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	<title>Comments on: After a Day Back at Work</title>
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	<description>Stephanie Booth&#039;s online ramblings</description>
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		<title>By: David Ruzicka</title>
		<link>http://climbtothestars.org/archives/2008/07/31/after-a-day-back-at-work/#comment-16465</link>
		<dc:creator>David Ruzicka</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Aug 2008 13:57:33 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;p&gt;Il arrive que les décors s&#039;écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d&#039;usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le &quot;pourquoi&quot; s&#039;élève et tout commence dans cette lassitude teintée d&#039;étonnement. &quot;Commence&quot;, ceci c&#039;est important. La lassitude est à la fin des actes d&#039;une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l&#039;éveille et elle provoque la suite. La suite, c&#039;est le retour inconscient dans la chaîne, ou c&#039;est l&#039;éveil définitif. Au bout de l&#039;éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d&#039;écœurant. Ici je dois conclure qu&#039;elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n&#039;ont rien d&#039;original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l’occasion d&#039;une reconnaissance sommaire dans les origines de l&#039;absurde. Le simple &quot;souci&quot; est à l’ origine de tout.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De même et pour tous les jours d&#039;une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours ou il faut le porter. Nous vivons sur l&#039;avenir : &quot;demain&quot;, &quot;plus tard&quot;, &quot;quand tu auras une situation&quot;, &quot;avec l&#039;âge tu comprendras&quot;, ces inconséquences sont admirables, car enfin il s&#039;agit de mourir. Un jour vient pourtant et l&#039;homme constate ou dit qu&#039;il a trente ans. Il affirme ainsi de sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu&#039;il est à un certain moment d&#039;une courbe qu&#039;il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le casait, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait, quand tout lui-même aurait du s&#039;y refuser. Cette révolte de la chair, c&#039;est l&#039;absurde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe&lt;/p&gt;
</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Il arrive que les décors s&#39;écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d&#39;usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le &#8220;pourquoi&#8221; s&#39;élève et tout commence dans cette lassitude teintée d&#39;étonnement. &#8220;Commence&#8221;, ceci c&#39;est important. La lassitude est à la fin des actes d&#39;une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l&#39;éveille et elle provoque la suite. La suite, c&#39;est le retour inconscient dans la chaîne, ou c&#39;est l&#39;éveil définitif. Au bout de l&#39;éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d&#39;écœurant. Ici je dois conclure qu&#39;elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n&#39;ont rien d&#39;original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l’occasion d&#39;une reconnaissance sommaire dans les origines de l&#39;absurde. Le simple &#8220;souci&#8221; est à l’ origine de tout.</p>

<p><br /></p>

<p>De même et pour tous les jours d&#39;une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours ou il faut le porter. Nous vivons sur l&#39;avenir : &#8220;demain&#8221;, &#8220;plus tard&#8221;, &#8220;quand tu auras une situation&#8221;, &#8220;avec l&#39;âge tu comprendras&#8221;, ces inconséquences sont admirables, car enfin il s&#39;agit de mourir. Un jour vient pourtant et l&#39;homme constate ou dit qu&#39;il a trente ans. Il affirme ainsi de sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu&#39;il est à un certain moment d&#39;une courbe qu&#39;il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le casait, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait, quand tout lui-même aurait du s&#39;y refuser. Cette révolte de la chair, c&#39;est l&#39;absurde.</p>

<p><br /></p>

<p>Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe</p>]]></content:encoded>
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		<title>By: David Ruzicka</title>
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		<dc:creator>David Ruzicka</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Aug 2008 07:57:33 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;p&gt;Il arrive que les décors s&#039;écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d&#039;usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le &quot;pourquoi&quot; s&#039;élève et tout commence dans cette lassitude teintée d&#039;étonnement. &quot;Commence&quot;, ceci c&#039;est important. La lassitude est à la fin des actes d&#039;une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l&#039;éveille et elle provoque la suite. La suite, c&#039;est le retour inconscient dans la chaîne, ou c&#039;est l&#039;éveil définitif. Au bout de l&#039;éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d&#039;écœurant. Ici je dois conclure qu&#039;elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n&#039;ont rien d&#039;original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l’occasion d&#039;une reconnaissance sommaire dans les origines de l&#039;absurde. Le simple &quot;souci&quot; est à l’ origine de tout.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De même et pour tous les jours d&#039;une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours ou il faut le porter. Nous vivons sur l&#039;avenir : &quot;demain&quot;, &quot;plus tard&quot;, &quot;quand tu auras une situation&quot;, &quot;avec l&#039;âge tu comprendras&quot;, ces inconséquences sont admirables, car enfin il s&#039;agit de mourir. Un jour vient pourtant et l&#039;homme constate ou dit qu&#039;il a trente ans. Il affirme ainsi de sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu&#039;il est à un certain moment d&#039;une courbe qu&#039;il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le casait, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait, quand tout lui-même aurait du s&#039;y refuser. Cette révolte de la chair, c&#039;est l&#039;absurde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe&lt;/p&gt;
</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Il arrive que les décors s&#8217;écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d&#8217;usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le &#8220;pourquoi&#8221; s&#8217;élève et tout commence dans cette lassitude teintée d&#8217;étonnement. &#8220;Commence&#8221;, ceci c&#8217;est important. La lassitude est à la fin des actes d&#8217;une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l&#8217;éveille et elle provoque la suite. La suite, c&#8217;est le retour inconscient dans la chaîne, ou c&#8217;est l&#8217;éveil définitif. Au bout de l&#8217;éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d&#8217;écœurant. Ici je dois conclure qu&#8217;elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n&#8217;ont rien d&#8217;original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l’occasion d&#8217;une reconnaissance sommaire dans les origines de l&#8217;absurde. Le simple &#8220;souci&#8221; est à l’ origine de tout.</p>

<p>De même et pour tous les jours d&#8217;une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours ou il faut le porter. Nous vivons sur l&#8217;avenir : &#8220;demain&#8221;, &#8220;plus tard&#8221;, &#8220;quand tu auras une situation&#8221;, &#8220;avec l&#8217;âge tu comprendras&#8221;, ces inconséquences sont admirables, car enfin il s&#8217;agit de mourir. Un jour vient pourtant et l&#8217;homme constate ou dit qu&#8217;il a trente ans. Il affirme ainsi de sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu&#8217;il est à un certain moment d&#8217;une courbe qu&#8217;il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le casait, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait, quand tout lui-même aurait du s&#8217;y refuser. Cette révolte de la chair, c&#8217;est l&#8217;absurde.</p>

<p>Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe</p>]]></content:encoded>
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