La chance d’être là [fr]

On ne parle pas de ça d’habitude, mais là, on parle de ceux partis trop tôt, des accidents, des maladies qui foudroient. On parle de l’absence de sens de tout ça. De la fragilité de la vie face au coup du sort, ou du hasard, au fait d’être là ou maintenant ou de faire ça ou pas. La bactérie qui passe, l’avalanche, la bôme, le ski qui se détache. La cellule maligne qui prend le dessus.

Je ne crois pas qu’il y ait du sens dans tout ça au-delà de celui qu’on veut bien y mettre. Je ne crois pas qu’il y a une intention derrière le monde au-delà de celle des êtres qui le peuplent. Les hommes, les animaux, et encore.

Il y a des années, pendant mes études, j’étais arrivée à la conclusion que l’Homme est une machine à produire du sens. Nous faisons ça: nous mettons du sens dans ce qui nous arrive, dans ce que nous faisons, dans ce qui se passe.

Mais il n’y a pas de sens “dans le monde”. Pas de transcendance qui tire les ficelles, qui nous dit quand c’est l’heure.

Je crois au hasard. Je crois que le hasard et la chance jouent un grand rôle dans nos vies. Bien plus qu’il n’est confortable de penser. Et je l’assume. Je veux dire que j’assume que ce que je crois, mes conclusions sur le monde, c’est inconfortable. Et franchement, il y a bien des moments où j’aimerais bien croire en des choses plus confortables. Mais je ne peux pas. Et je ne veux pas.

Et donc je refuse de penser que quand on meurt avant l’heure, c’est parce que c’était notre heure. Je crois au contraire au triste et bête concours de circonstances, à la malchance, à la faute de personne, souvent.

Et de plus en plus, je me dis que ceux d’entre nous qui sommes encore vivants, c’est que jusqu’ici, on a eu de la chance. Beaucoup de chance.

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