Questions existentielles de voyageuse à Montréal [fr]

[en] As the editor for ebookers.ch's travel blog, I contribute there regularly. I have cross-posted some of my more personal articles here for safe-keeping.

Cet article a été initialement publié sur le blog de voyage ebookers.ch (voir l’original).

Me voici à Montréal. Troisième jour à l’hôtel, sans mettre les pieds dehors, parce que j’y suis venue pour y donner une conférence à l’occasion d’Intracom, qui se termine aujourd’hui.

J’ai ajouté une semaine de vacances à mon séjour. Quand on traverse l’Atlantique, autant que ça en vaille la peine! Et hier, pourtant, une fois ma conférence donnée, je me suis trouvée un peu démunie face à cette semaine à remplir. Inutile de dire que je n’avais rien planifié avant mon départ! Même pas mon logement, préférant nettement mieux m’incruster (gentiment!) chez l’habitant pour découvrir le pays de l’intérieur (entre le réseau des blogueurs, Twitter, et Couchsurfing, je sais que je cours peu de risques de me retrouver à la rue).

Crédit photo: Wikimedia Commons

Montréal, je n’y suis jamais allée. J’ai des amies qui y ont habité, mais malheureusement, elles n’y vivent plus. J’y connais du monde, mais personne de bien proche. Surtout, je ne sais que très peu de choses sur la ville elle-même. Vous savez comme il y a des gens qui rêvent d’aller dans une ville ou une autre pour y voir ceci ou cela? Qui savent avant d’arriver sur place ce qu’ils désirent y faire? Je me rends compte que je ne fonctionne pas comme ça.

Que faire de ma semaine à Montréal, du coup? Il paraît que c’est une très chouette ville, mais à ce stade-ci, ça ne suffit pas à m’enthousiasmer. Qu’est-ce que j’aime, en fait, quand je voyage? Quel genre de voyageuse suis-je?

Mon manque d’entrain (et la culpabilité qui y est associée) face à cette semaine de liberté montréalaise a été l’amorce d’une réflexion que je désire partager avec vous.

Je vis en ville, à Lausanne. J’adore ma ville, mais je vis en périphérie, là où c’est vert et tranquille. J’ai grandi à la campagne. Quand je désire me détendre, je pars du côté du lac ou des montagnes. Je fais du bateau ou je vais marcher. Mon travail est en ville. Je voyage pour mon travail. Est-ce donc si surprenant que la perspective de passer une semaine dans une nième ville étrangère ne me fasse pas l’effet d’une semaine de vacances?

En ville, en fait, j’aime surtout les gens, les atmosphères, la vie quotidienne. Ça prend du temps, de s’imbiber de ça. Et passer du temps avec les gens, ça demande de l’organisation et de la coordination — deux choses que je ne cesse de faire dans ma vie professionnelle, et pour lesquelles je manque de courage lorsque j’arrive aux vacances. J’aime faire du shopping, aussi, mais c’est une activité qui devient vite un peu compulsive (et chère) et n’est donc pas toujours une vraiment propice pour des vacances reposantes.

Mais soudain, une idée en l’air en chattant avec un ami originaire du Canada: sa soeur vit un peu à l’extérieur d’Ottawa, je pourrais y faire un saut. Ça me dit déjà plus! Je réalise que plutôt que de passer des journées à marcher en ville, j’ai bien plus envie de m’évader dans la nature — et près de l’eau. J’aime l’eau, rien à faire, et les grands paysages. On m’a parlé du parc de Mont-Royal, et ça, ça me dit. La ville, ce n’est peut-être pas tellement pour moi, finalement.

Crédit photo: Wikimedia Commons

Ni une, ni deux, mes deux ou trois jours hors de la ville s’organisent. La soeur de mon ami pourrait me prêter son vélo. Il y a un parc national pas loin. Oui, oui! Je me prends à rêver: peut-on faire le voyage de Montréal à Ottawa en bateau? Là, tout d’un coup, je sens monter l’énergie de planifier tout ça. (Je vais faire des photos, ne vous en faites pas, même si avril, il paraît que c’est le dégel, et pas la meilleure saison. Qu’importe.)

Soulagement. Je ne suis finalement peut-être pas une voyageuse blasée et passive: j’ai simplement besoin de comprendre ce que j’aime faire, et quel genre de voyage me plaît. A moi les grands espaces canadiens!

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