats”. Tounsi was different. Less feline, more like something of a puppy trapped in a cat’s body. Maybe not too sure about how to be a cat, at times. Losing him was devastating. And losing Quintus now feels like it’s not only the end of his own chapter, but also Tounsi’s.

Quintus and Tounsi were close. It didn’t come immediately, and I worked with them for it, but they slept together, groomed each other, play-fought. Quintus followed Tounsi when they were outside and he was starting to lose his eyesight. I’d always find them in the same room. Where one went, the other followed not long after. It was the little feline family I’d imagined when I decided I would adopt two cats.

I miss my old Quintus. Right now I’d like to scoop him up in my arms and hold him close and pet him while he purrs and headbutts my chin. But I can’t, because he died three weeks ago. I miss him so much.

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Quintus, étapes d’un adieu (3) [fr]

Quintus, étapes d’un adieu (2)

11.12.2020 19:54

Quand j’exprime ici ma peine face à la mort à venir de Quintus, je mesure la chance que j’ai d’être entourée (pas par hasard) d’autant de personnes qui comprennent la peine de perdre un animal de compagnie, et l’immense difficulté de planifier sa mort.

Ne pas être reconnu dans sa peine ou sa douleur peut amplifier celle-ci. On le sait bien. Entendre “ce n’est qu’un chat”, on sait tous ce que ça nous fait. Exprimer sa peine a un sens si elle peut être reconnue, si on peut être rejoint par autrui dans ce qu’on vit.

Le deuil non reconnu isole; on se replie sur sa douleur, on se détache d’autrui car être incompris dans sa souffrance l’attise encore. Ce n’est pas pour rien qu’on a toute une collection de rituels sociaux autour du deuil, qu’on enterre ou incinère nos morts, qu’on se rassemble pour honorer leur mémoire, pour être en lien dans notre peine.

C’est ça qui est important: être avec. Non pas rassurer ou essayer de réconforter. On ne peut rien faire de la peine d’autrui, qu’en être témoin. La vidéo de Megan Devine dans les commentaires le montre à mon avis très bien. Il suffit d’être avec. C’est simple, mais pas toujours si simple, en fait.

La peine de l’autre vient souvent réveiller la nôtre. Il arrive, sans mauvaise intention, qu’on cherche en fait en rassurant l’autre à se rassurer soi-même aussi, avec nos valeurs et nos croyances, qui ne sont pas toujours celles de la personne en peine. Par exemple, parler à une personne qui ne croit pas en Dieu de paradis ou de vie après la mort, parce qu’on y croit, nous aide nous, mais risque de laisser la personne en deuil encore plus seule avec sa douleur – l’idée du paradis ne la réconforte pas du tout, puisqu’elle n’y croit pas.

Chacun fait comme il peut avec la mort. On est tous mal pris face à elle. On se débat un peu comme des moucherons prisonniers d’une toile d’araignée, on s’agite pour essayer de s’en sortir, et nos efforts secouent toute la toile, y compris les autres petits moucherons prisonniers.

Alors j’aimerais vous remercier. De me lire. De pleurer avec moi. D’être là. De me rejoindre dans ma peine. Elle est moins lourde à porter car je suis moins seule. Et ça, c’est le meilleur des réconforts.

12.12.2020 23:30

Ce soir, j’ai peur de manquer de courage. Après une journée où j’ai senti très fort combien j’étais cotonnée dans le déni, j’ai fait un effort énorme pour me rappeler que dans 3 jours, peut-être 2, tout est fini. J’ai un rendez-vous. Ton rendez-vous avec la mort.

Ton poil est beau. Tu as quasi retrouvé ton autonomie “vitale”. Tu as récupéré de la stabilité sur tes pattes, même si ça reste fragile, comme ça l’était d’ailleurs déjà avant cette crise. Tu ronronnes, tu frottes ta tête contre ma main ou mon visage, tu me lèches la joue, tu fais un brin de toilette après ton repas.

C’est tellement dur. Si au moins tu déclinais! Mettre fin à ta vie me semble complètement abstrait.

J’ai peur de manquer de courage et de tout annuler, de te laisser survivre encore un peu, parce que c’est trop dur pour moi de te dire au revoir, adieu, parce que j’ai trop de mal à l’idée de t’endormir alors qu’en fait tu sembles l’avoir surmontée, cette crise, et que même si tu es affaibli tu restes “encore capable”…

J’ai envie de te garder encore un peu près de moi. Je sais, je vois ce qui va, pas ce qui ne va pas.

Je vois que tu manges, que tu bois, que tu utilises ta caisse, que tu arrives à te déplacer tout seul pour ces choses, que tu aimes ma présence et mes caresses, que tu es confortable sur ton dodo, que tu t’étires, que parfois tu te nettoies la patte ou le museau, que tu viens appuyer ta tête contre la mienne quand je la pose près de toi.

J’oublie de voir que tu ne cours plus, que tu marches avec peine, que tu trébuches en descendant tes petits escaliers sur-mesure. Que tu ne chasses plus, que tu ne vas plus dehors, que tu n’inities plus d’interaction ni avec tes congénères ni vraiment avec moi, que tu ne demandes plus à sortir, que tu n’appelles même plus le service d’étage. Que tu n’es peut-être maintenant plus capable de marcher jusqu’au balcon, que tu ne joues plus, que tu ne fais plus ta toilette mis à part quelques coups de langue symboliques, qu’aller à la caisse, tu arrives mais c’est un effort, que tout déplacement ou changement de position te coûte. Tu ne vois plus depuis longtemps, ton monde s’est rétréci, tellement rétréci qu’il ne se passe au final plus rien ou presque.

L’essentiel de ta vie est derrière toi. Ce que tu pourrais encore vivre n’est rien à l’échelle de la richesse de ta vie. Ce que tu avais à vivre, tu l’as vécu. C’est fait. Il ne reste que quelques miettes, et c’est pour ces miettes que je me torture, que je me dis qu’il faudrait peut-être attendre, ou ne pas attendre, et je tergiverse, un jour oui, un jour non, essayant d’écouteur mon coeur, et aussi ma tête, de faire le tri entre la sagesse et les propres peurs de ceux qui m’entourent, essayer de décider ce qui est mieux pour mon trop vieux chat et pour moi.

Juste là je ne sais vraiment plus. J’aimerais dire “allez, pas cette fois, tu as encore du temps”. J’ai peur de regretter d’attendre trop, j’ai peur aussi de regretter d’aller de l’avant avant de me sentir vraiment prête. Mais peut-être que mettre fin à la vie de mon doux compagnon est quelque chose pour lequel je ne me sentirai jamais prête. J’avais peut-être l’illusion que dans un processus lent, où l’on a des choix, j’aurais l’occasion de me préparer. Mais peut-être que ce n’est pas possible, et que je dois juste décider, et que cette mort sera pour moi aussi brutale que les autres, celles que je n’avais pas vues venir, alors même que c’est moi qui en aurai fixé la date et l’heure.

Ce soir, je me sens juste très, très perdue.

***

Clairement, il est “à son avantage” sur cette photo et cette vidéo, mais c’est ce que je vois et qui me rend la décision si dure… Faut-il attendre qu’il se dégrade encore et encore, et souffre clairement? Le chat cache sa souffrance, je le sais, je sais qu’il est perclus d’arthrose, que sa masse musculaire a fondu comme neige au soleil (il a perdu 250g lors de cette crise et je doute fort qu’il y ait un monde possible où il les reprendrait), qu’il est très diminué… Je ne sais vraiment plus, là. J’ai arrêté les perfs, je suis en train d’arrêter de le nourrir “activement” (autre que lui proposer sa gamelle ou le mettre devant, mais plus de seringue, et quasi plus de nourriture reconstitutive)… on est en train de revenir au “régime d’avant” côté soins… il est “juste” plus faible.

***

Franchement, là je comprends vraiment qu’on soit tenté de se tourner vers la “communication animale” (en laquelle je ne crois pas) pour y chercher un peu de certitude ou de réconfort, ou de vouloir croire que tout ne s’arrête pas avec la mort, que finalement mourir ce n’est pas si grave, c’est libérer son esprit pour rejoindre le Grand Tout (qu’importe comment on le conçoit)… à nouveau quelque chose en lequel je ne crois pas du tout.

Comme tout serait plus simple si je croyais que Quintus pouvait me “dire” ce qu’il veut, ou me réconforter de l’au-delà en me disant qu’il est dans un lieu meilleur! Comme ce serait plus simple et rassurant…

Mais ce n’est pas pour moi. Pour moi il y a l’incertitude, la solitude devant le choix, ma certitude que quand le corps s’arrête, l’existence cesse.

C’est clair que s’il mourait “de lui-même” cela m’épargnerait cette décision, mais d’une part je n’y crois pas (il n’a pas une maladie qui est en train de le tuer, si ce n’est “l’âge”, toutes ses maladies chroniques sont bien gérées et sous contrôle), et d’autre part je pense que si ça arrivait je considérerais que j’ai failli à ma mission de l’accompagner correctement dans ses derniers instants, en étant là près de lui, en faisant au mieux pour minimiser sa souffrance.

14.12.2020 10:58

Je ne serai jamais prête, mais ma décision est prise. Ta qualité de (sur)vie n’est plus une vie. La vétérinaire viendra cet après-midi. D’ici là, je vais assurer ton confort autant que possible, et rester près de toi. ❤️

Il y avait du soleil, alors on est sortis un petit moment sur le balcon, que tu puisses humer l’air du dehors.

Je t’aime, mon p’tit vieux.

14.12.2020 21:06

Tout doucement
Sans un bruit
Le vieux chat
Est devenu si léger
Qu’il s’est envolé.

Dans le cœur
De sa maîtresse
Un grand trou
En forme de chat
Lourd, si lourd
Qu’elle est clouée au sol.

Quintus (02.02.2001-14.12.2020)

14.12.2020 21:40

Juste là je suis dans cette espèce de zone étrange, un peu irréelle, où j’ai mal aux yeux à force d’avoir tant pleuré, où la place de mon vieux chat au coin de mon lit est vide et froide, mais où je ne sens en fait pas grand chose. Je suis calme, un peu détachée, je sais que Quintus est mort mais c’est comme si “j’imprimais” pas.

J’essaie d’accepter d’aller avec mes mécanismes de défense. Ils sont là pour une raison. Il m’ont permis de profiter d’un excellent repas que je me suis fait livrer. Ils vont me permettre de dormir. Ils me permettent, alors que je peine à accepter l’énormité de ma perte, de fonctionner un tant soit peu.

Alors je ne lutte pas, je suis le mouvement.

J’ai eu très vite envie de ranger un certain nombre de choses liés à Quintus. Lors des décès de Bagha et Tounsi, j’ai pris mon temps pour faire disparaître les traces de leur vie dans mon quotidien. Je suis du genre à y aller doucement. Mais là, vu l’importance des aménagements faits pour Quintus dans notre espace de vie, j’avais besoin de reprendre un peu pied dans “mon” appart. Alors j’ai rangé les tapis chauffants, déplacé deux-trois gamelles, mais surtout mis au bout du lit l’escalier qui longeait ma table de nuit et m’obligeait à crapahuter via le pied du lit pour y monter. Quintus étant aveugle, je devais me plier à ses habitudes si je ne voulais pas qu’il se blesse. Ça fait très bizarre, ce nouvel “aménagement” autour de mon lit.

Oscar est installé sur le lit, couché contre mon pied, alors que j’écris. Depuis janvier ou février, Oscar passait ses nuits dans le salon (sa résidence initiale) pour que Quintus puisse manger correctement durant la nuit son régime spécial pour vieux chat malade. Ça aussi, ça change.

Je pensais qu’en me préparant, en sachant d’avance la date et l’heure, ce serait plus facile. Mais ça ne l’est pas. C’est même pire que d’être au pied du mur et n’avoir pas le choix, face à un animal qu’on aime qui souffre visiblement et est proche de l’agonie. Depuis 10 jours, le poids de cette décision à prendre m’écrasait, et j’oscillais entre espoir et douleur, doutes et culpabilité. Tout ça s’est envolé avec Quintus. Je me sens libérée. Mais je n’ai pas moins mal, en fait, d’avoir perdu mon chat.

Même si l’effet de sidération est moins fort que face à une mort inattendue et brutale, il demeure. Il y a quelque chose dans la mort qui nous échappe, du moins qui m’échappe, qui est impossible à conceptualiser. Comme ces trous dans le réel qu’on rencontre parfois dans les histoires fantastiques, ces espaces au bord du monde qu’on n’arrive simplement pas à regarder tellement ils ne sont pas là.

Je vais donc accepter cette légère sidération. Quintus n’est pas là, mais émotionnellement c’est comme si ce n’était pas définitif. Ça, je pense que ça se corrigera avec le temps. Je sais que les jours à venir ne vont pas être drôles. Mais je suis reconnaissante de pouvoir respirer un peu, au moins quelques heures, au milieu de ce gros temps émotionnel.

15.12.2020 14:36

Aujourd’hui est bien moins pire que ce que j’imaginais. Je suis épuisée, je suis triste, évidemment, mais ce qui domine c’est le soulagement.

Quand Bagha puis Tounsi sont morts, j’avais eu une peine immense à ranger leurs affaires. Il m’avait fallu du temps. Tranquillement. Je pensais qu’il en serait de même maintenant avec Quintus. Mais en fait non, pas du tout.

J’ai réalisé en rangeant que l’essentiel de ses “traces” dans notre lieu de vie partagé, ce sont des traces de sa maladie, de sa vieillesse, de son déclin. L’escalier pour accéder au lit, le long de ma table de nuit, et le pouf à côté pour le rattraper s’il se ratait, ce n’était pas du tout pratique pour moi. Mais il devait être là, car Quintus s’attendait à le trouver là, et si je l’avais déplacé, il serait tombé du lit en voulant descendre. Il y a plein d’exemples comme ça.

J’ai aimé ce chat de tout mon coeur. C’est un amour qui venait avec son lot de contraintes. Des aménagements pour tenir compte de sa cécité et de ses problèmes de mobilité. Des médicaments à donner. Le séparer d’Oscar pour la nuit afin qu’il puisse se nourrir au mieux. Passer chez le vétérinaire presque toute les semaines (sans lui, heureusement). Être limitée dans mes déplacements et mes absences. Avoir peur, depuis des années, qu’il lui arrive quelque chose, que le mois prochain ce soit la fin, être peinée de son déclin. Et ces dix derniers jours, la douleur et l’angoisse quotidienne de vouloir faire au plus juste pour sa fin de vie.

Je ne regrette rien. Il a été un merveilleux compagnon, et méritait le temps et l’énergie investis pour adoucir ses vieux jours. Mais l’essentiel de sa vie, ce n’est pas ces quelques dernières années où il était en permanence “sur le fil”. En allant regarder des anciennes photos, j’ai repris conscience à quel point il était devenu l’ombre de lui-même, mine de rien. Il était toujours là, toutefois: le mois passé encore, il me sommait d’un miaulement rauque (“service d’étage! y’a quelqu’un?”) de venir près de lui une fois arrivé sur le lit. Tant que la température le permettait cet automne, il mettait le cap sur le balcon dès mon lever, et j’avais intérêt à avoir ouvert la porte, et Oscar avait intérêt à ne pas s’être installé sur “son” bout du canapé.

Je suis triste et il me manque, mais je ne suis pas en désespoir. J’ai la conscience tranquille d’avoir fait tout au mieux. Il a vécu une belle et longue vie, d’abord avec Aleika, puis avec moi. Une vie de chat, qui sortait, qui grimpait aux arbres, chassait, se frittait avec ses congénères, comme en témoignent ses oreilles. Une vie de chat qui ronronnait sur les genoux et sur l’oreiller, qui avait une confiance totale en l’humain, qui a été capable de créer un lien fort avec Tounsi alors même qu’il n’était plus tout jeune, qui a été une super nounou pour trois chatons orphelins. Un chat beau et doux, tolérant mais avec les idées bien arrêtées, qui a vécu dans deux pays, qui montait au chalet et faisait la sieste comme personne, que ce soit dans les fourrés, sur le canapé, ou sur la tête de quelqu’un dans un lit.

Je crois que je suis aussi en paix qu’on peut l’être en pareille circonstance. Merci à vous tous pour votre présence, pour les échanges, pour les mots gentils. J’ai été bien entourée et c’était précieux.

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Quintus, étapes d’un adieu (1)

06.12.2020 19:41

Quintus est allé manger dans sa gamelle trois fois cette dernière heure. Son sachet de nourriture habituelle. Il descend du lit par l’escalier, même s’il est faible sur ses pattes, et remonte se mettre sur son dodo avec le coussin chauffant.

Quand j’envisageais les scénarios pour la suite, aux moments les plus sombres, je me disais que la seule situation où je pouvais envisager de “continuer” mardi et au-delà c’était s’il était autonome pour manger, boire, aller à la caisse et maintenir sa température. Car même si je rentre à midi, s’il ne gère pas ça, c’est juste pas possible.

A croire qu’il m’a entendu. Je suis très désarçonnée et déboussolée. Cette nuit je croyais honnêtement qu’on l’endormirait cet après-midi. Durant la journée le doute a grandi, mais je n’imaginais pas du tout qu’il mangerait aussi bien.

Je me retrouve comme devant un gouffre. Cela fait deux jours que je me projette dans une euthanasie. Pas tant “si” que “quand”. Un peu de “si”, mais surtout du “quand”. Le bon moment pour lui et pour moi. J’ai pleuré, pleuré, essayé d’imaginer mardi sans lui, un autre équilibre pour ma vie, senti aussi la part de soulagement qu’il y aurait pour moi à être libérée de ma peur constante de le perdre, de la charge que représentent les soins – même si je le fais évidemment de bon coeur.

Et là… peut-être qu’on repart “comme avant”. Ce n’est pas la première fois qu’il nous aura fait le coup, de revenir des portes de la mort. Je pensais qu’il avait épuisé ses 9 vies, mais visiblement non. Evidemment tout peut encore dégringoler cette nuit… mais vu la tournure que prend ce soir, j’en doute. Son poil est joli. Il n’a même pas vraiment perdu de poids, même si c’est artificiel, car il a eu des perfs. Il lève bien la tête et me regarde quand je l’appelle.

C’est vraiment dur, ces désespoirs et espoirs. De plonger dans la tristesse du deuil et finalement “ah ben non, ce sera pour la prochaine fois”. Non que j’aurais préféré que ce soit “cette fois”, j’aime ce chat de tout mon coeur et je chéris chaque jour de plus que j’ai avec lui. Mais c’est dur, bon sang. J’ai l’impression d’être dans une lessiveuse émotionnelle: à fond dans un sens, puis à fond dans l’autre.

Je me souhaite une nuit paisible. Quant à lui, soit il gère sa nuit, soit il ne la gère pas: il y a là une croisée de chemins qui n’est pas entre mes mains.

07.12.2020 6:52

Cette nuit j’ai dormi. Toi, tu n’as pas mangé autant que j’aurais espéré. Je ne suis pas sûre que tu aies mangé, après hier soir. Mais tu as utilisé ta caisse, tu as maintenu ta température, tu n’es pas resté au froid sur le parquet.

A un moment donné, tu t’es agité – peut-être as-tu simplement raté la marche en voulant descendre du lit ou te retourner. Je t’ai pris sur moi, tu es resté longtemps, immobile, chaud.

Je t’ai dit que c’était OK, que tu pouvais arrêter de te battre si tu en avais assez, que j’étais prête à te laisser partir. Je t’ai dit ça pour moi plus que pour toi. Je ne crois pas que tu comprends mes paroles, mais je sais que les dire change mon état intérieur, et qu’à travers notre lien, mon état intérieur a un impact sur toi.

J’ai pensé que ça pourrait être la fin. Tu respirais peut-être un peu vite, mais surtout, tu restais sur moi sans t’en aller, tout mou sous mes mains.

Enfin, tu as bougé. Tu t’es posé sur le lit à côté de ton tapis chauffant. J’ai mis ma tête contre la tienne, je t’ai dit encore des paroles que tu ne comprends pas mais qui m’ont fait du bien. Tu as frotté ta tête contre la mienne, puis contre mes doigts, tu as léché mon nez “comme d’habitude”, et ronronné un peu.

On me dira que c’est un message, que tu veux me dire quelque chose. Je n’y crois pas, dans ce sens. Je pense que tu exprimes ton état, pas que tu communiques avec intention. Et certes, l’état que tu exprimes, c’est un message pour moi: tu es encore là, il te reste un peu de goût à la vie, même si c’est surtout celui de mon nez.

Alors on verra ce que ce jour amène. Si on repart pour un tour, ou si ces dernières 24 heures n’étaient qu’un petit “mieux mais pas assez” avant de se dire adieu pour de bon.

07.12.2020 21:10

Une journée un poil plus sereine aujourd’hui. Je suis épuisée émotionnellement. A un certain niveau, je n’en peux plus et j’aimerais que ça s’arrête. Les petits progrès de hier sont encore là, dans l’ensemble. On a une certaine stabilité. Mais elle n’est pas suffisante. Elle ne permet pas une vie durable.

J’ai fait le point ce matin avec mes vétérinaires. Il y a un mieux, alors on continue encore quelques jours ce qu’on a fait jusqu’ici, pour lui donner une chance.

Mais le problème de fond ne s’en ira pas: Quintus est vieux, très vieux, trop vieux même. Son corps est usé. Si on surmonte cette crise, il y aura la prochaine. Et la suivante. Et la suivante. Et il ne faut pas se leurrer, à cet âge-là se retrouver aux portes de la mort ne rend pas plus fort.

Il était déjà tellement frêle.

Je regarde ses pauvres vieilles pattes qui ont encore fondu. Son poil reste joli (il a un pedigree mine de rien, il faut assurer!) et il reste quand même un peu de chat sous la main quand on le caresse, mais à quoi bon si ses pattes ne le portent plus? Et juste là, mis à part l’appétit peu présent (il remange, mais ça ne veut pas dire qu’il mange assez pour se maintenir), le gros souci c’est sa faiblesse. Difficile de se nourrir correctement quand c’est trop fatiguant de se tenir devant le bol pour manger.

Alors on se donne quelques jours. Un peu pour lui, surtout pour moi, j’en ai conscience. Quelques jours pour voir si on revient en arrière, si on stagne, ou si on progresse. Dans les deux premiers cas la réponse sera claire: on va s’arrêter. Dans le dernier… il faudra voir jusqu’où: pourra-t-il récupérer une qualité de vie acceptable? J’en ai des gros doutes.

Les chances sont minces, vous voyez, même s’il y a un peu de répit.

J’ai tant de mal à accepter la mort. Déjà ça, c’est dur. Mais ce que je n’avais pas vu venir, c’est à quel point elle peut tourner autour du pot. Alors que j’écris ces lignes, tentant de me projeter dans les jours qui viennent où je vais certainement me retrouver sans lui, après avoir dû décider “c’est maintenant”, le voilà qui s’étire confortablement comme il en avait l’habitude, dans son demi-sommeil, serrant ses pattes avant contre lui autour de son museau, tendant les pattes arrière. Quelque chose qu’il n’a pas fait depuis des jours. Ces petites choses qui me font penser qu’il est de retour, qu’on va pouvoir continuer notre petite vie comme avant, après tout, cette grande frayeur passée comme les précédentes. Un déni confortable qui me permet de souffler un peu, mais dont je dégringole rapidement.

Après vous avoir emportés avec moi tout ce week-end, je voudrais vous épargner un peu les ascenseurs émotionnels. C’est déjà assez dur à vivre comme ça, sans encore le poids de les infliger à tant de belles personnes qui m’entourent. Cela ne veut pas dire que je vais cesser d’écrire ou de vous dire comment vont les choses. Mais peut-être pas quatre fois par jour. On verra.

En ce moment Quintus dort confortablement sur son coussin chauffant, moins comateux et plus endormi. Il a mangé un peu par lui-même, je l’ai aidé pour le reste, il a eu sa perf et ses médics indispensables. Il a passé du temps entre mes jambes tout à l’heure, a donné quelques coups de langue à une patte avant. Sa température semble s’être stabilisée, sa glycémie aussi. Ce matin, par contre, il a refait pipi sur le linge qu’il occupait. Il ne mange pas assez bien par lui-même. Il est très faible et se déplace avec peine.

J’ai la chance demain qu’une adorable personne vienne veiller un peu sur lui pendant que je travaille. J’aimerais être libre de rester avec lui ces quelques jours, mais la vie a ses contraintes. Il faut faire avec, ça je l’accepte.

C’est juste la mort qui m’emmerde vraiment.

08.12.2020 20:39

Aujourd’hui je peux presque faire semblant que ma vie est normale. Presque.

Quintus ne dégringole pas. Il progresse même un peu. C’est le scénario le plus compliqué. Jusqu’où garder de l’espoir? Combien de temps donner avant de conclure qu’il ne retrouvera pas une qualité de vie suffisante, quel que soit le temps supplémentaire qu’on pourrait lui donner?

Je retrouve un peu mon vieux chat. Il est plus alerte. Ses positions couché sont plus normales. Mais la mobilité… Il est encore trop faible.

Aujourd’hui je prends un peu congé et je me dis que voilà, je n’ai pas besoin de trouver de solutions aujourd’hui. J’essaie juste de profiter du temps avec lui, sans trop penser.

10.12.2020 18:04

Je ne veux pas te laisser partir. Pas du tout. Je refuse d’accepter la mort. Quelque part, au fond, je pense que si je refuse assez fort, je gagnerai.

Mais la mort gagne toujours. Elle est là, au bout du chemin, quoi qu’on fasse.

Et elle est là au bout de ton chemin, pas très loin d’aujourd’hui.

Le problème c’est que je ne veux pas. Et encore moins alors que tu as un peu remonté la pente. Je m’accroche à l’espoir, comme si remonter cette pente pouvait te rendre immortel. Je m’accroche très fort, parce que si je ne lâche rien, je n’ai pas besoin de regarder la mort. Ce qu’on ne voit pas n’existe pas!

Mais elle est là, tout près, incontournable. Elle t’attend, et moi je ne suis pas prête. J’étais prête, pourtant, à un moment donné. Puis non. Puis oui de nouveau. Puis non. C’est compliqué, l’acceptation.

Je te regarde là couché près de moi, ton poil joli mais tes jambes creuses, ta si belle tête même si tes moustaches pendent un peu dorénavant.

C’est d’autant plus dur que tu es bien vivant. Mais quelle vie? Que reste-t-il de ta vie de chat, qui courais dans le jardin, grimpais aux arbres, montait d’autorité sur mes genoux, faisais tes griffes sur l’arbre à chat, houspillais la jeunesse féline qui te manquait de respect, nounoutais les chatons orphelins?

Certes, tu manges, tu n’as peut-être pas perdu toute envie de vivre, mais ce n’est plus juste que tu boites en montant et descendant les escaliers du lit: c’est tout un effort, toute une galère, c’est vraiment devenu dur pour toi.

Et je ne veux pas te faire subir ça… Donc la solution est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de toi. Je comprends tellement pourquoi on tient à notre croyance en une vie d’après. Ça rend tellement plus simple l’idée de la mort. Ce n’est pas le passage de l’existence à la non-existence, c’est juste un passage entre un état où l’on souffre et un autre état où tout va bien.

J’ai toujours dit que l’euthanasie était le dernier acte d’amour pour nos compagnons à poils (ou à plumes… écailles…). Le problème c’est que c’est un acte par lequel on prive cet amour de sa destination. Le deuil, c’est de l’amour qui n’a nulle part où aller. Et donc cet amour, qui nous fait dire “c’est fini, ta vie doit s’arrêter, car la faire continuer est pire que de l’arrêter”, cet amour est lui-même la source de son propre désancrage.

Ce serait plus facile de faire ça pour toi si je croyais que d’une façon ou d’une autre, tu serais encore là pour bénéficier de ce geste qui me coûte tant. Je le fais pour toi, pour qu’il n’y ait plus de toi. Et ça, ça a quelque chose de paradoxal que je n’arrive juste pas à concevoir. Pourtant, c’est ce qui va se passer. Lundi, ou mardi. J’ai commencé les démarches. Et juste là, je suis inconsolable.

Quintus, étapes d’un adieu (3)

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4.12.2020 22:38

Un jour de cauchemar recouvert de neige
Mon très vieux chat, si frêle et doux
Le temps des adieux, à moins d’un miracle
Il y en a eu des miracles, mais cette fois je n’y crois plus
Ton vieux corps sur le fil, à l’aube de tes vingt ans
Ton corps qui dit “je ne peux plus”
Et mes larmes qui coulent sur ta fourrure et dans des mouchoirs
Tes vielles pattes qui ne veulent plus te porter
Le ronron que j’ai entendu il y encore quelques jours
Eteint
Impossible à rallumer
J’essaie d’imaginer un lendemain sans toi
Je ne veux pas, mais tu ne peux plus
Il est venu le jour de cauchemar
Faut-il encore se battre?
Il faut bien mourir de quelque chose
Le premier jour de vraie neige
Un hiver que tu ne passeras pas
Un printemps que tu ne verras pas
Mon très vieux chat, compagnon de toutes mes nuits
Ma boîte à ronron, quand elle fonctionnait encore
Mon chasseur de souris, voleurs d’oeufs de pigeon
Tiens, cela fait bien longtemps que tu n’as plus appelé le service d’étage
Tu vois, mine de rien, au fil du temps
Le lent déclin qu’on perçoit à peine
Inéluctable, un mot usé comme ton pauvre corps
Le bout d’une vie longue comme ces lignes
Que j’alimente encore et encore
Pour ne pas en voir la fin
Pour ne pas te dire adieu.

5.12.2020 19:55

Quand est-ce que c’est “le bon moment”?

Jusqu’ici, j’ai eu la “chance” d’endormir mes chats dans des situations où il n’y avait pas photo, pour abréger une agonie claire.

J’ai réalisé il y a très peu de temps – avant toutefois que Quintus ne dégringole – que ma plus grande peur par rapport à sa mort n’était pas tant la mort elle-même (ça toutefois la mort avec toute sa charrette d’enjeux) mais l’idée que je risque de prendre la décision irrémédiable alors qu’il aurait encore eu une chance de s’en tirer.

Je ne compte plus le nombre de fois où on a pensé que c’était cuit pour lui, et où contre toute attente il a remonté la pente. La mort, c’est final. Et toutes ces fois, j’aurais pu décider que c’était “fini”. En janvier, il a fait une insuffisance rénale aiguë. Quasi une semaine sous perf chez le véto. Le “dernier” jour, celui dont on avait dit “si c’est pas mieux là, c’est cuit”, on a vu une lueur d’amélioration. On lui a donné un jour de plus. On est en décembre. Il aura eu presque un an de vie, de petit vieux, certes, mais avec des caresses des ronrons, des siestes et des étirements confortables…
A un jour près il n’aurait pas eu cette presque-année.

J’essaie de me réconcilier avec l’idée que je ne peux pas garantir que ma décision de mettre fin à ses jours sera “le bon moment”. Ce soir, il est plus serein, sa température est stable. Mais il est très faible, ne mange et ne boit pas par lui-même, n’arrive pas à aller à sa caisse, se déplace à peine.

Clairement une vie comme ça, ça ne va pas. Mais pendant qu’il est comme ça, on essaie de lui donner une chance: réhydratation, nourriture à la seringue, le réchauffer, médicament pour aider le transit à repartir. Mais on fait ça combien de temps?

J’ai trouvé une vétérinaire qui pourrait venir faire une euthanasie à domicile demain après-midi. On a dit qu’on faisait le point demain matin.

Si ça empire, la décision est facile. Si rien ne change, je pense aussi que les choses sont claires. J’ai congé dimanche et lundi, mais je reprends le travail mardi, donc à partir de ce moment-là ça me sera impossible de m’occuper de lui d’aussi près, et le mettre encore x jours en box chez le vétérinaire sous perf, pour si peu de chances d’une issue favorable, je ne crois pas que ce soit juste pour lui.

Mais si – et c’est ce que je crains – il y a une légère amélioration? S’il maintient sa température, s’il donne un coup de langue à la seringue quand je lui donne à manger, s’il tient un peu mieux sur ses pattes? Faut-il continuer à lui donner une chance, ou bien se dire que même s’il remonte un peu la pente, les chances qu’il puisse retrouver sa qualité de vie d’avant et être assez autonome sont trop faibles?

Je ne vous demande pas de répondre à ces questions. Mais ce sont celles que je me pose, celles qui m’empêchent de dormir, et qui, disons-le, me torturent un peu.

J’ai peur de prendre la décision “trop tôt”, de le priver d’un bout de vie qu’il serait capable d’avoir et qui en vaudrait la peine.

Et j’ai du mal à me résoudre à accepter de prendre ce risque.

Viennent aussi les considérations “pratiques”. C’est dur de devoir prendre ça en compte. Je suis prise à plein temps (travail et formation) de mardi à dimanche. D’une certaine façon, il “vaut mieux”, pour moi et probablement pour lui, que tout s’arrête demain, ici, dans une relative sérénité, que risquer de partir dans une semaine avec des hospits, ou alors une dernière journée ou deux à la maison dans des conditions encore plus dégradées qu’aujourd’hui, et sans que je sois avec lui.

J’ai du mal, là, vraiment.

6.12.2020 3:38

36.1: la fin des haricots. La température de ton corps après trois heures de mon sommeil. Tu t’es couché au fond du couloir, sur le parquet – boudant ou ne retrouvant pas tes tapis chauffants. Ton corps est au bout, tu es au bout, et moi aussi je suis au bout de ce que je peux faire pour t’aider. Hier après-midi, ta température était stable. Mais il suffit que je ne veille pas pour qu’elle dégringole. Tu dépends des bouillottes et du tapis chauffant, et moi je ne peux pas t’empêcher de le quitter. Alors oui, je peux te remplir de nourriture et d’eau, encore quelques heures, encore quelques jours, mais ton organisme a posé les plaques. 20 ans, presque 20 ans, juste pas 20 ans. Ça reste une vie de chat extrêmement longue. Et depuis plusieurs années, tu es malade, mine de rien. Plutôt trois ou quatre fois qu’une. Alors on peut pardonner – je dois pardonner – à ton corps de ne plus pouvoir. Il a été bien vaillant jusqu’ici, mais tout le monde a ses limites, y compris toi.

Je ne suis pas sûre de croire que “tu sais”, que tu “n’as plus envie”. Je pense plutôt qu’il y a ce que tu peux et ne peux plus, qu’il y a le mal-être et le bien-être. Je ne crois pas que tu essaies de me dire quoi que ce soit; je sais que tu es, tout simplement. Peu importe au final ce qui fait que tu ne reviens pas là où tu te réchaufferais, que ta température dégringole, que ton appétit s’est fait la malle. Ce qui compte, c’est que c’est comme ça, et que même en faisant “ce qu’il faut” pour te réchauffer, pour te soutenir, pour te nourrir, rien n’y fait. C’est important pour moi, ça, de savoir que j’ai fait “ce qu’il faut”, que je n’ai pas baissé les bras trop tôt. Si j’étais du genre à baisser les bras trop tôt je t’aurais perdu il y a des années. On aurait raté encore un joli bout de chemin ensemble – et quoi qu’en pensent certains, il l’était aussi pour toi.

On n’a qu’une vie, et quand elle s’arrête, c’est terminé. Pour toujours. C’est ça que je crois. Alors il m’importe d’être là jusqu’au bout, de ne pas rendre les armes alors qu’il en reste, de la vie à être vécue, de la vie qui ait un sens. Ne pas souffrir est important, mais à ne regarder que la souffrance (physique généralement), qui peut être temporaire, et à ériger l’absence de celle-ci en valeur suprême, je crois que l’on se fourvoie. A l’extrême, la vie étant inextricable d’une certaine dose de souffrance (ou même “étant souffrance”, quand on traduit maladroitement le bouddhisme dans nos langues d’Occident), on en viendrait à une posture un peu simpliste de négation pure et simple de la vie. Pas de vie, pas de souffrance. On voit bien que ce n’est pas satisfaisant.

A la question de la souffrance, je préfère celle du sens, à laquelle on peut subordonner la première. Ainsi, la souffrance et la tolérance de celle-ci est à évaluer à l’aune du sens dans laquelle elle s’insert. On peut souffrir de façon transitoire, car cette souffrance “a un sens” dans une vision plus globale. On peut accepter une certaine dose de souffrance même chronique dans une vie, parce que cette vie a un sens au-delà de cette souffrance. Le problème n’est pas la souffrance en tant que tel, mais son intensité, sa durabilité, et son contexte.

La question du sens n’est pas sans ses propres écueils nihilistes, bien entendu. Mais à l’échelle d’une vie, face à la mort, je trouve qu’elle tient encore la route.

Et là, mon très vieux chat, le sens est en train de nous échapper, avec sa copine l’espoir. Ton état n’évolue pas. Le maintenir stable demande un travail impossible à fournir sur le long terme, pour une qualité de vie qui n’est pas acceptable.

Je pense que demain sera le jour. “Demain”… je veux dire aujourd’hui, plus tard, après la nuit.

6.12.2020 15:29

J’attends demain. Après une nuit où tout semblait clair, le matin a apporté un faible ronron, une tête qui réagit aux caresses, des coups de langue dans le bol de patée offerte, une longue séance de boisson à la fontaine, et même un pipi dans la caisse cet après-midi. Globalement, il est aussi plus confortable dans sa position.

C’est extrêmement difficile: les chances qu’il soit suffisamment bien demain restent faibles. Aussi, je suis épuisée, éreintée des ascenseurs émotionnels, fatiguée du souci constant et de la mort à l’horizon depuis des années.

Contrairement à d’autres personnes qui ont la hantise d’attendre un jour trop tard, la mienne est d’agir trop tôt. On aurait pu faire ça cet après-midi. Mais j’aurais trop douté: aurait-il fallu lui laisser encore un jour pour montrer de quoi il était capable?

Au fond, je pense que ça ne changera pas grand-chose. Demain sera comme aujourd’hui. Mais il y a une petite chance que ce soit plus clair, soit dans un sens, soit dans l’autre. Une petite chance que je puisse être plus sereine. 24h aussi encore pour se dire au revoir, dans des conditions pas trop mauvaises. Pour passer 5 minutes au soleil sur le balcon, enveloppé avec une bouillotte dans un plaid.

Ce dont j’ai le plus peur, paradoxalement, c’est que demain il aille “trop bien”. Car autant je ne veux pas couper court à sa vie si elle a encore du temps en elle, autant je serai soulagée que tout ceci soit derrière, malgré tout mon amour pour ce chat qui m’accompagne depuis bientôt 9 ans.
Je me permets ce sursis parce qu’il est relativement serein. Parce qu’aujourd’hui est mieux qu’hier, cet après-midi mieux que ce matin. Je sais que je ne fais que repousser l’inévitable. Egoistement, j’en viens presque à espérer que son état se dégrade nettement. Mais il y a tout à parier que demain ne clarifie rien, que je me retrouve avec un chat affaibli, mais qui mange, boit, va à sa caisse, ronronne et apprécie mes caresses. C’est une situation qui n’a pas de bonne solution.

Alors aujourd’hui je nous offre le luxe de juste vivre ensemble la fin de cette journée, sans trop penser à demain.

Et demain… on verra demain.

Quintus, étapes d’un adieu (2)

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Petite Luna: ça fait un an [fr]

Aujourd’hui, ça va faire un an. Un an que quelques minutes de mon inattention t’ont coûté la vie.

Alors je sais, on me l’a répété maintes fois: les accidents arrivent, je ne dois pas culpabiliser, si je ne t’avais pas prise en charge deux mois auparavant tu n’aurais probablement pas été encore en vie à ce moment fatidique. Reste que je me sens responsable, terriblement responsable, et que je me demande régulièrement à quoi ressembleraient nos vies si j’avais fermé cette fichue fenêtre.

Tu étais arrivée dans ma vie le 9 juin, deux mois jour pour jour avant de la quitter.

Une petite crevette d’à peine 2kg, la peau sur les os, les yeux enfoncés dans leurs orbites… craintive, jolie malgré ton état, douce et intelligente.

Je n’avais jamais eu de chat craintif. Ça a été tout un apprentissage. Pas simple de t’approcher, pas simple au début de te faire les injections d’insuline dont tu avais impérativement besoin pour survivre. Quasi impossible de faire des contrôles de glycémie. Mais malgré tout, toi et moi, on y est arrivés. Semaine après semaine, tu as repris du poids, ton poil est devenu moins moche, et tu as pris confiance.

Tu adorais la pâtée a/d – et rapidement, tu t’es mise à adorer l’anti-glouton rose sur lequel je te la servais. Tu aimais jouer avec la canne à pêche “proie de sol”, et tu étais redoutablement efficace. Tu aimais les caresses et roulais ta tête dans la main que je te tendais. Tu comprenais vite ce que je voulais de toi, et tu en profitais pour te défiler 😉

Tu n’aimais pas trop aller en hauteur. Grâce à la caméra de surveillance que j’avais installée, j’ai découvert à mon étonnement que la nuit, tu étais montée sur la table pour explorer. Tu miaulais aussi parfois, probablement d’ennui, puisque que t’étais au final bien accoutumée à ton nouveau “chez toi” à l’eclau. Une des raisons, entre autres, qui m’ont décidée à tenter ton déménagement vers mon appartement.

Je t’entends encore roucouler en venant à ma rencontre un matin, récompense des longues et longues heures passées à t’amadouer. Je sens ta petite langue douce qui léchait la pâtée tant convoitée sur mon doigt. Mon pantalon jaune a encore des fils tirés par tes griffes parfois maladroites.

Grâce à toi, j’ai dû sortir de ma zone de confort en matière d’apprivoisement et de medical training. J’ai eu l’immense chance de bénéficier de l’expertise et du coaching de Céline en la matière, et j’en ai appris plus que j’aurais jamais imaginé (il me reste encore bien des choses à apprendre, d’ailleurs… j’ai pu mesurer l’étendue de mon peu de compétence!)

Grâce à toi aussi, j’ai découvert le FreeStyle Libre, et durant cette année plein de chats du groupe DF et leurs maîtres ont pu en bénéficier. C’est devenu tellement courant maintenant, c’est difficile d’imaginer à quel point c’était “expérimental” il y a un peu plus d’un an, quand on s’est lancés.

Ça, c’est des cadeaux très concrets que tu m’as laissés. Mais ce que je retiens surtout de toi, c’est ta douceur, ton joli visage et ton regard intense, ta crainte mais aussi ta détermination à la surmonter quand la motivation était suffisante, ton petit corps osseux qui petit à petit se remplumait sous mes caresses. Ton intelligence, ton plaisir à jouer, ton petit ronron. Le lien qu’on avait créé toi et moi, d’heures en jours et en semaines.

J’imaginais plein d’avenirs pour toi. Tu retournais dans ta famille, peut-être en rémission, peut-être pas. Ou alors, ta famille n’était pas en mesure de te reprendre, et on te trouvait un nouveau foyer où tu serais choyée et heureuse. Et quelques fois, même si c’était loin d’être mon projet initial, je me disais que ce foyer serait peut-être le mien, si tu arrivais à amadouer le vieux Quintus.

On ne saura jamais quelle aurait été ta vie. Coupée court par un bête accident, ces quelques minutes où une vie bascule, alors que tout allait dans la bonne direction pour toi.

Merci d’avoir passé dans ma vie, petite Luna ❤️.

L’album de Luna, photos et vidéos.

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Larmes virtuelles [fr]

Aujourd’hui j’ai de nouveau pleuré devant mon écran pour la mort d’un chat que je n’avais jamais rencontré. Je pleure parce que je me projette dans la peine de sa maîtresse effondrée et inconsolable, et aussi parce que je sais que tôt ou tard ce sera mon tour.

J’en ai vu mourir, des chats, depuis deux ans et demi. Dans un groupe de chats diabétiques qui approche maintenant les 900 membres, ça fait beaucoup de chats, tous avec au moins une maladie chronique, et souvent plus, vu que beaucoup des chats du groupe sont des chats seniors, ou des diabétiques difficiles à réguler et dont on découvre par la suite un autre souci de santé.

Dans le groupe Diabète Félin, nous avons une véritable communauté. Il y a des liens forts qui se créent. On se connaît, on se suit, on est inévitablement embarqué dans les espoirs et les désespoirs des uns et des autres. On partage un souci commun, on se serre les coudes, on trouve du soutien auprès d’autres “comme soi” quand on n’a pas la chance d’avoir un entourage qui comprend l’attachement qu’on peut avoir pour un petit animal qui ronronne, ou l’investissement auquel on est prêt pour le soigner et lui offrir une bonne vie.

Mais bon, me direz-vous, tous ces petits chats croisés sur Facebook ne sont que des chats “virtuels”. Je ne les ai jamais vus, jamais caressés, ils n’ont jamais ronronné dans mes bras. Certes. Mais j’ose espérer qu’en 2020, on a compris que le lien pouvait se créer sans présence physique. Le lien avec les humains, que l’on apprend à connaître dans un contexte pas toujours facile, et indirectement, à travers une photo par-ci par-là, une anecdote, et surtout l’amour que leur témoigne leur maître, le lien avec ces chats que l’on n’a jamais rencontrés. Et tout ceci se fait d’autant plus facilement et naturellement qu’on a aussi un chat malade qu’on aime et qu’on soigne.

Ce lien n’est pas le même pour chacun de ces “chats des autres“. Il y a des histoires qui nous touchent particulièrement, des humains avec qui on a des atomes crochus, certains qui sont plus présents, d’autres pas. Chaque chat qui meurt est une perte immense pour son maître ou sa maîtresse, et leur douleur m’atteint toujours. Je me dois pourtant d’essayer de garder un peu de distance, simplement parce que c’est trop dur, autrement. Samedi passé, trois chats sont morts coup sur coup. C’est un exercice difficile, la distance juste. Il m’importe d’être “émotionnellement honnête” dans mes rapports avec les gens, en ligne également. Ça a un coût. Et il m’importe aussi de me ménager suffisamment pour pouvoir continuer à être là, à faire ce que je fais. Donc je m’adonne à cet exercice (le travail d’une vie!), avec plus ou moins de succès suivant les jours.

Certains décès me tourneboulent plus que d’autres, parce qu’au-delà de la douleur visible de celui ou celle qui vient de voir mourir son chat, et qui fait inévitablement écho à la mienne, passée et future, je suis touchée plus personnellement. Souvent, c’est simplement que je connais particulièrement bien le chat en question et son histoire, ou l’humain ou l’humaine qui partage sa vie. Quand on s’implique pour aider quelqu’un, qu’on y met de l’énergie, on s’attache. C’est aussi bête que ça.

Aujourd’hui, je pleure parce que je sais que l’heure de Quintus se rapproche, même s’il s’est miraculeusement stabilisé ces dernières semaines. La profonde peine et la détresse de quelqu’un d’autre est venue réveiller la mienne, dormante et enfouie, pour me rappeler qu’elle m’attend au contour. Je pleure aussi parce que j’y croyais, pour cette minette. J’espérais qu’on allait pouvoir faire quelque chose pour elle. Et enfin, je pleure car je suis triste pour cette femme qui vient de perdre son chat qui comptait tant pour elle, et pour lequel elle a tant fait. Sans la connaître vraiment, je la connais quand même un peu, et je souhaitais du fond du coeur une autre issue pour elle.

Tous nos chats vont mourir. Chaque fois que l’on est témoin de la grande tristesse que cet état de fait amène inexorablement, on a le choix. On peut fuir, on peut se laisser emporter par le désespoir, ou on peut remercier de nos larmes, avec conscience, le petit être qui partage encore notre vie.

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Lettre à mon vieux chat [fr]

[en] Memories of Quintus.

Quand tu es arrivé chez moi tu n’étais déjà plus très jeune. Quand j’ai dit à ta première maîtresse que je pouvais te prendre, elle m’a dit “tu es sûre? il n’est pas tout jeune!” J’ai répondu oui sans hésiter.

La première fois qu’on s’est vus tu devais avoir six mois. C’était en été. On avait traversé la France et une partie de l’Angleterre avec mon frère pour ramener Cali à sa famille. Ta famille. Ma famille aussi, un peu, mine de rien. Les premières photos que j’ai de toi sont en noir et blanc, et c’est difficile de dire si c’est vraiment toi ou bien ton frère. Vous vous ressembliez beaucoup. Il était un poil plus foncé que toi. Vous étiez l’un comme l’autre des “chats de genoux”, câlins, confiants, et très attachés l’un à l’autre.

Au fil de mes visites en Angleterre, vous dormiez généralement les deux sur ma tête – je sais qu’Aleika m’a trouvée plus d’une fois au matin enterrée sous un tas de chats. Je me souviens d’un jour, une visite administrative d’un homme inconnu: moins de 10 minutes après son arrivée, il avait sur ses genoux deux chats occupés à faire leur toilette mutuelle.

Tu n’avais pas vraiment de nom à l’époque, si ce n’est celui écrit sur ton pedigree: Oaxaca Little Quintus.

Ton frère est mort à un moment donné, et toi tu as continué ta vie de chat anglais bien dans ses coussinets: rentrer et sortir par la chatière 20 fois par jour, squatter le canapé des voisins, voler des oeufs de pigeon dans leurs nids, souffler sur le jeune chien quand il se montrait trop entreprenant, sortir par la fenêtre du premier en passant par l’avant-toit et le muret – un bond de deux mètres qui semble surréaliste depuis bien des années. Et surtout, des heures sur les genoux de ta maîtresse, un ronron continu, et tes petits ronflements lorsque tu dormais sous son lit durant la sieste. Un super, super chat.

Alors j’ai dit oui sans hésiter. Parce que c’était elle, évidemment, mais aussi parce que c’était toi. Safran venait de mourir, je m’étais projetée dans un avenir à deux chats qui venait d’être emporté par la PIF, j’avais de la place pour un chat et je te connaissais déjà. Toutes ces nuits à dormir sur ma tête à Birmingham t’avaient assuré une retraite paisible en Suisse.

 

Juillet 2012, tu es donc rentré avec moi à Lausanne. Tu as fait le tour de l’appartement en grondant, Tounsi sur tes talons. Puis tu t’es installé sur le lit pour une sieste bien méritée.

Il te manquait un peu de respect, au début, le jeune Tounsi. Mais tu ne t’es jamais laissé marcher dessus. Au fil des années vous êtes devenus bons potes, les inséparables de la sieste, les séances de toilettage qui finissaient en échanges de tartes: tu aimais grignoter et mordiller entre deux coups de langue, et Tounsi ne prenait pas toujours ça bien. De son côté, il avait régulièrement des pulsions pas forcément bienvenues

En 2013, vous aviez tout deux – mais surtout toi – joué les super-nounous pour Max, Lilly et Sushi. Les 10 premiers jours avec les orphelins, tu avais franchement fait la tête aux p’tits rats. Puis un jour, l’un d’eux s’étant installé près de toi, tu t’es mis à lui faire sa toilette. Après, ça n’a pas arrêté. Je te les donnais l’un après l’autre pour que tu les toilettes de haut en bas.

Tu avais eu accès à l’extérieur toute ta vie, et ici aussi tu l’as eu. Je me souviens t’avoir cherché longtemps, angoissée, lors d’une de tes premières sorties. J’avais fini par te trouver, faisant la sieste roulé en boule tranquillement dans les herbes hautes du jardin, ignorant superbement mes appels désespérés, alors que j’avais dû passer dix fois à côté de toi.

Déjà à cet époque l’arthrose avait bien mis à mal tes pauvres coudes. Je me souviens de la radio. Même moi, je voyais que ce n’étaient plus des coudes. Assez  vite j’ai commencé à te poser au sol après t’avoir pris dans mes bras, à te porter en bas des escaliers. Dehors, tu courais encore, mais au fil des années ce qui restait de galop a disparu pour laisser place uniquement au trottinement. Pour monter les escaliers tu faisais des petits bonds. Tu faisais ce que tu pouvais!

Tu chassais encore, ramenant au chalet un souris à 5h du matin, à la grande surprise de mon invitée du séjour. Tu te perchais sur la table ou ma palette fleurie pour observer le jardin depuis le balcon. C’était toujours le soir que tu aimais le mieux sortir. Je me souviens: Tounsi rentrait vers 21h, et c’est là que tu avais envie d’aller dehors. Comme je n’ai jamais aimé laisser mes chats sortir pendant que je dormais. Alors je me couchais tard. Tu n’allais jamais bien loin, mais tu n’étais jamais pressé de rentrer.

Il y a eu ensuite une longue période où nous nous promenions dans le jardin, Tounsi, toi, et moi. On faisait le tour de l’immeuble. On allait même autour de l’immeuble de derrière, jusqu’à se faire engueuler par le concierge. Tounsi avait toujours été un peu chat-chien, et toi tu t’étais mis à nous suivre. Je n’ai compris que bien plus tard que tu commençais certainement déjà à perdre la vue, et que c’était rassurant pour toi de te balader avec nous.

Puis les tours d’immeuble ont cessé. Etait-ce avant ou après la disparition subite de Tounsi? Quand ta cécité est devenue évidente, j’ai cessé de te laisser sortir seul. Tu ne t’éloignais pas du devant de l’immeuble, de toute façon. Alors je te prenais dans mes bras, et on sortait au jardin. Au fil des années les sorties se sont rétrécies, raccourcies. La présence d’un chat agressif dans le voisinage n’aidait pas.

2016 a été la première grande alerte pour ta santé. Une vilaine pancréatite, pronostic réservé. Tu t’en es tiré. Avant ça, tu avais été globalement très en forme. Tu avais failli perdre un oeil en 2014 (une infection), et en 2015 manqué t’étouffer avec une croquette. En fait, tu t’étais étouffé, tu avais juste manqué y rester. Quand Tounsi est mort, le jour de l’an 2017, je ne pensais pas que tu verrais la fin de l’année. Tu étais déjà bien vieux, 16 ans, et je me préparais à ce que vienne ton heure. Mais non.

Tu as passé l’été, même si tu péclotais. La mort de Tounsi t’a tout de même affecté, dans le sens où il était pour beaucoup de choses ta canne blanche. Pour aller manger, pour aller dehors, tu dormais avec, il te stimulait. Je t’ai regardé devenir un vieux chat dont la vie se rétrécissait à vue d’oeil. Et en automne, re-pancréatite, puis diabète. Cette histoire, vous la connaissez. Mais j’ai pensé que c’était la fin pour toi.

La rémission de ton diabète, un an jour pour jour après la mort de Tounsi, a été le début d’une vie avec toi où je me disais que chaque mois était du bonus. Je ne pensais pas que tu verrais ton 17e anniversaire. Ni l’hiver suivant. Ni ton 18e. Ni ton 19e. Et nous voilà. Ces dernières années ont été du sursis, je le savais bien. On a géré toutes tes maladies aussi bien que possible. Il y a un an environ, au détour d’un traitement antibiotique “un peu pour voir”, parce qu’à ton âge, on a tendance à essayer et voir si ça marche, tu as même repris du poil de la bête.

En janvier l’insuffisance rénale a failli avoir raison de toi. Une semaine d’hospitalisation sous perfusion. Le mercredi, tout espoir semblait perdu. Je suis allée te récupérer jeudi le coeur lourd, pensant que les analyses confirmeraient ce qu’on avait vu la veille, à savoir que rien n’aidait. Coup de théâtre, tu allais mieux, on t’a gardé un jour de plus, et tu es rentré en meilleure forme que tu ne l’avais été depuis des mois.

Ce qui me préoccupait le plus c’était ton arthrose. Tout le reste on pouvait “gérer”. Combien avais-tu mal? Est-ce que ta vie comprenait plus de bonnes choses que de souffrance? Ça fait des années en fait que je me pose cette question. Ta qualité de vie en vaut-elle encore la peine? As-tu encore du plaisir à vivre? Et comment évaluer la souffrance, avec un animal maître dans l’art de la cacher?

Cette dernière année, et surtout tes derniers mois, depuis janvier, c’est aussi ta perte de poids qui me préoccupe. A ton âge on ne récupère pas ce qu’on perd. Tu es faible, ça fait longtemps que tu ne te déplace que parce que c’est nécessaire. Avant l’arrivée d’Oscar tu faisais encore des allers-retours entre le canapé du balcon, celui  du salon, et le lit. Mais là, ça fait des mois que tu as pris racine dans le lit. Tout récemment, tu as recommencé à prendre plaisir au canapé du balcon. Tu y es même revenu quelques fois par toi-même.

Mais ce dernier mois, cette dernière semaine surtout, nous n’en sommes plus là. Ça me brise le coeur, mon vieux chat adoré. Au moins tu sembles paisible, juste là. Mais quand je pense à la richesse de tes 19 années de vie, et que je vois tes journées aujourd’hui, je sais qu’il va être très bientôt temps.

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Feline Diabetes: My Advice for Diabetic Cats [en]

After 2.5 years of dealing daily with feline diabetes (and over two years of managing a French support group), I thought I’d put together an English version of what my best advice for diabetic cat owners is so far, as most of what I’ve written on the subject is in French.

Things to know

I’m starting with this as a sort of FAQ/TL;DR:

  • upto 84% of remissions within six months of diagnosis using Lantus/Levemir and home monitoring (injections do not have to be for life)
  • Lantus/Levemir are far superior to Caninsulin/Prozinc
  • home monitoring makes a huge difference in quality of regulation and reduction of risks, as well as chances of remission
  • a diabetic cat can be well-regulated and lead a normal life
  • FreeStyle Libre continuous glucose monitors can be used successfully on cats
  • a normal human glucose meter can be used for monitoring, pet meters to not add significant value to the monitoring
  • diabetic ketoacidosis kills more cats than hypoglycemia – at a bare minimum have urine dipsticks to monitor ketones in urine
  • inject twice a day at regular times, and prefer syringes over pens (you can draw insulin from the pen with the syringe)
  • inject a constant dose of insulin (no fiddling with the dose at each injection), and adjust the dose progressively according to the lowest glucose value reached with the previous dose
  • a decently regulated diabetic cat can miss a dose of insulin now and again if necessary
  • a diabetic cat can be fed wet, dry, raw, whatever you want; less carbs and more protein is good, therapeutic “vet” diets are fine; free-feeding dry therapeutic food has huge advantages with Lantus/Levemir
  • never change a cat’s diet without close monitoring if it is under insulin

Getting started

If your cat has just been diagnosed, you’re probably in shock and afraid to lose him or her. The first thing I’d like to tell you is that feline diabetes is a very manageable disease, and that there is no reason for a well-managed diabetic cat to die from diabetes.

The second is that the treatment for diabetes is insulin injections (no way around that), and you will get over your fear of doing them if that is an issue for you. And it does not have to be “for life”. A 2009 study has shown that with the right treatment protocol (Lantus/Levemir insulin and serious home monitoring), upto 84% of newly diagnosed cats (less than six months since diagnosis) could achieve remission. Remission means the diabetic cat doesn’t need insulin injections anymore.

I have seen cats in critical condition upon diagnosis, skin on bones or diabetic ketoacidosis (more on that later), with other illnesses, go on to not only survive but thrive and reach remission. It’s work, of course, but it’s worth it. I have seen owners who were panicked by needles and blood go on to not only give insulin injections without a second thought, but also monitor blood glucose at home multiple times a day, with a little blood prick on the edge of the ear (the cat usually minds way less than the human doing it!)

A well-managed diabetic cat can have normal quality of life and live out the rest of his cat years with no major consequences.

Insulin

Insulin is a hormone secreted by the pancreas. Its job in the body is to make glucose from the bloodstream enter the cells (glucose is fuel/energy for the cells). Diabetes is due to an issue either in insulin production (poor pancreas is sick or damaged and can’t do its job correctly), or what is called “insulin resistance”, meaning that something in the body prevents the insulin from doing its job correctly. The insulin is there but it can’t get the glucose into the cells. This insulin resistance then exhausts the pancreas as it tries to keep up, in vain. Common causes of insulin resistance are obesity, illnesses like acromegaly, or (note the vicious circle) high blood glucose.

To manage diabetes, we are going to give the body extra insulin to help it along and help feed the cells. Insulin is a fragile molecule, and it doesn’t survive going through the stomach, so it has to be injected. The needles used to inject insulin just under the skin are tiny, and cats barely feel the injection once you get the hang of it.

There are four different insulins that are commonly prescribed for cats: Levemir, Lantus, Prozinc and Caninsulin (called Vetsulin in the US). Levemir and Lantus give by far much better results than Prozinc or Caninsulin. With them, cats are easier to regulate, get a better quality regulation, and a higher chance of remission. Remission and correct regulation are possible with Prozinc and Caninsulin, but less likely and more tricky. On the French group, we often help owners discuss switching insulins (French document) with their vet.

If you can get Levemir or Lantus, go for it. Prozinc is better than Caninsulin, but Lantus and Levemir are in a whole other category. If you have a human insulin like NPH or Insulatard, it’s going to behave similarly to Caninsulin. Tresiba (a new, long-lasting human insulin) seems to behave like Lantus and Levemir.

Whatever insulin you are using, you want to inject twice a day, 12 hours apart. With Lantus or Levemir, it’s really 12 hours – give or take 15 minutes. With Caninsulin and Prozinc there is more flexibility (even a couple of hours), but you’ll get better results with regular injection times.

You also want to inject the same dose of insulin continuously. Varying doses or skipping injections regularly make regulation difficult. The best dosing methods involve injecting the same dose of insulin for some time, then evaluating how that dose is performing through blood glucose measurements, and then adjusting the dose by a small increment, and reevaluating again, and so on.

Using syringes rather than pens allows for more precise dosing and also makes the injection itself faster for the cat.

Home monitoring

Home monitoring is the key to managing diabetes well. It’s even more important than the choice of insulin. With a glucose meter, you can easily check your cat’s blood glucose. Regular measurements will help keep your cat safe (both from hypoglycemia and from the consequences of bad regulation) and give you precious information to adjust the insulin dose (with instructions from your vet or by following a time-tested dosing protocol). This will give your cat the maximum chance of remission and, even if you don’t reach remission, the best regulation possible, and therefore the best quality of life and health.

If you can, I highly recommend using a FreeStyle Libre continuous glucose monitor for your cat. The monitor is attached to the cat’s skin with a sticker. It lasts upto 14 days and each time you scan it (with your cellphone or a dedicated reader) you get the last 8 hours of readings (4 readings per hour). This means you never miss any information on how the blood glucose is evolving, and you can relax about when to check it. It’s also a great solution if you’re away from home a lot, need to board your cat or have somebody looking after him or her that cannot do “ear prick” tests, or if your cat is hard to test (I’ve had one, I know some cats can be impossible). Here is a video demonstrating how to apply the FreeStyle Libre sensor, and providing some explanations. (See on Facebook.) Many owners apply the sensor themselves at home.

One thing you should absolutely be monitoring, whether you monitor glucose or not, is ketones. An unregulated diabetic cat can develop ketones (if his cells are starving so much that he starts metabolising fats to get energy). Ketones accumulate in the blood and the cat ends up developing diabetic ketoacidosis, a deadly complication. Cats with DKA (diabetic ketoacidosis) can be treated and saved, but in my experience many vets are not equipped to manage it, as it requires 24/7 intensive care for a number of days. I have seen way more cats die from ketones and DKA than from hypoglycemia.

Keeping an eye open for early traces of ketones is therefore absolutely necessary, both for your cat’s life and your bank account. It can be done in two ways: either with a glucose meter which also measures ketones, or with urine dipsticks (photo below). If you’re not monitoring blood glucose, get the urine sticks. They have colour codes which will also tell you how much glucose is in the urine, a precious indication if you’re not monitoring blood glucose. If you are monitoring blood glucose, then a meter is a better choice, because it is more precise, and you do not need to wait for the cat to pee. If your cat has already had ketones or DKA, she or he has a one in three chance of developing ketones again. In that case too, you really should have a meter. (Note that the FreeStyle Libre reader also doubles as a glucose and ketone meter.)

So, if you’re not monitoring blood glucose, the absolute minimum you should be doing is monitoring glucose and ketones in urine, if not daily, at least a few times a week.

If for some reason you cannot monitor blood glucose or install a FreeStyle Libre, you can monitor water intake, weight (weekly), amount of food eaten (if free-feeding), and general clinical signs like play, purring, grooming, habits, etc.

You will want some kind of notebook or spreadsheet to track your monitoring, whatever form it takes. A shared online spreadsheet using Google Sheets is a great solution (see below).

Support

Don’t do this alone. Managing feline diabetes is a marathon, and can feel overwhelming at first. Your vet cannot give you the day-to-day support you will get from an online support group, where you will benefit from the experience of those who have gone through what you are going through now, and (often) 24/7 support, either for technical questions or simply to cheer you up or hold your hand.

If you speak French, join the group I manage on Facebook, Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique (groupe de soutien). If you speak German, join the Diabetes-Katzen Forum (where the tight regulation protocol published by Roomp and Rand in 2009 was developed). If you are an English-speaker, join the FDMB (Feline Diabetes Message Board).

Of course there are both cultural and “technical” differences between these support communities, in addition to language. So the advice you will get will not be exactly the same. Here are a few key points on where the views you will find in the French community (therefore mine) differ from those you will find on the FDMB (as this is an English article):

  • In the French group we do not insist on feeding a wet food diet even if tight glycemic control is desired, our experience being that it is perfectly possible on dry food, and we have a good opinion of therapeutic (ie, “diabetic/veterinary”) diets over commercial ones.
  • We recommend starting insulin first, and worrying about diet later, rather than postponing the start of insulin therapy to put in place a diet change.
  • When glucose values are high we increase insulin at an accelerated rate, depending on how much monitoring the caregiver can provide (in line with discussions I have had on the German forum).
  • We encourage the use of FreeStyle Libre continuous glucose monitors whenever possible, as they offer less stressful monitoring for owners. The continuous monitoring allows for more assertive dosing decisions as there is no uncertainty regarding past glucose values.
  • Our management of low glycemic values (50 mg/dl and below on a human meter) is slightly more relaxed than on the FDMB, more in line with the German site. Same for dose reductions, as long as there is sufficient monitoring and owner experience.
  • We don’t give a lot of importance to removing food 2 hours prior to pre-shot glucose tests, and are OK with free feeding.

Food

Food is one arm of diabetes treatment. Feeding a cat a diet with less carbs is going to help bring blood glucose numbers down. But beware: less carbs is not the only thing that counts. The overall quality of protein in the food is important, and some therapeutic diets are formulated to help keep the blood glucose stable (the whole question of which carbs).

This is where my advice strays from the lot of what you will find online. On the French group we have very good experiences with dry diabetes-formulated therapeutic food, in particular Hill’s m/d. The huge advantage of dry food is that you can free-feed the cat (use a food silo – the cat should never see the bottom of the bowl, and shouldn’t know the human is the food distributor). Of course, if you have a cat who likes wet food, that is fine too. Do what works best for your cat and you.

If for some reason or another you need to give your cat another diet (food intolerances or other illness that requires a special diet), it is still possible to get its diabetes regulated. It will just probably require more insulin. Remember that the goal is not to give as little insulin as possible: it is to keep the blood glucose low and stable.

If you are giving Caninsulin or Prozinc, you’ll want to make sure your cat eats a reasonably good meal just before or around injection time, and has the same amount and kind of food over each 12-hour period following an insulin injection.

If on Levemir or Lantus, nibbling throughout the day works fine (total free-feeding). We have seen cats that were very bouncy and hard to regulate on very low-carb wet food become much easier to regulate (with more insulin, but who cares?) and less bouncy on a free-fed dry therapeutic diet.

For some cats, of course, reducing carbs to the max will allow them to be diet-regulated and go off insulin. But pay very close attention to the quality of the food in question – quality is not just about carbs, ingredients (or lack of certain ingredients), or form (wet/dry/raw). It is about nutriments.

I don’t recommend changing the diet before starting insulin. A diet change can bring along a host of problems and with a diabetic cat, you want to start insulin as soon as possible and get clinical improvement quickly. If and when you change food:

  1. do it progressively, over a week
  2. monitor blood glucose levels closely, as they might drop and you might have to reduce the insulin dose

Never change the diet of a cat that is on insulin without close monitoring. It can go into hypoglycemia and die.

Constraints

Having a diabetic cat comes with a certain number of constraints, the most obvious of which is being there twice a day 12 hours apart for insulin injections, every day.

However:

  • Prozinc and Caninsulin allow flexibility in injection times, up to a few hours, as long as blood glucose is high enough at injection time
  • A well-regulated cat can skip and injection now and then
  • With Lantus or Levemir, if you can’t inject at the normal time, injecting approximately 6 hours after what would have been injection time (give or take a few hours) and skipping the next injection mitigates the “damage” due to the skipped injection
  • It is possible to find (or train) pet-sitters to give injections
  • Some diabetic cat owners take their cat with them on holiday
  • Some places will board diabetic cats
  • If you are not there to monitor blood glucose (the person replacing you will do injections but not monitor glucose) consider putting a FreeStyle Libre continuous blood glucose monitor on your cat.

Many cats reach remission, which means an end to injections. Some cats are so well-regulated that although they don’t reach remission, they can move down to one injection a day (Lantus/Levemir) and skip injections regularly.

Financially: to make a budget, do not look at sticker prices, but calculate how much insulin, food, strips etc. will cost for a month. Dry food is cheaper than wet food, for equal quality. Not all insulin is the same price. Regarding test strips, in Canada the One Drop unlimited subscription is really the cheapest option. In France, we calculated that the One Drop is cheaper if you’re using 5 strips a day or more on average. Do the math for your country! In France, it costs less than 100€/month to give your diabetic cat 5-star treatment. Generally, home monitoring costs less than doing curves at the vet, and decreases the chances you will need to spend a lot of money on an emergency.

Risks and caution

Most people are afraid of hypoglycemia. It is indeed a risk that comes with insulin therapy, but if you are home monitoring, increasing the insulin dose gradually, following safety guidelines and avoiding brutal diet changes, the risk is very small. Having access to food further decreases this risk.

Most serious hypoglycemic episodes I have witnessed or heard of occur after a diet change with no monitoring, large dose increases with insufficient data to justify them, or long periods of injecting the same dose with no monitoring.

What people are unfortunately not afraid of enough is diabetic ketoacidosis, probably because it is a complicated word and “ketones” (despite the popularity of “keto” diets) are not part of our everyday vocabulary or life experience.

I have seen more cats than I can remember die from diabetic ketoacidosis. This is in particular a danger for newly diagnosed cats or badly regulated cats. The absolute first thing one needs to be doing with a diabetic cat is checking urine for traces of ketones.

It is often recommended to skip the insulin dose if the cat is not eating. This advice can be dangerous, as one of the first visible symptoms of ketones will be loss of appetite. Skipping insulin for a cat with ketones will make the situation worse and things have a high chance of spiralling out of control. This is why at the bare minimum glucose and ketone urine checks should be made. On the other hand, injecting a full dose of insulin on a fasting cat who is normally well-regulated can be disastrous too (hypoglycemia).

High doses of insulin are not dangerous as of themselves, and some cats need them. The only risk of “too much insulin” is hypoglycemia, so if you are monitoring to stay safe on that side, there is no reason to be worried about the number of units you are injecting – considered you reached that number progressively and with adequate monitoring.

If you are injecting Lantus or Levemir, injection time is very important (give or take 15 minutes). Injecting less than 12h after the previous injection can lead to hypoglycemia.

What if I don’t treat my cat’s diabetes ?

Not treating a diabetic cat shouldn’t be an option. If it is lucky, the cat will waste away to be just skin and bones, starving and drinking like a fish the whole time. It is not comfortable. If it is not lucky it will start producing ketones and die of diabetic ketoacidosis.

If your cat is diabetic, it needs insulin. What I describe in this article is my “best advice”, but if the alternative is no treatment, then anything is better than nothing – even one injection a day with scarce monitoring.

Many people don’t believe they will be capable of caring for a diabetic cat, be it for needles, constraints, or finances. But trust me, solutions are found, and many people caring very well for their diabetic cat today didn’t think they would be capable of doing it when they got the diagnosis.

Diabetes can really be very well managed, so it’s absolutely worth giving your diabetic cat a chance at life.

My vet doesn’t agree

The advantage of online support groups is that we have the luxury of paying attention to just one illness, whereas a vet has to know everything on everything – and for more than one species. Feline diabetes is a very niche condition, and vets are generally not very familiar with it, and dread it – cat owner reactions tend to range from panic, despair, to asking for euthanasia.

So, vets are generalists, but people in feline diabetes support groups have probably read more on feline diabetes and followed more diabetic cats than most vets, though of course their knowledge on anything outside that field is certainly going to be lacking.

Vets tend to have an approach to treating feline diabetes that makes it as easy as possible on the owner: no home monitoring, just injections, drop the cat off every now and again to check blood glucose (a curve, or in some cases, a single spot test). The consequence is that they aim for an improvement of clinical signs: the cat stops losing weight, stops eating as if it were starving and drinking like a fish, doesn’t go into DKA or hypoglycemia. With home monitoring, however, we can do much better, and aim for remission or great blood glucose regulation, rather than just a stabilisation of clinical signs.

Also, vets, like other medical professionals, are often faced with people who have “found information online”. 99% of the time, the information in question is crap. So, don’t assume your vet is going to take seriously your “online research” on feline diabetes, even if you can see that it is solid.

Links and conclusion

I’ll probably add to this article as I remember things I have forgotten to include. I hope you found some useful information here! To finish, here are links to some recent publications on feline diabetes if you want to read more.

Photo: Quintus and Oscar, my two diabetic boys (one in remission, the other with a FreeStyle Libre)

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Conférence diabète félin: accompagner les chats diabétiques et leurs maîtres [fr]

[en] A conference I gave in France on feline diabetes.

Depuis le diabète et la rémission de mon vieux Quintus, fin 2017, je me retrouve plongée sans l’avoir prévu ou planifié dans le monde du diabète du chat. J’ai ouvert début 2018 un groupe de soutien pour maîtres de chats diabétiques francophones, écrit ensuite un résumé des points importants que j’avais appris dans l’aventure, et condensé le tout plus récemment en vidéo sous forme de “10 choses à savoir sur le diabète félin“.

Cet automne, j’ai été invitée à venir parler du diabète félin à l’occasion des 10 ans de l’Association ABVA, en France. La conférence a été filmée, donc je suis ravie de pouvoir vous en faire profiter aussi en ligne!

Diabète félin: accompagner les chats diabétiques et leurs maîtres (Stephanie Booth)

La dernière décennie a vu de grandes avancées dans la prise en charge du diabète félin. Cette conférence s’appuie sur les publications les plus récentes en la matière, et sur l’expérience du suivi quotidien de centaines de chats diabétiques dans des communautés en ligne.

Posted by Diabète félin: apprendre à gérer un chat diabétique on Saturday, October 19, 2019

Objectifs

  • pouvoir accompagner judicieusement le maître d’un chat diabétique après le diagnostic
  • mettre en place un suivi de glycémie à domicile ou un capteur de glycémie en continu
  • connaître les différentes insulines (animales et humaines) et les méthodes de suivi
  • optimiser l’insulinothérapie grâce au suivi à domicile (y compris viser la rémission)
  • savoir reconnaître une urgence et y réagir

Thématiques abordées

  • de quel soutien un maître de chat diabétique a-t-il besoin?
  • les différents degrés de prise en charge du diabète félin
  • à domicile: contrôles urinaires, évaluation de la prise d’eau et de nourriture, suivi de glycémie
  • intérêt et utilisation d’un capteur de glycémie en continu (FreeStyle Libre)
  • les différentes insulines et quelques méthodes de dosage avec suivi de glycémie à domicile
  • l’alimentation pour un chat diabétique
  • l’hypoglycémie et l’acidocétose: prévention et conduite à tenir

Slides de la conférence

Votre chat est diabétique? Rejoignez le groupe de soutien Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique.

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Don’t read if you can’t cry now [en]

No, not this post. But it’s a warning I’ve used twice in the last hour. I keep reading stuff that makes me cry. Because there’s that kind of stuff around, like my friend who just lost her dog, or this piece on the ugly truth behind kill shelters (tl;dr: people who let their pets reproduce, buy rather than adopting, and discard them when they become inconvenient). Cats who die in the diabetic cat group I manage.

Yeah, animal stuff, because the human stuff is worse and right now I can’t take it.

I’m spreading myself thin, too thin, the not enough butter on too much bread thing. A lot to do at work, a lot to do out of work, and a slippery slope I keep crawling back up and sliding back down where I struggle to set aside time and space and peace to recuperate.

I’m doing OK, though. A minor (minor? major?) crisis landed on my lap on Monday, and I didn’t disintegrate. So, I’m still winning against the slippery slope. But I know I have to be careful. Very careful. And I am being careful. I’m taking active measures to slow down, give myself “default mode” time, curb compulsive behaviours. But it’s not easy.

And all around me everybody seems overworked, stretched too thin, running after time and bandwidth. Is it worth trying to resist, or is this just how life is?

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