C’est les vacances…

[en] Holiday time. A few words on how the beginning of school went. Not easy, tiring, but overall, I like the job.

Pour la première fois depuis avant la rentrée scolaire, je suis en mesure de déclarer officiellement que mon appartement n’est plus “zone sinistrée”. J’ai passé l’aspirateur, fait la vaisselle, rangé, entassé, remis le matelas-canapé à  sa place (je vais pouvoir utiliser ma télé à  nouveau!) et même arrosé les plantes.

Je suis restée au lit ce matin, tâchant sans trop de succès de me débarrasser du sentiment lancinant que j’avais des corrections à  faire et des cours à  préparer. Pas aujourd’hui! Ca peut attendre, j’ai deux semaines sur lesquelles étaler mon travail. Demain, par contre, déclaration d’impôts. Ca va faire mal, mais c’est nécessaire. (Oui, oui, celle qu’il fallait rendre en mars. Sans commentaire.)

Je sens que ça va être dur de déconnecter, de ne pas penser (dans le sens “souci”) à  mes élèves, d’oublier l’école pendant quelque temps. Difficile de penser à  autre chose quand on n’a presque fait que ça durant sept semaines. Hier, je suis allée au cinéma pour la première fois depuis la rentrée — moi qui y allais en général au moins une fois par semaine!

Le rythme “debout 5h30, dodo 21h00″ ce n’est pas terrible pour soigner sa vie sociale. Surtout quand entre 16h00 et 21h00 il faut (1) décompresser de la journée, (2) manger, (3) faire des corrections, (4) préparer des cours. Si j’avais eu des doutes, c’est maintenant très clair pour moi pourquoi dans l’enseignement, nous avons autant de vacances. C’est un métier exigeant et fatiguant, dans lequel on donne beaucoup de soi-même émotionnellement. C’est quelque chose qui me plaît, mais il faut faire une pause de temps en temps.

Je suis un peu fâchée (et attristée) quand j’entends les réactions “bateau” concernant le fait que nous nous sommes mis en grève ces dernières semaines: “ils trouvent qu’ils sont pas assez payés, avec toutes les vacances qu’ils ont!” Surtout quand ça vient des élèves. C’est normal et prévisible, mais ça me déçoit quand même que les gens ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et pensent que l’on ne descend dans la rue que pour des histoires de salaire.

Ces dernières semaines n’ont pas été faciles. Classes difficiles, beaucoup de travail, de stress, et peu de temps pour moi (je me répète?) Une bonne surprise en ce début d’année, ça a été les collègues. Je ne me suis jamais sentie seule pour faire face aux situations difficiles auxquelles j’ai été confrontée, et j’ai reçu beaucoup de soutien de la part de mes collègues et du doyen. J’aime beaucoup l’ambiance de la salle des maîtres et l’atmosphère qui règne dans le collège en général. Quant à  mes élèves, même si l’atmosphère en classe est souvent bruyante et tendue, je les trouve plutôt sympathiques et attachants que franchement déplaisants.

Sur ce, après avoir nettoyé l’appartement, je vais m’occuper de ma petite personne en me plongeant dans un bon bain chaud, agrémenté d’une ou deux petites choses de chez Lush!

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18 Responses to C’est les vacances…

  1. Cybertooth says:

    “Demain, par contre, déclaration d’impôts. Ca va faire mal, mais c’est nécessaire. (Oui, oui, celle qu’il fallait rendre en mars. Sans commentaire.)”

    Kof, kof ! J’ai vainement tenté de faire parvenir la mienne concernant 2001. Je leur ai envoyé deux fois en début d’année. Cependant, il est regrettable de voir que dans cette unique situation – à  ma connaissance – l’administration suisse se comporte comme son homologue française. En effet, n’ayant pu envoyer ma déclaration en recommandé (30 euro depuis la France), celle-ci n’est tout simplement jamais arrivée… Du coup, je dois 800FS. Haha. Ils ont de l’espoir.

    Bonne vacances !

  2. jerome says:

    Cybertooth, gaffe: ils ont plus de tenacité que d’espoir, le vautour fiscal est coriace.

    Steph B, les “autres”, ceux qui comme moi n’enseignent pas, se nourrissent de mauvais exemples et il est plus facile de juger la grève d’un prof miteux chargé de 12 heures de cours par semaine passant 3% son temps de prépa à  polycopier ses vieux supports en alternant une année sur deux que de s’en prendre à  d’enthousiastes initiaux dont tu semble faire partie et qui meritent sans doute plus que ce que l’on veux bien leur donner; temps ou oseille, bonne chance donc.

  3. Patrick Staeger says:

    “Je suis un peu fàƒ’¢chàƒ’©e (et attristàƒ’©e) quand j’entends les ràƒ’©actions “bateau” concernant le fait que nous nous sommes mis en gràƒ’¨ve ces derniàƒ’¨res semaines: “ils trouvent qu’ils sont pas assez payàƒ’©s, avec toutes les vacances qu’ils ont!”….

    Je ne trouve pas du tout injustifiàƒ’© les vacances que vous avez ! Vous les màƒ’©ritez largement, car votre màƒ’©tier est un màƒ’©tier passionnant, qui demande beaucoup d’àƒ’©nergie, de motivation. Votre salaire est àƒ’©galement àƒ’  la hauteur des responsabilitàƒ’©s que vous avez.

    Par contre, je ne peux approuver que les enseignant(e)s fassent la gràƒ’¨ve !

    J’ai pu lire ràƒ’©cemment dans la presse que les prochaines actions de gràƒ’¨ve ne se feront pas en octobre, mais en novembre, car il y a les vacances d’automne….Cela me rend furieux, vous pourriez justement faire la gràƒ’¨ve durant cette pàƒ’©riode, mais non ! “Touchez pas àƒ’  nos vacances…”. “On ne peut pas faire durant cette pàƒ’©riode, il y a trop de monde qui n’est pas làƒ’ ”. Cela signifie en clair, que le pouvoir d’achat des enseignant(e)s est encore tràƒ’¨s confortable, s’ils/elles partent tous/toutes en automne!

    Il me semble que les employàƒ’©(e)s d’Etat oublient que dans le secteur privàƒ’©, la situation est encore plus tendue et difficile, que les travailleurs font un nombre incalculable d’heures supplàƒ’©mentaires non payàƒ’©es et qu’ils/elles sont àƒ’  la merci de licenciements avec des pràƒ’©avis tràƒ’¨s courts… Les pilotes de Swiss ont un salaire qui est àƒ’©gal au tiers de celui qu’ils touchaient avant…Imaginez qu’ils fassent la gràƒ’¨ve durant les pàƒ’©riodes de vacances et que vous ne puissiez partir ou revenir, vous ne seriez pas content(e)s, j’en suis sàƒ»r et vous auriez de la peine àƒ’  comprendre. Les parents, qui travaillent dur et qui peuvent avoir de la peine financiàƒ’¨rement ou qui sont au chàƒ’´mage ne comprennet pas non plus votre attitude.

    Je pràƒ’©fàƒ’©rerais que vous vous retrouviez pour trouver des propositions concràƒ’¨tes d’àƒ’©conomie (et il y en), pour rendre plus efficace l’enseignement et l’adapter aux contraintes et ràƒ’©ductions imposàƒ’©es par le gouvernement en mettant au centre des dàƒ’©bats les àƒ’©làƒ’¨ves et non votre confort personnel d’enseignant(e)s.

    P. Staeger, Montreux

  4. Steph says:

    Je ne suis pas certaine de voir le sens d’une grève durant les vacances, alors que justement les vacances, c’est quand on ne travaille déjà  de toute façon pas…

    Et notre pouvoir d’achat, comme je crois l’avoir sous-entendu, n’est pas notre motivation première pour protester.

    Comme je l’ai dit à  un de mes élèves de 8ème qui me demandait si je pouvais l’inscrire à  l’appui d’anglais (il en aurait bien besoin): “je suis navrée, mais les heures d’appui, c’est une des choses qui ont passé à  la trappe à  cause des restrictions budgétaires!”

  5. Pascale says:

    “J’ai pu lire récemment dans la presse que les prochaines actions de grève ne se feront pas en octobre, mais en novembre, car il y a les vacances d’automne…Cela me rend furieux, vous pourriez justement faire la grève durant cette période, mais non !”

    C’est amusant ça, “faire grève pdt des vacances”. Mais on fait grève de quoi pdt ce temps là  ? grève de vacances ? hi hi ! Et le moyen de pression sur les autorités se traduit comment dans ce cas ?

    “Cela signifie en clair, que le pouvoir d’achat des enseignant(e)s est encore très confortable, s’ils/elles partent tous/toutes en automne!”

    Ne pas être dans le lycée ne veut pas dire être dans un lieu de villégiature. Vous êtes si cher payés en Suisse Steph qu’on puisse lire ce genre de remarque ? (combien ??)

  6. Pascale says:

    rahhhhhhh…. mais pourquoi word press n’a t-il pas accepté les blockquote ? Mon commentaire est illisible. Toutes mes excuses.

    [corrigé]

  7. Steph says:

    On va faire dans la transparence. Salaire: environ 4600.- (francs) net (3000.- euros?) pour un prof en début de carrière, à  100%, et sans titres pédagogiques.

    On n’oubliera pas le coût de la vie, du loyer, et des assurances maladies en Suisse. Pour comparaison, on se souviendra qu’un jeune sans formation peut gagner cette somme et même plus (avec les compensations pour le travail de nuit et le week-end) en prenant des appels dans le call center d’Orange… (la plupart gagnent un peu moins, mais ça commence autour de 4000.-)

    Pour être tout à  fait claire, je gagnais bien plus en étant chef de projet chez Orange, même à  temps partiel. Mon salaire actuel a été réduit de 10% parce que je n’ai pas (encore) mes titres pédagogiques. La formation pour avoir ces titres pédagogiques, si je la fais “à  plein temps” comme je “devrais” (et non en cours d’emploi), c’est 18 mois de cours et de stages à  plein temps (donc ne permettant pas de travailler à  côté). Ce n’est pas payé, on est vaguement défrayé durant les stages. Après les années passées à  l’uni (certaines par ma faute, je veux bien l’admettre)… pas besoin de faire un dessin!

  8. Pascale says:

    Nous sommes moins payés en France, mais en revanche notre titularisation est gratuite : il suffit de passer le concours (accessible à  bac+3).

    Neanmoins, nous entendons régulièrement les mêmes poncifs : (trop) bien payés, toujours en vacances ou en grève… (mais que fait Sarkosy la police ? )

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