Un bullet journal peut être simple (5 minutes chrono) [fr]

[en] A bullet journal can be simple. I just started one.

Ça fait longtemps que j’ai vu passer l’idée du Bullet Journal, qui n’est pas sans me rappeler le Hipster PDA d’antan, en passant. Instagram et Pinterest sont saturés d’images toutes plus belles et “design” les unes que les autres de ces journaux, et franchement, même si j’aime les belles choses, je ne suis pas douée pour les faire, et l’idée de passer autant de temps à reproduire sur papier l’agenda que Google Calendar gère si merveilleusement pour moi ne m’attirait pas.

Ce qui m’a mise pour de vrai sur la piste du bullet journal, c’est l’idée d’avoir un système pour “tracker” les habitudes que j’essaie de (re)mettre en place. L’équivalent de la croix dans le calendrier ou dans le cahier, de la chaîne à ne pas briser. De plus, avec la surcharge de ce deuxième semestre 2018, je me suis remise aux cahiers. Pendant des années, j’avais toujours un cahier que je trimballais avec moi pour tout y noter en vrac. Le smartphone l’a peu à peu remplacé, mais de temps en temps j’y reviens. Et là, j’y suis revenue.

Bref, je suis tombée sur un article qui insiste sur le fait qu’à la base, le bullet journal est sensé être un système simple, et qu’il ne faut pas se laisser décourager (ou influencer) par les oeuvres d’art qu’on voit passer. C’est clair que c’est les gens qui font des magnifiques journaux qui vont les mettre sur Instagram!

Après un peu de lecture, je me suis dit que ça valait la peine de tenter le coup, même si tout ce que j’allais mettre dans mon bullet journal était le fameux tracker. On verrait bien le reste, à l’usage.

A partir du moment où j’ai pris un cahier (qui trainait par là) et mon crayon, il m’a fallu environ 5 minutes pour avoir quelque chose de fonctionnel. Et assez vite, j’ai commencé à avoir d’autres idées de choses qui pourraient “habiter” dans mon journal (moche mais pratique).

Voici, donc.

J’ai pris un cahier quadrillé que j’avais acheté à la Migros (pas de Leuchtturm 1917 prévu exprès pour, trop de pression). Et un porte-mines, parce que c’est ce que je préfère pour écrire (j’écris comme un crabe), et je m’en suis félicitée, parce que j’ai aussi une gomme, et j’ai été bien contente de pouvoir gommer dans mon tout jeune bullet journal. J’ai suivi les instructions, avec un peu de trépidation. J’expliquerai après ce que j’ai compris en le faisant de l’intérêt de ces diverses instructions.

  1. numéroter les pages (je me suis arrêtée à 20)
  2. faire un index sur la première double page
  3. faire un future log sur la double page suivante (je vous avoue que j’ai laissé ça vide parce que ça me bloquait donc j’ai juste écrit “Future log” en haut des pages, et basta – mais après-coup j’ai trouvé quoi en faire)
  4. page suivante: monthly log pour le mois de décembre, avec tout simplement les nombres de 1 à 31 écrits en colonne pour pouvoir rajouter des choses à côté
  5. sur la page d’en face, j’ai fait un tracker (tout bête) pour décembre, avec les 2-3 choses qui me préoccupent en ce moment dans la liste (aller au judo, faire du gainage, de la méditation)
  6. sur la double page suivante j’ai écrit “Daily log” et comme on était le soir, j’ai écrit dessous “V 30 nov” et une mini-liste des tâches/rendez-vous importants de la journée
  7. j’ai complété l’index au fur et à mesure
  8. puis j’ai réalisé que ma liste de tâches (j’utilise plus ou moins le système Final Version) pouvait aller sur la page suivante – hop, un titre, puis rajouté à l’index
  9. puis une liste de films à voir ou livres à lire…

Bon, allez, ça m’a peut-être pris 10 minutes.

Vous remarquerez que j’ai sauté la “liste de tâches du mois” (parce que juste là ça me parle pas, je fonctionne plutôt par semaine ou en continu). Je ne me suis pas vraiment intéressée non plus aux “keys et signifiers“, ce système de symboles pour distinguer, classer, hiérarchiser, organiser tout ce qu’on note dans le Daily log. Je me souviens d’ailleurs que quand j’avais croisé le bullet journal pour la première fois c’était un des trucs sur lesquels j’avais bloqué. Ça me semblait trop compliqué.

Juste là, en cherchant pour vous, lecteurs francophones, j’ai trouvé cet article de Buzzfeed qui est assez bien fait. Il couvre les bases, va droit au but, et vous montre des tas de photos d’un bullet journal pas artistique pour vous décomplexer. Ici un autre article avec des explications simples mais moi je stresse rien qu’à voir comme l’écriture dans le bullet journal est propre et jolie. Parce que j’écris toujours comme un crabe et j’ai la flemme de prendre la règle pour souligner, ça m’avait d’ailleurs valu une très mauvaise note de tenue de cahier de sciences quand j’avais 12 ans.

Alors, quelques remarques.

L’index

Ça n’a l’air de rien, cet index, mais en fait c’est la clé de tout le truc. Grâce à l’index, le cahier n’est pas une suite un peu cacophonique au fil du temps de tout ce qui croise notre route. Il est organisé. Et organisé super souplement: pas besoin de mettre les choses dans l’ordre, si on veut arracher des pages on les biffe de l’index, si j’ai commencé une liste de films à voir sur la page 13 et que quand elle commence à déborder j’en suis à la page 25, pas de souci, j’ajoute dans l’index. Mon monthly log de décembre est à la page 6, mais celui de janvier sera peut-être à la page 28. Pas grave. Et du coup, on peut mettre tout ce qu’on veut dans notre journal, et le retrouver.

Le bullet journal est un canevas qui est fait pour être flexible, et s’adapter à vos besoins. Rappelez-vous, j’étais partie sur l’idée de faire un truc hyper minimaliste avec (limite) juste un tracker. Après un peu de lecture je me suis dit que ça valait peut-être la peine de rajouter 2-3 trucs, mais j’ai vraiment approché la chose sans grande ambition.

Le future log

Là, on entre dans le côté “bah, je suis en train de recopier mon calendrier”. Donc franchement, en démarrant le journal, parce que je voulais surtout arriver au tracker, j’ai fait la bonne élève et consacré deux pages à ça, mais rien mis dedans, en me disant que je pouvais le faire après. Ou pas.

Et effectivement, la nuit portant conseil, je me suis dit qu’avoir un moyen de voir au-delà de la semaine serait pas mal. J’ai tendance à vivre de semaine en semaine. Et ça fait longtemps que j’aimerais une vision un peu plus “grand angle” de ma vie.

Mais j’ai hésité: et si j’organisais mon future log par semaine plutôt que par mois? J’ai failli. Et finalement j’ai fait des mois, 8 mois, divisant chaque page en quatre, et j’ai noté un peu en vrac, les choses importantes (janvier: commencer à chercher du travail; juin: Bol d’Or), les dates déjà prévues (16 janvier: dentiste).

Je suis pas sûre de mon coup, mais c’est pas grave. Mon journal n’est pas une oeuvre d’art. Si dans deux semaines je me rends compte que cette double page avec les 8 prochains mois ne me sert à rien, je peux arrêter de l’utiliser, je peux même l’effacer (crayon!!), je peux faire un autre future log ailleurs dans le cahier et mettre à jour l’index. Flexible, flexible.

Le monthly log

Là, j’ai fait tout bête, parce que je ne savais (et ne sais pas encore vraiment) comment j’allais l’utiliser. En fait, c’est de ça qu’il faut se libérer: avant d’avoir un bullet journal, on ne peut pas vraiment savoir comment on va l’utiliser. Alors faisons une mise en place basique, et voyons ce que l’usage nous apprend.

Un exemple, ici: ce matin, j’ai mis des lignes pour mieux visualiser les semaines dans mon log de décembre. Du coup, j’ai sur la gauche de la page les dates, les unes sous les autres, avec les moments-clés. Et à droite, j’ai des petits “blocs” par semaine où je peux mettre des notes pour la semaine. J’ai fait ça parce que c’est comme ça que je fonctionne, je me dis “hmm, semaine prochaine je vais faire xyz, donc abc ce sera la suivante”.

Ce qui est cool c’est que si cette mise en page ne me convient pas, le prochain mois je peux le faire complètement autrement. Et même, en cours de route, si c’était la cata, je peux tuer cette page en refaire décembre ailleurs dans le cahier (en mettant à jour l’index).

Le tracker

Le clou du spectacle! A nouveau, j’ai fait simple de chez simple. Je dois pouvoir préparer une page en 30 secondes, une minutes. Alors oui, j’aimerais un tracker plein de couleurs et tout, mais soyons pragmatiques. J’ai mis 2-3 activités pour démarrer mais je pense que ça se remplira au fil des semaines et des habitudes/routines que j’essaie de mettre en place.

Le daily log

Normalement le daily log est l’endroit où on met, jour après jour, les événements, tâches, et choses importantes de la journée. Au fil des jours. Un premier point important que j’ai compris en lisant le fameux article mentionné ci-dessus c’est qu’un jour prendra autant ou aussi peu de place que ce qu’il lui faut. C’est libérant. Pas besoin de se caser dans une case.

Alors j’ai commencé: j’ai fait une liste des 2-3 choses que je voulais faire aujourd’hui, avec un point devant. J’avais deux rendez-vous, je les ai notés, avec un rond devant. J’ai noté le traitement avec lequel je suis sortie de chez le vétérinaire, avec un tiret devant. Jusque-là, c’est assez simple. Je pense qu’au fil du temps j’exploiterai mieux ce daily log, mais ça se fera en cours de route, au fil des jours.

Ce qui m’enquiquine c’est de ne pas vraiment pouvoir mettre le lendemain avant d’avoir fini la veille. Parce qu’on ne sait pas combien de place prendra aujourd’hui avant d’arriver au soir… Mais c’est pas grave. On verra.

Des idées

Maintenant que le système est en place, je commence à avoir des idées. Si j’ai des notes à prendre, je peux très bien les prendre dans mon bullet journal, et les rajouter à l’index. Je pourrais avoir une page par chat pour noter mes observations les concernant. Je pourrais avoir une page pour… noter mes idées. Tout est possible. Et ça, je ne l’avais pas vu, avant. Je voyais le bullet journal comme un système un peu contraignant. Mais non, en fait, il y a beaucoup d’espace dedans pour en faire ce qu’on veut.

Le temps

Au début je me disais… ça peut prendre un temps fou! Mais en fait, est-ce une si mauvaise chose? Du temps réflexif, du temps à faire des choses qui aident le cerveau à débrancher… Ce n’est pas forcément mauvais. Prendre un moment chaque jour pour préparer le lendemain, prendre du temps pour regarder les semaines et les mois à venir… C’est comme ça qu’on évite de finir le nez dans le guidon, ou dans le mur. Qui sait, dans 2 mois je serai peut-être en train de poster les photos de mon bullet journal sur instagram…

Des bribes [fr]

Il y a des moments où je pense à des choses à écrire, et puis ça s’en va. C’est un peu l’automne dans ma tête, avec des feuilles jaunes et rouges et brunes et parfois vertes qui volettent par-ci, par-là.

Ce matin, dans un podcast, un intervenant remarquait que l’on avait été tellement bien éduqués à être des consommateurs qu’on réagissait en consommateurs et non en citoyens aux problèmes politiques ou de gouvernement. Je pense que c’est une remarque très juste, et que c’est grave. On ne résout pas les problèmes politiques en agissant comme des consommateurs mécontents.

Ça me fait penser aux personnes qui “boycottent” les scanners à la Migros. Ça n’a aucun sens, autre que se donner bonne conscience. Ce n’est pas un problème de consommation, c’est un problème d’évolution technologique. On n’a pas sauvé les fiacres en boycottant les taxis. On n’a pas sauvé l’usine à glace en boycottant les frigos.

Ça me fait penser à Paléofutur, le podcast de Laurent. Un excellent podcast en français pour comprendre les enjeux de notre époque!

L’histoire, c’est important. C’est important de pouvoir prendre un minimum de distance historique et critique sur ce qui est sous notre nez. Au risque de répéter l’histoire aveuglément, de ne pas même voir que nous marchons dans les pas de ceux qui sont allés dans le mur bien avant nous. Oh! Un mur! Si on avait su…

L’histoire, c’est l’histoire de notre société et de notre civilisation, mais en tant qu’individus, nous avons aussi une histoire. Notre histoire personnelle. Et nous avons un regard sur celle-ci, qui n’est pas le même à 15, 20, 30, 50 ou 70 ans. Ou 100. Je pense beaucoup aux âges de la vie.

Mon regard sur le monde a beaucoup changé ces dernières années. Et je me demande combien de ce changement de regard est dû à ma mi-quarantaine, dû à mon âge de la vie, et non simplement aux événements récents qui semblent avoir chamboulé ma vision du monde.

Fin 2016, l’élection du 45e président des Etats-Unis, un dénouement impensable et qui m’a laissée dans un atmosphère de cauchemar pendant très longtemps. Pas tant pour le mal que je craignais pour le pays (même si j’y ai des amis et que je suis triste pour eux), mais parce qu’après Brexit, que je n’avais pas vu venir du tout, et ça, mon optimisme et ma foi en la résilience du monde en avait pris un grand coup. Sans compter que derrière tout ça, à un moment où ma carrière dans le domaine était en souffrance, il fallait bien se rendre à l’évidence du rôle important et grave qu’avait joué la désinformation via internet, qui est devenu tout entier “l’internet social/sociable” qui m’avait tant émerveillée il y a 15-20 ans.

Les réseaux sociaux ont le pouvoir de rassembler ceux qui ont des idées semblables, mais malheureusement, les complotistes et conspirationnistes auront toujours plus d’énergie pour faire circuler leur pourriture que les gens relativement raisonnables et sains d’esprit. On voit aussi, dans un environnement où tout est mesurable et où le profit est maintenant le maître-mot (droit derrière, car le profit en dépend, la course à l’attention), que l’exploitation du système est à présent un business, bien évidemment fort lucratif. Tu veux que je fasse circuler telle ou telle idée? Influencer l’opinion vers ici ou là? Polariser les gens sur des questions qui divisent comme l’avortement ou l’immigration? Pas de souci, balance les sous, on va payer des tas de gens dans des bureaux pas chers pour déséquilibrer l’information.

Ça me fout le moral en bas, ça. Et je me dis: est-ce que je vois ce genre de chose et ça me dérange parce que nous vivons effectivement une époque très particulière, ou bien est-ce que mon regard sur le monde est celui de mon âge, est-ce que c’est le propre de tout quarantenaire d’ouvrir les yeux sur le monde autour de lui et de se sentir découragé?

Alors j’en sais rien, vraiment, mais à la lecture du passage sur les âges de la vie dans le livre Comment rester vivant au travail, que j’ai lu il y a un an environ, j’ai pris conscience que l’âge colorait quand même beaucoup notre attitude face à la vie. J’ai perdu espoir que nous étions à l’abri (je pense à l’Iran, souvent), j’ai perdu confiance dans le jugement des hommes (humains), et je crains que les choses doivent maintenant devenir bien plus graves avant de s’arranger. Alors, est-ce parce que nous sommes dans une période plus sombre, ou simplement parce que j’ai l’âge que j’ai?

Parce qu’objectivement, si on prend un peu de recul, il n’a jamais mieux valu être une femme qu’aujourd’hui. Revenez en arrière ne serait-ce que 100 ans. Vraiment? Il vaut mille fois mieux vivre aujourd’hui. #metoo nous ouvre les yeux, mais n’a pas créé une nouvelle réalité. C’est un mouvement qui nous invite à voir et lire autrement ce qui était déjà là. Les choses bougent.

Alors malgré les anti-vaccins, les trumpistes, les voleurs de selle de vélo et les gens qui ne voient pas le problème avec #notallmen, j’essaie de me concentrer sur le verre à moitié plein. Mais c’est pas tous les jours facile.

J’écris pas [fr]

J’écris pas. C’est pas bon signe. Je fais pas à manger non plus. Enfin bon, là je suis en train d’écrire, donc c’est meilleur signe! Le rangement, c’est pas trop ça non plus. Mais hier soir j’ai fait de l’ordre dans la cuisine afin de pouvoir cuisiner une soupe aux pois jaunes… que je n’avais pas. (Note: passer à la Migros en rentrant.)

Il y a des périodes comme ça où on est en mode survie. Où certaines choses du quotidien deviennent insurmontables. Faire à manger. Où les contrariétés et les tuiles s’accumulent, parfois sans faute de notre part, parfois parce que c’est une conséquence inévitable de nager trop longtemps en mode survie. En vrac: une selle de vélo volée, un balcon à “dénuder” sans délai, une attaque de chat, des impôts qui commencent à chauffer, des proches malades, des imprévus professionnels… Rien d’ingérable, mais quand on n’a pas d’amortisseurs, ça fait vite un peu tape-cul et on s’en prend plein le dos.

Mais que vous ne vous inquiétiez pas. J’écris, là. Je suis allée au théâtre, aussi (voir Une chambre en Inde, que je recommande vivement — en allant 2h avant à Beaulieu, vous pouvez vous mettre en liste d’attente et avez toutes vos chances d’avoir une place), je retourne au cinéma (voire entre autres Les Dames, un film qui tape “juste” je trouve), je reprends le judo, je vais me promener avec mes voisines…

J’ai envie de prendre des cours de pilotage de drône. Oh, je sais que je peux apprendre toute seule (et je me suis déjà amusée un peu), mais faire un cours, ça me plait comme idée. Pour le fun.

J’essaie de me mettre au crochet et au tricotin. C’est sympa le tricotin. Et sur YouTube il y a Jimmy Tricotin.

J’apprends à me ménager un peu plus, au travail comme en dehors. Dire non, bon sang, c’est pas facile, surtout quand tout notre être crie “oui! oui! j’arrive!” J’apprends à me faire violence, du coup, pour me préserver. Ça semble paradoxal, mais c’est bien ça. Je vois à quel point ça ne me vient pas naturellement, de défendre mes intérêts.

J’ai pris conscience que je “cadre” une grande partie de mes activités. Même le plaisir. Sur ma liste de choses à faire, “aller au cinéma” côtoie “faire la compta 2017”. Parce que j’ai le sentiment que si je ne fais pas de me faire plaisir une obligation, je ne vais jamais le faire. Et c’est pas juste une impression. Vous avez vu comme c’est tordu? Je cherche encore la clé.

Je vais donc résister à la tentation de terminer cet article par une liste des choses que je veux faire. Autant je peine à me fixer des objectifs à long terme et à m’y investir, autant mon quotidien semble régi par une succession de mini-objectifs. J’essaie d’apprendre à faire autrement.

Être libre [fr]

Il faut courir, encore et toujours, mener une vie digne des jours-mois-années comptés qui nous sont donnés, que dis-je, que l’on arrache à coups de hasard au couperet de la mort.

La vie est courte. On ne sait pas de combien. On a la certitude du moment présent, mais après, plus rien. Une crise cardiaque, un caillot au cerveau, une camion qui passe ou un accident con. Une maladie qui d’un coup nous montre le bout de la route.

Alors il faut en profiter.

Mais comment?

Il faut faire, faire, construire des cathédrales gravées de notre nom, qui garderont durant des siècles la trace d’une petite vie vécue, petite vie insignifiante, comme tant d’autres, toujours trop courte avant de retourner au néant.

On s’accroche, on s’accroche. On l’aime bien, notre petite vie, même si on ne sait pas trop à quoi elle sert. Elle est là, on ne voudrait pas qu’elle ne soit plus.

Nous sommes les chanceux. Coupables survivants, condamnés à “faire quelque chose” de leur vie, à ne pas la gaspiller, chanceux, toi qui as ce que tant d’autres ont perdu, tu te dois d’avoir du sens, d’en fabriquer, de ne pas vivre en vain.

L’absence de mode d’emploi donne une liberté presque absolue, mais étouffée sous le poids du devoir, de l’obligation, de la peur de disparaître. La peur de ne pas être là pour voir notre souvenir s’effacer du quotidien de ceux qui nous étaient chers, de voir le monde continuer sans nous, impensable, en un battement de cils, on aurait presque pu ne pas venir du tout.

Quelque part, ma liberté, tu piaffes dans les starting-blocks en attendant que je fasse quelque chose de toi. De liberté tu deviens carcan, car il faut il faut il faut. Ce serait si dommage de ne pas en profiter.

Sois libre!

Cahin-caha, les années passent, que l’on sache ou non ce qu’on est en train de faire. Avancée inexorable sous le joug de cette injonction paradoxale, appel d’air qui nous embarque qu’on le veuille ou non. Il faut y aller. Pas le choix. Mais comment? Trop de choix.

Mieux vaut tout faire, de peur de laisser échapper ce qui enfin donnera sens à tout ça.

Je crois au hasard [fr]

Je crois au hasard. Notre route est semée de carrefours et d’aiguillages dans lesquels on s’engouffre pour mille et une raisons, des raisons intérieures, des raisons extérieures. Si les raisons intérieures peuvent avoir du sens, je crois profondément que les raisons extérieures en sont dénuées.

Il n’y a pas de sens hors de nous qui guide notre vie. Il n’y a pas de destin, de force extérieure qui pose les pièces ou nous pousse ici plutôt que là. Mais il y a du hasard. Beaucoup de hasard.

Et peu de certitudes mise à part notre finitude.

Ce n’est pas confortable, de croire que le monde est comme ça. Formulé ainsi, cela donne l’impression que c’est un choix, une décision lucide, mais il n’en est rien: c’est une évidence. Tout comme pour d’autres l’existence de Dieu est une évidence qui ne se démontre ni ne s’argumente, pour moi la non-existence d’autre chose que la matière qui compose notre monde l’est aussi.

Le monde et la vie n’ont pas de sens en eux-mêmes. Ce qui est arrivé aurait très bien pu ne pas arriver. Les événements qui ont changé le cours de nos vies tiennent parfois à un fil. Un fil aléatoire, plutôt qu’un fil qui nous confirmerait l’intervention d’une main divine au sens large. Nous sommes de petites coques de noix ballotées sur les vagues, qui faisons de notre parcours une histoire qui semblerait nous mener quelque part, alors que le prochain remous peut tout à fait nous couler ou nous envoyer valser dans l’autre direction.

Ce n’est pas confortable. C’est même très inconfortable.

Et ça ne mène nulle part, parce qu’on meurt à la fin, parce que tout le monde va mourir un jour ou l’autre, parce qu’on a beau se reproduire et tenter de sauver la planète, un jour notre terre sera inhabitable, et la vie disparaîtra, et il n’y aura plus rien, et nous ne serons pas en train de parcourir l’univers comme dans les romans de science-fiction en laissant notre planète morte derrière nous, parce que le paradoxe de Fermi (vous connaissez?), enfin pas “parce que” le paradoxe précisément, mais en y réfléchissant, y’a bien des chances qu’on soit tout seuls dans l’univers ou que personne ne fait jamais contact, ce qui fondamentalement revient au même. Et puis bon, un jour l’univers tirera sa révérence, de toute façon, et il n’y aura plus rien de rien nulle part et personne pour le voir.

Et moi là-dedans, je fais quoi? Je la mène où, ma vie? Elle sert à quoi? Ces questions et tant d’autres m’emprisonnent dans des schémas dont je me passerais bien. #vagueblogging, un peu, parce que je peux.

Que personne ne s’alarme. Cet inconfort, il m’accompagne depuis le début de ma vie d’adulte, et peut-être même avant. S’il y a là un fond de désespoir existentiel, que je reconnais volontiers, il ne tend pas à l’autodestruction. Il tend à la quête, la quête, encore la Quête: pourquoi, comment, pour quoi, où vais-je. Je m’accroche aux réponses que je trouve, même si je sais qu’elles sont mal arrimées. Elles me permettent de flotter un peu et d’oublier la profondeur infinie de l’eau sous mes pieds.

Et qu’est-ce que ce serait plus confortable de croire qu’il y a un sens à tout ça, un ordre qui nous dépasse, une raison d’être là.

Mais je ne peux pas.

C’est ainsi.

J’ai adoré le hammam [fr]

Quand je vais aux bains thermaux, ce que j’aime le plus c’est le “hammam”. Chaud mais pas trop, plein de vapeur, juste comme il faut. Mais je n’étais jamais allée dans un “vrai” hammam. Aujourd’hui, c’est chose faite. Avec une amie, on est allées ce matin au hammam “Le charme de l’Orient” à Pully.

C’était super, et j’ai bien envie d’y retourner et d’y entrainer toutes mes copines (vous êtes prévenues!).

Comme j’avais un poil d’anxiété “saut dans l’inconnu” par rapport à me rendre dans un hammam la première fois, j’ai décidé de mettre par écrit ce que j’aurais aimé pouvoir lire avant d’y aller. Je précise que tout s’est bien passé, justement, et qu’il n’y avait pas de raison de s’inquiéter! Mais l’inconnu me fait toujours un peu peur.

D’abord, on appelle pour réserver (se pointer comme ça peut se faire, mais risque de se faire refouler à la porte s’il n’y a pas de place). C’est comme le coiffeur ou l’esthéticienne, on prend rendez-vous. On peut y aller seule ou en groupe (je recommande de prendre des copines avec).

A l’entrée, on met des chaussons sur ses chaussures, et on va aux vestiaires. Un casier, un peignoir, des pantoufles, un ligne et un petit slip en papier par personne. On peut donc ranger ses affaire en sécurité, et il n’y a rien besoin d’amener de spécial. Je recommande d’ôter colliers, montre, bracelets, boucles d’oreilles.

On nous mène ensuite dans la salle pleine de vapeur. Petite douche (avec le slip en papier et sans savon), la dame nous enduit le corps de je-ne-sais-quoi (debout), et on va s’installer sur le petit linge préparé à notre intention sur le banc, les pieds dans une bassine d’eau chaude.

Une citronnade à la main, mon amie et moi papotons, papotons, papotons, pendant que la salle se remplit progressivement de plus en plus de vapeur. On finit par ne plus rien y voir! La vapeur diminue ensuite, on touche le fond de la citronnade, et la dame revient pour le gommage.

Ça c’est le bout qui m’inquiétait un peu et me semblait très “l’inconnu”. L’idée, c’est qu’après avoir bien gogé dans la vapeur, on va ôter les cellules mortes à coups de gant de crin. L’idée me faisait frémir un peu. Mais en fait, c’est surtout un massage assez vigoureux et très agréable, certes avec gant de crin, mais ça craint pas autant (il fallait que je la place) que dans mon imagination. Ma peau de blonde fragile a survécu, ça n’a pas fait mal, rien.

Il faut savoir qu’on se fait masser sous toutes les coutures, y compris les fesses, l’intérieur des cuisses, les seins, sous les bras, bref, la totale. Mais c’était vraiment le “clou” de la séance, pour moi. Elle fait le visage aussi, mais doucement, et de nouveau, ma peau a supporté, la vôtre n’a rien à craindre.

Après avoir laissé la moitié de son épiderme sur la table de massage, on se douche (shampooing et gel douche à disposition), on remet son peignoir et ses pantoufles, on sort de la vapeur et on va larver sur les canapés (prévus pour s’y allonger!) avec une petite théière de thé marocain.

Ça aussi c’est super: quand on va quelque part pour un massage, généralement, une fois la séance finie, on se rhabille et on sort. Là, on peut continuer à végéter et papoter, à choix. Je me suis en fait endormie!

Mon amie a ensuite fait une épilation. Moi je suis restée à ne rien faire, ce dont j’avais bien besoin. C’était vraiment une très bonne expérience, et je vais y retourner 🙂

 

Apple Photos to Lightroom Classic CC: Step 2 [en]

[fr] Le suite de mes misères pour revenir à Lightroom après mon passage dans Apple Photos...

Here’s where I left things in March:

  • I had a catalog of my exported Apple Photos
  • I was hoping to merge them into my Lightroom master catalog.

One little problem: importing from catalog didn’t recognize any of the photos in the temporary catalog full of photos from Apple as duplicates of those already in the master catalog. So my bright idea of using this system to update the metadata of photos in the master catalog came crashing to the ground.

I figure it has something to do with the hash Lightroom uses to identify photos. Anyway… off to find another idea.

My next hope had to do with using the Syncomatic plugin to sync metadata between files with similar names or capture times. A little scary to run on the whole catalog, and I haven’t managed to get it working predictably enough to trust it. Might still come, thought?

So I ended up looking at Photosweeper and LR/Transporter. There was my solution, though it was tedious, and the result is not perfect.

Here’s a bunch of thing I did, best I remember.

I used Photosweeper to weed out duplicates from my Apple Photos. I tried various settings and experimented quite a bit. This also allowed me to get rid of “Edited in Apple Photos” photos which were so close to the original photos it wasn’t worth importing a duplicate bloated JPG just for fun.

LR/Transporter allows you to import metadata to a photo based on a filename or a capture date.

That meant that if I could export a list of keywords of my Apple Photos (with LR/Transporter) and import it onto photos that were already in the catalog, matching the keywords to files with the same name, I could avoid importing duplicate files and having to hunt them down afterwards.

I would have to find a way, however, to flag the photos in the Apple Photos folders from which I had extracted and imported the metadata — because those that remained, “non-duplicates”, would need to be moved to the main folder. Thankfully, LR/Transporter flags photos that have last been modified by it. So once I had imported the keywords from Apple Photos, I had only to:

  • use the metadata filter on my master folders to select all photos that had just been modified by LR/Transporter
  • export a list of those filenames
  • edit it in Google Sheets and add a “delete” flag column
  • import that metadata back to the Apple Photos folders, matching the delete flag column on the “job identifier” field (for example)
  • select those photos through a filter or smart collection and delete them

I did this on the Apple “original” photos I had in my collection.

You’ll not that it’s totally uninteresting to go through this exercise with Apple Photos that don’t have keywords. As I had previously keyworded all apple photos to identify if they were master photos, edited photos, master photo of an edited version, HDR, panorama, etc, I couldn’t easily filter out photos with no “real” keywords. I started out by replacing all those “status” keywords by flags in the “job identifier” field. For exemple

  • I selected all apple edited photos
  • added “apple edited” in the job identifier field
  • removed the “apple edited” keyword
  • used the “job identifier” filter to display those photos again
  • now I could see which ones had no keywords
  • selected those and gave them a slightly different job identifier, etc.

So when doing the LR/Tranporter export above, I was able to select only the photos that actually had keywords to work with.

What about those that had a different name? I used a similar process, counting on the capture time. Her’s what I did, year by year (to avoid having unending tables to open in Google Sheets — max 10k photos, roughly).

  • I selected a year of photos with keywords both in the “master” and “Apple Photos” folders
  • I exported them with LR/Transporter. Fields: size, filename, path, keywords, capture time
  • I opened the CSV in Google Sheets and added four columns to help me “sort” them and generate for the correct file in each matching pair either the updated list of keywords or a delete flag (see example spreadsheet here)
  • I replaced the path for all the files in the Apple Photos part of my directory structure with “apple” for readability’s sake (useful when scanning to check things)
  • Ordered the photos by capture date (with Apple folder photos first, so sort them A-Z by that column first) to let the formulas do their magic
  • Duplicate the sheet, then copy-“paste special” (values only) the columns containing the formulas
  • I went through the list checking that the formulas worked correctly (this is where filename and size come in handy, as well as conditional formatting in the spreadsheet to create a visual pattern that is easy to scan for anomalies), corrected manually when necessary
  • Once that was done, used some A-Z sorting to delete the lines of all the photos that did not match anything
  • Duplicated the sheet once more (trying to be safe) and removed all unnecessary columns
  • Duplicated it one last time so I could have to clean “export” sheets: one to update the keywords, one to set the delete flags
  • Import the “keywords” metadata sheet onto the photos in the master folder
  • Import the delete flags metadata sheet onto the apple photos folder photos.

Once I had done that for each year, it meant that all the Apple Photo original photos with keywords had been processed to see if they had a “twin” already in my Lightroom photos, and keywords imported accordingly (and source file removed).

I then was able to import the remaining Apple Photos files into my main folders, knowing there should be no obvious “same time” or “same name” duplicates — except of course for edited photos. (For that, I deleted them from the main catalog and imported/moved them using the standard “import”, so that they would sit in the right monthly folders.)

The saga continues, as my reduced list (12k from 20k!) of Apple Photos is now integrated with my main catalog, but there are still duplicates in there.

Ideally, I’d get syncomatic to work how I want it to, sync keywords, then use Find Duplicates 2 to delete duplicates. But that’s not going well for the moment.

In addition to this, somewhere in the process a pile of my photos have lost their capture date, or seen their capture date replaced by “today’s” date (the day I was obviously doing whatever caused them to lose their capture date). So I have about 2k badly dated (or undated) photos I need to find a solution for. Many of my videos seem not to be read correctly by Lightroom anymore, and have metadata/date issues. My catalog is also sprouting metadata conflicts, and Lightroom very helpfully (not) asks you whether you want to import metadata from the file or write Lightroom metadata to the file without showing you what the conflict is made of. Not much chance of troubleshooting what is going on in there.

So, what’s left to do?

  1. Identify duplicates with FD2 and figure out a way to be systematic about which versions I keep (I’m doing a test on a month of photos to see how it goes). The key seems to be smart collections, and using color labels like I remember doing in March: for example, color all the “most edited” duplicates identified by the plugin green, then go and look at the full list and figure out if that is a good criteria or not.
    But for that to work I need Syncomatic to work, or to mess around with LR/Transporter again, because many of these duplicates do not have synced keywords. *sigh*
  2. See what’s going on with those videos. Not too sure where to start, but I was pointed to this, and need to dig into it. Reminder, there are three problems: systematic metadata being flagged as up-to-date though in a smart collection it’s indicated as changed; mess-ups with capture times; unreadable videos.
  3. Look at the photos with a bad capture date (or none) and see what I can salvage. One idea is to find a back up of my master catalog before all this mess started happening, use LR/Transporter to match those “lost” photos to their “ancestors” in the old vers of the catalog, and use a process similar to the one described above to fix their capture times. But I’d still like to know what created this situation so I can avoid it in future.

    I’m not sure how understandable all this is, these are mainly notes for myself for when I pick this up again, but if it’s useful for you, all the better! Feel free to ask questions if certain parts are unclear and you would like explanations.

LR/Transporter: Renaming Files With Excess Whitespace in Lightroom CC Classic [en]

I’ve spent a large chunk of my leisurely holiday in Pune trying to continue my “return to Lightroom“. Amongst the various problems I’ve had to solve, one of them was that many of the filenames in my library had one or two leading spaces. How, why? I don’t know. But it creates problems when you want to match files by filenames to weed out duplicates (with Photosweeper for example).

Here’s how I did things, using a plugin called LR/Transporter, and messing with .csv files. Warning: don’t do this if you don’t understand what you’re doing — you can really mess things up!

Adapted from my post on the Lightroom Queen forum:

  1. I sorted my whole catalog by file name so that those with the leading spaces would be listed first, and selected them.
  2. I used LR Transporter to export File name + file name base to a file
  3. I edited this file in Numbers (Excel messed up the encoding, some of my file names have accented characters in them, Google Sheets removed the leading whitespace)
  4. Copied the column containing the base file name to another table, did a search and replace for two spaces to remove them
  5. Trickier: what about one leading whitespace? Some of my filenames have spaces in them, so I can’t just “remove spaces”. I used the “concatenate” function to add a second leading whitespace to those files, then did another search and replace for two spaces, then copied the formula results back onto the original cells.
  6. I now have a two-column spreadsheet with the filenames (whitespace included) in the first column, and the second column has the base filename with leading whitespace stripped off.
  7. I export as CSV after having removed extra columns and empty cells
  8. In Lightroom, I go back to my selected photos, and Import metadata with LR Transporter: I map the “file base name” field to a metadata field that I don’t use, but that can be used as an “ingredient” in a file renaming preset. I chose “Instructions”.
  9. After import, these files should all have their future filename base listed in the “Instructions” field.
  10. Rename the files, composing the new name with the metadata field that has been used to store the whitespace-stripped base filename (in my example, “Instructions”)
  11. After that, just empty the “Instructions” metadata field if you wish!

Hope this might come in handy to someone!

Ralentir [fr]

[en] About slowing down after a few intense months of work.

Depuis fin juin, j’ai mis les bouchées doubles. Et le site est en ligne. Mais moi, j’ai besoin de ralentir. Je cours-cours-cours, comme je l’ai fait tout l’été, moins quelques semaines début juillet où j’ai levé le pied un peu car mon cerveau avait frisé la surchauffe. La ligne d’arrivée est franchie mais je me sens emportée par mon élan.

Des fois, je me souviens d’un conseil qu’il m’avait donné: marcher lentement. Bouger lentement. Moi qui ne vais nulle part ou presque sans courir, qui fais tout le plus vite possible, qui enchaîne pour ne pas perdre de temps.

En fait, je sais prendre le temps. Mais parfois j’oublie, quand je suis lancée, à quel point c’est important. Là, ça fait une dizaine de jours que je suis en décélération. Enfin, que j’essaie. Ça marche, parfois, parfois pas. Comme tout à l’heure quand je suis rentrée avec mes courses et que je sentais l’urgence de vite-vite les sortir de la voiture les amener à l’appart les ranger–

Ben non en fait. Pas besoin. Je peux trainer.

Comme tant de choses c’est une question de regard et de perspective. De la prise de conscience nécessaire, alors que je suis engluée dans le moment présent, que l’urgence c’est moi qui la crée, que je peux en fait ralenter mon pas, monter les escaliers un à un, respirer, ou même m’asseoir un moment sans rien faire.

C’est dur, de ne rien faire. Vous avez essayé? Pas de méditer, non, ça c’est déjà faire quelque chose. Juste de ne rien faire. J’ai vite la bougeotte quand je tente ça. Oh là là, il faut faire ci, il faut faire ça, et si je faisais truc, ah, je sais, je vais arroser les plantes, je me lève–stop, non, je reste assise et je continue cet extraordinairement difficile exercice de ne rien faire.

Dans deux semaines, si tout va bien, je suis dans l’avion pour l’Inde. Je n’ai pas acheté mon billet, encore. Demain. Mais sinon, ma journée n’est pas trop pleine. Je dis pas trop, parce qu’une journée de week-end vide, comme j’aimerais en avoir, juste là maintenant on n’y est pas encore.

Mais ça vient.

Je ralentis.

Moving From Apple Photos to Adobe Lightroom Classic CC [en]

God have mercy on me. A few months ago I decided I was coming back to Lightroom. Now is the time to actually move my stuff out of Apple Photos and into Lightroom. It’s not so much emptying Apple Photos that concerns me as transferring albums, favorites, and editing over to Lightroom.

I had foreseen the headache, and so I am documenting what I’m doing here first of all for myself (because I might end up abandoning halfway through, as usual, and picking up six months later, having forgotten everything), and also for other poor souls out there who might be in the same situation.

First, the easy part: exporting from Apple Photos.

  1. One thing I wanted to “export” was my albums. I went through each album I wanted to keep, selected all the photos in it, displayed information and added a keyword like “my cats album” to all the photos. Kludgy and a little tedious, but does the trick.
  2. When viewing photos Apple lets you display “only edited” photos. This allowed me to export both the edited photo and the unmodified original for photos I had edited in Apple Photos. I then exported the unmodified originals of photographs I hadn’t touched in Apple Photos separately.
  3. I exported these photos into three separate folders, without any subfolders: “Apple edited”, “Apple originals”, “Apple unedited”. I renamed the edited photos to avoid file name conflicts later on, but left the originals/unedited file names untouched, in the hope it would help Lightroom detect duplicates/updated photos later on.
  4. For the original files, I told Apple Photos to write IPTC to XMP. This works great for RAW files (Lightroom grabs the metadata from the XMP sidecar) but not for JPG originals (who are not supposed to have a sidecar). After fumbling around I found my solution: a simple command-line command for exiftools. The person posting had pretty much the same problem as I did, and I just used the solution offered as-is. It throws some errors (when XMP files don’t have anything interesting in them, I think) but works fine.

Now for the real fun: importing into Lightroom.

  1. For this, I used a temporary working catalog, rather than mess up my master catalog directly. I made the working catalog by exporting some photos as a catalog from the master catalog, and then removing those photos from the temporary catalog (not the files though, beware!)
  2. I started with the edited photos, followed by their original files. I moved them into a month-based folder structure parallel to the one I use for my main library (in a folder called “Apple import”). Upon importing, I gave each batch a keyword to be able to figure out who was who later on (“appleedited” and “master of apple edited”).
  3. I ran Find Duplicates 2 on those photos and it turned out quite a pile of them. Not that surprising. I decided to have a look, and saw that there were indeed a lot of “edited” photos that were so close to the original (or unimportant) that I wasn’t going to bother importing a bloated redundant JPG of those “edits”.
  4. I proceeded to cull those “duplicates”. I started out by giving all those photos a keyword to recognise them later (see how I abuse keywords?). I then rejected all the “mess” (screenshots, photos of bank statements…) that comes with exporting photos from your phone.
  5. I then went painstakingly (but as efficiently as possible) through the unflagged photos and used a label to identify those where I was indeed going to keep both the edited version and the master. I could have skipped this but I figure less bloat is better.
  6. Amongst the unflagged and unlabeled photos with the “duplicate” keyword, I filtered for those with “edited” in the file name (remember how I renamed the edited photos upon export from Apple Photos? handy; I could also have used the keyword I attributed the edited versions upon export, come to think of it. Oh well.) I rejected all those edited photos I decided not to keep.
  7. Similarly, I selected the originals for those photos and changed their keyword to indicate they were not a master photo for an edited version anymore. I also removed the duplicate tag and then cleaned up my mess of coloured labels.
  8. I am not deleting any rejected photos until I get everybody back into my master catalog. Hopefully this will clean up a bit of the “smartphone mess”…or not.
  9. I then proceeded to import the photos from Apple Photos which hadn’t been edited. Just 20k of them. It was loooooong.

Now… how to merge all this back into the master catalog without losing any information and without multiplying photos excessively… I’m not sure I have the solution, and I’m going to err on the side of not losing data. I can always hunt for duplicates later.

I picked a year where I had only a couple of hundred Apple photos, and exported a working catalog from the Apple import catalog for only that year. I then imported those photos into my master catalog, without moving the files. To my dismay Lightroom didn’t recognize any as duplicates or updated files. After looking at things manually it’s clear there are duplicates and I was very wise to not try and move the files to their right place in the catalog yet (filenames are identical!)

I set Find Duplicates loose on all the photos for that year. As I’ve previously cleaned up my whole catalog of duplicates, and marked “fake duplicates” with a keyword that allows me to filter them out, I end up with a shortlist of duplicates between my newly imported photos and those that were already in the master catalog. The “edited” photos in the duplicates are not much of a problem, as they are strictly speaking “fake duplicates”. The master photographs are more of a problem: I’d like to retain the keywords from the new photo and whatever keywords/ratings were on the old photo. I can do that by manually synchronising metadata, but it’s super tedious.

For the time being I’ll just mark those duplicates “appledupes” until I can figure out what to do with them.

Next in line:

  • moving those photos into the “final” folders (will involve renaming the Apple photos)
  • trying a year with more photos.