Le temps a de nouveau filé [fr]

[en] Some musings in French. Chalet, sick cats, writing in French vs in English, the US elections, where I'm at, and a silly video in English you can watch.

Pas de nouvel article depuis deux semaines, malgré mes bonnes intentions. Alors je m’y colle, sans avoir de projet spécifique, parce que pour écrire, il faut écrire. Et je m’y colle en français, parce qu’il me semble que j’écris surtout en anglais. Et parce que je me rends compte que je me censure bien plus en français.

Grand Muveran

Mes articles les plus personnels, je les écris en anglais. Je parle bien plus volontiers de mes douleurs et de mes difficultés dans cette langue. Mais pourquoi?

D’une part, mon “public perçu” est différent en français ou en anglais. La plupart de mes clients sont francophones. Même s’ils comprennent bien l’anglais, notre relation de travail est en français. Les médias qui à une certaine époque me sollicitaient régulièrement sont francophones, aussi. En français, je me sens Romande, je me sens plus surveillée, voire jugée, qu’en anglais. Je  me préoccupe plus de ce qu’on peut bien penser de moi en français qu’en anglais.

Il y a peut-être une dimension culturelle sous tout ça. Le français, pour moi, c’est la Suisse Romande, avec tout ce que ça charrie de “balaie devant ta porte”, “occupe-toi de tes oignons”, “ça ne regarde personne”. Se mettre en avant c’est mal. Parler de soi c’est mal. Il faut rester professionnel. Qu’est-ce qu’on a le culte, ici, à mon grand désespoir, du mur entre le “personnel” et le “professionnel”!

Et voyez ce que racontent ces mots: “personnel”, ça vient de personne. Au travail, on n’est pas “personnel”. On est “professionnel”. Un rôle, pas un individu. J’ai réalisé il y a quelque temps que ce mot, que j’utilise pas mal professionnellement, est certainement source de plein de malentendus. Parce que quand je dis, par exemple, “présence en ligne personnelle“, je pense avant tout à l’aspect humain, “de la personne”, avant la question de savoir si le contenu que l’on partage touche à la sphère privée ou à la sphère professionnelle. Et là aussi, un autre mot qui nous embrouille: “privé”, ça peut être par opposition à “professionnel”, mais aussi à “public. Les connotations changent.

Bref, je n’aime pas trop montrer mes failles en français. Peut-être parce que c’est ma langue principale de travail, peut-être parce que c’est la langue du lieu où je vis, peut-être parce que moi-francophone a des peurs que moi-anglophone n’a pas. On sait que langue et culture sont liées; ce qu’on sait parfois moins, c’est que langue et personnalité le sont également: grand nombre de bilingues sont aussi biculturels. C’est peut-être mon cas.

Chalet dans les arbres

Alors, qu’est-ce que je vous raconte, dans cet article que j’écris pour écrire?

Je reviens d’une courte semaine au chalet. Le programme, c’était quelques jours de congé (parce que je cours, cours), peut-être ski au glacier, un peu de bûcheronnage dans le jardin, et puis bosser, et bloguer — avancer dans tout cet empilement d’idées qui se pressent dans ma tête sans atteindre mon clavier.

Eh bien non. Foehn, donc pas de téléphérique (et franchement même pas envie de sortir du chalet avec les branches qui tombent des arbres et les tuiles qui s’envolent).

Mais surtout, urgences vétérinaires, avec Tounsi qui a fait une étrange crise dans la nuit de samedi à dimanche, vomissement, grands mouvements quasi spasmodiques des pattes arrières, sur fond d’autres histoires de pattes. Soucis neurologiques? Intoxication à la couenne de fromage à raclette? Adieu sommeil du week-end, et trois vétos en trois jours (y compris le Tierspital à Berne) pour tenter de tirer cette affaire au clair. Tounsi semble à présent remis, mais que d’inquiétude: il ne mangeait pas, ne buvait pas, ne bougeait pas. Dans le doute, on a arrêté ses calmants quelques jours, et repris aujourd’hui. Bref, je le surveille de près, pas idéal pour se concentrer sur autre chose. (Et il y a encore la cécité de Quintus, qui semble brusquement s’aggraver certains jours sans que je comprenne pourquoi; aujourd’hui son “bon” oeil le dérange, il se gratte, il ne voit rien, il se cogne, s’encouble — aussi parce qu’il n’est pas très stable sur ses pattes arthritiques. J’ai peur qu’il perde le peu de vision qui lui reste. Je le vois vieillir et je me demande comment je saurai que sa qualité de vie s’est trop détériorée pour que ça vaille la peine de continuer.)

Tounsi convalescent

Dans un autre registre, les élections américaines m’ont pas mal secouées. Pas américaine, comme vous le savez, mais j’espérais vraiment la victoire de Hillary Clinton. Et j’y croyais. Depuis, j’ai l’impression de regarder un accident de train au ralenti. Je m’inquiète pour les USA et mes amis qui y vivent, mais aussi pour les répercussions que cette présidence risque d’avoir sur le reste du monde, et aussi pour ce que ça dit de notre tissu social, parce qu’il ne faudrait pas penser que ce sont ces tarés d’américains et que nous, dans notre petite Suisse bien rangée, on n’est pas aussi en plein là-dedans.

Et puis il y a moi. Je m’inquiète un peu pour moi, aussi. Parce que même si j’ai maintenant le sentiment d’avoir retrouvé ma direction professionnelle, même si les affaires reprennent, ce n’est pas “assez”. J’ai des projets, j’ai des pistes, mais j’ai des freins, aussi. Voilà que débarque le censeur, parce que c’est pas bien de montrer ses doutes. A plus forte raison si on est une femme, à qui l’on ne pardonnera aucune de ses fautes, comme le veut la règle.

C’est aussi pour moi une des grandes tristesses de cette élection américaine: voir, de façon tellement flagrante, les poids et mesures différents qu’on applique aux hommes et aux femmes, et voir aussi à quel point tant de monde y est aveugle. Même quand on leur met le nez dessus. Tous les arguments qui contiennent “c’est pas du sexisme”, “c’est pas parce que c’est une femme”, “je fais pas de différence”, “c’est une femme qui le dit alors ça peut pas être misogyne”.

Oh, on a fait du chemin. On a des égalités inscrites dans la loi. Mais culturellement, bon dieu… on est encore loin du compte. Racisme, idem.

Allez, pour finir sur une note un peu plus amusante, après m’être remise de ma stupefaction après le visionnement d’une vidéo de youtubeuse star sur le thème du vidage de sac, j’en ai rapidement fait un petit Facebook Live à ma sauce. J’ai bien ri en le faisant, et j’ai encore plus ri en le regardant. C’est en anglais.


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Blogging, Morning Pages, Goals, Habits, and Accounting [en]

[fr] Petite réflexion sur ma difficulté à bloguer régulièrement, une prise de conscience sur le type d'activité que j'arrive à faire régulièrement (comparé aux projets long-terme devant lesquels je me décourage), et peut-être une clé pour exploiter l'un afin de me réconcilier avec l'autre. Ayant avec succès fait de bonnes avancées dans ma compta (en souffrance permanente) après avoir décidé de bloquer trois heures par semaine pour ça, je vais tenter de faire ça avec le blog. C'est trop de temps, me direz-vous, et vous avez raison: mais j'ai d'autres occupations "B" pour remplir la plage de temps si je n'en ai pas besoin en entier.

I am not blogging as much as I would like. This has been a constant over the last years and you’re probably tired of hearing me say it. Trust me, I’m even more tired of living it.

I have tons of things to write about. But I’m also stressed about “more important” things I feel I have to do before I blog (like work; or accounting). And then my post ideas turn into Big Ideas and I don’t dare start writing because I fear I’ll end up writing for hours. And then time passes, and I haven’t blogged, and the more time passes, the more I pressure myself to produce something, and the less I start writing — because blogging for me is about responding to an impulse to share.

So, this is an ongoing struggle.

Boats

Why bother? Blogging is important to me because it holds meaning. For my life, I mean. I guess it’s a bit tacky or commonplace in the era of social media (or are we post-social-media yet?) but writing in public is one of the main ways I try to contribute to the world.

Here are two ideas. I can directly link their existence to the fact I started doing Morning Pages.

The first is that I should give myself a rule. It would like something like this: “If I haven’t posted an article in the last 10 days, I will write an article about anything, just to get an article out.”

A few comments about this.

  • This is what I’m doing now. For weeks, “write blog post” has been scurrying around in my task lists. But I never get around to it. I have a list of things to write about, which means I can’t decide which one to start with, adding another reason not to write. Tonight, I just thought “OMG, I just need to write something to reset the clock and remove the pressure”.
  • I don’t like the idea of “filler” blogging. You see it on high-volume blogs, mainly: fluffy articles that are obviously there so that something could be published today. I’m making the bet that because my non-writing is not related to “not enough to say”, I will not fall into that trap. Another difference, I think, is that I’m “producing content” (ack) for me (to help myself blog) rather than to reach some kind of objective, or for others.
  • Morning Pages have shown me that I can write about anything for three pages. I don’t suffer from writer’s block much (though… maybe this thing I’m struggling with is blogger’s block), but even so, it gives me the confidence that if I open a new blog post I will have things to write about.

Vidy automne

The second idea is more something that I have understood about myself, while doing Morning Pages. You see, I’ve often wondered why although I see myself as somebody who has trouble working on things long-term (writing a book, fear) I am usually very good at sticking with something once I decide to do it. In that way, I am disciplined. I have been doing judo for over twenty years. Blogging for sixteen. On a smaller scale, when I start doing something I very often stick with it for quite some time. I’m not the person who signs up at the gym and goes twice.

Morning Pages is another example: I took up the exercise to see if it worked for me, but it was pretty clear I was going to be sticking with it for at least weeks (more like months) to try it out.

I realised that there is a common denominator to these activities that I stick with: they are repetitive. Small chunks of activity that I repeat again and again and again. Writing a book feels like one big activity that you need to slice up to get through it. Writing morning pages or blogging is a collection of little activities that end up coming together to become a big one.

This gave me a key: turn long-term activities or projects into a small-scale form that I can repeat regularly and stick to.

This probably sounds trivial to you. Of course the way to approach a big project is to slice it up into manageable chunks. I knew that too. But I think the missing piece is the idea to turn the objective into a habit, not just into a series of sub-objectives.

Earlier this year, Jean-Christophe Aubry gave a workshop on goal setting at eclau. I am not exaggerating by saying it was life-changing for me. I am still digesting some of the things I learned and will write about it in the future. (I actually followed the workshop a second time as Elisabeth and I invited Jean-Christophe to hold it during our career development workshop series for musicians.)

One of my first take-aways was the distinction between mastery and performance/results goals. Mastery goals are much more motivating and tend to be those that end up working. So the trick is to transform your initial goal (often performance or result) into a mastery goal. James Clear has written about similar stuff. A very rough summary would be to focus on building habits rather than setting goals.

Anyway, all this coalesced for me a few months ago. My ongoing yearly pain as a solopreneur is my accounting. Each year, I find myself with piles of unsorted receipts and expenses and a rather tight stressful deadline to get everything done for my accountant so I can avoid getting in trouble with our tax service. Each year, I vow to do things differently next year, and keep my accounting up-to-date. Each year, I fail.

I had a brainwave one morning whilst doing my Morning Pages: what if I firewalled time to work on my accounting, a little each week? I had too much stuff going on to drop everything and do my accounting for three days straight, but I could afford to set aside three hours a week to chip at the block.

But what would happen once I had caught up with the backlog? Three hours a week is way too much for accounting (even if you add on invoicing and paying bills). I’d wanted to build a habit around accounting previously, but weekly seemed too often and monthly… well, monthly is just too abstract. The rhythm in my life is weeks and seasons. Months only exist in the calendar.

I decided that I would use any leftover time in those three hours (once I was up-to-date) to work on a creative project – something I never feel like I can allow myself to do. I’m not there yet (2016 backlog now) but the idea is extremely motivating.

Grue vidy

After this digression, about Morning Pages, habits, sticking to stuff, accounting, let’s get back to blogging. My success with accounting is encouraging me to try to convert other things to a “weekly habit”. Things like blogging. I’d like to make it daily, of course, but let’s be real. If I were writing one or two posts a week regularly I’d be a very happy blogger. And I’m pretty sure that writing more often would encourage me to write shorter posts. (Sorry. And thanks if you’re still reading me.)

So that is my second idea. I don’t have the solution yet, but I’ve been tossing ideas around (during my Morning Pages mainly). Should I blog in the morning or at the end of the workday? End seems more logical, but by the end of the day I am generally spent. Plus I often have stuff in the evenings (judo, workshops, conferences, board meetings, you name it).

I have thought of stopping work at 5pm and blogging then on the days I don’t have to leave. But today, right now, writing this blog post, I think I should follow the lead of my accounting success and firewall a 9-12 for my blog. I have a backlog of things to do like import my old Open Ears posts, cross-post my newsletters, etc. – more than enough to keep me busy for whatever time is left once I’ve finished writing. It’ll also give me a slot to catch up with my week-end newsletters if I’m running late, as I often am.

See, this is one of the reasons I blog. Like so many other long-running bloggers, I do it because it helps me think. And if in the process it can help somebody else or simply be of interest, all the better!

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Le chat, animal si pratique, mais qui s’ennuie “à dormir” dans nos maisons [fr]

[en] I have followed two half-day courses on cat behaviour so far, and it has completely changed the way I see (my) cats. I thought I knew a lot about them, but I still have a lot to learn! The sad takeaway from these courses is realising how bored most of our cats are, particularly indoor cats. An unhappy cat will just stay silent and quiet, and sleep to pass the time. It's that bad. They do not let us know something is wrong except by sleeping. And we all expect our cats to sleep... a lot.

There is a lot we can do, as humans, to enrich their environment. But it takes work. And cats do not "know" how to use the devices we will present them. We need to teach them... and we usually do not know how to teach a cat something.

If you're interested in the topic, I recommend you listen to this episode of Fresh Air. If you struggle through my French blog post and have questions, I'm happy to answer them in the comments. I'm also planning a Facebook Live on the topic, and toying with the idea of doing one in English. Would you be interested in following it?

Nos chats s’ennuient bien plus que ce qu’on pense. Très franchement, je n’avais aucune idée. Ces derniers mois, ma façon de regarder les chats (et les miens) a énormément évolué.

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J’ai en effet suivi deux demi-journées de cours sur le comportement félin récemment. Claire y était également et a écrit de jolis comptes-rendus: premier cours, deuxième cours. Ma première visite chez le comportementaliste m’avait déjà ouvert grand les yeux sur les limites de ma compréhension de nos petits fauves d’appartement. Oui je sais, si vous me connaissez il y a des chances que vous me considériez “experte en chats” – eh bien laissez-moi vous dire que j’ai beaucoup appris durant ces deux cours. (Il y en a encore deux!)

J’ai tellement à dire que je ne sais pas trop par où commencer. Il y a des tas de trucs pratiques, des infos sur certains comportements que je ne savais pas décoder, etc. Mais ce qui m’a le plus touché (on peut dire ça) c’est cette question de l’ennui, de réaliser à quel point la maltraitance par ignorance et manque d’information est répandue (voire systémique) chez le chat.

Ça peut choquer, d’entendre ça. Personne ne considère qu’il ou elle maltraite son chat. On les aime, on en prend soin. On veut leur donner une bonne vie. Et malgré tout ça, il est possible qu’on les maltraite sans le savoir.

La clé la plus importante à intégrer concernant le chat est que c’est un animal qui ne manifeste pas sa souffrance.

Je le savais déjà pour la souffrance physique: un chat âgé qui a de l’arthrose, et donc a mal, ne va pas se plaindre. Il va simplement adapter son activité pour ne pas avoir mal. Il va bouger moins. Dormir plus. Arrêter de sauter sur la table. Si votre chat a huit ans ou plus, il y a de fortes chances qu’il ait déjà de l’arthrose. Comment on sait ça? On prend toute une collection de chats d’un certain âge. On leur donne des anti-inflammatoires pendant quelque temps. Et hop, ils dorment moins, sortent plus, sautent sur la table, jouent à nouveau!

Ils ont mal mais ils ne se plaignent pas, ne montrent rien.

Ce qui est vrai pour la douleur physique l’est aussi pour la douleur psychique. Un chat qui va mal va s’inhiber, bien avant de détruire l’appartement en notre absence.

Il faut comprendre que c’est une des caractéristiques du chat qui le rendent si “pratique” comme animal de compagnie. Il ne nous emmerde pas… Le problème c’est qu’on n’en a pas conscience. On pense que si notre chat ne pose pas de “problèmes” c’est que tout va bien. Mais ce n’est pas vrai. Un chat qui ne nous emmerde pas n’est pas nécessairement un chat qui va bien.

Un exemple: l’ennui. Si on compare les activités “naturelles” du chat à celles du chat “en appartement”, on se rend compte que l’environnement qu’on lui propose n’est absolument pas adapté à ses besoins.

Un chat peut chasser jusqu’à 11 heures par jour. S’il est actif, il ne dort pas 16 heures par jour, mais plutôt une dizaine d’heures. Le chat est un animal territorial, et son domaine vital “naturel” est bien bien plus grand que nos appartements. On le prive de territoire, on le prive de chasse. Se nourrir prend 5 minutes à la gamelle. S’il a de la chance ses maîtres jouent avec lui un peu en rentrant du travail, et il s’installe sur leurs genoux devant le téléjournal. Seul la journée, seul la nuit quand on dort (à plus forte raison si la chambre à coucher lui est interdite), le chat s’ennuie. Il se résigne, et dort par dépit. La grande majorité des chats en Suisse vivent dans des cages dorées.

Ces idées nous heurtent! On ne veut pas faire souffrir nos chats. Ils ne semblent pas demander quoi que ce soit de plus. Quand on essaie de les intéresser à un jouet, ça ne prend pas. Ils sont “paresseux” et préfèrent dormir. Après deux ou trois tentatives on se dit que ce n’est pas leur truc, alors on laisse tomber – ils ne se plaignent pas, ça doit pas être si grave.

Justement. Il faut enregistrer fermement cette information: le chat malheureux ne se plaint pas. Il ne le manifeste pas – si ce n’est en dormant. 

Que faire? Une fois cette prise de conscience faite, par où commencer? C’est là qu’il y a des tonnes d’articles à écrire. Mais quelques principes, déjà.

Se débarrasser des gamelles, tout d’abord. Mettre en place des systèmes, achetés ou bricolés, pour que le chat doive “travailler” pour obtenir sa nourriture. Cela ne remplacera pas le temps de chasse, mais ce sera toujours plus que les 5 minutes nécessaires à descendre le contenu de l’assiette. Quoi, comment, où? Il y a pas mal d’idées déjà dans l’article de Claire, et je pense développer ce sujet à l’avenir.

Quintus et Tounsi avec des nouveaux jouets (je mettrai la vidéo sur YouTube quand je suis de retour en plaine avec du wifi)

Partir du principe que le chat ne “sait” pas faire l’activité qu’on lui propose. Que ce soit du jeu, de la chasse, un moyen différent de trouver sa nourriture: on doit lui apprendre. Et l’apprentissage, c’est une activité. On a tendance à se limiter à ce que le chat fait spontanément ou pige tout de suite, et c’est une grave erreur. Les chats sont intelligents et capables d’apprendre beaucoup de choses, mais pour cela nous devons tout d’abord nous apprendre à enseigner aux chats. On n’a pas la science infuse non plus. (Aussi plein de choses à écrire là-dessus, mon vieil article sur le clicker training vous donnera déjà une idée de base. Mais c’est pas suffisant, à l’époque où je l’ai écrit il y avait des tas de choses que je n’avais pas comprises, et je crois qu’il y en a encore qui m’échappent.)

Faire sortir son chat. C’est con hein, mais un chat qui sort, il va automatiquement avoir une vie bien plus remplie d’activités qu’un chat dont le monde se résume au canapé, au lit, et à l’arbre à chats. Si vous avez trop peur, je me dis maintenant que le harnais, c’est déjà mieux que rien (mais ça vous oblige à être là).

Mais même un chat qui sort peut s’ennuyer. Je le vois avec Tounsi et Quintus, qui sont clairement des chats “dedans d’abord, dehors un peu”. Je sortais déjà un peu Quintus pour qu’il se dégourdisse les pattes (maintenant que je sais qu’il est presque aveugle, je comprends mieux pourquoi il ne quittait le devant de l’immeuble qu’en ma compagnie). Je le fais maintenant d’autant plus que je comprends que c’est une façon de le garder actif. Tounsi aussi. Au chalet, où ils sont moins familiers avec le territoire, je les encourage activement. Je sors avec eux, je les appelle, j’amène des croquettes, même. Je prends mon téléphone ou ma kindle et je traine au jardin avec eux. Dehors, ils ne font pas la sieste: ils regardent, explorent, chassent même un peu. Si je me contentais de leur ouvrir la porte, je resterais à la conclusion que “ils ne veulent pas vraiment sortir”. Il ne faut pas s’arrêter à ce que le chat semble vouloir.

Combien d’activité par jour? Il y a des années, j’avais vu quelque part 45 minutes par jour pour un chat d’appartement. Je n’ai jamais retrouvé la source. Dans le deuxième cours, le comportementaliste nous propose de viser un minimum de 4 heures par jour d’activités: chasse, alimentation, jeux, interactions. C’est énorme! Cela veut dire qu’il faut mettre en place un contexte où une partie des activités ne dépend pas de notre présence.

On pense souvent qu’avoir deux chats “règle le problème” du chat enfermé tout seul à la maison toute la journée. Ce n’est malheureusement pas vrai. Déjà, il faut que les chats s’entendent (ce n’est pas toujours le cas; imaginez, être enfermé durant des années avec comme compagnon principal quelqu’un que vous n’aimez pas). Mais même s’ils s’entendent, ils vont simplement s’ennuyer ensemble si on ne leur propose pas d’activités. On nous a montré cette vidéo durant le deuxième cours, et j’avoue que ça m’a vraiment fait mal au coeur.

Saisir les opportunités. Le chat est un sprinteur, il lui faut donc des activités très courtes. Une fois qu’on se rend compte que des petites choses qui peuvent nous paraître insignifiantes sont importantes pour son équilibre, il y a en fait plein de petites choses qu’on peut faire.

En particulier, quand mes chats dorment depuis un moment, je vais aller dans la chambre et bouger un peu. Pas les réveiller toutes les cinq minutes, s’entend, mais rendre leur environnement moins statique. Lancer un truc par terre, ça va attirer leur attention. Même s’ils ne se jettent pas dessus, s’ils le regardent, ou se déplacent, c’est déjà ça. Quand je rentre de courses, Tounsi a toujours le nez dans tout. Je ne le chasse pas ni le gronde, son intérêt pour ces choses nouvelles dans son environnement est tout à fait sain. Je m’assure juste (gentiment) qu’il ne parte pas avec le fromage ou le jambon! Je vais faire des caresses à Quintus pendant sa sieste, et je fais frétiller la ficelle qu’il aime bien sur le lit devant lui. Des fois il l’ignore, des fois il joue un peu. Une minute, c’est déjà ça! Il faut procéder par petites touches, plein plein de petites activités courtes, au lieu d’une grande séance de jeu dont ils se fatigueront trop vite. C’est comme avec la nourriture: plein de petits repas au fil de la journée. Toute occasion est bonne pour leur lancer une boulette de papier ou une croquette, ou laisser trainer un sac ou un emballage le temps qu’ils l’explorent.

J’ai à peine gratté la surface de tout ce que j’ai à écrire suivant ces deux cours, mais cet article commence à être bien assez long. Je réponds volontiers à vos questions dans les commentaires. Je me tâte d’ailleurs de faire un (ou plusieurs?) Facebook Live, peut-être déjà simplement pour discuter plus avant des idées que j’introduis ici. (Je vous tiens au courant, mais ça se dessine pour vendredi 15h ou 21h, ou samedi 10h.)

Mise à jour: j’ai fait le fameux Facebook Live que vous pouvez donc désormais visionner!


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Sécurité: les enjeux de l’attaque qui a cassé internet vendredi [fr]

[en] Archive of my weekly French-language "technology advice column".

Ma newsletter hebdomadaire “Demande à Steph” est archivée ici pour la postérité. Chaque semaine, un tuyau ou une explication touchant à la technologie numérique, ou une réponse à vos questions! Inscrivez-vous pour recevoir directement la prochaine édition. Voici l’archive originale. Et la page Facebook!

Note: cette semaine, vu le caractère “actu” du sujet, je la reproduis ici immédiatement, mais normalement je fais ça avec beaucoup de retard…

Vendredi, internet a subi une attaque sans précédent. Facebook n’a pas été touché, donc la terre a continué de tourner, mais des dizaines de sites comme Twitter, Spotify, PayPal, SoundCloud, Etsy ou encore Netflix ont été touchés. Il y a un peu moins d’un mois c’est l’hébergeur français OVH qui faisait les frais d’une attaque similaire, extrêmement impressionnante alors, mais bien pâle en comparaison à celle-ci.

Si vous débarquez, filez lire l’article (bien fichu) de 20 minutes.

Une attaque DDOS (distributed denial of service) fonctionne un peu comme inonder un standard téléphonique d’appels pour le surcharger. Si un serveur reçoit trop de requêtes, il n’arrive simplement pas à y répondre et tout ce qu’on entend en retour c’est le “bip bip bip” d’une ligne occupée. A l’échelle d’internet, ce n’est pas juste qu’il y a quelques centaines de personnes qui appellent alors qu’on s’attend à avoir 3 ou 4 appels dans la file. Plutôt des millions. Un véritable déluge, seconde après seconde. Le serveur n’a aucune chance.

Comme demander à plein de copains de rester devant leur ordinateur à recharger une page web toute la nuit c’est un peu pas très fun, comment fait-on pour mener une telle attaque? Réponse: on installe sur tout un tas d’ordinateurs un petit programme qui va envoyer les requêtes (= l’équivalent de demander une page web) au serveur visé, sur commande.

Ce petit programme, ça s’appelle un virus. Eh oui, les virus ne sont pas juste des vilains programmes qui vont tout effacer sur votre disque dur ou prendre vos fichiers en otage. Notre ordinateur peut très bien avoir un virus sans qu’on s’en rende compte, dormant jusqu’au moment où le “botmaster” en aura l’utilité. Antivirus et mises à jour de sécurité, mes amis — une bonne raison de ne pas utiliser un vieil ordi avec un système d’exploitation désuet.

Il n’y a pas que les ordinateurs qui peuvent être victimes de ce genre d’infiltration. Tous nos comptes sur les médias sociaux, bien entendu, qui peuvent être utilisés pour envoyer du spam. Et aussi les ordinateurs-qu’on-ignore, tous ces “objets connectés” comme les caméras de sécurité, nos téléphones, l’imprimante wifi, votre montre connectée, l’appareil photo wifi, et bien d’autres.

Pour installer un virus quelque part, il faut un accès. Tout “ordinateur” a un compte administrateur, techniquement parlant, qui a plein pouvoirs sur la machine. Si on a le nom d’utilisateur et le mot de passe de ce compte, bingo! La machine est à notre merci. Le souci avec beaucoup de ces objets connectés c’est qu’on ne peut pas changer le mot de passe administrateur et que celui-ci est souvent vraiment tout con (“admin”, “root”, “1234”).

Quand je vous casse les pieds pour mettre des meilleurs mots de passe à vos comptes et machines, ce n’est pas pour rien. C’est pour protéger vos données, mais aussi pour éviter que vous ne soyez complices malgré vous d’attaques du genre de celle de vendredi. Je le répète encore une fois: ce n’est jamais vous personnellement qu’on vise, on cherche juste les maillons les plus faibles, comme un cambrioleur qui fait le tour de tous les apparts de l’immeuble pour voir s’il n’y a pas par hasard quelqu’un qui a laissé sa porte ouverte.

Exercer une saine sécurité sur le plan personnelle va aussi de la responsabilité citoyenne — comme se faire vacciner. Au-delà de l’égoïsme de sa propre protection, nous avons des responsabilités vis-à-vis de la communauté dont nous faisons partie. Si votre conscience vous pèse et que vous désirez faire quelque chose, voici quelques instructions que vous pouvez suivre.

La sécurité des objets connectés va s’améliorer. Je ne suis pas trop inquiète sur ce plan-là, même si ça va sans doute prendre son temps. Ce qui me préoccupe plus c’est que cette attaque nous montre qu’internet est devenu bien trop centralisé. A la base, toute l’idée d’internet est d’être un réseau très distribué: si on en détruit une partie, cela ne remet pas en cause l’intégrité du réseau, et celui-ci continue à fonctionner.

En mettant à genoux non pas certains sites spécifiques, mais le système d’adresses qui nous permet de nous connecter à ces sites (les fameux DNS, panneaux de signalisation du web), c’est une grosse portion du réseau qui n’était plus là. Et ça nous rappelle aussi que nos activités en ligne sont dépendantes d’un nombre limité de gros acteurs dont la disparition subite nous handicaperait grandement: Twitter, Facebook, Wikipedia, Google.

Vendredi, je n’avais plus accès à Twitter, et durant un bon moment, ni Google ni Wikipédia ne répondaient. Je n’avais du coup plus accès à rien (ou presque), parce que je ne connais que très rarement les adresses complètes des pages auxquelles je veux accéder: je demande à Google.

Facebook a été épargné, mais une prochaine fois ça pourrait ne pas être le cas.

Addendum: jeudi soir qui vient, je donne à Genève une conférence introductive sur Twitter (et autres choses sociales). C’est ouvert au public et j’ai des invitations.

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Pourquoi je parle à ma newsletter [fr]

[en] I'm not writing the same stuff in my Intermittent Newsletter as I am on this blog, though the newsletter is publicly archived and some people receive these blog posts by e-mail. Going online, our social/identity contexts collapse, but other kinds of contexts appear: determined by the tools we use (write a text in Word, Powerpoint, or an e-mail, and see what I mean) and the perceived audience we are talking to (discussion in a 10-person meeting streamed live online vs. the same happening in a room with 500 people).

Ce matin, avant de partir en randonnée, j’ai rapidement envoyé une newsletter. Pas Demande à Steph, l’autre, celle que j’envoie de temps en temps et où je raconte des trucs.

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Ça fait un moment que je remarque que je me sens nettement plus “libre” d’écrire ma newsletter plutôt que de faire un article ici. J’ai des tas d’idées d’articles à écrire, un monstre backlog, même, ça s’empile, mais je me mets de la pression.

Ecrire ici, c’est “publier”. Ma newsletter a beau être archivée publiquement, j’ai moins un sentiment de “publication”, parce que je l’envoie par e-mail à des destinataires spécifiques.

L’écriture, la communication: ce ne sont pas des actes isolés du monde. Ils ont un contexte. On l’a tous vécu lorsqu’on essaie de répéter une présentation dans son salon. C’est pas la même chose que lorsqu’on sera dans la salle avec les gens devant nous.

En ligne, même si nos contextes sociaux s’effondrent les uns sur les autres (sur Facebook on retrouve les gens du boulot, les potes avec qui on sort, les gens du club de sport, les voisins), j’ai l’impression que d’autres contextes se dessinent. Ils sont déterminés par l’outil qu’on utilise, et par le public explicite (perçu) auquel on s’adresse.

Ouvrez un document Word, un e-mail, ou un Powerpoint, pour écrire quelque chose: vous allez l’exprimer différemment en fonction de l’outil dans lequel vous le faites.

Le public perçu, c’est un peu moins évident à expliquer, mais c’est quelque chose dont j’essaie de parler depuis dix ans, quand je donnais des conférences pour expliquer les blogs d’adolescents aux parents et enseignants un peu décontenancés.

Le public potentiel “tout le monde” d’une page web est quelque chose de complètement abstrait pour notre petit cerveau de primate. A la place, on utilise des approximations. Quand on est physiquement dans une salle de 500 personnes, on les voit, les 500 personnes. Quand on est derrière son clavier, on a à l’esprit les personnes auxquelles on pense, et surtout, celles qui répondent, celles qui réagissent, celles dont on sait qu’elles sont là.

Quand je rédige une newsletter, il y a un nombre fini (et modeste) de destinataires. C’est à eux que je m’adresse.

Quand j’écris un article sur ce blog, j’avoue que je ne sais plus trop qui est là. Il y a des gens que je connais, mais je me dis qu’il doit y avoir aussi beaucoup de gens que je ne connais pas. J’ai conscience du fait que Google va passer indexer mes articles et qu’on pourra bien les trouver. J’ai un sentiment de plate-forme publique.

Ce qui est marrant c’est que ma newsletter est archivée publiquement (à la “blog”) et que certains lecteurs de ce blog recevront cet article par e-mail. Mais pour moi qui écris, c’est le public premier qui semble importer.

La newsletter c’est d’abord un e-mail, et le blog c’est d’abord une publication sur le web.

Une autre caractéristique de ces deux contextes (blog et newsletter) c’est comment ils gèrent l’interactivité. Avec le blog, n’importe qui peut laisser un commentaire qui sera attaché à l’article. Ce n’est pas anodin, et c’est une des choses qui a rendu ce format de publication si puissant, avant que l’on se fasse happer par Facebook. Avec la newsletter, les destinataires peuvent me répondre par e-mail, en privé. Et c’est tout. Les personnes qui liraient la newsletter archivée ne peuvent pas laisser un commentaire ni me contacter directement.

Facebook, pour aller plus loin, est un environnement encore plus interactif: il n’est fait quasiment que de discussions. Ça va vite, les gens réagissent, et parfois même me rentrent dans le cadre. Ce n’est pas un mal en soi, mais ça tend à rendre timide.

A noter aussi qu’en dix ans, je vois une augmentation de l’agressivité en ligne. Je me sens plus exposée. J’ai fait quelques mauvaises expériences, aussi. Le public est vraiment très public. Public de visibilité, mais aussi demandant activement qu’on le défende. Des fois j’ai juste envie d’écrire, et pas de défendre ce que je dis. Qu’on prenne, ou non, et voilà. Un peu égoïste peut-être, ou juste de la lassitude.

Ecrire quelque chose sur Facebook, c’est s’attendre à des réactions possiblement rapides, et qui demandent que l’on soit là.

Ici, sur le blog, c’est plus “confidentiel”, au sens où tout mon réseau social n’est pas branché dessus, où la plupart des gens ne prendront pas la peine de laisser un commentaire sur place (on a Facebook pour ça), mais aussi plus exposé parce que sur la route de personnes bien plus “hors de mon réseau” que quelque chose que je mettrais sur Facebook.

Et la newsletter, finalement, c’est comme une correspondance privée avec une équipe de personnes. Même si c’est pas privé. Logique, hein?

Si je n’avais pas déjà bien mal à la tête (probablement ma nuque qui a pris un coup quand j’ai glissé lors de mon retour de randonnée) je me lancerais dans une petite analyse des conséquences que ça pourrait avoir de republier sur ce blog mes newsletters — quelque chose que j’ai l’intention de faire mais que je n’ai, visiblement, pas encore fait.

En résumé: si vous voulez que je vous raconte des trucs dans votre boîte de réception, c’est par ici.

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You Never Know [en]

[fr] On ne sait jamais d'où (et par qui) viendront les opportunités qui nous permettront d'avancer dans notre vie professionnelle. C'est la raison pour laquelle je préconise de "ratisser large" quand il s'agit de réseautage. Cibler, c'est se limiter. C'est fermer la porte aux surprises que peuvent nous apporter nos "liens faibles". Le monde en ligne est le paradis des liens faibles. Mais pour en profiter, il faut y être en tant que personne, car c'est entre les personnes humaines (et authentiques) que se tissent les relations.

One of the points I strived to drive home during my talk on the professional importance of a personal online presence is that you never know where opportunities might come from.

I do not believe in a guiding hand or external mystical forces which direct our lives. I believe there is no inherent meaning in the world other than the meaning we humans inject into it. This means that I accept that luck and circumstance can play big roles in our lives. Meeting the love of my life “by chance” does not mean that the universe conspired in bringing us together at one incredible moment in time. It just means that it happened, and something huge grew out of it, but it could just have well not have happened.

Left or right

Back to opportunities. Think of the jobs you got, the gigs that came your way. The important people and moments in your life and how they came to be. With hindsight, we deliver sense in everything. But let that go for a minute. Could you have planned for it? Could you have made it happen?

Granted, we sometimes make things happen. Of course. But more often than not, we don’t. We’re happy to overestimate how much control we have on our lives. It’s less scary.

People who have “made it” will come and tell you how they did it. Again, hindsight.

I had a really eye-opening moment about that myself just three years ago, when I was asked to come and give a workshop on how to build a successful online presence for oneself.

I’d already noticed that when it came to social media strategy, most people telling us about their success story would come up with something along the lines of “we had no idea what we were doing, we were lucky, but here is how we should have done it and how you should do it”.

Halfway through my workshop, I realised that I was doing some variation of that: I was giving the participants an exercise to try and put them on the track I had followed — but actually, there was no exercise I could give them, because I had arrived where I was precisely because I wasn’t trying to get there. I had just followed my interests (chatting, people, more chatting, writing stuff, reading stuff, people, chatting) and opportunities had sprung out of that. Then, I had made something of those opportunities. But I had no intentional hand in creating them. It was a very humbling moment.

I think it took the last three years for this realisation to fully mature into one of the cornerstones of the slightly revamped way I present what I do for a living.

Back to my talk. Once you understand that you are not fully in control or in charge of making opportunities happen, you can try to examine what circumstances are favorable to them. And I would answer: “a diversity of circumstances”.

You know how diverse teams are more creative? I think there is something very similar at play when it comes to networking.

A diverse network — diverse in terms of the people it contains, the reasons that connect them, the strength of those relationships — will generate opportunities you could not have seen coming.

So when it comes to building a business, or finding a job, or clients, or partners, or ideas, it pays to have “a good network”. By “good”, I mean “diverse”. Cast the net wide. You never know who amongst the people you know is likely to lead you to the next big step in your career, or your next client, or the breakthrough which will see you out of the problem you’ve been stuck in forever. You never know.

Autour du chalet, colliers de perles

Weak ties are those who open the most doors. These are the people you may not know that well, or be somewhat out of touch with. These are the people you have met in a context that seems completely irrelevant to the work you are doing. They are the people who connect you to networks beyond your own, to schools of thought your network is unfamiliar with. Weak ties make for better introductions, because the stakes are lower: our acquaintances put us in touch with others more easily than our close friends and family, who know our faults too intimately, and may fear the fallback of a failed connection.

For this reason, I see no sense in being overly focused on one’s “personal brand”, or having an overly intentional online presence. Your network is made of relationships, and relationships are had between human beings. In networking, there is more being than doing. Caring gets you further than needing.

Go where there are people. Be open. Be generous. Be curious. See others, so that they may see you. Be helpful. Ask what you can do for them, rather than what they can do for you. Find the balance of depth and breadth that suits you: too much depth leaves no space for others, too much breadth will see you forgotten like a business card in a pile of papers.

Don’t sell. Make friends. It doesn’t matter what brings you together, as long as you connect. You never know what it is that you do or say that might attract people to you. So be you. Better to be loved or hated for what you are, than for a mask that you’re wearing.

You never know who will come around to be your most precious business (or life!) contact until that day in the future arrives.

The kind of communication between people fostered by social media is perfectly suited to weak ties. It’s not very intrusive. We can stay connected with far more people than we could ever in the physical world, scrolling through our timelines or newsfeeds. Ambient intimacy creates rapport in sometimes surprising and unexpected ways. Distance and time do not get in the way anymore.

But to take advantage of that, for your online presence to play a role in nurturing your network, you need to be a person.

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Is This Why I Stall? [en]

[fr] Peut-être j'ai besoin d'un dé pour être plus active quand j'ai trop de choix.

I am not very good at prioritising. Well, not always good at it. If there is an emergency, if we’re under pressure, if hard decisions need to be made, I can be decent to good at it, depending on the circumstances.

Ciel

I am not good at prioritising my wants and desires, actually. Here is the second edge to my sword of freedom. What do I want to do today? What should I start with? Nobody is tapping their foot waiting for something from me (except my accountant, that is), nobody is forcing me to do anything, I can choose.

And I want to do many things. Too many. It’s already noon, but here is what I’d like to do with my Sunday:

  • go for a walk
  • write blog posts
  • continue sorting/tidying clothes so I can get rid of my chest of drawers and move my third cupboard to its new place
  • cook so I have food ready for the week
  • do some accounting (!)
  • go to the cinema

I can’t do all that. And choosing one means I don’t get to do the others. Cake, having it, eating it. It sounds silly, but it’s an emotionally difficult place for me. So I put off the decision by flipping through Facebook, for example.

And if I’m not careful, it will soon be too late to do any of these things I wanted.

Feuilles 3

So today I did things differently. I figured I probably had time for two of these things. So I numbered them. And I rolled a die. Twice.

I went for a walk by the lake. I took photos there. The weather was splendid, windy and sunny and changing. I didn’t have time for accounting, but I wrote this blog post and roughly sorted my photos (FB) instead.

Octobre 2016 au bord du lac

I’ll do the accounting tomorrow.

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Ateliers pour musiciens: quelques vidéos (séance d’info et interview) [fr]

[en] Virginie very kindly filmed the info session of our workshops for musicians, and interviewed Elisabeth and I on the project. Here are the first excerpts for your (francophone) enjoyment.

Mardi, ce sera la coup d’envoi pour les ateliers de développement de carrière qu’on organise avec Elisabeth. Mini-bilan préalable: les ateliers sont super bien reçus, ils se remplissent (c’est la dernière seconde pour saisir une des quelques places restantes pour le premier atelier, si jamais), la préparation se passe bien, on commence à réfléchir à la suite, bref, on est contentes.

La séance d’info a été l’occasion d’un chouette premier contact avec les participants et d’autres personnes intéressées. Mention spéciale à Virginie qui a très aimablement accepté de filmer la séance d’info, et qui a même fait une petite interview d’Elisabeth et moi. Les premières séquences sont en ligne sur son blog. Du côté des publications autour de cet atelier, Michelle écrit un article où elle montre clairement à quel point la visibilité/disponibilité en ligne d’un artiste est cruciale: ça fera la différence entre assister ou non à un concert.

J’ai aussi découvert avec intérêt le blog Créatif Productif de Renaud Delay et Yvan Richardet, deux compères musiciens férus d’organisation et de productivité, et qui abordent ces thématiques au fil de leurs articles — à l’attention d’autres artistes. C’est très bien et je trouve que ça vient joliment complémentariser (“compléter” ça le faisait pas, là, sorry) les sujets plus “stratégie business et communication” que recouvrent nos ateliers.

Je vous laisse donc consulter les quatre vidéos déjà à disposition. En premier, l’introduction aux ateliers et la présentation de la première séance (“Les mythes du music business”), celle de mardi (aussi sur Facebook):

Ensuite, sans grande surprise, les ateliers 2 et 3 (“Les nouvelles pistes” et “Clarifier son objectif de carrière”):

Puis les ateliers 4 et 5:

Dans cet extrait de l’interview qu’on a donné à Virginie la semaine après la séance d’info, on raconte la genèse du projet et on rentre un peu plus dans les détails du concept de ces ateliers (vidéo sur Facebook):

Finalement, on s’essaye un peu à la concision, avec plus ou moins de bonheur, du moins pour l’une d’entre vous (je vous laisse deviner mais je crois qu’il n’y aura pas de grande surprise, vous connaissez ma tendance à m’étendre!)

Vous pouvez aussi trouver cette dernière vidéo sur Facebook (c’est plus commode pour partager à l’intérieur de Facebook).

Pour le moment, on n’a pas de site dédié pour ces ateliers, donc le meilleur endroit pour rester en contact et nous suivre c’est la page Facebook des ateliers qu’on a mise en place il y a peu.

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Talk: Be Your Best Offline Self Online [en]

[fr] La conférence que j'ai donnée mercredi à Women in Digital Switzerland à Lausanne.

Kelly invited me to be the guest speaker for the Women in Digital meetup in Lausanne on Wednesday, with a talk titled “Be Your Best Offline Self Online: How your personal online presence helps your business/career“.

It was streamed live on Facebook, which means that even if you weren’t able to attend in person, you can still listen to my talk now. I’ve put it up on YouTube for easier access outside of Facebook.

(Feel free to go “audio only”, the slides aren’t that important.)

There is a lot to write about this topic, and hopefully I will, but for now I’m at least making sure that you have access to the video! This makes me think I should get the various videos of my talks I have collected over the years on YouTube, even if the quality of most of them is not that great, and make a playlist of them.

A big thanks to Kelly who held her iPhone as steady as possible to capture this talk. I’m extremely grateful to have a recording of it.

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Routine and Freedom [en]

[fr] La liberté, et la routine. Trop de liberté ne rend pas forcément plus heureux. Et si la liberté c'était de pouvoir choisir ses contraintes? Retour sur mon histoire avec la liberté et les habitudes.

Kites @ KepongPhoto credit: Phalinn Ooi

I think about routine a lot. I spent a lot of time when I was at university trying to be free. I was quite free, actually. Habits and routine are something we can get stuck in and that might shield us from seeing things we need to see — but I naturally gravitate to the other end of the spectrum, the introspective one, the one who thinks too much, wonders too much, asks herself too many questions. It was clear to me, already back then, that routine/habits had their use: they allowed us to lighten the load of thinking and deciding when it comes to our lives.

I spent ten years at university. Ten. Being a student. Three years studying chemistry (and finally failing), and seven years in what we call “Lettres”, studying History of Religions, Philosophy, and French. One of those years was spent in India. I then spent a lot of time not writing my dissertation. All in all, I spent many years with very long holidays and a very do-it-yourself schedule. It was a good time of my life. It was difficult to see it end.

Is freedom so important to me because of this slice of life, or did I hang out in that context so long because of how important it is to me?

Over the years, I’ve realised that “too much freedom” in the way I live my days does not make me happy. By that I mean complete lack of routine. Was it the first or second summer I was living alone in my first flat? A friend had used the kite metaphor: when you’re free, you let the string out and the kite can fly far, far up high. And I had let my kites go out a bit too far. University resumed, I drew my kites in.

In 2009, it felt like I had got my shit together. My life felt “under control”, in a good way. I wasn’t scrambling after things. If I remember correctly I was even doing my accounting regularly (that’s saying something). And I remember that during that year, I had a pretty solid morning routine. I actually would set my alarm clock. I would wake up at 7:30, and at 9:00 I would be at eclau to work, having pedalled on my stationary bicycle for a good half-hour.

Then 2010 happened. During my catless year, in 2011, I travelled way too much. I made up for all the previous years of no holidays. 2012 was chaotic. All that to say I never got back to where I was in 2009. Briefly, yes. But not consistently. And I know very well how important it is for me to have routines and good habits, so it’s something that’s often top of my mind. But I find myself coming short.

Things might be changing right now. This morning I wrote my first Morning Pages. (Loïc’s fault for mentioning them.) Last week, I got confirmation that Quintus is pretty much completely blind, and so I’ve been actively thinking about how to stabilise his environment — space and time. Quintus is a very routine-oriented cat. All cats are, to some degree, of course.

Blind Quintus Taking a Stroll

So between Morning Pages, cat-related routine, no money to travel (keeps me at home!) and wanting to get back on track when it comes to physical exercise (judo injury in March and slightly expanding waistline that doesn’t fit into favorite winter trousers anymore), the time seems ripe.

I’ve also been wondering recently if I’m not sleeping too much. One of my precious freedoms is not setting an alarm clock in the morning: I sleep as much as I want/need. But I still feel tired. So I think I’ll go with the 7:30 alarm for a bit and see if it changes anything. I’ll report back.

On another note, I sometimes feel like I spent a huge amount of my time in the kitchen dealing with food. I like cooking, and I like eating. But maybe I should limit the number of times I actually cook during the day. I eat a “normal meal” at breakfast, so I sometimes end up cooking three proper meals a day. I should probably reheat or throw something quickly together for morning and lunch, and just cook in the evening.

The biggest freedom might be the freedom to determine your own constraints.

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