Souvenir élastique [en]

Les souvenirs se modifient avec le temps. C’est un phénomène connu, recherché et documenté. Pourtant, on croit à  nos souvenirs. Il est dans leur nature de nous paraître le reflet exact de ce qu’il s’est passé ou de comment l’on s’est senti.

Mes souvenirs sont en train de tricher. Je le sais, parce que j’ai pris des notes sur le moment. Mon intellect a tout enregistré et sait très bien comment je me sentais à  ce moment-là , mais je me mets à  croire ma mémoire qui me dit que c’était autrement.

Alors les regrets commencent à  prendre le pas sur ma certitude d’avoir agi au plus près de mes émotions, d’avoir été fidèle à  qui je suis, et de ne pas avoir abdiqué une part de moi-même pour un possible qui semblait s’offrir.

Ou pas.

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0 thoughts on “Souvenir élastique [en]

  1. En lisant ce petit texte, ainsi que le précédent (le court, daté du 9 septembre), j’ai un sentiment mêlé dont je vais essayer de te faire part ici. En gros, je ne comprends pas pourquoi tu écris ça ici, même si c’est ton droit le plus strict, bien entendu. Mais je suis curieux de savoir…
    Je trouve… Comment dire ? Bon. Je n’y arrive pas vraiment. Soyons plus terre à  terre. Voilà . Je ne te connais pas, ce qui veut dire que beaucoup d’émotions dont tu parles restent pour moi (et la majorité de tes lecteurs) des choses abstraites, quelque soit le talent que tu mettes à  les décrire. C’est vrai pour toutes les notes, mais c’est encore plus vrai pour les notes elliptiques comme celle-ci. D’où mon interrogation sur pourquoi écrire ce genre de choses ici. Je vois quatre réponses possibles :
    (1) ça te fait du bien à  toi, et tu n’écris donc pas ces textes pour partager, mais peut-être pour te décharger.
    (2) tu espères que certaines réactions (malgré le peu d’éléments que tu donnes) t’aideront quand même à  y voir plus clair (là , je suis sceptique).
    (3) tu espères qu’*une certaine personne* lira ces notes, qui constituent donc un moyen détourné de communiquer sans vraiment le faire en face.
    (4) tu ne t’es, à  vrai dire, pas posé la question et tu ne vois pas l’intérêt de te la poser…

    Tu n’as bien sûr *aucune* obligation à  te justifier ! Mais comme ça me trottait dans la tête…

  2. Je vais essayer de répondre à  tes suppositions. :-)

    1) C’est surtout parce que ça me fait du bien de l’écrire, et que je considère que c’est justement assez elliptique et pas trop privé pour le faire en public. Sinon ça resterait dans mes carnets papier. C’est une petite inspiration rédactionnelle, je la prends au vol, j’écris quelque chose qui me plaît, je publie.

    2) Je sais également que parfois, les gens se retrouvent dans mes petits billets elliptiques. Et il y a aussi des gens qui me lisent et me connaissent, et qui comprendront peut-être à  quoi je fais allusion. Je ne cherche pas les lumières de qui que ce soit, par contre, tout est assez (trop) clair dans ma tête là -dessus 😉

    3) Quant à  l’espoir que *une certaine personne* lise le billet en question, c’est moins clair. Probablement aussi ambigu que les sentiments dont je tente de rendre compte dans ces billets. Probablement que oui, mais non aussi, et concrètement, il y a bien peu de chances. Ce n’est dans tous les cas pas une motivation importante.

    4) Je me pose toujours des questions, surtout quand on me tente!

    Voilà , en gros, pourquoi. J’espère que ces quelques mots auront satisfait un tant soit peu ta curiosité…

  3. Merci ! Mais le statut exact de ces “billets d’humeur” reste encore très ambigu. Se dévoiler sans vraiment le faire… J’en use beaucoup aussi, et je me demande dans quelle mesure ça ne donne pas une *illusion* de, je ne sais pas, franchise, ou transparence, par rapport à  ses sentiments, alors qu’en réalité, rien de plus n’est *vraiment* dit.
    Enfin, pas besoin de trop procrastiner sur la chose… :)

    Bon courage, en tout cas, concernant ces états d’âme. Et je ne le dis pas à  la légère : j’aime quelqu’un qui a énormément de mal à  “s’ouvrir” ou à  “se donner” complètement et je sais qu’elle en souffre plus que moi …

  4. moi sans me vanter, j’ai tout compris…

    je trouve la critique un peu trop virulente, quand meme. Et meme je dirais : injustifiée.
    Voire meme, condescendante.

    “souvenirs elastiques”, c’est clair, quoi. Ca parle tout seul. Il faudrait vraiment etre un roc pour ne jamais se prendre les pieds dans ses souvenirs et n’avoir jamais de doutes sur une decision prise dans le passé. Sans meme parler de ses consequences sur le present. (lequel a une facheuse tendance a jouer les loupes deformantes parfois)(le traitre) Pas besoin de connaitre la vie intime de la personne qui ecrit ça pour savoir de quoi ça parle.

    Et meme si je me goure sur le sens, meme si je me trompe, ce n’est pas tres grave.
    En tout cas que ce sont ce genre d’ interrogations qui sont a la base d’une foultitudes d’oeuvres litteraires : et de films, aussi. Bref ca n’est pas si “abstrait” que cela. (et puis, il faut le dire : c’est vachement interessant)
    Si on commence a chercher des justifications a tout, a ce compte la, pourquoi des gens ecriraient des livres ? et pourquoi il y en a d’autres qui les liraient ?
    Le monde est decidemment plein de mysteres irresolus.

  5. Je me suis mal fait comprendre :)
    Ce qui m’intéressait, ce n’était pas de savoir pour quelles raisons ce genre de réflexion était venu à  Stéphanie (ça, je m’en doute un peu, d’autant que je vis une situation symétrique, du moins d’après ce que je lis ici). Mais pour quelles raisons ELLE L’ECRIVAIT ICI (tout en reconnaissant immédiatement que c’était son droit le plus strict, évidemment). C’est ce processus de “je me dévoile, mais sans vraiment le faire” qui m’a interpellé quelque part (pas dû l’utiliser depuis la fin des années 80 cette expression) et m’a poussé à  lui demander. Voilà . Loin de moi l’idée de lui reprocher quoi que ce soit, ou (horreur) d’être condescendant à  son égard. Au contraire… Je trouve cela magnifique d’écrire ce qui nous meut et nous émeut (et j’aimerais bien, pour ma part, qu’une certaine personne que je ne nommerai pas ici en fasse de même … Mais ça, vous vous en fichez et vous avez bien raison :)

  6. ça devient super à  la mode, le coup du “ou pas”
    (mais je sais plus où je l’ai piqué…)

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