Avoir un animal est une charge financière qu’il faut pouvoir assumer [fr]

[en] Having a pet is a financial responsibility. Get health insurance for your pet or start a "health savings" account for them. They will fall sick and die someday, inevitably. See your vet at least once a year for a check-up and head to the clinic early if you suspect something is going on.

Je viens de regarder la vidéo ci-dessous et je souhaiterais reprendre certains des conseils de l’oratrice aux propriétaires de chats et de chiens – auxquels je m’associe:

  • prenez une assurance-maladie pour votre animal – ou bien prévoyez un compte-épargne pour lui, afin de ne pas vous trouver dans la situation où il a besoin de soins que vous ne pourrez pas vous permettre
  • voyez votre vétérinaire au moins une fois par an pour un contrôle, et le plus tôt possible en cas de suspicion de problème
  • ne donnez pas d’animaux en cadeau, même dans la famille: un animal est non seulement une charge financière mais aussi une charge niveau temps, et le maître doit prendre cette charge en connaissance de cause.

Un animal, même si on l’adopte petit, va tôt ou tard tomber malade ou avoir un accident, vieillir, et finalement mourir.

Outre le groupe de chats diabétiques que je gère, je suis dans nombre de communautés “chats” en ligne. Et tous les jours ou presque, je vois des situations passer où les soins à l’animal sont compromis par l’aspect financier. Je sais, ce serait moche de devoir dire “si t’as pas de thunes, tu peux pas avoir un animal”, mais un animal ça coute, et il faut tenir compte de ça quand on décide d’adopter.

Il y a des gens qui renoncent à avoir une voiture car ça coûte trop cher. Il y a des gens qui renoncent à avoir un enfant de plus pour des raisons financières. Il y a des gens qui renoncent à vivre dans une plus grande maison ou un plus grand appart car ça coûte trop cher. Et il y a des gens qui renoncent à prendre un animal, de plus ou tout court, parce qu’ils ne pourront pas assumer financièrement les frais inévitables qui pointeront le bout de leur nez.

Pour info, en Suisse, pour assurer mes vieux chats, je paie environ 350.-/an. Les associations demandent des frais d’adoption, et ce n’est pas juste pour couvrir les frais engagés pour l’animal jusque-là. Si vous ne pouvez pas payer les frais d’adoption ou la prime annuelle d’assurance, il faut vraiment vous poser la question si la charge d’un animal est quelque chose que vous pouvez assumer financièrement.

Cette année, Oscar et sa bouche ont généré pas moins de 4000.- de frais vétérinaires (heureusement, remboursés par son assurance). D’aucuns diront: je ne paierais jamais autant! Sauf que c’est pas “tu te pointes chez le véto, et on te fait un devis à 4000.-“. C’est d’abord 500. Puis 300. Puis 700. Puis 1000. A quel moment tu dis “OK là j’arrête les soins que j’ai démarrés et je renonce à faire la chose de plus qui a une chance de régler la situation, et j’euthanasie mon animal”? Parce que laisser souffrir un animal malade, j’espère que tout le monde est d’accord que ce n’est pas acceptable.

Je connais maintenant plusieurs vétérinaires. Je gère aussi un groupe dans lequel il y a environ 300 vétérinaires – le groupe n’est pas très actif, mais tout de même, “l’envers du décors”, comme vous l’entendrez dans la vidéo, si vous l’écoutez. Je vous préviens, c’est dur. C’est pas pour rien que la profession vétérinaire affiche un taux de suicides record. J’entends dans les groupes souvent des paroles très dures envers les vétérinaires, et c’est régulièrement dans des situations où le détenteur de l’animal n’a pas les moyens pour les soins qu’il faudrait, ou a longtemps tardé à consulter par peur des frais, pour se retrouver finalement dans une situation critique et bien plus onéreuse.

Dans le groupe Diabète Félin, il y a une règle stricte interdisant ce qu’on appelle le “véto-bashing”. J’y tiens. On peut être en désaccord sur des décisions, on peut même considérer qu’un praticien n’a pas offert une prise en charge adéquate (quand ça touche au diabète félin, je vous assure qu’il y a souvent à redire). Mais l’agression, le mépris, les insultes: cela n’est jamais acceptable.

Comme le dit l’oratrice, le milieu professionnel vétérinaire a ses problèmes. Mais une partie de ce qui influe sur la pénibilité de la profession est entre nos mains à nous, maîtres-détenteurs-propriétaires-domestiqués. Et nous pouvons y remédier relativement simplement, en incluant dans notre planification budgétaire de quoi subvenir aux besoins médicaux de nos animaux, d’une façon ou d’une autre.

Ainsi, on prend soin de son animal, de soi, et de son vétérinaire.

https://www.youtube.com/watch?v=objP3E625Xo

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Témoignage musical [fr]

En 2005, j’avais fait un long chemin entre “je ne sais pas chanter” et “en fait, j’adore chanter”. Ça avait bien dû prendre une décennie. On m’a parlé d’un choeur sympa où chantait une collègue. C’était Café-Café.

J’ai été gâtée pour mon premier concert, à Chéserex. Quatre soirs de suite. C’était magique.

Les concerts se sont enchaînés, les années aussi, et j’ai eu un plaisir fou non seulement à chanter, mais aussi à côtoyer toutes ces belles personnes qui, au milieu des notes de musique, respiraient avec moi en harmonie.

En 2013, j’ai dû prendre la décision déchirante d’arrêter Café-Café. J’avais d’autres activités qui me tenaient très à coeur, une vie professionnelle complexe, et l’incapacité fondamentale et malheureuse d’être à plusieurs endroits en même temps.

Il n’y avait pas de bonne solution. Durant quelques années, j’ai tenté de mener tout de front, à grands coups de compromis, jusqu’à ce que ça devienne intenable. Mon départ s’est fait dans les larmes, et pas comme j’aurais voulu. La faute à personne, juste à la vie et au temps.

Je suis allée revoir mes camarades de choeur en concert après ça. Une fois, peut-être deux. Mais c’était trop dur. J’en pleure encore aujourd’hui.

S’en est suivi une période de plusieurs années où je n’écoutais presque plus de musique – entre autres parce qu’elle me faisait quasi systématiquement fondre en larmes. C’était plus facile d’éviter.

‘2019. J’avais peut-être vaguement vu sur facebook que Pierre avait eu “un souci de santé”, mais cela ne m’avait pas interpellé plus que ça. J’ignorais qu’il était malade. J’ai appris son décès, je ne sais plus ni quand ni comment, et à son enterrement, dans la peine des derniers adieux, j’ai retrouvé mes amis de Café-Café. Et aussi une évidence: tout cela m’avait bien trop manqué.

Quand j’ai su qu’un spectacle serait en préparation pour rendre hommage à Pierre, je n’ai pas hésité très longtemps. Je sortais d’une opération qui avait élagué mon agenda pour l’année à venir et je ne travaillais pas: j’allais donc en profiter pour chanter.

Une pandémie et presque deux années plus tard, nous y voilà: nous sortons d’un week-end incroyable d’émotions, de musique et d’amitié. Une célébration de Pierre et de son oeuvre, et aussi de tous ces liens qui se sont tissés autour de lui, entre nous, et qui lui survivent.

Ces dix derniers jours ont été éprouvants. La musique, et ça je l’ai bien compris maintenant, elle vient chercher directement nos émotions. Impossible de se cacher. Et depuis le week-end dernier où nous avons commencé à mettre ensemble choeur, orchestre et solistes, c’est le raz-de-marée qui n’est allé que crescendo, jusqu’au dernier accord majeur de “Sang pour sang” dimanche soir.

Pour moi il y avait, en plus de tout ce que charriait cet hommage, l’émotion de me retrouver sur scène avec Café-Café après presque 10 ans d’absence. Egalement, la perspective d’un nouveau choix “impossible” entre ma famille musicale et les vents du Léman, puisqu’un avenir se dessine, sous une forme ou une autre, avec Elodie, qui a brillamment relevé le défi de nous diriger jusqu’à cet hommage. Elle l’a fait avec humanité, humour et humilité, nous offrant ainsi l’espace de guérison dont avaient tant besoin nos âmes musicales après les épreuves traversées. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir été conquise et à vouloir continuer la route avec elle.
Ma décision restera difficile, mais peut-être que cette fois, je choisirai le chemin de la musique… et de l’amitié.

Ce billet a été initialement publié sur facebook

Crédit photo Ariane Dorsaz

Crédit photo François Clair

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Taming the Dishes, 2021 Version [en]

If you know me just a little, you’ll know that doing my dishes is an everlasting challenge. It’s not that I hate doing it so much (I’d have got a dishwasher years ago). It’s just that… it never seems important to do it now, and then it piles up, and it’s the thing I constantly feel bad about not doing, so I tend to push it away.

My dishes have been under control for some time now and I thought I’d share how I did it. Worked for me, not sure it will work for you, but the underlying method is something you might find interesting.

Background

I was inspired by what I’m learning at my training at the IGB (it’s the brief therapy approach developed at the Palo Alto Mental Research Institute back in the days).

To sum things up (too) briefly, the general strategy is the following: when faced with a problem one is stuck with, trying and trying to solve one’s way out of it, the obvious conclusion is that what is being tried is not working – otherwise the problem would not be there anymore. Worse, what is being tried is actually keeping the problem alive or making it worse; if that were not the case, chances are the problem would go away at some point. If it remains despite all our efforts to get rid of it, then we are unwittingly participating in its persistance.

The “simple” solution is to identify what it is that we are doing which makes the problem worse, or at least maintains it, and stop doing it. It is not easy, firstly because we are generally unaware of our participation in the systems we are part of, and second, because if we are doing what we are doing, it is because on some level we firmly believe it is a solution to the problem at hand.

The “simplest” (again, not “easy”) way of not doing something is to head in a radically opposite direction, and do something that is incompatible with what we desire to stop. Think “U-turn”. This is very tricky to think through, and even trickier to implement (this is where the hundreds and hundreds of hours of training to become a therapist come in), and leads to these weird and counter-intuitive paradoxical prescriptions: instead of trying to stop doing x, do more of it!

Addictive/compulsive behaviours

So, to get back to our dishes, I had just come out of a couple of days of training where we had discussed some “typical” ways to deal with addiction/compulsion issues and – very much related though maybe not obvious at first glance – procrastination. Generally, in situations where excessive consumption (of all nature) is problematic, our attempts to get out of it take the shape of “stop it”, or “do less”. Like “I have to stop smoking”, or “I have to eat less chocolate”. Well, we all know how well that works, don’t we? So, how do we stop doing that? How do we stop telling ourselves to not smoke, drink less, etc., when our goal is precisely to stop smoking or excessive drinking?

Well, in this case, the prescriptions will have to go in the other direction: “smoke more”, “eat more chocolate” – but of course, not in any crazy way, because we do not want to abandon the goal of getting the excessive consumption under control. For example, one classic prescription is of the form “do it once, do it x times”: instead of trying to stop smoking, have a rule that each time you smoke one cigarette, you have to smoke 5. Or each time you drink a glass of wine, you finish the bottle. Of course all this needs to be tailored to the specific situation and the person, but the way it works is the following: it “breaks” the mechanism of fooling oneself that one can smoke/drink/eat “just one” (assuming that is the problem). “Oh, I’ll just eat one bowl of ice-cream!” And three bowls later: “Heck, I really need to stop eating ice-cream.” See the idea?

Procrastination

Now, what does this have to do with procrastination, you will ask me? Procrastination is actually very similar in its underlying mechanism. But instead of “I’ll do it just once” it’s “I’ll not do it just once”. “I’ll do it tomorrow” is in fact “I’ll just skip doing it today.” Procrastination is telling ourselves that it doesn’t matter if we don’t do the thing just now, because we will (for sure!) do it later. So we apply a similar but opposite prescription: “if you don’t do it once, don’t do it x times.” Or, in positive terms: “skip it once, skip it x times”.

Let’s take an example. Say I’m trying to write my dissertation or prepare a class. I’ve decided I was going to work on it each day for 2 hours. What usually happens is that I don’t manage to get to work on it today, I get sidetracked, or I feel off, and I think “oh well, I’ll skip today and do it tomorrow.” And tomorrow, the same thing happens, and it gets worse and worse. Sound familiar? Now, if I have a rule that if I skip one day, then I am not allowed to get back to work on it for another 4 (e.g.) days, how will that make me feel? Can you feel the tension increasing?

Applying this to my dishes

This is very much what happens with my dishes. It’s the evening, I’m tired, I look at the sink and think “meh, I’ll do this tomorrow”. But then, as we all know, tomorrow brings more dishes and even less desire to deal with them and even more “meh, I can’t deal with this now, I’ll do it tomorrow, for real.”

This is what I came up with:

If I don’t do the dishes, I can’t do them for the next three days.

I came up with three days because it’s scary enough for me to be a deterrent, but not so much that it makes things impossible. For example, if I’d said “10 days”, that would not work for me because it’s just not tenable to not do the dishes for 10 days. Three days works for me because I know I have no desire whatsoever to have to deal with three days of dishes. Your mileage may vary, if you try this.

More than once, I have found myself in the evening in front of the days dishes thinking “meh, I really don’t want to do this” – but right after, I picture the three days of dishes that not doing it tonight will imply, and I get to work.

Soon after I started with this, I found myself in the evening thinking “oh, the dishes!” only to realise I had already done them. Now that I’ve been at this for a few months, I can feel it’s turning into a habit like brushing my teeth before bed is. I “don’t feel right” if I haven’t done it.

Some concrete details:

  • “do the dishes” means I wash everything that needs washing at that moment and see the bottom of the sink
  • I don’t dry things, and haven’t got a system in place for putting clean dishes away yet (thinking about it)
  • because “things happen”, I have built some flexibility into the system (because it works for me without endangering the system): I am allowed an “exception” every now and again (imagine: guests or a lot of cooking in the evening so really too tired to deal with it) but the condition is that I must catch up  the next day. I’m aware that with this system I could end up doing dishes every other day, but it’s not the case, and if it were, I would change this “exception clause”
  • I’m now starting to think it would be nice to do dishes earlier in the day too, so there is less in the evening. This is not a “goal”, but more of a drive, I’m starting to want to do dishes during the day.

So there we are. My dishes seem tamed. What is there in your life that you might try applying this approach to? Let me know in the comments!

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Getting Older: How I Use Technology [en]

At lunch my colleague ordered delivery for us. On her phone.

Of course I know this exists. But it hasn’t “worked” that well in Switzerland for all that long, and I think I’d never ordered food with an app. I felt like a fumbling doofus not knowing where to find the fries in the menu.

This got me thinking (and we had a chat around this topic with a bunch of my – quite – younger colleagues, and one my age).

The idea that you can easily and cheaply get food delivered is very new to me. This is not something we could do when I was young. I think I only really started ordering food during lockdown (when Quintus died, actually), and I only did it a handful of times. Maybe once before. But I call, speak to a human being, place my order. I don’t really feel confident doing it through a website.

Weird, huh?

We were also musing on why so many people seem to want paper versions of certain documents when a digital version can be sent instantly by e-mail (and printed, if need be). Some people just aren’t comfortable having important things on their phones. I recalled how long it took me (me!) to be comfortable travelling with only a “phone” version of my airline ticket. In all honesty, depending on where I’m going, I still am not really.

So, here’s a little list of stuff I do and don’t do with technology.

  • I use ebanking and cash transfer apps (I’m almost completely cashless)
  • I use an app to track my public transport use and bill me at the end of the day
  • I order(ed) books and CDs online from amazon, before I went completely digital
  • I buy plane and train tickets online (but am always slightly uneasy not carrying a print version when abroad)
  • I make concert reservations online
  • To book a restaurant, I’ll call them up
  • I chat and interact with people I “don’t know” online all the time
  • I’ve been meeting people “from the internets” for over twenty years (completely blasé about it)
  • I never managed to really get into snapchat or tiktok
  • I rarely print things, I tend to photograph paper stuff to digitally store it
  • I order groceries online when needed but I’d rather go into the store (when needed: post-lockdown, overworked)
  • I message people, rarely cold-call (except with family or purely utilitarian stuff, I generally schedule my calls)
  • I don’t order clothes online
  • I rarely print photos, they are first and foremost digital beings
  • I trust digital storage at least as much as physical storage
  • I know how to use a paper map
  • I navigate using google maps most of the time
  • I don’t have a CD or DVD player anymore
  • I have a Kindle and prefer most of my books as e-books
  • I type rather than write on pen and paper
  • I dictate to my phone regularly (my thumbs get fed up though I thumb-type really fast)
  • I rarely send people voice messages (never without consent – I hate receiving cold voice messages)
  • I have a location tracker on my cat, and home surveillance cameras (for the cats) but haven’t connected the cat-flap to the internet

When I was talking with my colleagues, I realised that the first phone I had which could usefully connect to the internet (through GPRS) was around 2007 or so (it wasn’t an iphone). I could check my mails and even Twitter. Load slow web pages that weren’t mobile-friendly. I was 33 in 2007. So until that age, I lived and functioned without a constant connection to the internet. And I’m realising, now, as years turn into decades, that I’m starting to see my age in my level of comfort with certain technology usages.

Quoting Douglas Adams:

1. Anything that is in the world when you’re born is normal and ordinary and is just a natural part of the way the world works.

2. Anything that’s invented between when you’re fifteen and thirty-five is new and exciting and revolutionary and you can probably get a career in it.

3. Anything invented after you’re thirty-five is against the natural order of things.

What about you?

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La vie avec deux doses [fr]

J’ai eu ma deuxième dose de vaccin le 5 juin. J’ai morflé, comme beaucoup, mais qu’est-ce que je suis heureuse d’être vaccinée et plus détendue dans ma vie. Déjà après la première dose, les jours puis les semaines passant, j’ai senti que mon irritation envers les gens qui tiennent à porter leur masque sous le nez (voire à faire les rebelles en le gardant sous le menton) diminuait.

Bon, ce n’était pas dramatique, car je ne croisais pas souvent des gens. Au travail, c’est masque chir pour tout le monde, on est drillés, et franchement bons élèves. Dehors, c’est dehors: 20 fois moins de risque que dedans. Les transports publics, le nombre de fois que je les ai pris ça se compte sur les doigts d’une main. Mais soyons honnête, ça me gonflait quand même de me retrouver “potentiellement exposée” comme ça. Et surtout, ne voulant pas faire courir de risque à des personnes vulnérables de mon entourage, ma vie sociale se trouvait d’autant plus réduite à néant.

Que mes parents soient vaccinés a déjà été un gros soulagement: je peux aller les voir, manger avec, sans stresser. L’arrivée des autotests aussi, même si je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de les utiliser. Mais j’ai senti le soulagement que c’était de ne pas avoir derrière la tête cette crainte, après une rencontre, d’être infectée ou d’avoir infecté. De guetter d’éventuels symptômes. C’est un peu comme si je retrouvais ma tranquillité d’esprit d’avant. Pour moi et les autres.

Mon entourage, les gens qui me sont proches, sont très largement en train de se faire vacciner, à quelques exceptions près. Honnêtement, c’est comme une libération. Je sais qu’il y a un certain taux d’échec vaccinal, mais ça reste vraiment microscopique comparé à “sans”. C’est un risque qui commence à rentrer dans mes “risques acceptables de la vie” – alors que le covid sans vaccin ne l’était pas.

Maintenant, si les gens dans le bus laissent pendre leur nez sur leur masque, si les gens participant à la même activité que moi décident de l’enlever, “parce que”, je m’en fiche. Et franchement, c’est très agréable.

Ma préoccupation a basculé de la préservation de ma santé à celle de “suivre les règles”, être la bonne élève. J’ai tendance à suivre les règles. J’ai aussi tendance à avoir du mal avec les règles que je trouve inutiles ou insensées, comme tout le monde j’imagine. Evidemment que les consignes sanitaires actuelles s’appliquent à tous, vaccinés comme non vaccinés (car tout le monde n’a pas encore eu l’opportunité d’avoir ses deux doses), et donc on se trouve dans des situations un peu cocasses comme être dans une réunion de travail entre personnes vaccinées et garder malgré tout le masque sur le nez. Ou de prendre part à une activité théoriquement avec masques, mais en pratique sans, à me demander quel sens ça a que je porte le mien (outre faire la bonne élève) car au final, même si un cas positif se déclare, non seulement je cours très peu de risques de contamination, mais en plus, administrativement, je ne serai pas mise en quarantaine. On attend que les consignes sanitaires rattrapent la réalité du terrain. Et en attendant, on voit bien que ça va devenir de plus en plus difficile d’imposer le port du masque à des personnes vaccinées en nombre croissant.

Mais voilà, en attendant, ma vie retrouve de la légèreté. J’ai déjà mangé plusieurs fois au restaurant — en terrasse, mais finalement je serais aussi prête à manger dedans, s’il fallait. C’est marrant, les restaurants ne m’ont pas plus manqué que ça durant leur fermeture, mais maintenant qu’ils sont ouverts, je suis hyper contente de pouvoir y aller. Et j’y dépense de l’argent en très bonne conscience, me disant que ça vient mettre un peu de baume au coeur de leurs chiffres d’affaires bien malmenés par la crise.

Je commence à retourner à mes cours de chant, et au judo. Je planifie ma prochaine sortie bateau. Il fait beau. Je vais bien.

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Quintus: 6 mois [fr]

Quatorze décembre, 14 juin. Six mois. Six mois que j’ai dit adieu à ma vieille boîte à ronrons. Je ne pleure plus, enfin je ne pleurais plus avant de commencer à écrire ces mots. Il me manque, mais je suis aussi tellement soulagée de ne plus vivre dans le stress constant qu’il lui arrive quelque chose, d’être libérée de la charge de me soucier de lui et de le soigner au quotidien.

Pourtant, je l’ai fait de bon coeur. Je me sens presque coupable d’apprécier autant ma liberté. Juste là, je donnerais beaucoup pour pouvoir le tenir encore quelques minutes dans mes bras, sentir sa tête contre la mienne, entendre son ronron.

Mon Quintus. 💔

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Implicite [fr]

Il y a deux couches au langage. L’explicite et l’implicite. L’indice, et l’ordre. L’indice, c’est l’information que contient ce qu’on dit. L’ordre, c’est ce qui est dessous, et qui touche à la dimension relationnelle de l’acte de communication.

Quand je dis “j’ai faim”, à la surface je donne une information, mais il y a aussi une dimension qui touche ma relation avec la personne à qui je dis ça: peut-être que je lui signifie ainsi qu’elle doit faire à manger, ou m’apporter une pomme. C’est “l’ordre”.

Cet implicite, on le comprend dans le contexte de la relation à l’autre. Et on ne va pas tous “recevoir” ces implicites de la même façon. Certaines personnes vont ne pas entendre l’implicite, ou passer à côté, alors que d’autres sont sursensibles aux implicites et vont en entendre là où il n’y en avait pas.

Par exemple, la personne à qui je dirais “j’ai faim” (“j’ai faim, je vais partir manger dans quelques minutes”) mais qui comprendrait que j’attends qu’elle me prépare un petit plat (si c’est une collègue, elle pourrait trouver ma “demande” déplacée…).

C’est toujours utile de garder en tête qu’il y a ces deux couches dans ce qu’on dit, et que le relationnel se joue dans la couche la plus propice aux malentendus.

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Comment on attrape le covid? [fr]

Je remarque régulièrement que beaucoup de gens n’ont pas une “bonne” représentation, dans leur tête, de comment fonctionne la transmission du virus. Le résultat c’est une mauvaise évaluation des risques: on a trop peur des mauvaises choses et pas assez des bonnes choses. Un peu comme si, pour faire un parallèle avec le sida dans les années 80-90, on refusait de serrer la main aux gens mais on couchait sans capote.

Je vais donc essayer d’expliquer ça, de façon que j’espère compréhensible.

Le covid se transmet par voie aérienne. C’est un virus respiratoire. Ça veut dire qu’on s’infecte en le respirant, par le nez ou la bouche. Ça veut aussi dire que si on est malade, on l’expire à chaque fois qu’on respire, parle, tousse, etc. Il faut imaginer les virus comme des petites poussières qui volent dans l’air, comme on peut voir un jour d’été dans un rayon de soleil. Ou de la fumée de cigarette.

En fait, je simplifie un peu (évidemment). Le virus est “porté” par des particules plus ou moins grosses qu’on expire. Les “grosses” c’est les gouttelettes. Elles ne sont pas assez légères pour aller voler dans toute la pièce, et ont tendance à tomber au sol à 1.5-2m quand on respire et parle normalement. (La fameuse “distance de sécurité” vient de là.) Les “petites” c’est les aérosols. Ce sont eux qui vont voleter partout dans la pièce et qui sortent quand même un peu du masque: on sent bien quand on expire que l’air “sort” par les côtés du masque – les aérosols aussi. Pour essayer de me représenter leur comportement, je pense à une odeur persistante qui flotte dans l’air. La fumée de cigarette ou un parfum fort, par exemple.

Le virus peut être transmis par les gouttelettes et les aérosols. Au début de la pandémie on se focalisait presque uniquement sur les gouttelettes. Mais c’est maintenant très clair que la transmission se fait aussi par aérosols. Donc “garder la distance” dans un lieu fermé, ça marche seulement jusqu’à un certain point. A plus forte raison si on crie, rit, fait du sport, chante, tousse… Plus on passe de temps, plus la quantité d’aérosols augmente.

Et les masques? Ils retiennent bien les gouttelettes (attention au nom, ça ne veut pas dire que c’est visible) et un peu les aérosols. Ils servent surtout à bloquer la sortie mais aussi un peu l’entrée – si une personne contagieuse ne porte pas de masque mais la personne à qui elle parle oui, cette personne sera moins protégée que si c’était la personne contagieuse qui portait le masque. Donc le masque joue un plus grand rôle à protéger les autres qu’à se protéger soi-même, même s’il fait les deux. (Je ne rentre pas dans l’histoire de la qualité des masques, ce serait un autre article, mais de façon générale, préférer un masque chirurgical à un masque en tissu.)

Il faut parler des surfaces, parce que beaucoup de personnes ont bien trop peur des surfaces. Le virus ne pénètre pas par la peau! Si une personne malade respire ou tousse proche d’une surface, on peut s’attendre à retrouver des virus sur cette surface. Mais n’oublions pas qu’il faut quand même respirer le virus, ou au moins le mettre en contact avec nos muqueuses (bouche-nez-poumons – et yeux il semble), et ne assez grande quantité (j’y viens plus bas) pour avoir une infection. Donc à moins d’aller sniffer les surfaces, ou si quelqu’un tousse dans sa main, saisit une poignée, qu’on la touche dans les minutes qui suivent, et qu’on se fourre direct le doigt dans le nez derrière, il faut arrêter de faire une fixette sur les surfaces.

Les études qui montraient des particules virales présentes sur les surfaces après des jours mettaient des quantités de virus énormes sur une surface et trouvaient ensuite des traces de matériel génétique, ce qui n’est pas la même chose que des virus en bonne et due forme et quantité suffisante pour infecter quelqu’un.

Donc oui, se laver les mains, si qqn de malade crache sur une table, nettoyer, mais voilà.

Le risque c’est l’air qu’on respire, bien plus que les surfaces qu’on touche.

Je crois que ce qui n’aide pas c’est qu’on a tous instinctivement une notion de “sale”, “contaminé”. Oups j’ai touché un truc, je me lave. C’est concret. Un virus invisible qui se balade dans l’air, c’est beaucoup plus abstrait. On ne voit pas l’air, on ne le “sent” même pas.

On en arrive à l’infection. Il ne suffit pas d’inspirer “un virus” pour tomber malade. Il en faut beaucoup. Assez pour qu’ils réussissent à s’installer et prendre racine suffisamment pour créer une infection. On voit donc que la durée et l’intensité de l’exposition compte. Si je vois une personne infectée sans masque 5 fois 5 minutes dans la journée, ça va me faire une exposition significative. Si on “garde les distances” mais qu’on reste 3h ensemble, idem. Si on est enfermés dans une voiture avec les masques pendant 1h, c’est pas sans risque. Par contre si on croise quelqu’un à la Migros ou dans la rue… les chances qu’on réussisse à absorber direct assez de virus pour être contaminé sont assez faibles.

Il faut comprendre aussi qu’être dehors c’est beaucoup moins risqué qu’être dedans, distance ou pas, car l’air circule, dehors. J’ai vu passer “20 fois moins risqué” à plusieurs endroits, même si je ne sais pas si c’est une donnée très solide. Donc vraiment, vaut mieux se voir dehors que dedans, surtout dans nos apparts sans vraie ventilation. Dans un avion, l’air est changé 20 à 30 fois par heure… encore une fois notre intuition nous trompe en nous faisant craindre l’avion: pendant un souper avec des amis chez soi, je doute qu’il y ait autant de changements d’air!

Il vaut nettement mieux se voir dehors que dedans, surtout si c’est un lieu avec peu de changement d’air.

Quand est-ce qu’on est contagieux? Ça non plus c’est pas super intuitif. On a tendance à penser que malade = contagieux. Mais aujourd’hui tout le monde sait (j’espère) qu’on peut être positif (et contagieux) au covid sans avoir le moindre symptôme. Certaines personnes ne font jamais de symptômes.

Et pour les personnes qui font des symptômes, entre le moment où on se fait infecter et le début des symptômes il y a la période d’incubation. Le virus sont tranquillement en train de monter leur camp dans nos cellules et de se multiplier. Au début ils sont en sous-marin, si on veut. On ne les voit pas, on ne les sent pas, ils sont bien cachés et encore en petit nombre. En tellement petit nombre que même si on fait un test (je parlerai plus bas des tests) on ne peut pas le détecter: le test ressort négatif. Cette période d’incubation peut durer jusqu’à 14 jours, généralement moins de 10 (d’où la durée de la quarantaine), et généralement autour de 5.

Puis, quand les virus ont fini leurs préparations et lancent la fiesta, là, les symptômes débarquent! Et comme les symptômes sont en grande partie la réaction de notre système immunitaire au virus, il y a un petit temps de décalage entre le début de la fiesta des virus et la mise en branle de notre système immunitaire accompagné de tous ces symptômes. En gros, la fête commence, le temps que les voisins se plaignent et que les flics débarquent pour tenter d’y mettre fin… il y a généralement deux jours.

Ça veut dire que deux jours avant les symptômes, les virus sont déjà partout (la charge virale est haute) et on est contagieux (magnifiquement contagieux) et on sortirait positif au test. Et comme on se sent en forme durant ces deux jours avant le début des symptômes, on ne fait pas particulièrement attention, on voit ses amis, on porte son masque sous le nez, on l’ôte 15 minutes pour boire son café au travail, etc… et on contamine possiblement des gens. En général, 10 jours après le début des symptômes (pour une forme légère ou moyenne de la maladie), on n’est plus contagieux (d’où la durée de l’isolement).

Et les tests, alors? Je vais finir avec ça, avant une petite synthèse en guise de conclusion. On a deux types de tests, ici: les PCR et les tests rapides à antigène.

Le PCR amplifie un morceau de matériel génétique du virus qu’on recherche. C’est un processus qui est long et cher: on fait quelques dizaines de cycles d’amplification pour avoir un résultat. Plus on doit faire de cycles (CT) moins il y a de virus. C’est très sensible – c’est pour ça que deux mois après une infection, le PCR est encore capable de détecter des petites miettes de particules virales dans notre organisme et de sortir un résultat positif.

Le test rapide ne cherche pas le matériel génétique du virus lui-même, mais un antigène, c’est-à-dire quelque chose que notre corps produit au début de l’infection. Si on le fait trop tôt, il peut être négatif car on n’a pas encore produit assez d’antigènes. Mais si on est bien contagieux, il sera normalement positif.

On comprend donc qu’un test négatif ne signifie pas qu’on n’est pas en train d’incuber le virus! On peut l’avoir attrapé mais n’être pas encore contagieux. Dans ce cas-là on a toutes les chances d’être négatif. Si on a une exposition connue et pas de symptômes, c’est bien d’attendre une semaine avant de se faire tester.

En résumé:

  • ce qui est risqué c’est de respirer le même air que quelqu’un qui est contagieux
  • on est contagieux avant l’apparition des symptômes
  • mettre un masque diminue grandement le risque, surtout si c’est la personne contagieuse qui le porte (le mieux: les deux!)
  • c’est bien plus risqué dedans que dehors
  • un virus ne suffit pas, il en faut une quantité (on vous tousse dans la figure ou vous passez longtemps avec la personne contagieuse; croiser quelqu’un dans la rue ou 20 secondes à la Migros ça n’est pas grave; plus l’exposition est longue et plus le risque est grand)
  • c’est pas une poignée de porte qui va vous donner le covid, mais la personne avec qui vous buvez un café ou partagez une pièce sans masque (les repas: le “pire”!)
  • un test sera négatif avant qu’on soit contagieux, pendant la période d’incubation (5 jours généralement, mais ça peut aller sans souci jusqu’à 10), et un test rapide sera probablement négatif une fois qu’on n’a plus de symptômes
  • et finalement, limitez vos contacts, ça facilitera le travail de traçage! 😅

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Pas envie [fr]

Tout à l’heure, je voulais écrire. Un truc précis. J’ai fait un détour par autre chose, et l’envie a filé se cacher sous un meuble.

J’ai un drôle de rapport à l’envie. L’envie de faire, donc. C’est compliqué, j’hésite à essayer d’expliquer.

Quand une envie passe j’ai tendance à vouloir me jeter dessus pour en faire quelque chose avant qu’elle s’en aille. Souvent, je n’ai pas d’envie. Envie de rien.

Et faire quand je n’ai pas envie, c’est au coeur de ma lutte. J’ai bien compris que dans la vie, il faut souvent faire même si on n’a pas envie. Ses impôts, aller au travail parfois, mais aussi des choses aussi bêtes que la vaisselle ou se faire à manger.

Je me raisonne, mais ça demande souvent une énergie folle. La contrainte en trainant des pieds ou même en allant à reculons. Alors je me dis, et si on travaillait sur l’envie? La créer, l’alimenter? Ce n’est pas une mince affaire non plus.

J’en entends déjà: “tu te prends trop la tête” ou de l’autre côté “non mais t’as raison de pas faire si tu as pas envie”. Les deux sont vrais sous un certain angle mais ne font rien bouger.

Hier, j’écoutais “Creatures of Habit“, un épisode de l’excellent podcast Hidden Brain. Pourquoi fait-on ce qu’on fait? On tend à surestimer l’importance de notre volonté, alors qu’une grande partie de nos actions sont déterminées par nos habitudes. Les habitudes, ça peut se contrôler, en partie, si on comprend comment elles s’établissent et s’éteignent.

Peut-être que je suis prise dans ce piège, à penser que “vouloir” (“avoir envie”?) est la clé de l’action et par conséquent du sens de la vie. Parce qu’évidemment derrière toute cette histoire d’envie/pas envie il y a celle du sens. Je n’arrive pas à y échapper, ni à y répondre de façon satisfaisante.

Faire ce qu’on a envie, c’est une solution facile, au fond. Mais peut-être que faire ce qu’on doit, regarder plutôt par la lorgnette de la responsabilité – aux autres, au monde, mais avant tout à soi-même – est plus satisfaisant, et au final, serein. Et peut-être que dans cette quête de sens il faut inclure la notion de bien-être (au sens éthologique plus que “développement personnel”).

Une autre notion qui est venue compléter ma boîte à outils il y a quelque mois, c’est celle de courage: le courage de faire les choses qui ne sont pas faciles. Peut-être, pour moi, simplement le courage de faire ce qui est bien pour moi, envie ou pas. A force, je me connais quand même assez bien, et je sais un peu ce qui marche et surtout ce qui marche pas.

Alors nous y sommes: je vais avoir le courage de ne pas attendre l’envie et de faire ce qui est de ma responsabilité pour assurer mon bien-être.

Pour le sens, il faudra peut-être repasser.

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Bribes de pandémie 6 [fr]

Nous sommes là entre ces quatre murs, qui sont parfois huit, ou douze, ou seize. Peu importe leur nombre ils restent des murs. Entre dehors et nous, un pas à ne pas franchir. L’air m’appelle, je lui dis “bientôt”, et je reste dans mon cadre, sans dépasser des lignes. Ah, laisser courir l’aquarelle et mélanger les couleurs! Je plante une saxifrage et tourne le sablier. Nous regardons couler le temps, ensemble, dans un même regard usé, tandis que dehors la vie bat son plein et avance sans nous. Nous retenons notre souffle dans l’air immobile alors que souffle le vent dans les brindilles et bourgeons.

De nos murs intérieurs il n’est jamais question. Les yeux dans les yeux, je pénètre ton âme écornée par l’attente. Le jardin est fané, semis négligés. Pourtant l’an dernier nous l’avions tant aimé! Ma saxifrage est morte, et mon temps envolé.

***

Je sors en cachette, la nuit tombée. C’est très convenu mais c’est ça que je fais. Je ne croise personne et me roule dans les prés. Les étoiles veillent sur moi et mon rire alimente le ruisseau. La terre sent fort et j’aime ça.

De retour à pas de chat, je pose mes cheveux-graminées sur l’oreiller et ferme les yeux. Une étoile m’a suivie et scintille dans mon ciel.

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