Les chemins de traverse [fr]

[en] A rather convoluted article to explain why doing stuff that doesn't seem to "fit" with professional objectives (hanging out on IRC, sharing silly photos on Instagram, blogging, being friendly with people) is actually a worthwhile use of your time, making your network larger and bringing opportunities you may not even have thought about.

Dans le milieu de l’entrepreneuriat, du management, le milieu professionnel tout simplement, on parle beaucoup d’objectifs. Il faut en avoir, il ne faut pas avancer à l’aveugle, si ça ne nous rapproche pas de notre objectif, il ne faut pas le faire, etc. (Même dans l’enseignement: tout notre système éducatif fonctionne à coups d’objectifs, avec des effets pervers sur lesquels je m’étalerai peut-être une autre fois.)

Bien fixer ses objectifs, c’est d’ailleurs le sujet du prochain workshop des espaces coworking romands, et je me réjouis d’en apprendre plus à ce sujet. Parce que les objectifs, ce n’est pas ma plus grande force. Et malgré ce que je vous raconte ici, je suis convaincue que les utiliser à bon escient est une compétence précieuse.

La Tourche 2014-08-12 11h21-2.rw2

Mais si je regarde mon parcours professionnel, ma devise est nettement plus “aller là où les envies/circonstances me mènent” que “travailler dur pour atteindre mes objectifs”. Il y a tout un continuum entre les deux, mais je me situe clairement du côté du premier pôle. J’ai déjà “médité” là-dessus dans mon article sur le CréAtelier que j’avais donné il y a quelques années au Swiss Creative Centre: il m’est difficile de donner des instructions pour “faire comme moi”, parce que je n’en ai pas suivies, justement.

Mes succès professionnels sont donc rarement venus parce que je les avais choisis en amont comme objectifs. Ce sont des occasions qui se présentées, des choses que j’ai faites de façon complètement désintéressées et qui, avec le recul, se sont avérées avoir joué un rôle clé. Beaucoup de surprises, en quelque sorte. Difficile de me proposer comme modèle à suivre.

Faut-il donc que je me résolve à dire: “passez votre chemin, rien à apprendre de mes 15 ans sur le terrain”? “J’ai réussi à me mettre à mon compte, je trouve des clients et des mandats, j’ai une certaine notoriété en ligne, mais je ne peux pas vous faire profiter de mon expérience”? Je pense que ce serait autant une erreur que de dire “l’entrepreneuriat, soit on a ça dans le sang, soit on ne l’a pas”.

Je pense que s’il y a un enseignement qu’on peut tirer de mon parcours, c’est qu’il ne faut pas négliger les chemins de traverse, les digressions, les projets qui ne semblent peut-être pas aller dans le sens de ce qu’on cherche à faire. Et je me rends compte que ce conseil va complètement à l’encontre de l’approche “j’ai un objectif et je me focalise dessus”, considérée généralement comme “la façon juste de faire les choses”. Mais je ne crois pas qu’il faille abandonner une approche une pour l’autre, mais plutôt savoir jouer des deux dans un esprit de complémentarité.

Un mot sur la complémentarité, donc, avant de revenir à ces chemins de traverse et à leur importance. J’écoutais ce week-end un intéressant épisode de podcast sur la beauté, la nature, les mathématiques. A un moment de l’interview, l’invité (un physicien) parle du principe de complémentarité. Il donne comme exemple la dualité onde-corpuscule: il y a des moments où c’est utile de regarder une particule subatomique comme une onde, et d’autres où c’est plus utile de la regarder comme un corpuscule. Elle est les deux, mais nous n’arrivons pas à la voir comme les deux en même temps.

Je trouve qu’il y a là une parenté avec d’autres principes de la vie, qu’on oppose souvent, mais qu’il vaut mieux considérer comme complémentaires:

  • se laisser porter par la vie, et mener sa vie en suivant des objectifs ou chemins spécifiques
  • s’accepter comme on est, et chercher à grandir en tant que personne
  • saisir les opportunités qui se présentent, et créer les opportunités dont on a besoin
  • se concentrer, et réfléchir de façon créative (cf. l’influence que l’architecture peut avoir là-dessus, en passant)…

Les objectifs, ça focalise. C’est une sorte de motivation extrinsèque. On se concentre sur ce qui amène directement à la récompense, à l’objectif. Il y a des situations où c’est utile, mais d’autres où c’est dommageable, lorsque le chemin entre les actions qui mènent à un résultat et ce résultat n’est pas direct ou évident.

Un exemple, pour moi, ce sont les relations humaines. Je n’ai pas l’impression qu’avoir des “objectifs” soit très fructueux pour construire une relation. Dans une relation, il faut être à l’écoute, s’adapter, demander, réagir, donner… C’est mouvant.

Et si je reviens à mon parcours fait de chemins de traverse, les relations humaines sont un ingrédient capital sur lequel s’est construite mon indépendance professionnelle.

Et… les relations humaines sont aussi un ingrédient capital dans l’utilisation des médias sociaux. Ils ne s’appellent pas “sociaux” pour rien. Une grande partie des organisations qu’on peut observer autour de nous échouent à s’engager dans le plein potentiel des médias sociaux justement parce que ce volet “humain” est négligé.

Concrètement, que signifie s’engager dans ces chemins de traverse? Et comment est-ce que ça peut nous être bénéfique?

Pour commencer, voici trois axes qui pour moi définissent l’état d’esprit des “chemins de traverse”:

  • mettre de l’énergie dans les relations pour elles-mêmes, parce qu’on aime les gens, ou parce qu’elles nous enrichissent
  • être généreux (de son temps, de son savoir, de ses compétences)
  • faire des choses qui nous intéressent, parce qu’on aime les faire, et pas juste les choses qui sont “utiles”.

Il est important de garder en tête qu’il s’agit d’un mode d’être qui n’a pas besoin d’être exclusif et absolu. On peut être généreux et également dire non. On peut choisir de mettre de l’énergie dans une relation car elle nous est utile. On peut renoncer à faire quelque chose qui nous plaît parce qu’on a besoin de temps pour faire sa comptabilité. Complémentarité.

Ensuite, il y a l’application aux médias sociaux — au monde en ligne. S’il est possible de s’en passer, bien entendu, c’est lui notre plus grand atout pour nous rendre visibles, être trouvés, élargir et maintenir son réseau. Il serait dommage de s’en priver.

  • jouer avec les différents outils, les essayer, découvrir nos affinités avec tel ou tel service
  • chercher des personnes ou des sources d’information qui nous intéressent
  • s’engager dans des communautés en ligne
  • et de nouveau, être généreux — de ses commentaires, de ses partages, de ses idées.

Tout ça, j’insiste, en considérant l’entier de nos intérêts, personnels, professionnels. Etre actif dans une communauté “tricot” qui nous passionne a bien plus de chances de nous ouvrir des portes que de s’ennuyer dans une communauté “business” qui devrait nous intéresser mais ne nous fait pas vibrer.

Poursuivre ces chemins de traverse, ces intérêts pas forcément immédiatement en ligne avec nos objectifs professionnels, ça donne une sorte de “coup de sac” à la vie. Ça introduit de la diversité dans notre réseau et nos idées. On sait d’ailleurs que les liens faibles sont une grande sources d’opportunités professionnelles — et quoi de mieux que de varier ses intérêts, les communautés dont on fait partie, les gens qu’on rencontre, pour enrichir cet aspect-là de notre réseau? Quelques exemples (les miens ou ceux d’autrui…):

  • une photo “personnelle” sur instagram qui mène à une proposition pour donner un cours
  • un article populaire sur les chats qui fait découvrir un blog, puis la personne derrière, dont les compétences nous interpellent
  • un ami de la famille qui cherche à engager quelqu’un avec un profil similaire au nôtre, juste quand on termine ses études
  • on sympathise avec un commerçant, qui pense plus tard à nous pour un projet qu’il mijotait
  • des heures à chatter de tout et de rien sur IRC avec des gens, qui, des années plus tard, s’avèrent être des contacts professionnels précieux
  • un espace coworking qui n’est pas très profitable mais qui apporte de la visibilité…

Je le répète une dernière fois: l’état d’esprit des chemins de traverse est complémentaire aux activités intentionnelles de notre vie professionnelle. Ne fréquenter que les chemins de traverse est à mon avis aussi dénué de sens que de les éviter complètement. A chacun de faire son mélange et trouver son point d’équilibre!

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Anatomie d’un article de blog [fr]

[en] A little analysis of what I did in my previous article, in the spirit of "teaching blogging". Not much to see if you're a blogger, but a little peek behind the scenes which might be of interest if blogging is still a bit of a mystery to you.

Ce n’est un secret pour personne que parmi mes nombreuses activités professionnelles, j’enseigne “le blog”. Comprendre WordPress et sur quel bouton appuyer n’est pas le plus grand challenge. Ce qui est bien plus dur, c’est l’écriture, rentrer dans une communication plus “humaine”, alors qu’on a généralement été formé à la communication de masse et à la rédaction formelle.

html code list blog post

En écrivant mon dernier article, j’imaginais ce que j’expliquerais à mes clients ou étudiants si je devais le décortiquer. Et ça m’a donné envie de le mettre par écrit.

Cet article, il me trottait dans la tête depuis un moment. Deux ou trois semaines en tous cas. C’est un peu la course ces temps, et hier, j’ai réalisé que ça faisait 10 jours que je n’avais rien publié. Ouille! Je me suis dit qu’un peu de rédaction “rapide et facile” ferait un bon break dans ma préparation de cours pour le lendemain.

Tout d’abord, un mot sur ce qui m’a poussé à écrire cet article. La newsletter en question “va bien”, j’ai une bonne quarantaine d’inscrits, des retours, un bon taux d’ouverture, mais j’aimerais bien toucher de nouvelles personnes. Je la mentionne assez régulièrement sur Facebook, donc je vais supposer que les personnes susceptibles de s’y inscrire “comme ça” l’ont fait.

Un article sur ce blog “dure” bien plus longtemps qu’un post sur Facebook. De plus, il est possible que des personnes qui ne me suivent pas de près sur Facebook lisent ce blog avec plus d’attention. Je n’ai pas reparlé ici de la newsletter depuis son lancement, donc c’est peut-être une bonne idée de communiquer que l’expérience a pris et n’a pas été abandonnée.

Surtout, publier ici me permet de faire quelque chose de difficile à faire sur Facebook: rendre les archives plus visibles. En effet, si je peux un peu partir du principe que les personnes pour qui “newsletter: Demande à Steph, numérique pour les nuls” est un argument suffisant pour s’inscrire l’ont déjà fait, peut-être qu’il y a des personnes qui ont besoin de voir plus concrètement de quoi il s’agit pour être intéressées.

Je répète sans me lasser qu’un point clé lorsqu’on publie en ligne est de mâcher le travail à ses lecteurs. Leur faciliter la vie. Leur être utile. Plus on rend l’action qu’on désire facile, plus on a de chances qu’elle se fasse. Donc au lieu de dire “allez regarder les archives“, je vais amener les archives sous le nez de la personne qui est déjà en train de lire, là où elle est en train de lire.

Et faire ça, c’était plus de boulot qu’écrire le reste de l’article. J’ai la chance d’avoir “grandi sur le web” à l’époque où il fallait coder le HTML avec ses petites mains si on voulait aller quelque part, et j’ai donc fait ça “dans le code” pour accélérer la chose. Mais même comme ça, en étant méthodique, en connaissant les raccourcis clavier, ça prend du temps. Moitié moins toutefois que si on manque d’entrainement, à vue de nez.

Les liens, c’est crucial. Retournez voir mon article et imaginez-le sans liens: il perd quasi toute sa valeur et son intérêt. Il n’est là, en fait, que pour envoyer les gens ailleurs. Eh oui, c’est ça le web… envoyer les gens au bon endroit, c’est de la valeur ajoutée! (Voyez, là, je vous ai remis le lien vers mon article, alors que je l’avais déjà donné plus haut… mais je me dis que si à ce stade de votre lecture vous voulez en effet suivre mon injonction et aller voir, ce serait pas hyper cool de ma part de vous faire remonter en haut de la page!)

Alors, les liens. En plus des 12 liens vers les newsletters archivées, je mets un lien vers l’article de janvier auquel je fais référence dans ma phrase d’introduction (“Fin janvier, j’ai lancé deux newsletters”). Le lecteur curieux n’aura pas à faire des explorations archéologiques pour voir de quoi je parle. Je fais aussi un lien direct vers la newsletter dont il est question ici, et à nouveau lorsque j’invite mes lecteurs à s’y inscrire (même raisonnement que celui que j’ai fait dans le paragraphe ci-dessus).

J’ai aussi profité de mon article pour inviter (pas trop lourdement j’espère) les gens à m’écrire avec leurs questions, vu que c’est une tournure que j’aimerais donner à la newsletter.

Finalement, avant de publier, il me fallait une photo pour illustrer l’article. Ce n’est pas obligatoire, et il y a des blogs très bien sans aucune illustration, mais je sais bien que la photo attire l’oeil, et qu’elle est mise en avant de façon très visible quand on partage l’article sur Facebook, LinkedIn, Twitter ou ailleurs. C’est donc quelque chose à faire pour “aider au partage”. Je ne suis pas la grande pro de l’illustration, et je mets souvent des photos qui n’ont pas grand chose à voir avec mes articles. Mais là, comme je parle d’une newsletter, je peux facilement (avec Skitch) faire une saisie d’écran de la page d’inscription. J’en ai profité pour mettre une photo de fond sur le formulaire, histoire que ce soit un peu moins gris!

Ensuite, écrire un petit résumé en anglais, choisir la catégorie, jeter quelques tags en pâture à WordPress (il apparaissent en haut à gauche sous la date et la catégorie), publier, partager sur Facebook et Twitter.

Hop!

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Demande à Steph: bientôt 3 mois de newsletters! [fr]

[en] I launched "Demande à Steph", a weekly French-language newsletter, nearly 3 months ago. In each newsletter I share a simple tip or tutorial for doing digital stuff. It's aimed at "less digital" people who want to become more savvy. It's working pretty well so far! Topics covered include sharing a document with Google Docs, changing privacy of a Facebook post so that it can be shared more widely, whether you should or not delete emails, using dictation on your smartphone, and even how to avoid RSI.

Fin janvier, j’ai lancé deux newsletters, dont une en français: Demande à Steph. Le principe de cette newsletter, c’est un peu “le numérique pour les nuls”. Des petits trucs pratiques du genre de ceux que mon entourage “moins numérique” apprécie toujours.

Demande_à_Steph_par_Stephanie_Booth

Et puis, le titre, pas très original je l’admets, c’est parce que ceux qui me connaissent savent très bien que si on se pose une question ou une autre concernant Facebook, son téléphone, Gmail, son ordi, ou encore “si c’est possible”, “demande à Steph” donne souvent des résultats. Bref, pas pour me lancer des fleurs en excès, mais faut bien se rendre à l’évidence.

Jusqu’ici, pas trop de questions (j’adorerais que cette newsletter vire un peu “courrier des lecteurs” — pas sûre que ce soit le bon terme en français), mais des personnes qui régulièrement répondent à la newsletter pour demander des précisions ou me dire que telle info leur a été utile. J’apprécie beaucoup!

Voici les sujets que j’ai traités jusqu’ici (cliquez sur les liens pour lire).

  1. Facebook: comment rendre public un statut pour qu’il puisse être partagé
  2. iPhone: chercher n’importe quoi sur son smartphone
  3. Google Docs: savez-vous partager un document?
  4. Réglez-vous la luminosité de vos écrans?
  5. Facebook: depuis quand est-on amis? Gare aux faux comptes
  6. Vaut-il la peine de garder/effacer ses emails? (numéro qui m’a valu un petit passage radio à “On en parle”)
  7. Ergonomie: c’est le portable qui m’a sauvé
  8. Google Photos: rassembler dans un album toutes les photos d’un fête
  9. Sécurité: comment faire facilement un bon mot de passe?
  10. Snapchat: c’est quoi ce truc?
  11. Smartphone: utiliser sa voix et dicter
  12. E-mail: comment faire une newsletter

Si ce genre de chose vous parle, inscrivez-vous pour recevoir directement les suivantes dans votre boîte de réception. Et s’il y a des questions qui vous turlupinent, n’hésitez pas à me les soumettre, si elles s’y prêtent, j’en ferai volontiers le sujet d’une prochaine newsletter!

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“Have You Thought About Adopting?” [en]

[fr] Pourquoi l'adoption n'est pas une "solution miracle" à l'absence d'enfant. Et pourquoi "tu as pensé à adopter?" n'est pas vraiment la chose à dire...

— “What about you, have you?”

More than one well-intention person asked me if I’d considered adoption when I came out about my childlessness and the associated grief I was experiencing.

Procreating and adopting are two very different ways of becoming a parent. They are not interchangeable. Adopting is not a de facto fallback plan for infertility.

The boys

In addition to becoming a parent, there is a biological dimension to the desire to procreate. For some people, it’s important, for others, it’s not. Being pregnant, giving birth, passing along genes — all this is absent in adoption.

Adoption is also costly (tens of thousands of francs here), and requires serious commitment to get through all the paperwork and years of waiting (5 on average here).

Not everybody wants to adopt. Not everybody wants to procreate. Some people will do IVF. Some won’t.

Adoption can be a “plan B” to becoming a parent, but it is a whole other way of becoming a parent, which has to be chosen for itself. And for those who turn to adoption after being incapable of conceiving, it means dealing with the grief of “plan A” for having a family.

In Switzerland, about 200 children are adopted each year, most of them from abroad (30 or so from Switzerland). 15 or so by single people. The numbers are falling steadily.

I have not thought much about adoption, for myself. Just like I have not thought much about becoming a single parent. Had I know what I know now in my mid-twenties or early thirties, about fertility, about the social context leading so many women of my generation to childlessness (did anybody know then? had anybody guessed?), maybe I would have made different decisions. Maybe I would have made a plan to become a single parent.

But I haven’t, and I need to look at where I am now. And now, I don’t think it is for me.

I can understand where the “why don’t you just adopt?” or “have you considered adoption?” questions are coming from. It’s hard to be powerless before somebody else’s grief. Adoption seems like a good “fix” to the grief of childlessness.

As a society, we are uncomfortable with grief in general, and we are even more uncomfortable with the grief of childlessness. It disturbs the narrative.

Yes, you can want something and not manage to have it.

No, there is not somewhere out there for everybody.

Despite all the progress in reproductive technology, our biology still has hard limits.

And we are in denial about how following the male-designed progression of studies, dating, career, settling can impact women’s ability to reproduce.

We also are caught in the cult of parenthood.

If somebody dies, we have scripts like “sorry for your loss”. We don’t have a script for what to tell a childless woman who is grieving. So it’s uncomfortable, I get it.

Also, bear in mind that making suggestions or asking people questions about their reproductive life can be extremely tactless. You never know what people may be going through. A bit along the lines of “so, how’s your sex life these days?”

I’m currently reading The Kid by Dan Savage, which tells the story about how he and his husband adopted their son. As one would expect, he deals with some tough questions with honesty and depth.

Along the same lines, I recently listened to Radiolab’s Birthstory episode, the story of an Israeli couple (two guys) who decide to have children. Not a walk in the park either.

And remember. The infertile/childless person you’re speaking to has probably already thought about adoption. And if they aren’t committed to such a project already, there is little chance a comment about it will have much impact, aside from being hurtful.

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Faire preuve de courage face au deuil [fr]

[en] Being brave in grief is not hiding outward displays of pain or sadness. It is, quite on the contrary, daring to face the full extent of our pain. That is way more scary than sticking a lid on things and pretending it's ok. (Inspired to write by this article).

Quand on parle de courage dans le contexte du deuil, on entend généralement ça dans le sens d’être “fort”, à savoir ne pas montrer à l’extérieur l’étendue de sa peine ou de sa détresse.

Mais le vrai courage, face à un décès ou une perte qui bouleverse notre existence, c’est d’oser sentir combien ça fait mal, combien on souffre, combien on est triste et désespéré. D’oser sentir le trou béant de l’absence, que la vie a perdu tout son goût, qu’on ne peut pas imaginer aller de l’avant ainsi. Sans.

Neige et chalet 126 2015-01-18 17h40

Notre douleur est à la mesure de notre attachement. Et c’est uniquement en prenant la mesure de celle-ci, en seaux de larmes, qu’on peut espérer accepter cette inacceptable absence.

La tristesse, c’est en fait le signe qu’on accepte un peu plus. Le refus de faire face, le couvercle qu’on met sur nos émotions, c’est ce qu’on appelle le “déni”. C’est essayer de faire semblant qu’on ne souffre pas tant que ça. Et c’est cette attitude, justement, qui risque fort de nous empêcher de retrouver goût à la vie, voire même de laisser des séquelles.

J’entends parfois des personnes en deuil me dire qu’elles n’arrivent pas à pleurer. J’ai passé par là aussi. L’antidote est plutôt simple, en fait: il s’agit de prendre conscience que la force de notre “refus” (“je ne veux pas qu’il/elle soit mort, je ne veux pas qu’il en soit ainsi, je ne veux pas vivre avec cette absence”) est le reflet de notre peine. Dans ces moments de refus ou de rejet, on peut rentrer en contact avec sa peine simplement: “si, il va falloir…”

Le courage, c’est ça. C’est oser sentir sa tristesse, oser plonger dans ce puit sans fond qui, nous le croyons, va nous anéantir, avec la conscience que c’est à travers cette tristesse que l’on va finir par accepter l’absence que l’on refuse absolument d’accepter.

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Pitching: Don’t Assume I’ll Be Interested, and Some Advice [en]

[fr] Comme blogueuse, j'ai malheureusement l'habitude qu'on m'approche avec des infographies et autres contenus "pour mes lecteurs". Ahem. N'importe qui ayant passé plus de 4 minutes sur mon blog devrait vite repérer que mon business n'est pas la reproduction du travail d'autrui.

La nouvelle tendance, c'est les startups et autres entrepreneurs du coin qui me contactent, en tant que gestionnaire de l'eclau, pour me pitcher leurs services -- et idéalement, les vendre aux membres.

Ce qui me dérange souvent dans ces approches, c'est qu'au lieu de demander si une telle démarche ferait sens, on semble partir du principe que bien sûr, ça va intéresser les gens/m'intéresser. Du coup, quelques conseils (un peu à l'arrache) sur comment procéder mieux.

As a blogger, I’m used to getting emails telling me about a fascinating infographic or a great new service that I should be eager to tell my readers about. These emails usually get ignored, or in the case of the worst offenders who follow-up aggressively when they get no reply, spammed.

Recently, I have been faced with an annoying new trend: as a coworking space owner, I am starting to receive pitches (sometimes by e-mail, generally by phone) from local start-ups or entrepreneurs who are convinced that their product or service is ideal for the members of eclau.

Sailing. Race.

Honestly, nobody likes being pitched. On the other hand, I am aware that I sometimes contact people to try to interest them in stuff that I’m doing. For example, I have spent a large part of the last two days telling people about a workshop I am holding in Geneva next week, and which is not full yet. Am I being the annoying person pitching them?

Examining the way I phrase things has led me, I think, to pinpoint what is so annoying with these pitches that I’m getting. They assume that what they have to offer is interesting, to me or the members of my coworking space. They’re not asking. It’s pushy. It’s “I’d like to come and show my product” or “this will be of interest to your readers”. Not “what do you think?” or “would this make sense?” or “just in case”.

It feels like the objective is to convince me there is a match. Oh, you know me or my coworking members better than I do? Half the time, to be honest, it’s so far off the mark that it’s clear proper homework has not been done, and that weakens the whole approach. If you have to talk me into something, it’s probably not that great a match, specially if I get the feeling you’re not really listening to me.

It’s hard to find the right balance between pitching too aggressively and staying in the shadows. I get it. How do I try and do it?

  • I do my homework — or if I can’t, or haven’t, I ask the other person if they think it’s a match.
  • I try and put myself in the other person’s shoes. What is in it really for them, besides what I would like there to be? I try and forget about my goals and think only of theirs.
  • I aim to inform rather than sell. Ask questions and listen rather than “talk at”.
  • If I want to tell the other person about something, and I don’t really expect them to see the point at this stage, I’ll do my best to be upfront about the fact that I’m asking them a favour (their time) to hear me out, instead of trying to pass it off as something that’s in their interest.
  • Often, I’m asking people I know if they might know people who could be interested in whatever I’m doing. If they are themselves, they’ll certainly tell me, but I’m not assuming they are.
  • As a general rule, I am generous with my knowledge and time and happy to help people I know out. I do it because it’s in my nature, but it does have the advantage that when I’m asking for something, I’m not (I hope!) coming across as the person who’s always wanting and never giving.

That’s it, off the top of my head. I’m sure I don’t manage to do things “perfectly” all the time, but I do my best to be respectful of other people’s needs and time.

How do you approach this? If you get pitched and it’s not your job to get pitched (you’re not a VC or somebody who relies on pitches), what are the things that put you off, and what advice would you give to approach you?

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Snapchat pour les nuls: l’essentiel pour démarrer [fr]

[en] An introduction to snapchat. Understanding chats and stories.

Snapchat est sur mon radar depuis un moment, mais je vous avoue que je ne captais vraiment pas — ressentant probablement ce que beaucoup de mes clients ressentent face à Twitter! 😉

Steph Snapcode

Le week-end dernier, j’ai eu un déclic, comme on dit, et je crois que j’ai enfin assez pigé pour vous expliquer l’intérêt de la chose. Je suis assez fan!

En très résumé:

  • c’est une application smartphone, point barre
  • ça permet de communiquer individuellement, ou de publier sur l’équivalent d’un “mur” pour tous ceux qui nous suivent (ou un sous-groupe)
  • ça mélange au même endroit texte, photo, vidéo — c’est principalement visuel
  • il y a tout un côté ludique avec des “masques” qu’on peut appliquer sur son visage, en photo ou en vidéo (je ne m’en lasse pas)
  • il n’y a pas d’archives, tout disparaît
  • l’interface n’est pas hyper intuitive…

Si vous ne l’avez pas encore fait, téléchargez snapchat sur votre mobile et créez un compte. Ça se fait directement dans l’application. Snapchat vous proposera spontanément d’ajouter les personnes parmi vos contacts qui ont déjà un compte: faites votre choix!

Regardons un peu plus en détail comment ça marche, histoire de ne pas se perdre.

La base

Quand on ouvre Snapchat, ça ressemble à ça:

Ouverture de SnapchatJ’ai deviné juste, hein? On fait bien cette tête, parce qu’on a une caméra pointée sur nous et on ne sait pas ce qui va se passer.

Avant de jouer avec la caméra (ça vient tout de suite), orientons-nous. En balayant un doigt sur l’écran, on trouve:

  • en haut, notre profil
  • à droite, les “stories” (l’équivalent du “mur” facebook)
  • à gauche, nos contacts pour la messagerie.

On peut aussi arriver sur ces écrans en touchant les icônes correspondantes, en haut au milieu, et en bas sur les côtés. Le petit “1” à droite est une notification m’indiquant qu’une nouvelle “story” (histoire) m’attend.

La caméra

Toucher le bouton prend une photo, appuyer longuement filme en vidéo, pour un temps limité. Jusque-là, rien de sorcier.

Grille de mesureAvant de prendre une photo ou une vidéo, on peut aussi appuyer “longuement” sur son visage. Un petit grillage comme celui-ci le recouvre afin de le mesurer pour l’utilisation des masques.

Vous voyez ensuite apparaître à gauche toute une ribambelle de masques. Ceux-ci changent régulièrement, on dirait. Si vous avez aimé les filtres déformants de Photo Booth dans le temps, vous allez adorer Snapchat! Amusez-vous un peu, puis filmez/photographiez-vous avec le masque que vous voulez.

Nice Tongue Smile Rainbow Feline 30s

Bref :-)

Une fois la photo prise, de nouvelles possibilités s’ouvrent à vous, via une rangée de boutons en haut et en bas de l’écran.

Mona StephEn haut:

  • la croix, pour mettre à la poubelle votre oeuvre et revenir en arrière
  • les stickers, pour ajouter autant d’emojis que vous voulez; vous pouvez les déplacer avec un doigt, les agrandir (tirer avec deux doigts) et même les faire tourner
  • le texte, pour ajouter un commentaire; on peut aussi le déplacer avec le doigt, et changer la police en touchant à nouveau le bouton texte
  • le crayon, pour gribouiller à la main sur l’image.

En bas:

  • le minuteur, qui règle combien de secondes s’affichera la photo (ça deviendra plus clair quand j’expliquerai comment on construit son histoire)
  • la flèche vers le bas pour sauvegarder votre oeuvre sur votre téléphone
  • le cadre avec le “+” pour ajouter directement la photo à votre story
  • la flèche vers la droite qui vous permet de partager votre photo avec certains destinataires précis.

En balayant à droite et à gauche, vous avez aussi des filtres ou l’affichage d’informations comme le lieu, l’heure, la vitesse…

Essayez!

J'ai mis le paquet

Les stories (histoires)

Ça, c’est là où j’ai coincé pendant un moment. Mais une fois qu’on a compris la logique c’est assez simple. “My Story”, c’est une pile de photos de de vidéos, qu’on voit à la suite. Une montage qui se fait automatiquement: chaque fois qu’on ajoute quelque chose à “My Story”, ça vient se mettre en fin de vidéo.

Snapchat StoriesEt si on regarde une story, ce qu’on voit c’est une suite de moments peut-être un peu hétéroclites, mais dans l’ordre chronologique. C’est sur ça que j’ai bloqué au début: je pensais qu’il fallait expressément faire son propre montage, et je ne trouvais pas comment. Eh bien non, ça se fait tout seul!

Seules les dernières 24 heures d’une story donnée sont visibles. Ce qui est plus ancien est perdu à jamais!

Les stories qu’on n’a pas encore vues en entier se trouvent sous “Recent Updates”. S’il y en a plusieurs, Snapchat va nous les montrer à la suite quand on lance la première. Si on veut aller voir la story entière de quelqu’un en particulier, on va dans “All Stories”. Pour accélérer le défilement, il suffit de toucher l’écran et on passe au plan suivant.

Profil SnapchatOn peut sauvegarder sa propre story, sous forme d’une vidéo unique, mais pas celles des autres.

Donc, pour faire sa story, on enregistre une photo ou une vidéo, et on la rajoute sur la pile. On peut choisir dans les paramètres (écran de profil, en haut quand vous êtes sur la caméra d’accueil de l’app, roue dentée à droite) si notre story n’est visible qu’aux personnes que l’on suite (nos “amis”), à tout le monde, ou bien à un groupe restreint de personnes.

La messagerie (le chat)

Dans la messagerie (à gauche de l’écran principal, glisser encore vers la gauche sur le nom d’un contact pour ouvrir l’écran de conversation) on retrouve “l’appareil photo” décrit ci-dessus. Il est aussi possible de:

  • partager des photos depuis la pellicule de son téléphone
  • lancer une conversation vidéo ou audio, et basculer sans interruption de l’une à l’autre
  • écrire du texte :-)
  • partager des stickers divers et variés
  • envoyer une courte séquence vidéo en appuyant longuement sur le bouton “appel vidéo” (attention ça part tout seul, une fois lancé rien ne l’arrête, faites vos expériences avec quelqu’un de confiance ;-))

Ce qui est intéressant:

  • dès que vous quittez la fenêtre de conversation, tous les messages disparaissent (bonjour la perte de contexte si on laisse des messages hors-ligne, pensez-y)
  • les captures d’écran sont possibles mais visibles, l’autre est donc informé
  • on peut vraiment mélanger texte, images, vidéo dans une même conversation
  • en appuyant longuement sur un élément de la conversation, on peut le sauvegarder (il ne disparaîtra donc pas à fermeture de la conversation)

Snap Chat 1 Snap Chat 2

Le snapcode

Pour suivre quelqu’un dans snapchat, il faut soit son nom d’utilisateur, soit son numéro de téléphone, soit son adresse e-mail soit… son snapcode.

Le snapcode c’est un peu comme un QR code spécial-snapchat. C’est le carré jaune avec les petits points et le fantôme au milieu. Si vous vous demandiez, comme moi, pourquoi certaines personnes utilisent ça comme photo de profil facebook, voilà pourquoi.

Il suffit de pointer l’appareil photo snapchat sur le snapcode, et d’appuyer (longuement) sur l’écran. Essayez avec le mien dans cet article!

La confidentialité

Une des raisons pour lesquelles on a (en tous cas au début) beaucoup parlé de snapchat, c’est parce qu’il n’y a pas d’archives. C’est l’application qui “ne laisse pas de traces”.

Alors, s’il est vrai qu’il n’y a effectivement pas d’archives, il ne faut pas non plus se lâcher complètement. Il y a toujours moyen d’enregistrer ce qui passe sur un écran, de faire des saisies d’écran, etc.

Attention quand même!

En conclusion

Je n’ai pas été exhaustive (je n’ai pas parlé de Discover, j’ai perso pas croché, en tous cas pour le moment) et je suis en train de faire mes premiers pas sur snapchat, mais j’espère que ce petit tour d’horizon vous donnera l’envie et le courage de vous lancer.

Je trouve très très sympa pour communiquer “au quotidien” avec les gens que je connais (c’est fait pour ça). C’est vraiment pratique de pouvoir balancer un morceau de vidéo quand on discute, plutôt que d’être coincé dans le texte.

J’aime beaucoup les masques, vraiment, et le fait qu’ils changent me donne vraiment envie de garder un oeil dessus afin de ne pas en rater des sympas (c’est le but, je pense).

Les stories ont vraiment été une découverte pour moi, car je suis quelqu’un qui communique en premier lieu par écrit. Avoir un outil qui m’oblige à le faire en vidéos et en images, ça ouvre des horizons que je me réjouis d’explorer (un peu le sentiment que j’avais eu avec Periscope, que je n’ai pas réutilisé depuis l’Inde, tiens… peut-être parce que ça bugait un peu trop à mon goût, et que le workflow pour récupérer les vidéos était laborieux).

S’il y a des coins encore brumeux n’hésitez pas à poser des questions en commentaire ou… à me trouver sur snapchat, si on se connaît!

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Facebook: Sharing or Showing Off? [en]

[fr] Une prise de conscience d'une part de l'effet négatif que peuvent avoir sur moi les publications positives de mes amis sur Facebook (je suis contente pour eux, mais en comparaison, suivant mon humeur, ça peut faire ressortir à mes yeux mon inadéquation), et d'autre part du fait que je contribue peut-être à cet effet chez les autres avec mes partages (de tout mon temps passé au chalet dans un cadre magnifique, mes voyages, la voile...).

A few months ago, I realised that certain posts that showed up in my timeline on Facebook didn’t make me feel very good.

  • another of my friends was writing a book
  • somebody else was hanging out with exciting “famous” people
  • yet another was pregnant
  • somebody had a new exciting professional gig

I felt happy for all these people, of course. Amongst my peers, I’ve been reasonably conservative about connecting with people on Facebook, and bar a few exceptions (that’s life), I’ve only friended people I like. So, when people I like are happy, or have a new exciting job, or are about to be parents, or lead exciting lives, I’m happy for them.

Neige et chalet 129 2015-01-18 17h45

But during times when I’m not feeling too good about myself or my situation, or going through a tough spot, or suffering a bout of self-doubt, learning about these good things in my friends’ lives actually brings me down.

The explanation is quite simple: social comparison. We tend to do that. Some more than others. We compare ourselves to others. It’s a background process, really, and I personally have a lot of trouble turning it off or at least down.

I’m somebody who is on the whole positive/optimistic about the internet, the digital world, social media. I think it is overall a good thing. For us as a society, and for us as people. So I’ve always looked at articles like this one with a bit of skepticism.

What I see described in some of these “facebook envy articles” doesn’t really fit with what I observe on Facebook. They sometimes paint a picture where people are actively putting their best foot forward and showing off the highlights of their lives, and others spend their time actively stalking their friends lives, seething with envy. I’m exaggerating a bit, but you get the idea.

Kolkata Streets 2015 38

When I noticed that learning good news about my friends’ lives was bringing me down, it took me a while to realise I was experiencing some form of Facebook envy — because the mechanisms I could see didn’t fit with what I had been (half-heartedly) reading about.

I didn’t see my friends as bragging. They were just sharing stuff about their lives. And of course, people are more likely to share “Yay got the book deal!” than “ate a cheese sandwich for lunch”. Or maybe they also share the cheese sandwich, but more people are going to like the book deal and comment on it. And so Facebook’s algorithm is going to push it to the top and make it appear in my newsfeed, rather than the cheese sandwich.

I also didn’t see myself as actively trying to compare myself with others. This was just part of the “keeping passively in touch” role that Facebook plays for me. Catching up asynchronously, and probably also asymmetrically. But behind the scenes, social comparison was working overtime.

Sailing in Spain

I learned to take time out. Leave Facebook for a while and go do something else. It didn’t spiral out of control. Yay me.

As I was becoming aware of what my friends’ posts was sometimes doing to me, I started having second thoughts about some of the things I was posting. You see, I have a chalet in the mountains, in a really picturesque area in the Alps. I go there quite often during winter, as I take a season ski pass. And I share photos.

What’s going on in my mind is not really “see how lucky I am”, but more “I’m aware how lucky I am and I want you to get to experience some of this too”. My intention is generous. It is to share so that others can benefit too.

But I’ve realised lately that this may not be the impact my posts have on others. My sometimes seemingly endless chalet and mountain photos might be for others what book deals and professional success in my newsfeed are to me.

Chalet

People with families, or two weeks of holiday per year, or who live in parts of the world that make travel more difficult or simply don’t have the means to move from where they are might feel (rightly) envious of some aspects of my life. I travel quite a bit. Aside from the chalet, I have a boat on the lake, go to India regularly. My freelance life has drawbacks, but one of the advantages is have is that I have quite a bit of freedom with my time and where I am, as some parts of my work are location-independant. And I live in Switzerland, for heaven’s sake.

Of course, I try to share the good things about my life, because I’m aware I’m privileged, and I don’t want to spend my time whining or complaining. I do complain, but about the small things, usually. Like people saying “blog” to mean “blog post”. The big things that bring me down are also much more difficult to talk about, and so I don’t often mention them. But I’m generally happy with my life and that is what I try to express.

Home

I don’t experience what I do on Facebook as “self-promotion”. Every now and again I “do self-promotion”. I write a post that really has to do with my professional area of expertise, or I share information about something I’m working on. But that’s far from the majority of my postings. Most of the time, it’s really just “oh, look at this, I want you to enjoy it too!”

Now, however, I’m more and more aware of the part I may be playing in fuelling other people’s social comparison blues. Am I going to post yet another photo of how beautiful the mountains are from the chalet balcony? Or showing that I’m sailing on the lake? Or that I’m hanging out with the cats again?

Furry Boys

I don’t know if I’m going through a realisation that will change what I post about or not. But it’s definitely changing how I think and feel, to some extent.

What about you? Do you get “bad feelings” seeing what your friends are upto? And do you think about what “bad feelings” you may unwittingly be eliciting amongst your friends through your postings?

And what is the solution to this?

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Comprendre mon cerveau: un pas de plus [fr]

[en] One step further in understanding my flaky brain (which is much-less-flaky as of late). Our brain puts ressources where our motivation and intention is. If I'm super involved in an online community, that's where my energy will go, rather than on cooking. When we feel sucked into Facebook or incapable of focusing anymore, well, it's because we like candy.

Vous savez que ça fait un moment que mon cerveau me préoccupe. J’ai passé une année avec assez peu de “temps de repos” pour mon cerveau, et je me demandais si le foisonnement d’activités avec lesquelles je jonglais pouvait expliquer oublis, zappings, et autres difficultés à me concentrer. Etais-je en train de devenir sénile à 40 ans, de perdre la boule? Est-ce que Facebook, Google Hangouts et Ingress m’avaient grillé les neurones?

J’avais gentiment pris les décisions suivantes:

  • j’allais faire un effort conscient pour prendre des temps morts (ne pas être tout le temps en train d’écouter un truc ou de pianoter sur mon téléphone durant mes trajets et activités quotidiennes)
  • idem pour être moins “éparpillée” en travaillant, faire des efforts de concentration et ne pas passer d’un onglet à l’autre toutes les dix secondes, ou ne pas vérifier mon téléphone quand je lis un livre ou regarde un film (plus de “monotâche”)
  • mettre plus de “conscience” dans mes actes: par exemple, allumer une plaque en prenant note que j’allais devoir l’éteindre, ou faire un effort “d’impression mentale” quand je dis que je vais faire quelque chose

Avec les semaines et les mois qui passaient, j’ai senti un retour à la normale. Ouf, je n’étais pas en train de devenir sénile, et mes neurones n’étaient pas irrémédiablement grillés!

Cygne

Ma conclusion à ce stade était que, en effet, “trop” d’activités dans tous les sens avait eu un effet délétère sur ma façon de fonctionner. Mais j’ai aujourd’hui révisé cette conclusion — je ne crois pas qu’elle était tout à fait correcte.

Deux éléments ont fait évoluer ma réflexion:

  1. La lecture d’un article expliquant (neurosciences) que se plaindre à répétition crée des connexions qui facilitent par la suite la “génération” d’idées négatives. C’est très logique, en fait, on met en place par nos actions et mouvements de pensée des connexions neurales qui rendent plus facile la répétition de ces mêmes mouvements.
    Et je connais bien ce phénomène dans sa version positive, que je pratique sous forme de l’exercice des “trois bonnes choses” quotidiennes. On peut entrainer son cerveau à être plus optimiste/positif, comme on peut l’entraîner à être négatif. J’avais d’ailleurs rencontré cette idée pour la première fois il y a plus de 15 ans maintenant, en lisant le livre “L’intelligence émotionnelle” — quand on est dans un certain état émotionnel, on va naturellement chercher autour de soi ce qui le confirme et l’entretient.
  2. A l’occasion d’une journée pédagogique où j’étais invitée à intervenir, j’ai eu la chance de parler un peu avec le pédopsychiatre Philippe Stephan, qui venait de donner une excellente et très instructive conférence sur le cerveau des adolescents, et ce que son développement nous apprenait par rapport à la relation des ados au monde numérique.
    On parlait du “non-danger” des écrans (le problème est l’absence de limites plutôt que l’écran lui-même — un défaut de cadre plus qu’une activité néfaste), et je faisais part tout de même de mes doutes, me basant sur ma propre expérience récente et des articles comme celui-ci, qui semblaient mettre en rapport temps d’écran et troubles d’attention chez les enfants. Je ne sais plus exactement comment il a formulé ça, mais j’ai retenu l’idée suivante: c’est une question d’investissement/de motivation plus que, de nouveau, la nature de l’activité.
    Si je suis très investie dans ma “vie Facebook”, par exemple, ou ma “vie Ingress”, mon cerveau va “délaisser” en quelque sorte les autres pans de ma vie. On met l’énergie là où “c’est important”, du point de vue de notre motivation. Et là où c’est délicat, c’est que Facebook et cie sont faits pour nous plaire et nous stimuler.

Pour moi ça fait complètement sens. Si on passe beaucoup de temps à faire quelque chose, qu’on y est investi émotionnellement, qu’on a envie de le faire, c’est là que va aller notre attention. On peut bien sûr se remettre sur le droit chemin à coup d’astuces comportementaux, ou aussi simplement en mettant de l’énergie à autre chose (ce qui revient probablement au même). Ça explique aussi pourquoi un changement de rythme de vie (vacances, chalet) nous permet souvent de prendre du recul ou de “décrocher”: on se réinvestit dans d’autres choses.

(En relisant ce que j’ai écrit en conclusion, je me demande s’il n’y a pas un petit bout qui m’échappe encore, parce que ça me paraît un peu “plat” comme conclusion en comparaison avec la “grande illumination cérébrale” que j’ai eue pendant la discussion.)

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Accompagnement à la transformation numérique [fr]

[en] "Digital transformation", and how this expression describes what I've been doing these last 10 years so much better than "social media".

Depuis plusieurs années, je cherche une “étiquette” qui décrive plus adéquatement ce que je fais que “consultante en médias sociaux”. Et là, je crois que je tiens enfin une expression qui couvre ce que je fais depuis 10 ans avec mes clients: je fais de l’accompagnement à la transformation numérique.

Alors, il paraît que “transformation numérique” ou “transformation digitale” c’est le truc hype du moment. Mais j’avoue qu’il y a encore deux mois, cette expression n’était pas sur mon radar. C’est Jean-Marc Sandoz, alors que je lui faisais part de mes réflexions sur mon véritable domaine d’expertise et mon rejet croissant de l’étiquette “médias sociaux”, qui m’a proposé “accompagnement à la transformation numérique.” Marrant comme une rencontre fortuite sur le quai de la gare de Lausanne peut déboucher sur un grand moment d’éclaircie intellectuelle!

Gâteau au chocolat

Crédit photo: Slice of Chic (CC)

Quand on dit “consultante en médias sociaux” (en Suisse Romande tout du moins) l’interlocuteur imagine immédiatement quelque chose de cet ordre: “ah, tu fais publies des choses sur Facebook pour tes clients?” ou bien “tu fais du marketing sur les réseaux?” Je me retrouve du coup à expliquer que non, je vais pas généralement faire des choses sur Facebook (ou ailleurs) pour mes clients, que je ne fais pas du marketing même s’il m’arrive de travailler avec “les gens du marketing”, et que l’essentiel de ce que je fais c’est expliquer aux gens ce que c’est que ces médias sociaux et les aider à faire des choses pas trop inutiles avec. Et que ce qui m’intéresse ce sont les gens, comment les relations se tissent, comment l’information passe d’une personne à l’autre.

Rajoutons aussi que les médias sociaux c’est pour beaucoup de gens un truc hype et fumeux dont on ne sait pas trop à quoi ça sert (et qu’on comprend pas), et… aïe. Bref, en disant “médias sociaux” je crée une image chez l’autre que je dois ensuite m’évertuer à déconstruire pendant une bonne dizaine de minutes.

L’accompagnement à la transformation numérique, par contre, ça me parle!

“Accompagnement”, déjà, c’est bien. C’est un terme que j’ai utilisé pas mal au début de ma carrière indépendante, puis que j’ai laissé tomber parce que ça semblait un peu “mou”. Comme “conseil”, d’ailleurs. Alors je me suis retrouvée avec “consultante”, “formatrice”, “conférencière”. Des mots qui décrivent une personne. (Alors que “accompagnatrice” et même “conseillère”… moyen.) Mais avec ça j’ai perdu un bon bout de ce qui fait la spécificité de mon approche: je suis vraiment dans une logique d’accompagnement, et je me suis rendu compte récemment que c’était une dimension importante de mon travail, et qui plaisait aux clients potentiels à qui je parlais.

J’ai pensé ces derniers mois à des termes comme “passeuse” ou “médiatrice”, qui reflètent cette même idée. Je suis celle qui va vous prendre par la main pour explorer ce que vous ne connaissez pas encore (le numérique). Et cet accompagnement peut se traduire par du consulting, de la formation, des conférences, du travail sur des projets (opérationnel!) que je fais également. Avec, derrière, un objectif d’autonomisation de la personne que j’accompagne.

On me propose souvent “coaching” pour décrire ce que je fais. Et… pris au sens commun, effectivement, beaucoup de personnes diront que ce que je fais est du coaching. Mais le coaching, dans le contexte professionnel, est une approche spécifique, un cadre déontologique précis. Un coach ne va pas faire à votre place. Il ne va pas non plus vous dire quoi faire. Mon positionnement est peut-être plus proche du mentoring: j’ai de l’expérience dans un domaine, et je fais profiter mes clients de cette expérience, en leur expliquant, en leur conseillant, en étant une “référence” quand nécessaire. Mais de nouveau, dans un contexte professionnel, le mentorat met en général en relation des professionnels jeunes avec des professionnels expérimentés sur la même voie qu’eux, ou sur un parcours similaire.

Alors ce que je fais, je le dis maintenant haut et clair, je préfère l’appeler “accompagnement”.

Et la transformation numérique? Ce que le monde semble être en train de découvrir maintenant (si l’on en croit que c’est le terme en vogue en 2016), c’est ce que je prêche depuis plus d’une décennie: le numérique (internet, les blogs, les médias sociaux…) n’est pas une couche supplémentaire à rajouter à nos activités, mais un nouvel élément qui transforme celles-ci.

Ça n’a pas toujours été très clair pour moi que cette question de la transformation (versus l’ajout) était cruciale — probablement parce que je l’avais comprise instinctivement très tôt, durant mes premières années de vie en ligne. La lecture du Cluetrain Manifesto m’a donné un vocabulaire pour en parler. Je dis souvent, par exemple, qu’internet a changé la façon dont les organisations communiquent avec les personnes, que celles-ci soient à l’intérieur ou à l’extérieur de l’organisation. A ce jour, j’ai une vision de moi bâton de pèlerin à la main, portant la bonne parole du Cluetrain où je vais — comme d’ailleurs mon ami et collègue Euan Semple.

Au fil des années, à force de me heurter aux tentatives d’utilisation des outils sociaux dans le vent qui s’arrêtaient à leur expression visible, sans comprendre les changements profonds qui doivent les accompagner pour qu’ils puissent manifester leur potentiel, j’ai réalisé à quel point c’était cette dimension-là qui était cruciale, et qui posait problème. On partait de “on fait un blog?” et toute la stratégie de l’entreprise venait avec, si on tirait un peu.

En regardant en arrière, je me souviens que cette conscience était très présente pour moi lors que nous étions en train de concevoir la formation de Spécialiste en Médias Sociaux et Communautés en Ligne du SAWI, début 2010. La formation tout entière reposait sur un projet de diplôme, qui consistait en fait à opérer cette transformation numérique dans l’entreprise, la profession, ou un projet de l’étudiant. Les cours apportaient la “culture” du numérique, surtout stratégique, technique aussi, outillant les étudiants pour le monde dans lequel nous travaillons et vivons, mais le plus important était ce qui s’opérait dans le cadre du travail de diplôme, et c’est cela qui faisait à mon sens la valeur de cette formation.

Je me souviens de la frustration de certains, lors des rendez-vous de suivi de projet, lorsqu’à chaque module ils se retrouvaient presque à tout défaire ce qu’ils avaient fait jusque-là pour reprendre depuis le début. C’était inévitable: c’est à mon sens uniquement en tentant de mettre en application ces “nouveaux outils” ou ces “nouvelles techniques” du numérique dans une situation réelle qu’on se heurte à la nécessité de cette transformation en profondeur. Je crois qu’on peut oser parler ici de changement de paradigme. Il y a une rupture de continuité entre le monde sans numérique, et le monde avec numérique. Et tant qu’on n’a pas passé “de l’autre côté”, on n’est pas “de l’autre côté”.

En 2011, j’allais à Montréal donner une conférence: comment intégrer les médias sociaux à sa stratégie. C’est à cette occasion, si ma mémoire est bonne, que j’ai utilisé pour la première fois la métaphore du gâteau au chocolat. Le numérique, c’est le chocolat du gâteau au chocolat. On n’est pas en train de parler d’un muffin avec des “chocolate chips”, ou du glaçage sur un gâteau, mais bien d’un gâteau au chocolat: le chocolat ne peut pas être dissocié du gâteau, comme le numérique ne peut être dissocié du reste du monde.

Cette volonté de considérer le numérique (le monde en ligne, internet, le cyberespace) comme lieu d’altérité est très fort. Je me souviens la peine que j’avais, au début et au milieu des années 2000, à expliquer aux journalistes et autres curieux la continuité qu’il y avait entre ma “vraie vie” et ma “vie virtuelle” (je déteste ces termes, mais c’était clairement comme ça dans l’esprit de mes interlocuteurs). Je pense vraiment que mes années de réflexion sur ce rapport, à titre personnel, entre “en ligne” et “hors ligne” et leur intime inextricabilité ont préparé le terrain pour l’impact que le Cluetrain a eu sur moi. Tout ce que je découvrais faisait sens. Et comme ce n’était pas le cas pour la grande majorité des gens, la porte d’une activité professionnelle tournant autour de communiquer ce sens s’ouvrait pour moi.

C’est très clair avec le recul, bien sûr. Sur le moment, et jusqu’à il y a peu, je crois que je n’avais pas les mots ni même toutes les idées pour penser tout ça. Et certainement que dans dix ans, cette réflexion-ci me paraîtra bien lacunaire.

Mais nous y sommes donc: la transformation numérique. Mon domaine d’expertise professionnel, c’est ça. Comment le numérique change notre monde, et comment adapter nos activités à ce monde qui l’inclut. Les médias sociaux, au sens du “living web” du milieu des années 2000, ça en fait partie, bien sûr. Mais gérer son rapport à son smartphone, ou créer un site web, aussi. La transformation numérique ne se résume pas aux réseaux sociaux, même si ceux-ci en sont une des manifestations les plus évidentes.

En me présentant comme une spécialiste des médias sociaux, j’avais un double problème: d’une part, un malentendu d’office concernant le genre de mandats que je prenais, et d’autre part, une négation de la plus grande partie de la valeur que crois que je peux apporter, passée sous silence tant dans les services que je propose, que dans les demandes des clients, cachée sous la couche visible de mes activités manifestes: publier des articles dans un blog, apprendre à des gens à utiliser Twitter, faire un site web, mettre un client en contact avec des blogueurs, montrer sur quel bouton appuyer.

Maintenant, en disant que je fais de l’accompagnement à la transformation numérique (on notera que du coup je ne suis plus “une xyz”), ce que j’amène à mes clients est plus clair. Je les aide à se digitaliser. Je les accompagne dans un processus. Et ça peut prendre une multitude de formes, qui inclura souvent les médias sociaux, mais qui ne se réduit pas à eux.

Il y a quelques semaines, à l’occasion d’un atelier de co-création organisé par euforia, j’ai réussi pour la première fois à expliquer ce que je faisais sans dire une seule fois “médias sociaux”. En français et en anglais.

Victoire! :-)

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