“Ça, je fais plus!“ [fr]

Lundi, chez le vétérinaire.

Lui: “Salut, tu vas bien?”
Moi: “Oh, moi je vais bien, mais mon dos pas trop… j’ai porté des trucs lourds ce week-end…”
Lui: “Ah, haha, ça je fais plus!”
Moi: “Je crois que je suis en train d’apprendre à ne plus faire…”

Vous me direz que se plaindre de vieillir à la quarantaine, c’est faire un peu la peignette. Mais quand même. J’ai pas eu mal en portant ces trucs lourds. J’ai plié les genoux, j’ai fait “juste” autant que possible. Mais mes disques ont clairement pas aimé. Il ne suffit plus de me poser la question “suis-je capable de soulever” (oui, bien sûr); je dois aussi savoir, en amont, que si je fais ceci ou cela qu’il me semble que je peux faire, ben non, en fait je ne peux pas, parce que je vais le payer cher après.

Apprendre à se mettre des limites avant de se retrouver dans le mur. L’apprentissage de toute une vie?

Je vous laisse, il faut que j’appelle ma physio pour voir si elle peut me prendre lundi…

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Matin sans photo [fr]

Ce matin, à l’annonce d’une journée magnifique, c’est la brume qui s’échappe des champs et vallons. Elle s’installe dans les petits creux, cottoneuse, elle se prélasse devant les bois, capturant les rayons éclatés du soleil qui les traverse, au gré du passage des wagons à travers la campagne. Une touche de givre fait pâlir le paysage, et toujours, derrière, les montagnes blanches qui découpent le ciel.

Comme hier, il n’y aura pas de photo. Elle ne rendrait pas justice à ce que j’ai pu voir. La faute à mes maigres talents de photographe, au smartphone qui cherche frénétiquement un angle à travers les reflets de la vitre, au réel qui parfois refuse de se laisser capturer.

Une idée aussi qui a pris racine dans ma tête, sans crier gare, comme c’est souvent le cas, de sorte que je ne sais même plus où je l’ai croisée, cette idée, et que je vais être bien en peine de retrouver sa source: le fait de prendre des photos a un impact, pas toujours positif, sur nos souvenirs de ce que l’on voit ou vit. J’ai oublié les détails, l’explication, mais l’idée a planté ses petites racines dans mes pensées, et elle me travaille.

Je prends beaucoup de photos. Depuis… pas tout à fait toujours, mais presque. Et ça fait longtemps que je sens que prendre des photos peut être un moyen de s’éloigner de l’instant présent, de sentir moins. Ça me revient: un élément de cette idée-qui-pousse, c’était que la prise de vue nous incitait à “déléguer” la fonction souvenir à notre appareil.

Est-ce que je veux plus de souvenirs-photos que je ne consulte que rarement, ou plus de souvenirs-cerveau accessibles immédiatement (au sens premier), mais surtout, qui font partie de moi?

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Une heure plus tard [fr]

[en] Trying to move my schedule 1 hour later.

Aujourd’hui, premier matin de mon horaire “une heure plus tard”. Je me suis mise à y penser sérieusement à mon retour de vacances, après le changement d’heure. Pas tant à cause du changement d’heure lui-même, mais parce qu’après une semaine de vacances, retrouver le rythme “Diane debout 5h30” et la descente à la gare dans la nuit, bof.

Je sais bien que la difficulté du lever est une histoire relative. On prend un rythme. Mais il y a aussi d’autres considérations.

Debout à 5h30, ça implique, si je veux mes 7h30 de sommeil réglementaires (pour moi! on n’est pas tous égaux devant le besoin de sommeil), d’être en train de dormir à 22h00, et donc qu’à 21h, 21h30, je commence à me réduire. Ça veut dire que si un jour je suis bien raide, je risque même de me retrouver au lit avant 21h (ça m’est arrivé). Quand il fait jour jusqu’à passé 22h en été… psychologiquement, je trouve ça un peu pénible.

J’ai initialement opté pour l’horaire “5h30” parce qu’il me permettait d’être de retour chez moi à 18h le soir. C’est pratique car le vétérinaire et les magasins sont encore ouverts. Et surtout, en hiver, il fait un peu moins nuit. Maintenant que les jours se rallongent, l’idée de n’être chez moi qu’à 19h est beaucoup moins déprimante. Il y a encore de longues heures de jour. Et l’idée de “me mettre au lit” vers 22h et de viser de dormir à 23 me semble plus raisonnable qu’avec l’horaire 5h30.

Le désavantage, évidemment, c’est que ça décale mes heure de travail, et alourdit mon après-midi. J’aime mieux travailler plus longtemps le matin et avoir un après-midi court. Mais on ne peut pas tout avoir.

Alors aujourd’hui, premier jour de test. Je ferai un petit bilan en courant/fin de semaine prochaine. La première bonne surprise, c’était la lumière du jour lorsque j’ai ouvert mes stores. Il fait jour quand je me lève! Il y a un peu plus de circulation (et ça va empirer après la fin des vacances), mais le train n’était pas plus plein (aussi, à voir après les vacances.

J’ai pu profiter du magnifique panorama en traversant Lavaux, du coup. Je ne m’en lasse pas. Aujourd’hui, il fait moche, on a eu un gros orage hier soir, il a plu durant la nuit. Très moche. Gris et sombre.

Mais depuis mon train surplombant le lac, je vois la trouée de lumière derrière nous sur le Jura, qui se glisse sous l’épais nuage noir qui nous raconte encore l’orage. De l’autre côté du lac, sur Evian il me semble, il y a carrément une tache de soleil, qui se transforme avec la pluie en une tache d’arc-en-ciel, comme une lampe multicolore dans le gris de ce paysage menaçant.

Il y a une fine bande claire découpant les montagnes qui surplombent Saint-Gingolphe et Meillerie, accentuant encore leur tombée dramatique dans le lac. Plus loin, direction Valais, on voit le blanc de la neige qui est encore tombée sur les sommets.

Le temps d’arriver dans la campagne fribourgoise, le ciel se dégage un peu, le soleil fait une apparition timide sur quelques collines, et on devine qu’il va peut-être pouvoir faire beau.

Ma journée “6h30” commence bien.

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Lunettes de lecture [fr]

[en] Reading glasses.

Je crois bien que c’était à Kolkata, en 2015, que j’ai réalisé que je peinais un peu à lire, le soir. J’ai toujours eu une “bonne vue”, mais je me suis dit, passé les 40, ce serait peut-être bien d’aller faire un contrôle.

D’oculiste en ophtalmo, je ressors avec un oeil bizarrement astygmate et compliqué à corriger, et une presbytie pas tellement dramatique à +0.75. Enfin, strictement parlant, j’étais entrée avec aussi.

L’oeil astygmate, je pense que c’est la conséquence de l’éclat en métal qu’il a fallu déloger en rasant un peu de cornée. Etait-ce justement en été 2015? On avait accusé ma décapotable, mais je suis maintenant persuadée que le coupable est le store rouillé du balcon du chalet. Ne pas regarder en haut quand on le déroule…

J’ai donc acheté une paire de loupes toutes faites en pharmacie. J’ai trouvé du +0.75! Pas de garantie pour le style, mais pas de trou dans le budget, surtout pour des engins que je n’étais même pas certaine que j’allais vraiment porter beaucoup. C’était surtout utile pour faire des coloriages (et ne pas déborder).

Au final, les coloriages ont un peu pris une pause, et j’ai augmenté la taille de la police sur ma Kindle.

Deux bonnes années plus tard, je prends mes premières vacances (non-malades) d’employée depuis plus d’une décennie. Et je me dis que je pourrais faire un peu de coloriage, au chalet, pour me vider la tête. Et je retrouve mes lunettes. Et je les embarque. J’avais en passant regretté de ne pas savoir où je les avais rangées lors du diabète de Quintus: viser la petite veine capillaire dans l’oreille à 6h du matin, mesurer des mini-doses d’insuline entre les graduations de la seringue, tout ça aurait probablement été plus facile avec.

Premier coloriage, effectivement, ça fait une grosse différence! Le soir, sur ma Kindle, je me souviens que j’ai des lunettes, j’essaie, et oui, c’est vachement pas mal. Je prends gentiment le pli de la lecture avec lunettes.

Puis je me demande si ça aiderait devant l’écran. Surprise: oui!

Je passe donc deux semaines en compagnie de mes lunettes.

De retour au travail, je prends conscience que je suis en train de froncer quand même pas mal le front devant mon ordinateur de travail… Et si…? Parce que c’est comme avec les appareils auditifs, en fait, on réalise qu’on pourrait (devrait!)  faire moins d’effort, et le cerveau se rebelle. Se rendre la tâche inutilement plus pénible, c’est fini!

Du coup, aujourd’hui, j’ai amené mes lunettes avec moi, et on va voir si elles m’aident avec mon écran au travail.

Ah oui! Depuis quelques années (?) j’ai des maux de têtes plus fréquents que par le passé. Et si c’était lié?

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Back to Lightroom [en]

[fr] Retour à Lightroom après deux ans et quelques d'infidélités avec Apple Photos.

Two and a half years ago I took the plunge and started using Apple Photos “seriously”. It quickly became my main photo library, and the comfort of having photos sync seamlessly across devices became something I was not willing to do without. Lightroom was just not there yet (I tried, it was a nightmare), so Apple won.

Over my holidays I peeked back into Lightroom, which I’d neglected since then. And it clearly wins when it comes to organising and editing photos. Time has done its magic, too, and syncing across devices now works! It’s still reasonably early days, but it’s good enough for me.

Here’s what I’m looking at:

  • my main photo library is (and remains) Lightroom Classic CC — or “good old Lightroom” that we’ve known for years
  • I have the mobile version of Lightroom on my phone and tablet
  • I have created a collection called “mobile” in which I stuff the photos I want to sync with Adobe Creative Cloud and have available on phone and tablet (right now, all my 2018 photos)
  • I have set my phone to “auto-add” any new photos from the camera roll into Lightroom: this means that if I take a photo with my phone or tablet (omg), it will be added into Lightroom mobile, synced over Creative Cloud, and downloaded to the correct monthly folder on my computer (“Lightroom sync” setting in preferences in Lightroom Classic CC)
  • I have also installed Lightroom CC (desktop client built from the ground up specifically for dealing with photos stored in Creative Cloud), without making it download originals (it’s in the settings), so that I can benefit from the AI subject detection to search photos
  • I also use the web client so that I can benefit from the AI “pick my best photos” functionality — this is seriously the killer, as far as I’m concerned
  • I have a monthly “photography” subscription which includes Lightroom Classic CC, Lightroom CC, Photoshop CC (+Spark&Portfolio), and a measly 20Gb of cloud storage
  • I’ll certainly shell out what’s needed for the 1TB plan at some point, but as I’m only syncing Smart Previews to the cloud from Lightroom Classic CC, the 1000+ photos I have in CC don’t even take up 8Gb (my library is 70k, but a few thousand photos in the cloud is enough to play with it for a bit)

I do have a few headaches:

  • RAW and JPG: I’ll let you read the thread for details, but I’ve come to the conclusion that I should be working with JPG. I’m happy to not retouch photos if I can avoid it.
  • I’ve taken a lot of “RAW+JPG” photos with my camera, which means I have the JPG handy, but there is no way in Lightroom to say (like in Apple Photos) “hey, use the JPG for this one”; either the JPG is simply there as a sidecar, or it’s a separate photo, and there is no way for Lightroom to “know” that photos A and A’ are in fact the same photo in two different formats
  • I don’t like the idea of throwing away the RAW file, but the way Lightroom deals with RAW+JPG pairs is making me consider doing JPG only
  • I’ve taken some “RAW only” photos… so I’m going to have to deal with those. My photo post-processing skills aren’t great, and it’s not something I take pleasure in. I did get a Huelight camera profile for my old Lumix G2, which seems to help a bit.
  • I have a pile of albums in Apple Photos, and retouched photos, that I’d like to import into Lightroom. Apple Photos lets you export either the originals or the edited photos of any album, which can then be imported into the Lightroom catalog, and between the Find Duplicates and the Teekelesschen Duplicate Finder plugins I can figure out which version of each photo I actually want in the catalog. I’m still fiddling with the process but it’s workable. (I discovered the use of temporary working catalogs doing this, yay!)

 

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Not Giardia? [en]

As many of you know, I’ve been ill this winter. It started out with what seemed to be a simple stomach bug in early December, but it turned out I had a giardia lamblia infection — probably brought back from India in 2015 (at least), and mostly dormant (well, with hindsight, there were subclinical symptoms) until tiredness of a new job with a demanding schedule and winter funk pushed it (me?) over the edge.

I relapsed after the first treatment, and the second, and seemingly after the third. A month of being unwell after the third treatment led me to repeat the analysis to make sure the nasty protozoan was still around.

It wasn’t.

Much as having giardia detected in December came as a huge relief (I hadn’t been dreaming this last couple of years that my digestion wasn’t great and that my tiredness wasn’t normal), this negative result left me nonplussed. If I didn’t have giardia anymore, what was going on? And if I did it now, and my third relapse wasn’t a relapse, what about my second relapse? And the first?

Doubting myself, again.

Thankfully, by the time I got the results I’d gone about a week feeling better. Lots of rice and no dairy, had said the doc. I’d been doing that since before the third treatment. Maybe my gut was finally rested enough that it had stopped misbehaving?

I don’t know if I had a third relapse and got over it myself. Though giardia can be really hard to get rid of, you’re also supposed to be able to eliminate it yourself. And a week or so after the end of that third antibiotic treatment, I found myself extremely tired and sleeping a lot. Maybe it was my body putting up the fight?

I’ll never know.

Now, things are quite good. Two weeks of holiday also helped. It’s hard to recuperate from a long illness when you’re working nearly full-time over an hour from home.

I can now eat cheese without any trouble. I’m going to take a second batch of probiotics (s. boulardii). I took the first early in my holidays, a bit less than three weeks ago. I’m careful not to overload my digestive system, particularly with raw veggies (salad) or dairy.

I’m much less hungry than I was. I can actually “stand” being hungry. I used to get frantic if I didn’t have food. It seems much better now. Was it giardia? Was it something else that all the antibiotics got rid of? How long have I had giardia?

Again, I’ll probably never know.

So, I’m less hungry, and eating less, and I can wear the trousers I couldn’t fit in last autumn again. I’ve lost weight, in between being ill and having less of a “stuff myself” drive. Maybe I’ll be able to reduce my grocery budget 🙂

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Marre de l’indignation [fr]

[en] Outrage fatigue.

L’indignation (“outrage” en anglais, attention, faux ami) est ce qui fait tourner Facebook, malheureusement. C’est l’émotion qui “marche” le mieux, nous fait partager, réagir, revenir. Facebook est une plateforme dont les algorithmes sont optimisés pour “l’engagement” (un autre faux ami), c’est-à-dire notre investissement en temps et en interactions avec la plate-forme. Likes, partages, commentaires: tout est bon à prendre.

En 2002, j’écrivais Blog provoc’, parce que j’avais repéré cette tendance sur les blogs de l’époque. On écrit pour faire réagir l’autre. Sur facebook, les contenus qui “marchent” le mieux, à savoir qui font réagir et revenir sur la plateforme, ce sont aussi les contenus qui titillent l’autre, le provoquent, l’indignent.

Quand quelqu’un poste exprès un contenu qui vise à faire réagir émotionnellement autrui, de façon négative, afin de se nourrir de son attention et de son énergie, on l’appelle un troll.

Les algorithmes des médias sociaux sont malheureusement optimisés pour les trolls, ou le type de contenu que pourrait poster un troll.

Heureusement, il n’y a pas que ça. Il y a de très belles choses dans les médias sociaux. L’entraide, par exemple. Des amitiés qui se créent. Rester en contact avec les vies de ceux qu’on aime, ou qu’on aimerait mieux connaître. Ou juste rire, ou apprendre quelque chose d’intéressant ou d’utile.

Mais là au milieu, il y a tout ce contenu “qui marche” trop bien, qui active en nous des compulsions, qui nous fâche et au final, qui nous fait nous sentir moins bien.

Si vous voulez vous émouvoir de tous les maux du monde, Facebook est l’endroit idéal. 24h/24, 7 jours sur 7, vous pouvez vous indigner à bon marché: pour l’état de la planète, la politique, les animaux maltraités, la connerie des gens, et même des choses qui ne sont pas vraies, tant l’intox (oui, on avait déjà un nom pour ça avant “fake news”) se plaît dans cet environnement à fleur de peau et à clics de souris.

Non, je ne prône pas l’abandon de Facebook. C’est utopique et ça ne règle pas le problème de fond. Mais un peu de recul, oui. Comprendre les réglages qui vous permettent de gérer un peu vos données privées. Comprendre les mécanismes qui nous font revenir encore et encore. Développer son esprit critique pour avoir une chance de repérer les intox, même (surtout!) celles qui racontent une histoire qui nous plaît. Savoir se désengager. Choisir ses combats, et ne pas gaspiller son indignation juste parce que quelqu’un a partagé quelque chose. Choisir d’agir vraiment sur le monde, au lieu de juste sentir.

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More blogging in the world? [en]

Originally meant as a comment on the post Back to the Blog by Dan Cohen.

Over the years (quite some years ago) I ran a handful of “back2blog” challenges, to try and get people writing on their blogs again. They worked, but once the challenge was over, we all folded back into Facebook.

I’ve been writing more on my blog these last six months or so. One thing that helped me was to try and go back to the early days of pre-social-media blogging, when I’d write much shorter pieces than the essay-like ones. I realised that one of the things that made me write things that could very well have been blog posts on facebook rather than on my blog was that I had come to see blog posts as “articles”, complete with a proper title, appropriate categories and tags, and to make it worse, as I’m bilingual, a short summary of what I was writing in my “other language”.

To do that, I started posting things as “asides” — a post type WordPress provides with for somewhat lesser content. I also decided that my 45-minute commute on the train was more than enough time to crank out a quick post, and when I’m not travelling with colleagues, I really make an effort to write stuff.

I really believe that unless Facebook et al backpedal in making their platforms less addictive (cf. Clay Shirky’s segment in this OTM episode) we are definitely going to see people falling back on their blogs.

Now let me go and find a no-nonsense-no-frills newsreader so I can subscribe to Dan’s blog.

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Blogging and Facebook [en]

[fr] Réflexion sur la place du blog, de facebook, et de la solitude.

Not 20 years ago. But not yesterday either.

My number of blogging years is going to start to look like 20. Well, 18 this summer, but that looks an awful lot like 20 around the corner. My old Quintus is not quite as old as this blog.

We all know that blogging before Twitter and Facebook was quite different from what it is now. “Social Media” made blogging seem tedious, and as we became addicted to more easily available social interaction, we forgot to stop and write. Some of us have been hanging in there. But most of those reading have left the room: consumption is so much easier in the click-baity world of Facebook.

Facebook didn’t invent click-bait. I remember the click-bait postings and the click-bait blogs, way back when. When the nunber of a comments on a post were an indicator of a blog’s success, and therefore quality, and therefore of the blogger’s worth. And then we lost Google Reader. Not that I was ever a huge user of any kind of newsreader, but many were. So Twitter and Facebook, our algorithm machines, became the sources to lead us to blog postings, and pretty much everything else we read.

As the current “delete Facebook” wave hits, I wonder if there will be any kind of rolling back, at any time, to a less algorithmic way to access information, and people. Algorithms came to help us deal with scale. I’ve long said that the advantage of communication and connection in the digital world is scale. But how much is too much?

Facebook is the nexus of my social life right now. But I’ve always viewed my blog as its backbone, even when I wasn’t blogging much. This blog is mine. I control it. It’s less busy than my facebook presence, to the point where I almost feel more comfortable posting certain things here, in a weird “private by obscurity” way, even though this is the open internet. But the hordes are not at the doors waiting to pounce, or give an opinion. Comments here are rare, and the bigger barrier to entry is definitely a feature.

I’ve found it much easier to write here since I decided to stop caring so much, stop putting so much energy in the “secondary” things like finding a catchy or adequately descriptive title (hey Google), picking the right categories, and tagging abundantly. All that is well and good, except when it detracts from writing. It makes wading through my posts more difficult, I’m aware of that. But oh well.

During my two-week holiday, I didn’t disconnect completely. That wasn’t the point. But I definitely pulled back from social interaction (online and off, it was a bit of a hermit fortnight). I spent more time alone, more time searching for boredom. I checked in on the little francophone diabetic cat group I manage, as well as FDMB, a little. I checked my notifications. I posted a little. But I didn’t spend that much time going through my feed.

And you know what? After a week or ten days or so, my facebook feed started giving me the same feeling as daytime TV. Or cinema ads. I stopped watching TV years ago. I watch the odd movie or series, but I’m not exposed to the everyday crap or ads anymore. And when I go to the cinema, the ads seem so stupid. I’m not “in there” anymore. This mild deconnection gave me a sense of distance with my facebook newsfeed that I was lacking.

I caught myself (and still catch myself) diving in now and again. Scroll, scroll, like, scroll, like, tap, scroll, like, comment, scroll, scroll, scroll. What exactly am I doing here, keeping my brain engaged when I could be doing nothing? Or something else? I think my holiday gave me enough of a taste of how much I need solitude and doing-nothingness that I now feel drawn to it.

I’m not leaving Facebook. But if it were to disappear, I’d survive. I’d regroup here, read more blogs, listen to more podcasts (hah!). It helps that I’m looking at my immediate and medium-term professional future as an employee. And that I’ve recently experienced that forum-based communities could be vibrant, and in some ways better than Facebook groups.

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Méditation pendulaire [fr]

Je reprends le travail après deux semaines de vacances. Oh, bien sûr, j’aurais bien prolongé mes vacances, surtout qu’il y a encore plein de neige. Mais bon, il ne va pas faire beau cette semaine.

Je reprends le travail le coeur plutôt léger: j’ai laissé mes affaires en ordre avant de partir, j’aime ce que je fais, et peut-être un peu bête à dire, j’aime aussi mon salaire. L’idée qu’il faut avoir manqué de quelque chose pour l’apprécier ne sort pas de nulle part.

Je médite toutefois sur l’occupation de mon temps. En semaine, j’en ai peu. 12 heures loin de la maison, même si ma squatteuse semble avoir vidé les lieux et que mes besoins en matière de sommeil redeviennent raisonnables, ça ne laisse pas des masses de temps pour vivre hors du week-end et des vacances.

Rien d’extraordinaire, je sais, vous autres qui vivez à ce rythme depuis des années haussez les sourcils en disant “ben ouais quoi”. J’ai conscience d’avoir eu pendant dix ans une qualité de vie vraiment privilégiée, au niveau de mon emploi du temps. Beaucoup de liberté. Ça se payait par ailleurs, mais maintenant que l’equation est renversée, ça me travaille. Je me dis que c’est important d’aimer ce qu’on fait (un minimum), vu le temps qu’on y passe. D’être dans un environnement qui nous convient.

En ce qui me concerne, clairement, il y a ces 2.5 heures par jour que je passe en transit. Ça, sérieusement, je m’en passerais bien. Ça me permet d’écrire, de bouquiner, de m’ennuyer ou de discuter avec mes collègues pendulaires, mais franchement, je préférerais faire ça sur mon balcon avec le chat sur les genoux ou sur une terrasse ou lors d’un restau à midi.

Ayant toujours été très libre de mon temps, je n’ai jamais pris la peine de beaucoup l’organiser. Oh, quand même, mais je pouvais laisser la part belle à l’improvisation. Maintenant que mes heures sont plus rares, je me rends compte qu’un peu de planification peut me permettre de mieux en faire ce que je veux. (Je n’aime pas “profiter”.)

Alors je réfléchis, je regarde mon calendrier, je commence à planifier mes week-ends, et aussi mon peu de soirées. Il ne faut pas attendre d’avoir envie de faire les choses qu’on a envie de faire. Il faut les agender. Alors j’agende. Je regarde comment me simplifier la vie pour monter plus facilement au chalet, par exemple.

Tout ça peut vous sembler bien naïf, à vous qui vivez la vie d’employé depuis des années voire des décennies. Eh oui, je découvre. Mais je vous rassure (enfin vous ne vous inquiétez peut-être pas!) — durant mes dix ans à mon compte j’ai appris à faire face à un tas d’autres choses qu’une vie d’employé ne met pas forcément sur son chemin.

Au final, on apprend tous à bien faire ce qu’on fait, et à bien vivre la vie qu’on vit…

 

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