18 mai: ne votez pas oui par ignorance (NON à l’initiative “anti-pédophiles”)

[en] Swiss votations stuff. NO to the so-called "anti-pedophile" initiative which is extremist, badly-designed, and useless when we have laws now in place which do a better job.

Le moment d’envoyer son bulletin pour les votations du 18 mai approche. Et je l’ai “là” comme on dit en pensant à toutes les personnes qui voteront oui à l’initiative de la Marche Blanche, croyant bien faire, parce que bien sûr, il faut être “contre les pédophiles”, mais quelle idée.

Alors qu’en réalité:

  • la loi qui entrera en vigueur en 2015, développée d’ailleurs sous l’impulsion de la Marche Blanche à l’époque, met déjà à l’ordre du jour l’interdiction de travailler avec des enfants pour les pédophiles condamnés et avec des personnes dépendantes pour des personnes en ayant abusé
  • l’initiative bafoue le principe de proportionnalité de la peine au crime, avec une interdiction à vie automatique contraire aux droits de l’homme (ça vous chicane pas juste un petit peu, qu’Amnesty se positionne contre?)
  • les arguments “il ne faut reculer devant rien pour protéger nos enfants” est dangereux, et va dans le sens d’une société et d’une éducation suprotectrices qui s’avère en fait extrêmement dommageable pour l’équilibre de notre jeunesse
  • l’initiative met dans un même sac les amours de jeunesse ou impliquant des ados (genre, 15-21, voire 16-32, on en connaît tous) et la “véritable” pédophilie, ainsi que l’abus de personnes dépendantes; elle est mal écrite, ratisse à la fois trop large et pas assez (abus en milieu familial ou associatif? que dalle, alors qu’on sait que c’est dans le contexte privé qu’il y en a le plus)
  • mettre en place des mesures de prévention ou de protection inutiles est bien pire que de ne pas en mettre: on se donne bonne conscience mais on ne change rien au problème (imaginez qu’on encourage les gens à mettre un grigri à leur rétroviseur plutôt qu’une ceinture de sécurité pour se protéger en cas d’accident… pas dommageable?)
  • je ne parlerai même pas (mais si j’en parle) de la mise au pilori des opposants à l’initiative; je me suis moi-même fait lyncher en bonne et due forme sur Facebook quand j’ai essayé d’introduire un peu de nuance dans le débat.

Je vais voter NON et je vous engage à en faire de même. Les sondages donnent l’initiative gagnante, largement, mais il ne faut pas perdre espoir. Mobilisez-vous. Mobilisez les autres autour de vous. N’acceptez pas la victoire du populisme, de la peur et de l’ignorance.

Certains ont développé bien mieux que moi les arguments contre. Lisez-les.

Et je vous rassure, on n’est pas pédophile ou pro-pédophilie parce qu’on refuse cette initiative.

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Huit lectures pour comprendre les réseaux sociaux, cuvée 2014

[en] Reading recommendations for those who want to understand social media, and social networks, and this online stuff in general.

Pour Grégoire et les autres qui l’ont demandé, voici mes recommandations de lecture 2014 pour “comprendre les réseaux sociaux”. Cette sélection reflète bien entendu mon angle d’approche pour ce qui touche à internet, un sujet qui me fascine depuis 98-99: je ne viens pas du marketing, ni de la comm’, mais du cluetrain. Ce qui m’intéresse ce sont les communautés, les gens, la façon dont la publication personnelle a bouleversé la communication de masse. La sélection est aussi principalement anglophone, parce que, il n’y a pas de miracle, si on veut creuser un peu, il faut passer par l’anglais.

  1. The Cluetrain Manifesto
    Incontournable, épuisé en français (et mal traduit si je me souviens bien), le Cluetrain a plus de 10 ans mais il n’a pas pris une ride quand il s’agit de comprendre les enjeux profonds du monde connecté.
  2. Organizations Don’t Tweet, People Do: A Manager’s Guide to the Social Web
    Euan est un ami qui a le cluetrain dans le sang. Son livre le distille au fil de petits chapitres digestes mais profonds, fort bienvenus à l’ère de Twitter et des statuts Facebook.
  3. Everything is Miscellaneous
    David Weinberger, co-auteur du Cluetrain Manifesto, explique comment s’organisent tous ces « objets numériques », dans un ordre qui va parfois à l’encontre de notre conception de ce qu’est l’organisation. Un ouvrage important pour comprendre les caractéristiques physiques du monde numérique.
    Lecture complémentaire, sur les bénéfices inattendus du désordre, omniprésent en ligne: A Perfect Mess.
  4. Naked Conversations
    Un livre qui commence à dater un peu mais qui reste néanmoins une splendide collection d’exemples d’utilisation des blogs (et des conversations en ligne) par des entreprises/organisation. Inspiration, exemples concrets, modèles à suivre (ou pas).
  5. It’s Complicated
    J’attendais depuis des années que danah écrive ce livre. A l’époque où je donnais beaucoup de conférences “prévention internet” en milieu scolaire, j’avais apprécié de trouver dans son travail des confirmations un peu plus académiques de mes intuitions. Ce livre est incontournable pour quiconque veut réellement comprendre les enjeux de l’adolescence connectée, au-delà de la paranoïa que nous servent les médias et organisations bien-pensantes genre “sauvez les enfants”.
    Lectures complémentaires sur le thème “ados et internet”: The Culture of Fear, pour une perspective sur comment en faisant peur aux gens, on les rends plus dociles citoyens et consommateurs; Generation Me, une analyse sociologique des générations 70-80-90; Hanging Out, Messing Around, and Geeking Out, le point sur la recherche “ados et internet” il y a quelques années et EU Kids Online, groupe de recherche européen équivalent.
  6. L’intimité au travail: la vie privée et les communications personnelles dans l’entreprise
    Avec les nouvelles technologies de la communication, les sacro-saintes frontières entre “privé” et “professionnel” s’effritent. Eclairage ethnologique très éclairant. Spoiler: non, ce n’est pas la fin du monde.
  7. Le peuple des connecteurs: Ils ne votent pas, ils n’étudient pas, ils ne travaillent pas… mais ils changent le monde
    Comprendre les réseaux sociaux en ligne, c’est comprendre les réseaux tout court, et la complexité. Tour d’horizon en français avec Thierry Crouzet, auteur expert de rien.
  8. Here Comes Everybody: The Power of Organizing Without Organizations
    On ne peut pas comprendre les réseaux sociaux sans regarder de près la façon dont la technologie a bouleversé l’auto-organisation et le passage à l’action collectif.
    Lectures complémentaires pour mieux comprendre les humains dans les réseaux: Predictably Irrational: The Hidden Forces That Shape Our Decisions, qui met le doigt sur les réactions humaines illogiques mais très prévisibles qui nous rendent vulnérables à la manipulation; Influence: The Psychology of Persuasion, ouvrage précieux pour qui doit gérer des communautés ou obtenir des résultats; The Paradox of Choice: Why Less Is More, indispensable dans ce monde numérique où pléthore de choix n’est que le début du problème, et enfin Drive: The Surprising Truth About What Motivates Us, pour comprendre de quoi est faite la motivation, et que le bâton et la carotte ne sont pas des stratégies gagnantes.

Il y a plein d’autres livres qui sont sûrement très bien, mais ceux-ci ont été testés et approuvés et je les recommande comme valeurs sûres!

Bonne lecture :-)

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Clicker training avec son chat (dressage, éducation)

[en] A little intro in French on clicker training. There is a lot in English online (just google "clicker training cats" or search on YouTube) but really not much in French, and people often ask me about it when I mention it. All the links in the article point to English sources, so just click away if you're curious and don't understand French.

Je ne suis pas une grande experte de clicker training mais j’en ai fait un peu avec Tounsi, et je recommande souvent cette technique autour de moi. Le clicker training est nettement mieux connu dans le monde anglophone, alors j’ai décidé de vous offrir un petit article d’introduction en français.

Tounsi et son clicker

Qu’est-ce que c’est?

Le clicker training consiste à utiliser un son distinctif (le “clic” du clicker) pour indiquer au chat que le comportement précis qu’il vient de faire va être récompenser (par une friandise généralement). C’est une méthode de dressage de plus en plus populaire, utilisée avec les dauphins, les chevaux, les chiens, les chats… quasi tout animal.

Oui, il est possible de “dresser” un chat (notez en passant comme les félins de maison passent leur temps à nous dresser, avec beaucoup de succès). Par contre le motivateur chez le chat ne sera pas, comme chez le chien, la relation. Le chien veut faire plaisir (je trivialise un peu), le chat fera quelque chose si c’est dans son intérêt.

A quoi ça sert?

Certaines personnes n’aiment pas l’idée de “dresser” un chat, n’entendant dans ces mots que le côté “apprendre des tours“. Alors oui, on peut apprendre à un chat à faire des choses “inutiles” comme jouer au piano, mais l’éducation au clicker a en fait toute une utilité… éducative et relationnelle:

  • encourager un chat timide à sortir de son trou et interagir avec un humain, et diminuer son anxiété (très utile pour augmenter les chances d’adoption des chats de refuge)
  • apprendre au chat à faire ou tolérer des gestes utiles: rentrer dans sa cage de transport, se laisser examiner la bouche, toucher les pattes, prendre un médicament
  • renforcer la relation entre soi et son chat: une session de clicker, c’est du temps passé ensemble à communiquer, et c’est sympa!
  • corriger des comportements indésirables (se faire les griffes sur le fauteuil) en les remplaçant par des comportements désirés (se faire les griffes sur le poteau à griffer)
  • augmenter l’activité du chat ou le faire jouer (très intéressant pour les chats d’appartement qui peuvent souffrir d’ennui ou d’inactivité).

Comment ça marche?

Il s’agit en fait simplement de “dressage par récompense” (jamais de punition!) Le clicker sert à marquer de façon extrêmement précise le comportement qui a mérité la récompense. En fait, les chats fonctionnent déjà comme ça: quand le chat miaule pour obtenir de la nourriture, par exemple (ou pire, vous réveille), et qu’il est en suite nourri, il apprend que pour une certaine action (vous attaquer les pieds sous la couette) il y a un résultat désirables (vous vous levez et sortez la pâtée).

Dans un premier temps, on va associer le clicker à la récompense (je donne les instructions tout soudain). Puis le chat va comprendre qu’en faisant certaines choses il va “provoquer un clic” et donc avoir ce qu’il veut (la friandise ou la caresse ou la session de jeu). Le clicker est donc vraiment un moyen de communication entre l’humain et le chat.

Concrètement, on fait comment?

Il vous faut d’abord un clicker. Il n’a pas besoin de faire “clic”, juste un son distinctif qui ne sera jamais entendu en dehors des séances. Un stylo ou un bruit de bouche peut suffire, pour autant que le son soit constant et pas utilisé à d’autres occasions.

La vidéo ci-dessous est une très bonne intro, en anglais (même si vous ne comprenez pas l’anglais je pense que la vidéo est utile). Voir mes commentaires dessous. Il faut garder les séances courtes (max 5 minutes — si le chat est dissipé, arrêter… des fois après 10-15 récompense c’est assez). Il faut aussi utiliser une récompense que le chat adore.

https://www.youtube.com/watch?v=q787R2DNDJI

  1. Charger le clicker: on clique, et au même moment on donne une friandise. Après quelques clics on attend un poil avant de donner la friandise: si le chat a pigé, on voit qu’il l’attend.
  2. Toucher une cible: utiliser une cible spécifique (il faudra la cacher entre les séances). On la met près du chat, et on clique-récompense tout mouvement en direction de la cible. En la mettant assez près, le chat va aller la toucher du nez — clic! Après, on met la cible un peu plus loin, et en quelques séances, le chat se déplacera, traversera la pièce ou sautera sur un meuble pour aller chercher la cible.
  3. On ajoutera ensuite une “commande” pour une action donnée, récompensant le chat uniquement s’il fait l’action quand on a donné la commande (on voit comme on peut utiliser ça pour faire descendre un chat d’une table, par exemple — ou l’inciter à ne pas y monter à moins qu’on lui ai dit de le faire).
  4. Pour renforcer le comportement, on change le rythme des récompenses et on passe à un mode de récompenses intermittentes: le chat doit toucher la cible plusieurs fois pour avoir un clic.

Pour en savoir plus

Une grande pionnière du clicker training, c’est Karen Pryor, et son site regorge d’informations (en anglais — j’avais aussi acheté son bouquin). Cette page d’instructions clicker sur WikiHow est assez bien faite, aussi. Il y en a aussi une sur Catster. En français, franchement, je n’ai pas vraiment trouvé grand chose de bien, donc si avez des ressources valables, mettez-les dans les commentaires.

Un bon truc est d’aller sur YouTube et de faire une recherche pour “clicker training cat(s)“. Même si on ne parle pas anglais, en regardant assez de vidéos on finit par comprendre comment ça fonctionne, si on a un tout petit peu le sens de la psychologie ;-)

Ce que j’ai fait avec Tounsi

Comme je l’ai dit, je ne suis pas une grande experte, mais je fais un peu de clicker avec Tounsi, histoire de canaliser son énergie, et de trouver d’autres moyens de “l’éduquer” que le pistolet à eau et le “non”, auquel il réagit très peu. C’est aussi un chat vite excité et surstimulé qui peut être agressif, comme le noir et blanc dans cette vidéo. Il est aussi complètement impossible à manipuler — il déteste la contrainte.

J’ai donc commencé par lui apprendre à venir toucher une cible (une baguette), ce qu’il a vite pigé. Je peux maintenant utiliser la baguette pour le faire aller plus ou moins n’importe où. J’ai commencé à rajouter une commande mais il faudrait que je reprenne les séances!

Inspirée du clicker, je lui ai appris à rentrer dans sa cage de transport. Très, très difficile de mettre dans sa cage de transport un Tounsi qui ne veut pas. J’ai donc utilisé la méthode suivante:

  • cage ouverte posée par terre
  • friandise devant la cage
  • puis friandise à l’entrée de la cage (il la prend, repart)
  • puis friandise dans la cage (il la prend, ressort)
  • puis une fois qu’il est dans la cage, fermer la porte, lui donner une autre friandise, et rouvrir la porte après quelques secondes.

Donc maintenant, si je veux qu’il entre dans sa cage, je mets une friandise au fond, je ferme la porte, je lui en donne une autre, et hop, je file au chalet ou chez le véto! Il y a même eu un moment où il entrait tout seul dedans dès que je la sortais. Moins maintenant, il faut que je refasse une petite séance à l’occasion.

J’ai aussi utilisé le clicker et son inspiration pour lui apprendre à tolérer qu’on le touche. La tête, par exemple: je lui caresse la tête, ce qu’il aime, et mi-caresse, je m’arrête et je lui tiens la tête avec la main (comme je la tiendrais si j’allais lui basculer la tête en arrière pour lui ouvrir la gueule). Je tiens juste un quart de seconde, et je continue la caresse. Le but c’est d’être sous son seuil de réaction, pour qu’il ne se débatte pas. Puis j’essaie progressivement d’allonger l’arrêt. Là, on peut utiliser le clicker: cliquer quand on tient la tête, relâcher, récompenser. Tenir de plus en plus longtemps avant de cliquer.

Je fais ça aussi en “m’asseyant dessus” (pour si je dois un jour lui mettre des gouttes dans les yeux, quasi impossible maintenant): je m’assieds à genoux avec Tounsi sous moi, je tiens une seconde, et avant qu’il essaie de sortir, je clique-récompense. Vous voyez l’idée? L’idée c’est de transformer quelque chose qu’il considère comme désagréable (être maintenu) en quelque chose de désirable, parce que ça mène à un clic et donc à une récompense.

On peut utiliser ce principe sans le clicker pour un bout (par exemple, quand on caresse le chat tout détendu, l’habituer progressivement à ce qu’on touche ses pattes ou ses oreilles). Mais avec le clicker on peut être plus précis et plus rapide.

Voilà, vous avez certainement des questions parce que mon article n’est pas hyper hyper détaillé, et je vous réponds volontiers dans les commentaires!

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Printemps chargé

[en] What's keeping me busy professionally this spring.

Pas beaucoup d’activité sur ce blog ces temps, mais beaucoup d’activité dans ma vie. A quoi je m’occupe, du coup?

  • Principalement, je m’occupe du blog communautaire Phonak qu’on a lancé en début d’année. Un grand projet qui me plaît beaucoup! Je cherche d’ailleurs des contributeurs: en anglais, sur ce qui touche à l’audition, l’appareillage, la surdité, etc… pas besoin d’être client Phonak (je ne le suis d’ailleurs pas) ni même appareillé pour en parler. Je suis donc de temps en temps du côté de Zurich, et je suis même allée à Budapest le mois dernier pour présenter le projet à l’occasion d’un colloque marketing interne.
  • Je travaille toujours avec l’équipe social media d’Orange, sur des choses un peu moins visibles et montrables, mais tout aussi intéressantes.
  • Deux mandats de formation ce printemps, dédiés exclusivement au blog — un pour la HEP, l’autre pour CREADIGITAL. Je suis ravie de pouvoir faire ça de façon un peu plus approfondie.
  • L’eclau va bien, de nouveaux membres nous rejoignent, et je suis allée à Genève pour présenter brièvement le “premier espace coworking de Suisse” (à ma connaissance) lors d’un RezoFirst.

Pour répondre aux questions non posées de ceux qui suivent un peu: la formation SMSCL que je co-dirigeais au SAWI, c’est terminé. Les accréditations blogueurs pour la conférence LeWeb, également.

Dans deux semaines ça va se calmer. Là, j’ai un peu la honte: j’ai lancé à mes étudiantes (sisi, toutes des femmes) HEP un challenge “3 articles par semaine”. Et je n’ai moi-même pas réussi à le tenir! Il faut faire preuve d’un peu d’humilité, parfois…

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Ne plantez pas vos bâtons comme des bûcherons

[en] I learned to my dismay (injury) that I had been using my ski poles wrong all these years. Go light with them!

Je l’ai appris à mes dépens: on peut faire des dégâts avec une mauvaise technique de planter du bâton.

Je m’explique. Ayant skié (et snowboardé) comme une acharnée de 3 à 20 ans (environ), je me suis remise sérieusement au ski cette année après un bon hiatus (de temps en temps une journée, style “oh mais comment je faisais pour skier autant avant?”). J’ai pris un abonnement de saison, j’ai acheté du bon matériel de ski, j’ai booké mon mois de janvier au chalet et… je me suis lancée.

Mi-janvier, cependant, aïe: je me blesse aux poignets. D’abord un (la faute à une plaque de glace sous la poudreuse), puis l’autre, un peu plus inexplicablement — mais toujours en plantant ce satané bâton.

Médecins, attelle, radios, IRM: kyste arthro-synovial palmaire à gauche, et qui sait quoi à droite (on n’a pas fait d’IRM à droite… donc on sait pas ce qu’on n’a pas vu).

xray steph hands

C’est enquiquinant. Repos (1 semaine de snowboard, plus de judo pour un moment), crème, Flector, ostéo, et on attend pour voir si ça se remet ou s’il faut opérer. Rendez-vous déjà pris avec le spécialiste de la main en mai… au cas où.

En parallèle, je me demande (et une ou deux sages personnes de mon entourage posent aussi la question) si je ne suis pas en train de faire une erreur technique qui me vaut ces blessures. Ce serait trop bête… quand même. Une fois la phase la plus aigüe passée (celle où on demande aux visites de faire la vaisselle et porter les poubelles parce qu’on a trop mal), je reprends mes skis et mes bâtons, et je me dirige vers le bureau de l’école de ski pour un cours de planter de bâton.

Y’a pas d’âge pour prendre son premier cours de ski!

J’explique toute la situation, le moniteur me regarde faire quelques virages, je le rejoins, il sourit et me dit: “OK, je vois le problème”. Je suis à la fois ravie et consternée: je ne suis pas impuissante devant mes poignets qui se déglinguent, mais punaise, apprendre qu’on fait “faux” depuis si longtemps, pas simple!

En gros, je plante mon bâton d’un mouvement ample et décidé, de haut en bas… pauvres petits poignets. Ils pouvaient bien souffrir. Alors je tente de corriger. C’est dur! Je suis toute déséquilibrée. Je vais même jusqu’à skier plusieurs jours sans bâtons, parce que même en corrigeant, je me fais mal.

Et avant-hier, en skiant avec un monsieur suisse-allemand ex-instructeur, ex-coureur, ex-entraîneur, je pige enfin grâce à ses explications (le tout en allemand SVP!) ce que je n’avais pas pigé jusque-là: un bâton, ça ne se plante pas. Je ne parle pas du carving (ça je savais et pratiquais), mais des virages normaux.

Un bâton, ça se tape sur la neige. Et ça se tape dans le sens inverse de la marche. Eh oui: un petit mouvement d’arrière en avant pour venir toucher la piste. Juste avec le poignet. Chping, chping, chping.

Alors je réapprends à skier. Et j’essaie tant bien que mal de corriger mon “taper de bâton”. Et je sens que ça commence gentiment à rentrer. Ouf!

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Getting Meals Back Under Control

[fr] Quand j'attends d'avoir trop faim pour me demander ce que je mange, ça se passe mal. Au programme: réfléchir aux repas du lendemain chaque soir.

Many years ago, but still late in life, I realised how big an impact food and meals had on my mood and general ability to function. Looking back, I wonder how I managed to stay in denial so long. For the better part of my adult life, I thought eating was just a matter of calming the feeling of hunger, and the rest would take care of itself. Now, I know better.

Gratin de côtes de bettes

First, when I’m hungry, I do not function well. I disfunction, even. Some people can be hungry and just go along as if they weren’t — not me. My ability to think clearly drowns inside the pain in my stomach (yes, it hurts when I’m hungry, I know it’s not the case for everyone). I have trouble making choices. I become irritable. I get stuck in the rut of whatever it is I’m trying to do, or set off in a frantic search for food.

Second, what I eat matters. It’s not just a question of filling up. I’m not religious about any diet, my belief being simply that you should strive to have a balanced diet — carbs, meat, fat, veggies, grains, mix it all up.

Panier de légumes 2013-10-31

A couple of years ago I started “inverting” my meals. (Thanks, Julien.) You know what they say: have breakfast like an emperor, lunch like a king, dinner like a beggar. It makes sense, I think: when do you need your energy, during the day or at night when you’re sleeping? The way I do this is have a “normal” meal in the morning. As I type this, around 8:30am, I’m eating past and a salad. Nope, I have no trouble doing it. And when you had a light meal in the evening, trust me, you’re hungry enough in the morning to eat more than a croissant. It’s also a question of habit, I guess.

Where does it go wrong? As my life has little routine in it, I easily fall into the trap of waiting until I’m hungry to wonder about food (what will I eat? what’s in the fridge?). By the time I get moving I’m starving, which usually results in a suboptimal meal.

Racines au four

What I’m going to do now to get out of this is:

  • not wait until I’m hungry to start preparing food (use the clock instead)
  • plan my meals for the next day the evening before so I don’t have to make decisions on the spot.

Started today! That was a nice breakfast. Now I’m off to ski :-)

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Adopting a New Cat: 10 Tips for Newbies

[fr] Quelques conseils et tuyaux pour les personnes peu familières avec les chats.

Not everybody is familiar with cats. Here are some tips and advice for those of you who might find themselves a little at loss with their first adopted cat (or first “real” cat you have the full responsibility of).

Cats (2013 11) -- Mon petit panier de légumes

1. Cat psychology

The main thing to understand about cats is that they are naturally shy animals. They like sheltered places (under then bed) rather than big empty spaces (in the middle of the living room).

If your cat is spooked, leave it alone. It will end up exploring and coming to you, even though it might take weeks. The worst thing you can do is chase after a spooked cat to try and make friends with it. It’s said that cats like those who don’t like them, and there is some truth in there: people who don’t like cats leave them alone.

Cats don’t either like loud noises or brusque movements. To make yourself cat-friendly, avoid speaking too loudly and making scary noises. Move gently. (This is why cats often have trouble with children, who traditionally make a lot of noise and tear about the place ;-) )

2. Cat language

Some cats are talkative and meow, others don’t. Meowing is a way of communicating with humans, so if a cat is meowing, chances are it wants something. Usually one of:

  • food
  • water
  • litter
  • to be let out of where they are
  • reassurance (which might not necessarily mean being scooped up and carried, but maybe just visual contact and hearing your voice)

Sushi en septembre 2

Cat body-language is unlike the dog’s: tail flapping is usually sign of annoyance or discontent (again, some cats have more wavy tails than others and might whip their tail around even when purring — but generally less tail movement = better). Ears backwards is fear. Big dilated pupils too. (Or anger.) Purring is usually good, growling and hissing isn’t.

3. How a cat explores

Most cats will explore only at the speed they’re comfortable. They might spend a lot of time exploring with their eyes/ears/nose first before coming out of their hidey-place. They’ll explore a little and then retreat to safety.

Cuisery 24

You and other humans are part of the territory to explore. If you’re away during the day, be sure the cat is making good use of that time to explore — or sleep!

4. Food, drink, and litter

At the beginning make sure that food, drink, and litter are close at hand for the cat. You don’t want it to go days without food because it’s scared (cats actually don’t do well without food for anything more than 24 hours). If the cat is not eating try and tempt him with something specially tasty.

Keep the litter tray as far as possible from the food and water. The cat might take a while to use it (they’re champions at “holding it in”, specially the “big business”, for what might be days). If you’re worried about time passing by and not enough going in or out of the cat, call a vet for advice with the specifics, they’ll be able to tell you if the cat needs medical attention or just a bit more time.

Most cats don’t like their water near their food. More than one water bowl is a good idea (I spread them around the flat). Avoid plastic for food/water bowls as many cats are allergic and develop acne on their chins.

Keep the litter tray very clean (remove whatever the cat does in it as soon as you see it). Open litter trays are more appreciated than covered ones. A few drops of bleach in the litter will encourage the cat to use it. (Remember, what smells nice to you doesn’t smell nice to the cat, so go gently on those litter deodorants or perfumed litter.)

5. Petting and carrying your cat

Cats usually like to be petted once they’re comfortable (and it can reassure them). Not all cats like to be carried. Scratching under the chin, on the head, stroking on the shoulders is usually safe. Scratching the lower back can be either much appreciated or set the cat off. Bellies are best avoided until you know for sure the cat wants it (rolling and showing you its belly does not always imply it wants you to touch it).

When you carry a cat, make sure you support its behind with one hand. Cats have their habits, so maybe your cat has been used to being carried a certain way. Try and see what your cat does when you pick it up and listen to its body-language, it might give you hints.

If your cat hits you or bites you when you pet it, it might mean

  • that it’s not comfortable enough with you yet (specially if it’s at the beginning and it’s still scared)
  • that it’s “over-stimulated” — there is a fine line between pleasant contact and contact that feels like an agression. In that case, learn to stop petting before it becomes unpleasant for the cat. Watch out for flicking tail, ears backwards, dilated pupils. With time (months/years) you will learn to know when to stop, and the cat will gently stretch out its comfort zone.

Max et Lilly à Saint-Prex -- Max

6. Approaching your cat

If your cat is shy, and even if it isn’t, avoid standing full height when you first approach it. Also avoid looking at it directly (staring is an agressive attitude). Look at the cat, look away, look at the cat, blink, look away, etc. Gently stretch an arm forward as far as you can and point your index finger at cat-height in direction of your cat — as if your finger was another cat’s nose.

Cats greet each other by touching noses, and you can mimic that with a finger. Approach your cat with your finger, very gently, and let it do the last bit (don’t ram your finger in its nose, leave your finger a few centimetres away and let your cat do the last bit). If your cat is scared and retreats, retreat too and try again later. Speak gently/softly when you do this.

Once the cat has touched your finger it will probably retreat a bit, or come and rub its head against your hand. Let it do it a bit, and then see if you can pet it a bit with a finger or scratch head or cheeks!

7. Enrichment: toys, outdoors, cat tree

Cats are hunters. They sleep a lot (upto 16 hours a day, mostly when you’re not around). If your cat is an indoor cat you are going to have to play with it every day. Here’s an article (in French) about how to care properly for an indoor cat. Expensive toys are not necessary (they bring more pleasure to you than the cat, so spend wisely). A piece of string or a rolled ball of paper you can throw are fine. Corks on a string and ping-pong balls are great. Fishing-rod style toys are good as they really help you be active with your cat. Clicker training is also something you might consider, as it’s a nice cat-human activity, and it can do wonders in getting a shy/less-sociable cat to bond with you.

An indoor cat absolutely needs a scratching post. It should be really sturdy and tall enough for the cat to stretch out completely when scratching (that can be over 1m high for a big cat!)

If your cat is going outdoors, wait at least 3 weeks to a month before letting it out. More if the cat is still not comfortable with you, doesn’t come when called, or is not quite at ease indoors. Here is an article (in French) that explains how I proceed for letting my cats outdoors.

A cat is going to be happier in a cluttered environment than in a place full of open spaces. It doesn’t mean you need to live in a mess, but particularly at the beginning if you can leave paper bags and cardboard boxes lying around, or a chair in the hallway, etc., it will make it easier on the cat (you’re creating hiding-places). It’s also important that the cat has somewhere to look outside. They’ll spend a lot of time “virtually hunting” just by observing the outside world.

Max et Lilly à Saint-Prex -- Attentive

You can create more “space” for your cat inside by thinking in 3D: where can the cat climb? This adds surface to its territory.

And indoor cat should have access to “cat grass” (usually wheat). You can get it in supermarkets or pet stores depending on your area or plant it yourself. They use it to purge themselves of the fur they ingest while grooming.

8. Education

The golden rule of education is: be firm and consistent. Imitate a mother cat with her kittens: if you decide your cat is not allowed on the kitchen table, a sharp “no!” and swift removal of the cat should work (just pick it up and put it on the floor, or if it’s skittish enough, chase it off with your hand — or it might just jump off as you approach). I usually continue saying “no!” in a stern tone until the cat is back in “permitted” territory. (Be reasonable though: a cat needs to be allowed on the furniture in general!)

It’s usually unnecessary (just sayin’!) to hit your cat. If you have a specially stubborn cat like my Tounsi you might have to swat it on the top of the head with two fingers (imitate a cat paw coming down sharply) but use this with care and circumspection.

What works better for cats who insist on getting into trouble (destroying your houseplants for example) is to run/walk fast towards them, yell or make a huge hissing sound when you get near (like an angry cat), and when they move, chase them away by running after them. This is really imitating what another cat would do.

This technique can also be used for a cat who does not know play limits and bites or scratches you. Stop interacting immediately, hiss and chase the cat away. Then ignore it.

Clicker training can also be a very useful tool for education. (Watch videos on YouTube if you don’t know what it can do.) It can help replace unwanted behaviours by wanted behaviours. Not to mention it can help with useful things like getting a cat into a carrier or having it let you examine its paws.

Quintus has no shame, comfort before everything 1

9. Safety

Open windows and unsecured balconies. Cats do fall from windows and balconies and injure themselves (the cat never getting hurt by a fall is a myth). Tilt open windows are dangerous for cats as they might try and get out through them and get caught in the crack (and die).

Some plants are toxic to cats (famously, lilies — Google will serve you umpteen lists). Antifreeze is very attractive to them, and deadly.

Be careful with power cords (risk of electric shock) and electric/ceramic cookers (burns). Don’t let them swallow string or ribbons (risk of intestinal occlusion).

Chocolate is toxic to cats. So are tomatoes and a whole lot of other human food that doesn’t agree with them well. Cats don’t digest milk, it gives them diarrhoea. They are strict carnivores and should normally not eat anything besides high-quality cat food. (Ask your vet for advice. Supermarket cat-food is usually suboptimal but some brands are good.)

Permethrin, which is found in some insecticides (including dog anti-flea products) is deadly for cats.

A cat which has not eaten for 24 hours is a medical emergency (risk of hepatic lipidosis).

10. Vet and carrier box

If you can, make sure you can get your cat into the carrier box before you need it (but don’t over-spook an already spooked cat by doing it unnecessarily). Leave the carrier outside for a few days instead of taking it out of wherever it is just when you use it. Lure the cat inside with treats. Let it come back out. Put a treat in the back of the carrier, close the door, give a treat, open the door again to let it out. With a bit of practice chances are you’ll have a cat that runs into its carrier to get a treat.

Ask your cat friends for a vet recommendation before you need one. If your cat seems to be settling ok, it can be a good thing to take it to the vet for an initial check-up. Like that the vet gets to meet the cat when it’s in good health and doesn’t need to be tortured too much ;-)

Safran aime mon jardin palette 3

Eye issues shouldn’t wait before seeing a vet. Cats are fragile with colds, so a coughing, sneezing, or sniffling cat should see a vet quickly. Cats hide pain very well, so often the first sign you will notice of a cat not being well is that it’s more quiet, doesn’t want to play, isn’t eating much — or simply doesn’t follow its usual habits. If you notice such changes in behaviour, call your vet for advice and probably a check-up. It’s better to catch something minor early than wait too long and end up with a dead cat (sorry to be dramatic but these things happen).

Have fun with your cat!

There, I think I’ve covered the essentials. If you have any questions, use the comments. And have fun with your new cat :-)

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L’art de la modération: donner le ton

[en] How I approach moderation or "community management" of the facebook groups I'm admin of.

Une fois qu’un groupe Facebook existe et tourne, le travail n’est pas terminé. Tout comme on a soigné le démarrage, il faut soigner l’évolution.

Une communauté c’est quelque chose de vivant, et en tant que tel, dans un état de déséquilibre constant. De temps en temps il faut donner une chiquenaude pour que le déséquilibre ne se transforme pas en perte d’équilibre.

Comment on fait ça? Avec du tact, de la subtilité, et un sain rapport aux normes. Et quand? Tout le temps, souvent sans en avoir l’air. J’aime penser que si on fait bien son boulot, la plupart des gens ne remarqueront rien.

J’ai appris un principe extrêmement important lors de mes débuts comme blogueuse: la théorie de la vitre cassée. Appliquée au blog et à ses commentaires, ça donne: si tu n’effaces pas le spam de ton blog, tu en attireras plus. Ou encore: si tu laisses les gens faire de la pub dans tes commentaires, ça va encourager d’autres à le faire aussi. Si tu écris n’importe comment, les autres n’auront pas de scrupules à écrire en langage SMS.

Dans une situation sociale nouvelle, on tend à modeler son comportement sur ce qu’on peut observer. Ce qui est observable est donc très important: c’est le contexte. L’expression qui me vient toujours à l’esprit quand je pense à la modération, c’est “donner le ton”. “Modérer”, ça met trop l’accent sur “retenir les excès”. Alors oui, c’est ce qu’on fait, mais on s’y prend tellement plus en amont. C’est pour ça qu’en anglais on a commencé il y a quelques années à parler de “community management”, plutôt que “moderation”. Mais c’est un terme qui vient aussi avec son lot de casseroles, dont je parlerai peut-être une autre fois.

Concrètement, on va recadrer des comportements qui, s’ils s’intensifient ou se généralisent, risquent de mettre l’avenir du groupe en péril. Mais attention! Il ne s’agit pas de faire le flic et de tomber à bras raccourcis sur toute personne qui fait un pet de travers. Rien ne tue l’ambiance plus vite que le sentiment de se retrouver dans une cour de récréation, ou à l’école. Le ton va donc être capital.

Je vous donne un exemple de “recadrage sans en avoir l’air”: dans mon groupe pour indépendants, j’invite toujours les nouveaux venus à se présenter (une bonne pratique pour beaucoup de groupes, à mon avis). Je tourne ma formule d’invitation de façon à ce que ça parte dans la bonne direction, mais parfois, je lis des présentations qui donnent un peu l’impression que la personne est là pour “vendre son business”, alors que le ton du groupe est plutôt “entraide” ou “échange de pratiques”. C’est généralement subtil, mais quand je vois que ça part “visitez mon site pour en savoir plus sur ce que je fais et n’hésitez pas à me recommander autour de vous”, j’agis.

Ce que j’évite absolument: confronter directement la personne en disant, par exemple, “attention, ici l’auto-promo n’est pas bienvenue, on est ici pour partager nos préoccupations d’indépendants entre nous et s’entraider.” C’est techniquement correct, mais c’est beaucoup trop frontal. Si ça se trouve la pauvre personne ne pensait pas à mal et n’a même pas réalisé qu’elle mettait les pieds dans le plat.

Au lieu de cela, ce que je fais c’est relancer la personne sur quelque chose plus en ligne avec l’esprit du groupe: je la remercie de s’être présentée, et j’enchaîne avec, par exemple, “est-ce que tu as des préoccupations en tant qu’indépendant que tu voudrais partager avec le groupe? raconte-nous un peu ce qui fonctionne bien et moins bien pour toi dans ta vie indépendante.” Je pars du principe que tout naturellement, la personne va comprendre ce qu’on fait dans le groupe, et se rendant compte que personne ne fait de l’auto-promo, elle n’en fera pas non plus.

Après, si la personne persévère dans sa mauvaise route, il faudra peut-être être plus clair. Souvent, un petit mot en privé passe mieux qu’une remarque publique, mais suivant le contexte, ça peut être utile que ce soit public, car ça donne aussi un signal aux autres membres du groupe.

Pour la diplomatie, je ne sais pas trop quoi donner comme conseils, j’avoue. Ménager la “face” de l’autre (très intéressant: l’idée qu’une des choses importantes qui régit la communication c’est les questions autour de “garder/perdre la face”) tout en étant clair et ferme. Eviter les attaques personnelles, parler en “je”, être respectueux, un brin d’humour si c’est dans son tempérament. Et la diplomatie, c’est un continuum. On s’adapte à la situation. Si deux membres du groupe sont en train de s’insulter, on va probablement intervenir de façon plus sèche que si quelqu’un a juste posté une photo qui dévie un peu des préférences pour le groupe.

Autre exemple de modération “souple”: je fais partie de l’équipe de modération d’un groupe où les membres postent des photos de leurs chats (mais si, mais si). C’est la vision de base du groupe: des gens qui postent des photos de leurs chats ou qui en parlent, et qui gagatent dessus, plutôt que des lolcats et autres chats d’internet (ainsi que les inévitables annonces de chats perdus ou à adopter) que les amoureux de chats ont aussi tendance à partager.

On aurait pu être rigide et interdire tout ce qui n’était pas du “chat maison”. Mais ça, typiquement, c’est le genre d’approche qui va inévitablement mener au clash: qu’est-ce qu’on fait, quand un membre poste quelque chose qui n’est pas approprié? Le supprimer? Avec un groupe assez gros (plus de 500 personnes), on va passer son temps à “censurer”. Même avec un groupe plus réduit, une gestion à base “d’interdits” passe généralement plutôt mal.

Ce qu’on fait, alors, c’est qu’on revient aux principes: il s’agit d’un groupe de détente et d’échanges centrés principalement autour de nos chats. On peut donc y tolérer une certaine proportion de publications autres. La modération, dès lors, consistera à garder un oeil attentif sur cet équilibre, et à intervenir en douceur pour le rétablir s’il bat de l’aile.

De nouveau, l’approche “je fais une grande annonce frontale: ici on veut pas de chats d’internet” est à mon avis moins souhaitable sur le long terme que d’autres stratégies, comme donner les moyens aux membres du groupe de comprendre par eux-mêmes quel est “l’esprit” du groupe (via le descriptif, l’accueil qu’on fait aux nouveaux, l’exemple que donnent les membres actifs et modérateurs…).

Le résultat dans ce cas-ci c’est qu’on accepte la présence de publications “autres” (il m’arrive d’ailleurs même d’en publier moi-même!) — tout est une question de dosage. On va intervenir par contre (discrètement) si une même image est publiée à répétition (vous savez comment c’est avec les choses qui tournent sur facebook… je le vois aujourd’hui, toi demain, Louis dans une semaine), ou si sa nature s’oppose fortement à la “mission” du groupe (par exemple les photos d’animaux maltraités, pas terrible quand on vient sur le groupe pendant sa pause pour gagater sur le zolis chats…).

Vous l’aurez compris à travers ces deux exemples: j’ai une vision de la modération comme quelque chose qui se fait très en amont. On va être à l’affût de ce qu’en gestion de crise on appelle les “signaux faibles” (merci Fabienne!), les signes avant-coureurs d’une potentielle crise mais qui sur le moment semblent sans importance.

Après, si un crise éclate, il faut la gérer… Ça pourrait être un autre billet, tiens. Mais ce n’est de loin pas ma spécialité, alors on verra si je suis inspirée!

Un autre volet très important de la modération, sur lequel je ne vais pas m’étaler parce que cet article est déjà bien assez long, c’est d’encourager la participation positive. Ça se fait par l’exemple, en étant un membre actif et généreux de sa communauté (pas besoin toutefois d’être hyperactif): publier, répondre, participer… Mais pour de vrai, hein. Le faux, ça se sent. Et aussi en encourageant les autres à le faire, si le groupe devient trop calme et menace de mourir d’inactivité, par exemple. De nouveau, ça ne se fait pas forcément en disant aux gens “mais participez, bon sang”, mais par des moyens détournés: lancer un sujet qui sera bien repris, rebondir sur une publication faite ailleurs mais qui pourrait enrichir le groupe, etc…

Voilà! Le modérateur chanceux est celui qui fait un peu tout ça sans trop y réfléchir, parce que c’est dans sa nature. On peut toujours apprendre, bien sûr, mais l’investissement en énergie est du coup plus grand!

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Comment démarrer un groupe Facebook

[en] This is how I go about creating Facebook groups.

Pour créer un groupe Facebook, un tout petit peu de préparation peut être utile. Ce n’est pas nécessaire, mais s’assurer un bon départ peut éviter des problèmes par la suite.

Personnellement, avant de me lancer, j’en parle un peu autour de moi. J’ai généralement parmi mes amis un certain nombre de personnes que je pense inclure dans le groupe, alors je prends la température. Qui est intéressé, qui ne l’est pas?

S’il y a des décisions à prendre concernant le groupe (fermé, public, secret? quel cadre précisément?) j’en discute aussi, même si en fin de compte je fais le choix qui me paraît le plus juste, sans forcément me rallier à la majorité des gens consultés (c’est mon style, d’autres personnes fonctionnent différemment).

Je prépare ensuite deux choses:

  • le texte de description du groupe
  • le texte d’une première publication où j’invite les gens à se présenter

Je réfléchis bien à comment je tourne ces deux textes. Sans faire une “charte” ou une liste directive d’interdits et d’autorisés, j’essaie de communiquer subtilement mais clairement l’esprit du groupe. J’en reparlerai dans mon prochain article sur la modération, mais je crois qu’on va beaucoup plus loin avec des principes directeurs qu’avec des règles rigides.

Sans prétendre qu’il est parfait, voici par exemple le texte descriptif du groupe pour indépendants Going Solo:

Ceci est un groupe pour indépendants, micro-entrepreneurs, auto-entrepreneurs et autres professionnels travaillant “solo”. Dans l’esprit de la conférence Going Solo, tenue à Lausanne en 2008, créons un espace pour discuter de nos préoccupations de “propre patrons”! Organisation et productivité, gestion des relations client, développement de son business, coworking, compta… Quels sont les challenges et difficultés auxquels vous faites face? Quelles sont les solutions créatives que vous avez trouvées et qui pourraient être utiles à d’autres?

Le premier article, je le prépare avant d’ouvrir le groupe afin de pouvoir le poster immédiatement. On ne peut pas ouvrir un groupe sans y inviter quelqu’un! Ce fil, qui sera important au début mais beaucoup moins par la suite, doit ouvrir à la discussion et tenter d’éviter le piège habituel des présentations: le CV et la carte d’identité. En général je pose une ou deux questions, invitant les membres du groupe à s’ouvrir un peu — et je rédige ma propre présentation pour montrer l’exemple.

Ensuite, il s’agit d’ajouter des membres au groupe. Je commence petit, 5-6 max, avec des gens que je connais et en qui j’ai confiance pour donner le bon “ton” au groupe. Quand je les invite, je m’assure qu’ils sachent avant de se retrouver ajoutés au groupe de quoi il en retourne (= je discute avec eux avant pour leur expliquer le groupe et vérifier qu’ils veulent en faire partie!) Je leur demande aussi (explicitement) de se présenter en réponse au premier article, s’ils ne le font pas spontanément.

En parallèle, je commence à mettre un peu de contenu. Dans le groupe des plantes, je vais mettre des photos des miennes et peut-être partager une interrogation si j’en ai. Dans un groupe avec une équipe d’étudiants, je vais mettre quelques liens vers des articles utiles. Il ne s’agit pas d’inonder le groupe avec du contenu, mais de poster 2-3 choses “dans le sujet”, pour que le groupe ne soit pas vide et également pour “donner le ton”.

Pour éviter d’être la seule personne à poster dans son groupe, il faut (au début) aussi inciter son entourage à poster. Surtout, ne pas faire ça en faisant la tournée des “tu aurais pas un truc à poster dans le groupe?” Il faut que ça reste organique. Quand je discute de quelque chose avec quelqu’un, et que c’est quelque chose qui pourrait aller dans le groupe, je dis: “oh, tu pourrais faire un article dans le groupe à ce sujet, comme ça on en discute là et les autres en profitent aussi!”

Une fois que la “base” est en place (une première poignée de membres, quelques articles), je commence à ajouter d’autres personnes. Ça peut se faire assez vite, dans les heures qui suivent. Ça dépend de la réactivité et de la disponibilité des gens. Si le groupe a un rythme plus lent, on étalera un peu plus dans le temps, sous peine de se retrouver avec un groupe qui compte 5 personnes ayant un peu participé et 30 nouveaux qui n’ont même pas encore eu le temps de dire bonjour.

Voilà! Le prochain article de la série portera sur l’art de la modération, ou comment faire en sorte qu’un groupe ne vire pas (trop) au bordel.

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Une éloge des groupes Facebook

[en] An introduction to Facebook groups and why I think they are great collaborative spaces.

Ce n’est pas un secret, j’adore les groupes Facebook. J’en ai démarré plusieurs et rejoint encore d’autres.

Je n’ai pas toujours été fan. J’ai connu les vieux groupes Facebook pas pratiques du tout, et j’ai vu arriver les groupes “nouvelle version” avec le scepticisme d’une vieille routière des nouvelles fonctionnalités “qui vont changer la vie” dans les médias sociaux.

Eh bien j’avais tort. Le groupe Facebook est une formule extrêmement efficace pour échanger et collaborer en ligne, que ce soit sur des choses sérieuses ou moins sérieuses.

D’abord parce que “tout le monde est déjà sur Facebook de toute façon”, donc pas besoin de persuader les gens d’ajouter un nouveau compte à leur collection, un nouvel endroit où trainer, une nouvelle interface à maîtriser.

Facebook, on connaît, les notifications pour le groupe arrivent au milieu de toutes les autres, on pense donc à y aller, on voit quand on nous répond, on voit quand on nous interpelle. C’est efficace.

Les sujets actifs remontent en haut de la page, donc quand on revient sur le groupe, on voit tout de suite où est l’action. Partager une photo ou une vidéo est simple comme bonjour (enfin si on connaît déjà Facebook), et ça marche depuis l’ordinateur, la tablette ou le mobile.

Les groupes peuvent être ouverts (tout le monde peut en voir le contenu, comme mon groupe “petite plantes”), fermé, c’est-à-dire que tout le monde peut voir le groupe, ses membres, sa description mais non pas son contenu (comme le groupe pour indépendants Going Solo), ou secret — à moins d’y être invité, impossible de savoir que le groupe existe. Si on va sur la page du groupe sans être membre, Facebook nous dit “passez votre chemin, y’a rien à voir ici”.

En ce qui me concerne, l’essentiel de mon activité sur Facebook se passe dans des groupes.

Prochain article sur le sujet? Comment démarrer un groupe Facebook.

 

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