Lettre à mon vieux chat [fr]

[en] Memories of Quintus.

Quand tu es arrivé chez moi tu n’étais déjà plus très jeune. Quand j’ai dit à ta première maîtresse que je pouvais te prendre, elle m’a dit “tu es sûre? il n’est pas tout jeune!” J’ai répondu oui sans hésiter.

La première fois qu’on s’est vus tu devais avoir six mois. C’était en été. On avait traversé la France et une partie de l’Angleterre avec mon frère pour ramener Cali à sa famille. Ta famille. Ma famille aussi, un peu, mine de rien. Les premières photos que j’ai de toi sont en noir et blanc, et c’est difficile de dire si c’est vraiment toi ou bien ton frère. Vous vous ressembliez beaucoup. Il était un poil plus foncé que toi. Vous étiez l’un comme l’autre des “chats de genoux”, câlins, confiants, et très attachés l’un à l’autre.

Au fil de mes visites en Angleterre, vous dormiez généralement les deux sur ma tête – je sais qu’Aleika m’a trouvée plus d’une fois au matin enterrée sous un tas de chats. Je me souviens d’un jour, une visite administrative d’un homme inconnu: moins de 10 minutes après son arrivée, il avait sur ses genoux deux chats occupés à faire leur toilette mutuelle.

Tu n’avais pas vraiment de nom à l’époque, si ce n’est celui écrit sur ton pedigree: Oaxaca Little Quintus.

Ton frère est mort à un moment donné, et toi tu as continué ta vie de chat anglais bien dans ses coussinets: rentrer et sortir par la chatière 20 fois par jour, squatter le canapé des voisins, voler des oeufs de pigeon dans leurs nids, souffler sur le jeune chien quand il se montrait trop entreprenant, sortir par la fenêtre du premier en passant par l’avant-toit et le muret – un bond de deux mètres qui semble surréaliste depuis bien des années. Et surtout, des heures sur les genoux de ta maîtresse, un ronron continu, et tes petits ronflements lorsque tu dormais sous son lit durant la sieste. Un super, super chat.

Alors j’ai dit oui sans hésiter. Parce que c’était elle, évidemment, mais aussi parce que c’était toi. Safran venait de mourir, je m’étais projetée dans un avenir à deux chats qui venait d’être emporté par la PIF, j’avais de la place pour un chat et je te connaissais déjà. Toutes ces nuits à dormir sur ma tête à Birmingham t’avaient assuré une retraite paisible en Suisse.

 

Juillet 2012, tu es donc rentré avec moi à Lausanne. Tu as fait le tour de l’appartement en grondant, Tounsi sur tes talons. Puis tu t’es installé sur le lit pour une sieste bien méritée.

Il te manquait un peu de respect, au début, le jeune Tounsi. Mais tu ne t’es jamais laissé marcher dessus. Au fil des années vous êtes devenus bons potes, les inséparables de la sieste, les séances de toilettage qui finissaient en échanges de tartes: tu aimais grignoter et mordiller entre deux coups de langue, et Tounsi ne prenait pas toujours ça bien. De son côté, il avait régulièrement des pulsions pas forcément bienvenues

En 2013, vous aviez tout deux – mais surtout toi – joué les super-nounous pour Max, Lilly et Sushi. Les 10 premiers jours avec les orphelins, tu avais franchement fait la tête aux p’tits rats. Puis un jour, l’un d’eux s’étant installé près de toi, tu t’es mis à lui faire sa toilette. Après, ça n’a pas arrêté. Je te les donnais l’un après l’autre pour que tu les toilettes de haut en bas.

Tu avais eu accès à l’extérieur toute ta vie, et ici aussi tu l’as eu. Je me souviens t’avoir cherché longtemps, angoissée, lors d’une de tes premières sorties. J’avais fini par te trouver, faisant la sieste roulé en boule tranquillement dans les herbes hautes du jardin, ignorant superbement mes appels désespérés, alors que j’avais dû passer dix fois à côté de toi.

Déjà à cet époque l’arthrose avait bien mis à mal tes pauvres coudes. Je me souviens de la radio. Même moi, je voyais que ce n’étaient plus des coudes. Assez  vite j’ai commencé à te poser au sol après t’avoir pris dans mes bras, à te porter en bas des escaliers. Dehors, tu courais encore, mais au fil des années ce qui restait de galop a disparu pour laisser place uniquement au trottinement. Pour monter les escaliers tu faisais des petits bonds. Tu faisais ce que tu pouvais!

Tu chassais encore, ramenant au chalet un souris à 5h du matin, à la grande surprise de mon invitée du séjour. Tu te perchais sur la table ou ma palette fleurie pour observer le jardin depuis le balcon. C’était toujours le soir que tu aimais le mieux sortir. Je me souviens: Tounsi rentrait vers 21h, et c’est là que tu avais envie d’aller dehors. Comme je n’ai jamais aimé laisser mes chats sortir pendant que je dormais. Alors je me couchais tard. Tu n’allais jamais bien loin, mais tu n’étais jamais pressé de rentrer.

Il y a eu ensuite une longue période où nous nous promenions dans le jardin, Tounsi, toi, et moi. On faisait le tour de l’immeuble. On allait même autour de l’immeuble de derrière, jusqu’à se faire engueuler par le concierge. Tounsi avait toujours été un peu chat-chien, et toi tu t’étais mis à nous suivre. Je n’ai compris que bien plus tard que tu commençais certainement déjà à perdre la vue, et que c’était rassurant pour toi de te balader avec nous.

Puis les tours d’immeuble ont cessé. Etait-ce avant ou après la disparition subite de Tounsi? Quand ta cécité est devenue évidente, j’ai cessé de te laisser sortir seul. Tu ne t’éloignais pas du devant de l’immeuble, de toute façon. Alors je te prenais dans mes bras, et on sortait au jardin. Au fil des années les sorties se sont rétrécies, raccourcies. La présence d’un chat agressif dans le voisinage n’aidait pas.

2016 a été la première grande alerte pour ta santé. Une vilaine pancréatite, pronostic réservé. Tu t’en es tiré. Avant ça, tu avais été globalement très en forme. Tu avais failli perdre un oeil en 2014 (une infection), et en 2015 manqué t’étouffer avec une croquette. En fait, tu t’étais étouffé, tu avais juste manqué y rester. Quand Tounsi est mort, le jour de l’an 2017, je ne pensais pas que tu verrais la fin de l’année. Tu étais déjà bien vieux, 16 ans, et je me préparais à ce que vienne ton heure. Mais non.

Tu as passé l’été, même si tu péclotais. La mort de Tounsi t’a tout de même affecté, dans le sens où il était pour beaucoup de choses ta canne blanche. Pour aller manger, pour aller dehors, tu dormais avec, il te stimulait. Je t’ai regardé devenir un vieux chat dont la vie se rétrécissait à vue d’oeil. Et en automne, re-pancréatite, puis diabète. Cette histoire, vous la connaissez. Mais j’ai pensé que c’était la fin pour toi.

La rémission de ton diabète, un an jour pour jour après la mort de Tounsi, a été le début d’une vie avec toi où je me disais que chaque mois était du bonus. Je ne pensais pas que tu verrais ton 17e anniversaire. Ni l’hiver suivant. Ni ton 18e. Ni ton 19e. Et nous voilà. Ces dernières années ont été du sursis, je le savais bien. On a géré toutes tes maladies aussi bien que possible. Il y a un an environ, au détour d’un traitement antibiotique “un peu pour voir”, parce qu’à ton âge, on a tendance à essayer et voir si ça marche, tu as même repris du poil de la bête.

En janvier l’insuffisance rénale a failli avoir raison de toi. Une semaine d’hospitalisation sous perfusion. Le mercredi, tout espoir semblait perdu. Je suis allée te récupérer jeudi le coeur lourd, pensant que les analyses confirmeraient ce qu’on avait vu la veille, à savoir que rien n’aidait. Coup de théâtre, tu allais mieux, on t’a gardé un jour de plus, et tu es rentré en meilleure forme que tu ne l’avais été depuis des mois.

Ce qui me préoccupait le plus c’était ton arthrose. Tout le reste on pouvait “gérer”. Combien avais-tu mal? Est-ce que ta vie comprenait plus de bonnes choses que de souffrance? Ça fait des années en fait que je me pose cette question. Ta qualité de vie en vaut-elle encore la peine? As-tu encore du plaisir à vivre? Et comment évaluer la souffrance, avec un animal maître dans l’art de la cacher?

Cette dernière année, et surtout tes derniers mois, depuis janvier, c’est aussi ta perte de poids qui me préoccupe. A ton âge on ne récupère pas ce qu’on perd. Tu es faible, ça fait longtemps que tu ne te déplace que parce que c’est nécessaire. Avant l’arrivée d’Oscar tu faisais encore des allers-retours entre le canapé du balcon, celui  du salon, et le lit. Mais là, ça fait des mois que tu as pris racine dans le lit. Tout récemment, tu as recommencé à prendre plaisir au canapé du balcon. Tu y es même revenu quelques fois par toi-même.

Mais ce dernier mois, cette dernière semaine surtout, nous n’en sommes plus là. Ça me brise le coeur, mon vieux chat adoré. Au moins tu sembles paisible, juste là. Mais quand je pense à la richesse de tes 19 années de vie, et que je vois tes journées aujourd’hui, je sais qu’il va être très bientôt temps.

Mon vieux chat va mourir [fr]

[en] The end of the road is near for my old Quintus.

Quintus va mourir. Pas aujourd’hui. Mais bientôt.

Ça fait un moment que je veux écrire cet article, et que je repousse, parce que je n’ai pas du tout envie de vivre les émotions qui vont accompagner son écriture.

Je sais depuis longtemps que Quintus va mourir un jour. Chaque chat qu’on aime va mourir, très probablement avant nous. Et Quintus n’est pas jeune. Depuis 2016 je m’attends à ce qu’il puisse mourir. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai cru que son heure était venue. Jamais je n’avais imaginé que Tounsi pourrait mourir avant lui.

J’ai eu peur que sa première pancréatite ait raison de lui. Puis la deuxième, et le diabète. En janvier, ses reins ont failli tirer leur révérence. Puis, deux incidents avec des médicaments mal supportés. Ce dernier mois, des troubles neurologiques qui s’enchaînent, et un état général qui décline, lentement mais sûrement. Il a quand même 19 ans. Vient un moment où on a le droit de vieillir.

Mais vient aussi un moment où l’on ne peut plus lutter contre les dégâts amenés par la vieillesse. Ce week-end, il était vraiment mal. On l’a réhydraté, et de même ce matin. Et on a fait un peu le point avec mon véto.

Ça s’approche. A grands pas peut-être. Comment savoir “quand” lorsque le déclin est graduel? Lorsqu’on a un chat qui mange, utilise sa caisse, ronronne encore, s’étire langoureusement sur son coussin chauffant, et vient même de lui-même sur le balcon (il y a moins d’une semaine)? Quand malgré une fonte musculaire marquée, son poil est encore joli, ses analyses sanguines d’il y a un mois frisent la perfection, et que l’essentiel de son quotidien est fait de siestes paisibles?

Je n’ai aucune envie de faire face à ce qui vient. Je le ferai, mais qu’est-ce que je ne me réjouis pas de combien ça va faire mal. Cela ne fait que 8 ans que Quintus partage ma vie, malgré son grand âge. Je l’ai connu chaton, toutefois, vu que c’était le chat d’une amie, que j’ai récupéré lorsqu’elle a dû repartir en Inde. En Inde, il serait mort depuis longtemps, on le sait bien toutes les deux. Huit ans, mais deux ans et demi de soins rapprochés et d’inquiétude constante de le voir dégringoler. Depuis son diabète.

Alors je comprends qu’un jour il est temps. Ma tête le sait bien. Émotionnellement, par contre, je me trouve loin d’être prête. Bien moins prête que je ne le voudrais. Il a survécu envers et contre tout, et été mon fidèle compagnon d’oreiller durant ces dernières années, loin d’être faciles pour moi.

J’essaie de me projeter. Dans quelques jours, quelques semaines au maximum, il ne sera plus là. Je n’aurai plus à m’occuper de lui, à prendre soin de lui, je ne sentirai plus sa douce et chaude fourrure sous ma main ou contre mon visage. Il ne toilettera plus ma joue de sa langue râpeuse. Il ne ronronnera plus du tout, pour de bon. Je ne le verrai plus s’étirer si confortablement sur son coussin chauffant au coin du lit.

Mais il sera libéré de ses vieux os douloureux. Que reste-t-il aujourd’hui dans sa vie? Parfois j’ai peur d’avoir déjà attendu trop longtemps. Cela fait des années que je me pose la question de sa qualité de vie. Chaque fois, je fais le même constat: oui, il est vieux, mais il a plus de bons jours que de mauvais jours, et encore suffisamment de plaisirs dans la vie pour que ça en vaille la peine.

Mais là, les plaisirs se rétrécissent, et les difficultés augmentent.

Je bénis le ciel, auquel je ne crois pas, qu’il soit un patient facile. Quintus a toujours eu une très grande tolérance. Une confiance absolue en l’humain. On peut “tout lui faire”, enfin pas complètement tout, mais j’ai eu cette chance que les soins n’ont jamais été une grande contrainte pour lui. Même le vétérinaire, jusqu’à relativement récemment, ne lui faisait ni chaud ni froid. La cage de transport, la voiture, idem… Le patient idéal. Même dans son vieillissement, il est resté propre, ne miaule presque pas, très digne.

Je sais que les chats souffrent en silence. Je l’observe, à l’affût du moindre indice. Je sais que son arthrose le fait souffrir, mais combien? Comment mesurer? Je repère à sa position que quelque chose ne va pas. Il montre peu, mais je vois beaucoup. Ça me travaille quand même. Je ne suis pas infaillible, et mon attachement fausse peut-être mon jugement. Est-ce une vie dont il faut le libérer, ou une vie dont il ne faut pas encore le priver?

Voilà les questions auxquelles il va falloir que je réponde ces prochains jours, ou ces prochaines semaines. Il a passé une bonne journée aujourd’hui, bien hydraté par sa perfusion du matin. Mais on ne remettra pas ça. Et même s’il tient bon “cette fois”, je sais que la prochaine n’est pas loin. Quand le cerveau commence à ne plus aller, il n’y a plus grand chose à faire.

Un dernier mot avant de rendre mon clavier: je ne cherche pas ici de conseils sur que faire ou ne pas faire. Pensez-les tant que vous voulez, mais abstenez-vous de les partager.

Le sort de Quintus est entre mes mains, c’est ma responsabilité et mon triste privilège. Une décision qui me revient, avec le soutien de mon vétérinaire, qui suit Quintus depuis qu’il est arrivé chez moi, et que je connais depuis 20 ans, et de quelques amies proches qui connaissent bien la situation et ont ma confiance.

Je n’aime pas devoir mettre par écrit ce genre de précision, mais dernièrement je n’ai que trop vu à quel point la distinction entre “j’ai quelque chose sur le coeur, et besoin d’être entendue” et “dites-moi quoi faire, ai-je raison ou tort” est peu claire pour certains. Et à quel point d’autres savent mieux que les personnes les plus concernées ce qu’il faudrait ou aurait fallu faire. Donc je préviens, car je ne réagirai pas bien. (Pandémie, quand tu nous tiens.)

Par contre, si Quintus a touché votre vie d’une façon ou d’une autre, que vous l’ayez ou non rencontré, n’hésitez pas à me parler de lui. Ou si vous aussi vous savez la grande peine d’aimer un vieux chat, je vous lirai avec plaisir, et probablement quelques larmes.

Bribes de confinement 4 [fr]

Il y a un oiseau dans mon cerveau. C’est un tout petit oiseau. Ses plumes sont bleu et or. Il a un long bec recourbé rouge vif. 

Il volette sans cesse, ses ailes battant plus de mille fois par minute, cherchant de-ci de-là mais se heurtant inexorablement à la limite de ma boîte crânienne.

Ce n’est pas un colibri, même s’il y ressemble, car il ne fait pas sa part.

Mon oiseau tourne et vrille, il butine mes pensées et mes envies sans jamais me laisser de répit. Ses ailes soulèvent la poussière dans tous les recoins, son long bec parfois se faufile dans les crevasses de mon histoire.

Parfois j’aimerais qu’il s’arrête, mais je ne sais pas trop ce que je ferais de son petit cadavre dans mon cerveau.

Bribes de confinement 3 [fr]

Dehors il y a l’océan. L’océan de ma vie. Des profondeurs insondables, des monstres marins, des algues interminables. Et des vagues, du vent, des embruns. Des baleines et du krill.

Dans la forêt du monde les sapins piquent le ciel et les sentiers se perdent entre les troncs. L’odeur forte du sol me fait tourner la tête, me remplit, m’enlève jusqu’aux nuages.

Là-haut, je croise des cigognes qui ont mis le cap sur leur ailleurs, et un aigle qui tournoie entre le soleil et le ciel. Je ferme les yeux, éblouie, et je tombe, comme une plume qui danse et vient se poser sur les flots.

 

Où j’en suis [fr]

J’en suis que ça va. Je crois que je me suis habituée à cette nouvelle normalité et que je m’y fais bien (parce que j’ai la chance que la version qui m’est proposée ne soit pas trop pénible). Ce qui me fait un peu flipper, c’est la possibilité que l’immunité après infection ne soit pas bonne, ou qu’on ne parvienne pas à produire un vaccin efficace. C’est pas du tout dit qu’on soit dans ce cas de figure, il faut patienter en attendant que la recherche avance, mais je sais que c’est une possibilité et c’est celle qui m’inquiète.

Je suis fatiguée des réactions outrées concernant les déclarations faites lors du point presse du CF sur la capacité des enfants à être infectés et vecteurs de la maladie. Pour moi ils ont clairement merdé la comm sur ce point, et on voit déjà quelques tentatives de rattrapage. Je pense que ça continuera en début de semaine – ce serait sage, en tous cas, vu les réactions que je vois dans mon entourage. Alors bon, avec “l’oreiller de paresse” l’histoire des enfants va peut-être passer au deuxième plan… C’était pas malin, cette expression-là, pour dire le moins.

M’enfin, je trouve que nos dirigeants font dans l’ensemble un très bon boulot, je pense qu’ils bossent comme des malades depuis plus longtemps qu’on ne l’imagine, et comme une amie à moi l’exprimait dans un tout autre contexte, le seul moyen de ne pas faire d’erreurs c’est de ne rien faire, et plus on fait, plus il y a des chances de béder quelque part. Ce que j’ai compris c’est qu’on va vers un assouplissement des mesures un peu “agile”, dans le sens où on fera quelques changements, on observe les résultats, on valide les prochains changements, on regarde ce que ça donne, etc. Et parmi ces changements il y a le fait de rendre aux cantons le pouvoir qu’ils ont perdu lorsque le Conseil Fédéral a déclaré que nous étions en “situation extraordinaire”. Il aura fallu cette crise pour que je commence à m’intéresser d’un peu plus près (et à suivre) la politique suisse!

J’ai découvert (redécouvert, en fait, j’avais oublié) qu’une de mes “maxime morales” était en fait le rasoir de Hanlon. Ma façon de le formuler c’est que quand on a le choix entre la maladresse et la malveillance, ou bien l’ignorance/l’incompétence ou le complot, on se trompe moins souvent en choisissant systématiquement le premier, jusqu’à preuve du contraire. Ce qui explique que je sois très peu complotiste (ce qui ne m’empêche pas d’être convaincue que les Russes, entre autres, fourrent les doigts dans nos médias sociaux pour accroitre la polarisation politique et idéologique dans la population, afin de servir leurs intérêts).

Hier j’ai fait ma première pizza maison (à passé 45 ans, c’est le moment, vous me direz) avec le surplus de mon levain. J’ai fait du sérieux rangement dans ma salle de bains (nouveau meuble de rangement, merci IKEA Clic&Collect), continué à avancer avec ma cuisine et mes réserves, j’ai enfin réussi à reprendre la lecture du livre que j’avais entamé… il y a tellement longtemps que je ne sais plus quand c’était. Je réalise que moins de contacts humains dans ma vie signifie plus de temps pour moi. Je trouve ça reposant et ça m’effraie un peu. Est-ce que je risque de découvrir qu’en fait j’aime l’isolement, après toutes ces années d’abord à fuir la solitude, quand j’étais jeune, puis à me perdre dans une overdose effrénée d’interaction humaine?

En cherchant dans mes photos quelque chose pour illustrer cet article, j’ai eu l’idée d’aller regarder mes photos d’il y a un an (vu qu’aujourd’hui je n’en ai pas encore faites). Et je tombe sur les photos de mon accident de voiture. Oui, mon accident de voiture, c’était il y a un an exactement, le 19 avril.

Un an.

Un an et ce n’est toujours pas complètement derrière moi. J’ai de la chance évidemment, car ça aurait pu être bien pire et il y a des gens qui trainent les conséquences d’accidents pendant bien plus longtemps que ça, mais à l’échelle de ma vie, cet accident a quand même été une bien grosse pourriture.

Mon chirurgien a déclaré que j’étais suffisamment “réparée” pour reprendre le travail (enfin ma recherche de travail) début mai. Qu’on s’entende, je suis entièrement d’accord avec cette décision, mais pour ce qui est du “reste” de ma vie, mon poignet n’a pas fini sa convalescence. J’ai encore mal (pas tout le temps, pas quand je suis à l’ordi, mais il suffit que je le plie ou torde un peu hors de sa zone de confort et c’est douloureux). Le sport qui sollicite le poignet (judo, voile), on n’y pense pas encore. J’arrive à me mettre à quatre pattes, mais avec le poids entier sur le poignet, c’est limite. L’autre jour j’ai perdu l’équilibre sur mon balcon (le sol était un peu encombré et je me suis encoublée), je me suis rattrapée à la barrière avec ma main droite, et j’ai compris ma douleur.

Cet accident, qui m’est tombée dessus sans crier gare Vendredi Saint 2019, il est encore là aujourd’hui. Heureusement les séquelles ne sont que physiques (et financières… parce que j’y ai laissé ma voiture) et limitées au poignet. Mais à cause de cet accident je n’ai pas pu poursuivre ma reprise du judo, pas fait de voile la saison passé, je n’ai pas pu skier cet hiver, j’ai eu mal au quotidien, j’ai subi une intervention lourde au poignet droit dont la convalescence n’a pas été une mince affaire et m’a valu presque six mois d’incapacité de travail. Je me souviendrai toute ma vie du premier mois après l’opération, où j’attendais l’heure de ma prochaine prise de tramadol, l’arrivée du soir où je pourrais dormir, le jour de ma prochaine séance de physio, le tout dans un brouillard médicamenteux total et sur fond de douleur constante au moindre mouvement – et parfois même sans mouvement.

Je me souviendrai aussi de l’anxiété constante (maintenant disparue) concernant ma récupération. Se retrouver avec le poignet de sa main dominante qui ne tourne plus, qui ne plie plus, qui fait mal… mine de rien j’ai eu peur pendant de longs mois, même si je réussissais à m’accrocher aux (lents) progrès et à la confiance de ma merveilleuse physio que tout allait bien aller.

Être sur la touche, aussi, ça n’a pas été facile – d’autant plus que je l’étais doublement, l’opération étant arrivée alors que j’étais en recherche d’emploi, après la fin de mon contrat à durée déterminée à Fribourg. J’ai du apprendre à vivre dans les limbes. C’est jamais agréable, les limbes.

Là, on est un peu tous dans les limbes, collectivement. Personne ne sait vraiment où on va. A quoi ressemblera notre vie dans un mois, dans trois mois, dans six mois? Dans un an ou deux, même? Il faut accepter de ne pas pouvoir se projeter, ou alors de ne pouvoir se projeter qu’avec incertitude, en suspens.

Si on y réfléchit bien, la vie au fond est comme ça, en temps normal. On est toujours à la merci d’une voiture qui nous bille dedans dans un giratoire. Alors certes, la part d’imprévisible aujourd’hui est augmentée, mais elle n’était pas inexistante avant. On choisit simplement de vivre comme si elle n’était pas là – parce qu’avoir le contrôle nous rassure.

Bribes de confinement 2 [fr]

Bien au chaud dans mon petit cocon, je me sens libre comme jamais. Les autres et leurs besoins se sont évaporés, les miens petit à petit montrent quelques feuilles. 

Dans ce monde arrêté, moi aussi je peux m’arrêter. Enfin. La chape d’attentes s’est envolée. Le besoin désespéré de rester dans le train, aussi.

J’essaie de ne pas trop penser à l’injustice contre laquelle je ne peux rien, à la douleur qui traverse tant d’autres et qui m’épargne jusqu’ici. J’écoute ma respiration, j’essaie de tout oublier. 

Liberté mon privilège, que j’essaie de goûter avant que la culpabilité ne t’emporte.

Letting Go [en]

For pretty much all my life, I have struggled with how I react to people being wrong. “Wrong” meaning, here, “wrong according to my beliefs/knowledge“. The frontier between beliefs and knowledge is murky, and we would all fancy our beliefs to be knowledge, but in some cases we can more or less agree on what is belief and what is knowledge.

I have a really hard time with people who are wrong. Wrong, of course, as described above. I have my beliefs and values, and do my best to accept that not everybody shares them. I don’t believe in any god, some people do. That’s fine, as long as beliefs are not construed as facts or knowledge.

When debating, I have very little tolerance for the “well, it’s my point of view/opinion” argument – systematically offered as a justification for something that was initially presented as fact. You can have opinions and beliefs, but if you present them as facts in a debate, prepare for them to be challenged. But as I said above, the frontier is sometimes murky, particularly as seen “from the inside”, and that is where trouble lies.

Take vaccines. I’m taking that example because it’s easy. I believe things about them. I consider those beliefs pretty rational as they are, to the best of my efforts, based in science. So I know they are safe, I know they work, I know they do not generally offer 100% protection, I know there can be a tiny risk of bad reaction, I know they have helped eradicate some illnesses and control others so they do not rip through society like Covid-19, I have a decent understanding of how a vaccine is built, how and why it works. So, of course, I think that people who believe different things about vaccines, like that they are harmful or even dangerous, are wrong. The problem is that in their “web of belief” (read the book, it’s wonderful), their beliefs are perfectly rational and therefore, knowledge.

We could say that each side of the argument here sees their belief as knowledge, and the other’s as belief.

Faced with somebody who believes something that contradicts something I know, my initial impulse is to explain to them that they are wrong. Because who doesn’t want to be right? I bet you can see how that strategy doesn’t really work out well.

So, over time, I have learned to bite my tongue, accept that what people believe (including myself, though I hate the idea) is never going to be completely objectively rational, and remember that nobody (first of all me) likes being told they are wrong. The tongue-biting is more or less successful, depending on the topic in question, my mental state, and who is facing me.

The current pandemic has given me a golden opportunity to work on not only my tongue-biting, but acceptance of differing viewpoints. Accepting that people see things differently doesn’t mean I believe every point of view is equivalent. Quite the contrary. It’s more about accepting that people will believe what they believe, that they aren’t rational (me neither, though I try my best to be), and that it is normal and OK.

I do my best to share accurate information. I’m not perfect or blameless, but I try to exercise critical judgment and be a reliable source of information for those who choose to dip into my brain, though facebook, this blog, or conversation. I also try to correct erroneous information, and that is where things get slippery. It goes from setting the record straight when people share obvious hoaxes or urban legends (generally by instant messenger), providing critical sources when others share scientifically wobbly information (hydroxychloroquine) or scare themselves needlessly (what use masks really serve, disinfecting groceries). And I’ve had to learn to back off. To keep the peace, to preserve relationships that I otherwise value, and also to preserve my sanity and inner peace.

One milestone was when I realised it was useless trying to tell people who were convinced a certain French scientist had found the miracle cure for Covid-19 that the scientific evidence for it was flaky at best, dishonest at worst. People are scared and will believe what helps them. We tend to want to ignore the emotional dimension of our beliefs, but it’s there, and much more powerful than our rational brain (as anybody who has ever tried to reason through emotions knows).

Some people are more comfortable dealing with uncertainty than others. Some people understand logical fallacies and cognitive bias better than others, and are more or less able to apply that knowledge to the construction of their beliefs (critical distance). But we all have emotions and they colour what we are likely to accept as fact or not, whether we like it or not.

So I tried to drop hydroxychloroquine. That meant I had to accept that (according to my knowledge) false information was going to do the rounds, in my social circle, that people were going to have false hopes, and spread misinformation, and I wasn’t going to do anything about it. Not an easy thing to let go of. I feel like I’m skirting responsibility. My therapist would certainly tell me that fixing other people’s beliefs is not my responsibility…

I’ve been doing the same thing for some time now with people who believe vaccines aren’t safe or efficient. I know facts don’t change people’s minds. Worse, debate reinforces beliefs. I know! But I don’t really believe it, and keep on wanting to try. So I bite my tongue, remember that for the person facing me their belief is perfectly rational, remind myself that telling them they are wrong or debating them will not change their belief, and try and get on with my life. But for vaccines in particular, I seethe, because these beliefs have an impact on actually lives and public health. And I have to say I dread them moment when we will finally have a vaccine against SARS-CoV-2, and people will refuse to use it. It’s going to be a tough exercice in emotion management for me.

Anyway, I’ve reached a point now where I try to provide the information I feel is the best for those who want it, and I’m getting better at feeling OK that somebody I value or appreciate believes something I think is plain wrong – without trying to change their mind about it. I’m getting better at identifying the point where a discussion stops being an exchange of ideas in the search of truth or satisfaction of genuine curiosity, and starts being a standoff between two people with firm beliefs, each trying to shove theirs upon the other.

Bribes de confinement 1 [fr]

Les jours avancent comme une douce brume, glissent les uns sur les autres et les uns sous les autres, s’embrassant langoureusement, et moi au milieu je me laisse porter, bercer même, dans la douce chaleur du soleil d’avril. 

Mon nid est fait de fleurs qui n’ont pas compris l’hiver, de lianes folles qui ne savent plus où grimper, d’années de vie qui se cachent dans tous les recoins. Deux chats m’accompagnent de leur présence ensommeillée. Tout est paisible, ici, dedans comme dehors.

Il n’y a plus d’attente, car le temps a perdu son sens. Il y a juste le chant des oiseaux et le silence du ciel, dans ce monde sans hommes qui m’observe, immobile et patient. 

Alors je me contente d’être. Être dans ces jours dont je ne sais plus le nom mais qui m’enrobent de leur sérénité, dans cet espace infini qui est le mien, et ce corps qui n’est que moi. 

Feline Diabetes: My Advice for Diabetic Cats [en]

After 2.5 years of dealing daily with feline diabetes (and over two years of managing a French support group), I thought I’d put together an English version of what my best advice for diabetic cat owners is so far, as most of what I’ve written on the subject is in French.

Things to know

I’m starting with this as a sort of FAQ/TL;DR:

  • upto 84% of remissions within six months of diagnosis using Lantus/Levemir and home monitoring (injections do not have to be for life)
  • Lantus/Levemir are far superior to Caninsulin/Prozinc
  • home monitoring makes a huge difference in quality of regulation and reduction of risks, as well as chances of remission
  • a diabetic cat can be well-regulated and lead a normal life
  • FreeStyle Libre continuous glucose monitors can be used successfully on cats
  • a normal human glucose meter can be used for monitoring, pet meters to not add significant value to the monitoring
  • diabetic ketoacidosis kills more cats than hypoglycemia – at a bare minimum have urine dipsticks to monitor ketones in urine
  • inject twice a day at regular times, and prefer syringes over pens (you can draw insulin from the pen with the syringe)
  • inject a constant dose of insulin (no fiddling with the dose at each injection), and adjust the dose progressively according to the lowest glucose value reached with the previous dose
  • a decently regulated diabetic cat can miss a dose of insulin now and again if necessary
  • a diabetic cat can be fed wet, dry, raw, whatever you want; less carbs and more protein is good, therapeutic “vet” diets are fine; free-feeding dry therapeutic food has huge advantages with Lantus/Levemir
  • never change a cat’s diet without close monitoring if it is under insulin

Getting started

If your cat has just been diagnosed, you’re probably in shock and afraid to lose him or her. The first thing I’d like to tell you is that feline diabetes is a very manageable disease, and that there is no reason for a well-managed diabetic cat to die from diabetes.

The second is that the treatment for diabetes is insulin injections (no way around that), and you will get over your fear of doing them if that is an issue for you. And it does not have to be “for life”. A 2009 study has shown that with the right treatment protocol (Lantus/Levemir insulin and serious home monitoring), upto 84% of newly diagnosed cats (less than six months since diagnosis) could achieve remission. Remission means the diabetic cat doesn’t need insulin injections anymore.

I have seen cats in critical condition upon diagnosis, skin on bones or diabetic ketoacidosis (more on that later), with other illnesses, go on to not only survive but thrive and reach remission. It’s work, of course, but it’s worth it. I have seen owners who were panicked by needles and blood go on to not only give insulin injections without a second thought, but also monitor blood glucose at home multiple times a day, with a little blood prick on the edge of the ear (the cat usually minds way less than the human doing it!)

A well-managed diabetic cat can have normal quality of life and live out the rest of his cat years with no major consequences.

Insulin

Insulin is a hormone secreted by the pancreas. Its job in the body is to make glucose from the bloodstream enter the cells (glucose is fuel/energy for the cells). Diabetes is due to an issue either in insulin production (poor pancreas is sick or damaged and can’t do its job correctly), or what is called “insulin resistance”, meaning that something in the body prevents the insulin from doing its job correctly. The insulin is there but it can’t get the glucose into the cells. This insulin resistance then exhausts the pancreas as it tries to keep up, in vain. Common causes of insulin resistance are obesity, illnesses like acromegaly, or (note the vicious circle) high blood glucose.

To manage diabetes, we are going to give the body extra insulin to help it along and help feed the cells. Insulin is a fragile molecule, and it doesn’t survive going through the stomach, so it has to be injected. The needles used to inject insulin just under the skin are tiny, and cats barely feel the injection once you get the hang of it.

There are four different insulins that are commonly prescribed for cats: Levemir, Lantus, Prozinc and Caninsulin (called Vetsulin in the US). Levemir and Lantus give by far much better results than Prozinc or Caninsulin. With them, cats are easier to regulate, get a better quality regulation, and a higher chance of remission. Remission and correct regulation are possible with Prozinc and Caninsulin, but less likely and more tricky. On the French group, we often help owners discuss switching insulins (French document) with their vet.

If you can get Levemir or Lantus, go for it. Prozinc is better than Caninsulin, but Lantus and Levemir are in a whole other category. If you have a human insulin like NPH or Insulatard, it’s going to behave similarly to Caninsulin. Tresiba (a new, long-lasting human insulin) seems to behave like Lantus and Levemir.

Whatever insulin you are using, you want to inject twice a day, 12 hours apart. With Lantus or Levemir, it’s really 12 hours – give or take 15 minutes. With Caninsulin and Prozinc there is more flexibility (even a couple of hours), but you’ll get better results with regular injection times.

You also want to inject the same dose of insulin continuously. Varying doses or skipping injections regularly make regulation difficult. The best dosing methods involve injecting the same dose of insulin for some time, then evaluating how that dose is performing through blood glucose measurements, and then adjusting the dose by a small increment, and reevaluating again, and so on.

Using syringes rather than pens allows for more precise dosing and also makes the injection itself faster for the cat.

Home monitoring

Home monitoring is the key to managing diabetes well. It’s even more important than the choice of insulin. With a glucose meter, you can easily check your cat’s blood glucose. Regular measurements will help keep your cat safe (both from hypoglycemia and from the consequences of bad regulation) and give you precious information to adjust the insulin dose (with instructions from your vet or by following a time-tested dosing protocol). This will give your cat the maximum chance of remission and, even if you don’t reach remission, the best regulation possible, and therefore the best quality of life and health.

If you can, I highly recommend using a FreeStyle Libre continuous glucose monitor for your cat. The monitor is attached to the cat’s skin with a sticker. It lasts upto 14 days and each time you scan it (with your cellphone or a dedicated reader) you get the last 8 hours of readings (4 readings per hour). This means you never miss any information on how the blood glucose is evolving, and you can relax about when to check it. It’s also a great solution if you’re away from home a lot, need to board your cat or have somebody looking after him or her that cannot do “ear prick” tests, or if your cat is hard to test (I’ve had one, I know some cats can be impossible). Here is a video demonstrating how to apply the FreeStyle Libre sensor, and providing some explanations. (See on Facebook.) Many owners apply the sensor themselves at home.

One thing you should absolutely be monitoring, whether you monitor glucose or not, is ketones. An unregulated diabetic cat can develop ketones (if his cells are starving so much that he starts metabolising fats to get energy). Ketones accumulate in the blood and the cat ends up developing diabetic ketoacidosis, a deadly complication. Cats with DKA (diabetic ketoacidosis) can be treated and saved, but in my experience many vets are not equipped to manage it, as it requires 24/7 intensive care for a number of days. I have seen way more cats die from ketones and DKA than from hypoglycemia.

Keeping an eye open for early traces of ketones is therefore absolutely necessary, both for your cat’s life and your bank account. It can be done in two ways: either with a glucose meter which also measures ketones, or with urine dipsticks (photo below). If you’re not monitoring blood glucose, get the urine sticks. They have colour codes which will also tell you how much glucose is in the urine, a precious indication if you’re not monitoring blood glucose. If you are monitoring blood glucose, then a meter is a better choice, because it is more precise, and you do not need to wait for the cat to pee. If your cat has already had ketones or DKA, she or he has a one in three chance of developing ketones again. In that case too, you really should have a meter. (Note that the FreeStyle Libre reader also doubles as a glucose and ketone meter.)

So, if you’re not monitoring blood glucose, the absolute minimum you should be doing is monitoring glucose and ketones in urine, if not daily, at least a few times a week.

If for some reason you cannot monitor blood glucose or install a FreeStyle Libre, you can monitor water intake, weight (weekly), amount of food eaten (if free-feeding), and general clinical signs like play, purring, grooming, habits, etc.

You will want some kind of notebook or spreadsheet to track your monitoring, whatever form it takes. A shared online spreadsheet using Google Sheets is a great solution (see below).

Support

Don’t do this alone. Managing feline diabetes is a marathon, and can feel overwhelming at first. Your vet cannot give you the day-to-day support you will get from an online support group, where you will benefit from the experience of those who have gone through what you are going through now, and (often) 24/7 support, either for technical questions or simply to cheer you up or hold your hand.

If you speak French, join the group I manage on Facebook, Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique (groupe de soutien). If you speak German, join the Diabetes-Katzen Forum (where the tight regulation protocol published by Roomp and Rand in 2009 was developed). If you are an English-speaker, join the FDMB (Feline Diabetes Message Board).

Of course there are both cultural and “technical” differences between these support communities, in addition to language. So the advice you will get will not be exactly the same. Here are a few key points on where the views you will find in the French community (therefore mine) differ from those you will find on the FDMB (as this is an English article):

  • In the French group we do not insist on feeding a wet food diet even if tight glycemic control is desired, our experience being that it is perfectly possible on dry food, and we have a good opinion of therapeutic (ie, “diabetic/veterinary”) diets over commercial ones.
  • We recommend starting insulin first, and worrying about diet later, rather than postponing the start of insulin therapy to put in place a diet change.
  • When glucose values are high we increase insulin at an accelerated rate, depending on how much monitoring the caregiver can provide (in line with discussions I have had on the German forum).
  • We encourage the use of FreeStyle Libre continuous glucose monitors whenever possible, as they offer less stressful monitoring for owners. The continuous monitoring allows for more assertive dosing decisions as there is no uncertainty regarding past glucose values.
  • Our management of low glycemic values (50 mg/dl and below on a human meter) is slightly more relaxed than on the FDMB, more in line with the German site. Same for dose reductions, as long as there is sufficient monitoring and owner experience.
  • We don’t give a lot of importance to removing food 2 hours prior to pre-shot glucose tests, and are OK with free feeding.

Food

Food is one arm of diabetes treatment. Feeding a cat a diet with less carbs is going to help bring blood glucose numbers down. But beware: less carbs is not the only thing that counts. The overall quality of protein in the food is important, and some therapeutic diets are formulated to help keep the blood glucose stable (the whole question of which carbs).

This is where my advice strays from the lot of what you will find online. On the French group we have very good experiences with dry diabetes-formulated therapeutic food, in particular Hill’s m/d. The huge advantage of dry food is that you can free-feed the cat (use a food silo – the cat should never see the bottom of the bowl, and shouldn’t know the human is the food distributor). Of course, if you have a cat who likes wet food, that is fine too. Do what works best for your cat and you.

If for some reason or another you need to give your cat another diet (food intolerances or other illness that requires a special diet), it is still possible to get its diabetes regulated. It will just probably require more insulin. Remember that the goal is not to give as little insulin as possible: it is to keep the blood glucose low and stable.

If you are giving Caninsulin or Prozinc, you’ll want to make sure your cat eats a reasonably good meal just before or around injection time, and has the same amount and kind of food over each 12-hour period following an insulin injection.

If on Levemir or Lantus, nibbling throughout the day works fine (total free-feeding). We have seen cats that were very bouncy and hard to regulate on very low-carb wet food become much easier to regulate (with more insulin, but who cares?) and less bouncy on a free-fed dry therapeutic diet.

For some cats, of course, reducing carbs to the max will allow them to be diet-regulated and go off insulin. But pay very close attention to the quality of the food in question – quality is not just about carbs, ingredients (or lack of certain ingredients), or form (wet/dry/raw). It is about nutriments.

I don’t recommend changing the diet before starting insulin. A diet change can bring along a host of problems and with a diabetic cat, you want to start insulin as soon as possible and get clinical improvement quickly. If and when you change food:

  1. do it progressively, over a week
  2. monitor blood glucose levels closely, as they might drop and you might have to reduce the insulin dose

Never change the diet of a cat that is on insulin without close monitoring. It can go into hypoglycemia and die.

Constraints

Having a diabetic cat comes with a certain number of constraints, the most obvious of which is being there twice a day 12 hours apart for insulin injections, every day.

However:

  • Prozinc and Caninsulin allow flexibility in injection times, up to a few hours, as long as blood glucose is high enough at injection time
  • A well-regulated cat can skip and injection now and then
  • With Lantus or Levemir, if you can’t inject at the normal time, injecting approximately 6 hours after what would have been injection time (give or take a few hours) and skipping the next injection mitigates the “damage” due to the skipped injection
  • It is possible to find (or train) pet-sitters to give injections
  • Some diabetic cat owners take their cat with them on holiday
  • Some places will board diabetic cats
  • If you are not there to monitor blood glucose (the person replacing you will do injections but not monitor glucose) consider putting a FreeStyle Libre continuous blood glucose monitor on your cat.

Many cats reach remission, which means an end to injections. Some cats are so well-regulated that although they don’t reach remission, they can move down to one injection a day (Lantus/Levemir) and skip injections regularly.

Financially: to make a budget, do not look at sticker prices, but calculate how much insulin, food, strips etc. will cost for a month. Dry food is cheaper than wet food, for equal quality. Not all insulin is the same price. Regarding test strips, in Canada the One Drop unlimited subscription is really the cheapest option. In France, we calculated that the One Drop is cheaper if you’re using 5 strips a day or more on average. Do the math for your country! In France, it costs less than 100€/month to give your diabetic cat 5-star treatment. Generally, home monitoring costs less than doing curves at the vet, and decreases the chances you will need to spend a lot of money on an emergency.

Risks and caution

Most people are afraid of hypoglycemia. It is indeed a risk that comes with insulin therapy, but if you are home monitoring, increasing the insulin dose gradually, following safety guidelines and avoiding brutal diet changes, the risk is very small. Having access to food further decreases this risk.

Most serious hypoglycemic episodes I have witnessed or heard of occur after a diet change with no monitoring, large dose increases with insufficient data to justify them, or long periods of injecting the same dose with no monitoring.

What people are unfortunately not afraid of enough is diabetic ketoacidosis, probably because it is a complicated word and “ketones” (despite the popularity of “keto” diets) are not part of our everyday vocabulary or life experience.

I have seen more cats than I can remember die from diabetic ketoacidosis. This is in particular a danger for newly diagnosed cats or badly regulated cats. The absolute first thing one needs to be doing with a diabetic cat is checking urine for traces of ketones.

It is often recommended to skip the insulin dose if the cat is not eating. This advice can be dangerous, as one of the first visible symptoms of ketones will be loss of appetite. Skipping insulin for a cat with ketones will make the situation worse and things have a high chance of spiralling out of control. This is why at the bare minimum glucose and ketone urine checks should be made. On the other hand, injecting a full dose of insulin on a fasting cat who is normally well-regulated can be disastrous too (hypoglycemia).

High doses of insulin are not dangerous as of themselves, and some cats need them. The only risk of “too much insulin” is hypoglycemia, so if you are monitoring to stay safe on that side, there is no reason to be worried about the number of units you are injecting – considered you reached that number progressively and with adequate monitoring.

If you are injecting Lantus or Levemir, injection time is very important (give or take 15 minutes). Injecting less than 12h after the previous injection can lead to hypoglycemia.

What if I don’t treat my cat’s diabetes ?

Not treating a diabetic cat shouldn’t be an option. If it is lucky, the cat will waste away to be just skin and bones, starving and drinking like a fish the whole time. It is not comfortable. If it is not lucky it will start producing ketones and die of diabetic ketoacidosis.

If your cat is diabetic, it needs insulin. What I describe in this article is my “best advice”, but if the alternative is no treatment, then anything is better than nothing – even one injection a day with scarce monitoring.

Many people don’t believe they will be capable of caring for a diabetic cat, be it for needles, constraints, or finances. But trust me, solutions are found, and many people caring very well for their diabetic cat today didn’t think they would be capable of doing it when they got the diagnosis.

Diabetes can really be very well managed, so it’s absolutely worth giving your diabetic cat a chance at life.

My vet doesn’t agree

The advantage of online support groups is that we have the luxury of paying attention to just one illness, whereas a vet has to know everything on everything – and for more than one species. Feline diabetes is a very niche condition, and vets are generally not very familiar with it, and dread it – cat owner reactions tend to range from panic, despair, to asking for euthanasia.

So, vets are generalists, but people in feline diabetes support groups have probably read more on feline diabetes and followed more diabetic cats than most vets, though of course their knowledge on anything outside that field is certainly going to be lacking.

Vets tend to have an approach to treating feline diabetes that makes it as easy as possible on the owner: no home monitoring, just injections, drop the cat off every now and again to check blood glucose (a curve, or in some cases, a single spot test). The consequence is that they aim for an improvement of clinical signs: the cat stops losing weight, stops eating as if it were starving and drinking like a fish, doesn’t go into DKA or hypoglycemia. With home monitoring, however, we can do much better, and aim for remission or great blood glucose regulation, rather than just a stabilisation of clinical signs.

Also, vets, like other medical professionals, are often faced with people who have “found information online”. 99% of the time, the information in question is crap. So, don’t assume your vet is going to take seriously your “online research” on feline diabetes, even if you can see that it is solid.

Links and conclusion

I’ll probably add to this article as I remember things I have forgotten to include. I hope you found some useful information here! To finish, here are links to some recent publications on feline diabetes if you want to read more.

Photo: Quintus and Oscar, my two diabetic boys (one in remission, the other with a FreeStyle Libre)

La normalité reprend ses droits [fr]

L’habituel commence gentiment à reprendre ses droits. Le temps reste mou; hier j’étais convaincue qu’on était samedi, au point que quand une personne que je devais voir lundi m’a dit “à demain!” j’étais à deux doigts de la rectifier. La sensation de crise aiguë m’a quittée. J’ai trié mes tupperware.

Mes objectifs quotidiens sont modestes: m’installer pour lire mon roman, finir ma journée assez tôt pour regarder ma série, faire des boulettes de viande avec le kg de viande hâchée que j’ai achetée en action à la Migros. Et, la normalité revenant au galop, je procrastine. Bref, je me retrouve face aux mêmes challenges qu’il y a 2 mois, qu’il y a deux ans.

Je fais partie des grands privilégiés de cette crise, vu que je peux me payer le luxe de me débattre avec mes difficultés habituelles.

Ce qui n’est pas habituel, par contre, c’est que je me trouve extrêmement irritable. Je pars au quart de tour. Alors que d’habitude j’arrive à garder une saine distance émotionnelle par rapport aux choses qui ont tendance à m’énerver (les gens “qui font faux”, “qui ont tort”, “qui réfléchissent pas”, bref, vous voyez le schéma, c’est pas très glorieux), maintenant c’est un peu comme si je n’avais plus de fusible pour ça. Un effet de bord du confinement, rien d’anormal, mais c’est ennuyeux. La solution est assez simple, heureusement. Dormir assez (j’ai le luxe de pouvoir), sortir et bouger assez (idem), garder un rythme au quotidien (plus difficile). Et limiter un peu les contacts sociaux.

Je suis clairement sortie de ma phase “tout lire, tout apprendre” au sujet de coronavirus. Maintenant, ça m’ennuie même un peu. Je crois avoir fait le tour, j’attends surtout que la science avance (mais ça, ça sert à rien d’être au taquet dessus chaque jour), les décisions au niveau politique ont été faites et je me doute bien de ce qui nous attend, encore des semaines ou des mois de la même chose. Sur Vaud les chiffres commencent à se stabiliser, ce qui veut dire que la courbe grimpe moins raide, alors on tient bon, on pense fort à ceux qui sont au front, on évite de prendre des risques ou d’en faire courir à autrui, et on attend. Je suis consciente que c’est facile pour moi de dire ça, je n’ai que ça à faire, de toute façon, attendre, pas d’urgence.

J’ai fait des semis. Je suis allée chercher du levain, qui bulle à côté de celui que je tente de démarrer ici. J’essaie de me mettre chaque matin au soleil sur mon balcon, avec les chats. J’essaie de manger correctement, ni trop ni trop peu.

A ce propos, j’ai installé MyFitnessPal. Alors c’est très bien, la base de données de nourriture est super (on y trouve même les brownies de la Migros), on peut scanner les codes-barres… Mais le problème est que même si je me suis dit que j’allais juste noter ce que je mange pour prendre meilleure conscience de où sont les calories (je n’ai jamais fait de régime de ma vie, donc je suis assez peu au fait de la densité énergétique de ce que je mange), je me retrouve à regarder cet objectif total journalier et à me stresser pour essayer de l’atteindre. Et ça, c’est pas le but. Alors j’ai changé mon fusil d’épaule: je rentre les choses mangées le soir, après-coup. Et j’arrête d’essayer de faire attention – juste manger raisonnablement, comme je fais d’habitude (et comme je ne l’ai pas fait cette dernière année…).

Je trouve difficile de ne pas me mettre de pression, de façon générale. Tant pis si je ne “profite” pas de cette période. Ça aussi, c’est pas le but. Le but c’est de vivre. Et c’est pas si facile.