La chance d’être là [fr]

On ne parle pas de ça d’habitude, mais là, on parle de ceux partis trop tôt, des accidents, des maladies qui foudroient. On parle de l’absence de sens de tout ça. De la fragilité de la vie face au coup du sort, ou du hasard, au fait d’être là ou maintenant ou de faire ça ou pas. La bactérie qui passe, l’avalanche, la bôme, le ski qui se détache. La cellule maligne qui prend le dessus.

Je ne crois pas qu’il y ait du sens dans tout ça au-delà de celui qu’on veut bien y mettre. Je ne crois pas qu’il y a une intention derrière le monde au-delà de celle des êtres qui le peuplent. Les hommes, les animaux, et encore.

Il y a des années, pendant mes études, j’étais arrivée à la conclusion que l’Homme est une machine à produire du sens. Nous faisons ça: nous mettons du sens dans ce qui nous arrive, dans ce que nous faisons, dans ce qui se passe.

Mais il n’y a pas de sens “dans le monde”. Pas de transcendance qui tire les ficelles, qui nous dit quand c’est l’heure.

Je crois au hasard. Je crois que le hasard et la chance jouent un grand rôle dans nos vies. Bien plus qu’il n’est confortable de penser. Et je l’assume. Je veux dire que j’assume que ce que je crois, mes conclusions sur le monde, c’est inconfortable. Et franchement, il y a bien des moments où j’aimerais bien croire en des choses plus confortables. Mais je ne peux pas. Et je ne veux pas.

Et donc je refuse de penser que quand on meurt avant l’heure, c’est parce que c’était notre heure. Je crois au contraire au triste et bête concours de circonstances, à la malchance, à la faute de personne, souvent.

Et de plus en plus, je me dis que ceux d’entre nous qui sommes encore vivants, c’est que jusqu’ici, on a eu de la chance. Beaucoup de chance.

Après la marche [fr]

J’étais au chalet à l’Ascension. Mon dos va suffisamment mieux pour que je sois allée faire une petite randonnée, à Nant. C’était bien, de marcher. Franchement, pour moi en tous cas, rien n’arrive à la cheville de la marche ou de l’activité physique pour mettre ma tête sur pause. C’est ressourçant.

Et du coup, j’ai pensé à des tas de choses. A écrire. Et j’ai hésité, un peu. Ecrire ou ne pas écrire? Faut-il vouloir tout écrire? Tout comme: faut-il vouloir tout photographier? C’est important de pouvoir vivre sans arrière-pensée, sans se demander comment on va parler de ce moment. En fait, je n’étais pas partie sur l’idée d’en parler. C’est à la fin de la balade que je me suis dit, ah, mais, ça je pourrais dire.

J’ai même sorti mon dictaphone (tu en as un aussi, cher lecteur, sur ton smartphone) et déversé dedans mes idées en vrac. Ce n’est pas quelque chose que je fais habituellement. J’ai pensé à Kevin J. Anderson, prolifique auteur de science-fiction, qui dicte ses livres. Il part faire de longues balades et il raconte en marchant. Puis il a quelqu’un qui tape le tout. Ça m’avait fascinée, l’idée qu’un auteur/écrivain puisse fonctionner comme ça. Mais moi aussi j’ai dicté, durant près d’un an, quand je ne pouvais plus taper, sauf que moi je dictais directement à l’ordinateur et je voyais mes mots apparaître instantanément à l’écran.

A quelques reprises par le passé, donc, j’ai mis des choses dans mon dictaphone. Mais je les en ai rarement sorties. On verra si cette fois c’est différent, ou si les ranger là était juste un autre moyen de les sortir de ma tête pour les oublier ensuite, en me racontant qu’en fait je les garde précieusement. Ça me fait penser à cet article que j’ai lu sur le fait que déclarer ses intentions diminue en fait la probabilité qu’on les accomplisse. Dans le même ordre d’idées, à une époque je préparais des brouillons des articles que je n’arrivais pas à écrire “maintenant”, souvent avec juste le titre. Mais je n’avais jamais le désir de les écrire, après. Je devais me forcer. Et souvent je ne le faisais pas.

L’écriture reste, pour moi, une histoire d’impulsion. Un moyen d’expression, quand j’ai quelque chose à dire. Je n’ai d’ailleurs jamais aimé le rédactionnel sur commande. J’ai bien fait de ne pas partir dans le journalisme, quand j’étais à la croisée des chemins, en 2004. Il y avait besoin d’enseignants, j’ai enseigné. La suite, vous la connaissez… ou pas.

La marche, donc, ou l’activité physique, c’est ressourçant. J’ai déjà exprimé à plusieurs reprises que j’étais vraiment en train d’intégrer l’importance de donner à mon cerveau du temps en standby. Ce n’est pas étonnant, que c’est important, non?

Culturellement, on le sait. On promeut le sport, pas juste pour les bienfaits physiques, mais aussi mentaux. On part en vacances “faire rien” à la plage. On pratique une activité artistique.

Mais dans nos vies ultra-connectées, un smartphone à la main, je crois qu’on l’oublie. En tous cas, moi, j’ai dû le redécouvrir. Je vois, depuis quelques années, chez mes pairs “toujours connectés” et “toujours actifs”, qu’on en revient. Je vois de plus en plus d’articles sur les bienfaits de l’ennui, de la méditation, de l’inactivité, de la non-productivité. Rien de nouveau, mais quand même. Je crois qu’on est en train, en tant que collectivité, de réaliser que ce sont des choses qu’il faut défendre.

On se rend compte que des outils créés pour garder notre attention captive doivent se poser des questions éthiques: jusqu’où faut-il être attractif? Si on l’est trop, on finit par risquer le rejet, parce que l’individu ne veut pas se sentir esclave. C’est une réflexion que je me faisais au sujet de Seesmic, oui, il y a dix ans, bon sang, dix ans, dix ans hier que la conférence Going Solo a eu lieu. Dix ans. Dix ans. Un hier si lointain.

Donc, Seesmic, c’était génial, mais c’était tellement accaparant que je pensais que risquait de porter préjudice à son adoption. Je ne dis pas que j’avais raison, mais que je pensais ça à l’époque. Il y a dix ans…

Je n’ai pas assez de recul et je n’ai pas assez fait mes devoirs pour pouvoir affirmer avec certitude que ma petite analyse de notre attitude collective face à la problématique “connexion/déconnexion” est autre chose qu’un reflet de mon propre parcours.

Peut-être aussi que c’est une question d’âges de la vie. Pour les romains, il y avait un âge pour être actif dans sa vie, un âge pour l’engagement politique, un âge pour philosopher… (je cite de tête, mes cours de latin du collège). J’ai recroisé cette notion dans un livre que j’ai lu sur le burn-out: la trentaine, ce n’est pas la cinquantaine, et ce n’est pas non plus la quarantaine. L’âge n’est pas juste un nombre, je l’ai toujours pensé. L’âge, c’est tout de même le reflet du nombre d’années de vie qu’on a vécues. On se situe dans un parcours: études/formation, optionnellement fonder une famille, trouver sa voie professionnelle, se stabiliser, arrêter de travailler… C’est lacunaire et simpliste, ce que je présente là, mais c’est très clair pour moi que la façon dont je vis mon “retour à l’emploi salarié” est fortement lié à ma quarantaine.

Je regarde les 20 ans passés et les 20 ans à venir, et je me pose des questions. Le temps où l’on ne pourra ou voudra plus travailler, même s’il reste dans un avenir un peu flou, est quand même vachement plus concret à 45 qu’à 25. A 25 ans, entre dans l’inconnu, professionnellement. On est peut-être même bloqué sur le pas de la porte. A 45, c’est bon, on a compris un peu comment ça marche. On se cherche, encore, certainement, parce qu’on ne cesse probablement jamais de se chercher, mais on est “en plein dedans” pour ce qui est de la vie active. Et quand on regarde le début, la fin ne semble pas si impossible que ça.

Donc j’ai marché, samedi passé, et il y a plein de choses qui se bousculent dans ma tête, parce que la marche a fait de la place pour elles. Je n’ai pas écouté mon dictaphone, là. On verra si je le fais. Si je prends le temps pour ça, ou si les jours qui passent rendent caduques mes projets d’écriture.

Les chats diabétiques: ce qu’il faut savoir [fr]

[en] A summary of my learnings around feline diabetes, since Quintus's diagnosis last November. If you have a diabetic kitty, run -- don't walk -- to the Feline Diabetes Message Board and sign up there. It will be your life-saver, and probably your kitty's, too.

Depuis novembre 2017 je suis plongée dans le diabète félin. Le diagnostic de Quintus m’a rapidement amenée sur felinediabetes.com, une mine d’informations et une communauté active qui m’ont bien soutenue jusqu’à sa rémission le 1er janvier.

Je suis ensuite allée me balader chez les francophones, et comme d’habitude, j’ai été sidérée par le décalage d’informations et de pratiques entre l’anglophonie et la francophonie. J’ai endossé ma cape de “passeuse”, et après m’être fait virer d’un premier groupe facebook parce que ce que j’amenais était “trop pointu” (pour les sous-entendu simples esprits fréquentant le groupe), j’ai ouvert le mien avec l’aide d’une petite équipe motivée à mettre le paquet pour réguler le diabète de leur chat au mieux: Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique.

Le groupe compte maintenant plus de 50 membres, l’esprit d’entraide y est génial, le niveau est bon, nous voyons nos premières rémissions.

Après le diabète de Quintus, je voulais faire un article complet pour rendre compte de ce que j’avais appris. En fait, l’article en question, il a pris la forme de ce groupe. J’y passe beaucoup de temps à rédiger/traduire des documents, expliquer des choses encore et encore… bref. Et j’apprends encore tous les jours: je fréquente aussi le forum allemand Diabete-Katzen (source du protocole sur lequel je me suis basée pour soigner Quintus). J’use de Google Translate et je me rends compte que j’ai quand même des beaux restes d’allemand!

Si vous avez un chat diabétique, je vous encourage vivement à rejoindre une communauté en ligne pour vous accompagner. Même avec la meilleure volonté du monde, votre vétérinaire ne peut pas vous offrir le suivi quotidien dont vous pourrez bénéficier dans ces communautés.

Pour les curieux, ou ceux qui voudraient le résumé, voici les points principaux que j’ai retirés de mes aventures au pays du diabète félin.

Rémission

Chez les humains, une fois qu’on est diabétique, c’est insuline à vie. Pas chez les chats. Avec le bon protocole, le taux de rémission est élevé: 84% pour les chats sous glargine (Lantus) ou detemir (Levemir) utilisant le protocole du forum allemand dans les six mois après le diagnostic (Roomp & Rand 2009: télécharger l’étude parue dans le Journal of Feline Medicine and Surgery; les instructions sur le forum allemand et leur traduction; la variante de FDMB et la traduction).

L’insuline utilisée (Lantus/Levemir), le régime (pauvre en glucides), le test de glycémie à domicile (indispensable), et la méthodologie d’ajustement du dosage sont tous des facteurs dans les chances de rémission. A partir du moment où Quintus a passé de caninsulin à Lantus et où j’ai commencé à suivre sa glycémie de près, il a fallu environ un mois pour qu’il entre en rémission. Dans son cas, son diabète était lié à une pancréatite, que l’on a également soignée, mais c’est pour dire que c’était un mois de boulot assez intense, mais nous sommes maintenant libérés de l’insuline, de ses contraintes et ses risques.

Dans le groupe que j’anime, nous avons un chat qui est en train d’entrer en rémission maintenant. Après un an sous Lantus sans surveillance de glycémie à domicile, deux graves épisodes hypoglycémiques symptomatiques, il fait ses premiers jours sans insuline également juste un mois après la mise en place du protocole de régulation stricte Roomp & Rand (changement de régime alimentaire, surveillance de glycémie à domicile, et dosage de l’insuline selon le protocole).

Insuline

Il y a différentes insuline. Je ne le savais pas (je débarquais côté diabète, ce n’était vraiment pas quelque chose que je connaissais). La plupart des vétos vont donner Caninsulin en première instance (des fois par obligation, suivant le pays). C’est une insuline développée à la base pour les chiens, dont la durée d’action a tendance à être un peu courte pour les chats.

Quintus a fait 10 jours avec, et au vu des résultats peu probants, il a passé à Lantus.

Si vous avez le choix, ma recommandation est vraiment de demander Lantus ou Levemir (ou ProZinc, qui est aussi pas mal). Si on doit travailler avec Caninsulin, on peut, et on a des chats dans le groupe qui sont correctement régulés avec. Mais c’est plus délicat, et j’ai l’impression que le risque d’hypoglycémie est plus élevé qu’avec une insuline plus douce.

Une autre insuline humaine relativement récente est degludec (Tresiba). Il y a visiblement eu des tests avec à l’hôpital vétérinaire de Zurich, un essai est en cours sur FDMB, et il y a eu des tentatives sur le forum allemand également. Cette insuline aurait une durée d’action encore plus longue que Levemir.

Test de glycémie à domicile

Même si les vétérinaires ne le proposent généralement pas d’office (les clients sont déjà flippés par le diabète et la lourdeur du traitement, certains refusent en bloc ou envisagent même l’euthanasie!), le suivi de la glycémie à la maison est indispensable.

Tout d’abord pour une question de sécurité. Est-ce qu’on imaginerait un diabétique humain se donner des injections d’insuline à l’aveugle, avec un contrôle toutes les quelques semaines? On sait tous que le risque mortel du traitement à l’insuline est l’hypoglycémie. On veut l’éviter. Donc on garde un oeil sur la glycémie.

Et je vous vois venir: prendre la glycémie ne fait pas mal au chat, à peine une piqûre de moustique, on prend vite le pli, et une fois qu’on a le truc en 30 secondes c’est liquidé. Comme on donne une petite récompense après, on a des chats qui arrivent en courant se mettre sur le table pour leur test de glycémie, d’eux-mêmes.

Quand on donne de l’insuline sans tester la glycémie à la maison, il y a deux risques:

  • l’hypoglycémie: les besoins en insuline évoluent. Le chat, en particulier, s’il est assez bien régulé, peut entrer en rémission ou voir ses besoins en insuline chuter. Si on ne teste pas, on le découvrira parce qu’on retrouve un jour son chat inanimé par terre au retour du travail (je rigole pas). Une hypo clinique, c’est beaucoup de stress (pour chat et maître), une hospitalisation souvent coûteuse, et on a de la chance si le chat s’en tire sans séquelles, et s’en tire tout court. Ne faites pas courir ce risque à votre chat.
  • l’hyperglycémie: comme on veut éviter de trouver son chat en plein crise d’hypoglycémie au milieu de la nuit, si on ne contrôle pas sa glycémie à domicile, on va sous-doser l’insuline. C’est tout à fait logique, comme attitude: sécurité d’abord. Mais l’hyperglycémie n’est pas sans risques (c’est pour ça qu’on donne de l’insuline aux diabétiques au lieu de les laisser baigner dans leur sucre): terrain propice aux infections, dégâts aux organes (reins entre autres), glucotoxicité (résistance à l’insuline), production de corps cétoniques (hospitalisation longue et coûteuse, peut être mortel — l’expérience des communautés de patients auxquelles j’ai accès est qu’on a plus de chats qui meurent de cétoacidose diabétique que d’hypoglycémie. Laisser un chat diabétique être mal régulé, ce n’est donc pas anodin ni sans risques.

Le test à domicile permet donc une bien meilleure régulation de la glycémie. Avec Lantus et Levemir, il permet même une régulation stricte: on fait en sorte que la glycémie reste à peu près 24h/24 dans des valeurs “non-diabétiques” (c’est l’objectif du protocole Roomp&Rand et cette approche n’est certainement pas étrangère au très fort taux de rémission). On utilise un tableau de suivi de glycémie pour pouvoir analyser les mesures faites afin d’ajuster le dosage.

Il existe des glucomètres pour animaux (le calibrage est un peu différent que pour les humains). Les bandelettes pour ces glucomètres sont toutefois vraiment chères. On peut sans aucun problème utiliser un glucomètre pour humains. Les valeurs sont légèrement décalées mais les instructions de dosage et les seuils de sécurité qu’on utilise sont prévus pour ces glucomètres humains. Peu importe que ce ne soit pas exactement la “vraie” valeur que mesurerait le labo: c’est assez proche pour nous permettre de suivre l’évolution de la glycémie, ajuster les doses en toute sécurité, et amener des chats en rémission.

Alimentation pauvre en glucides

L’alimentation joue un rôle énorme dans la régulation du diabète. La première chose à faire avec un chat diabétique, même avant de le mettre sous insuline, c’est de passer à un régime pauvre en glucides (moins de 8-10% en matière sèche).

Il y a des aliments thérapeutiques “spécial diabète” (j’ai utilisé ça, je ne voulais pas partir à la chasse à la nourriture juste avec tout ce que j’avais à gérer), mais il y a plein de pâtées pauvres en glucides qui coûtent moins cher et peuvent faire l’affaire. Les croquettes, même les plus pauvres en glucides, sont encore généralement assez élevées en glucides comparé à ce qu’on peut trouver dans les pâtées.

Procéder avec grande prudence si le chat est déjà sous insuline: le changement de nourriture va faire chuter les besoins en insuline, et si on fait ce changement brutalement et sans surveillance, on risque vraiment une hypoglycémie. Ça a failli m’arriver avec Quintus: j’avais changé sa nourriture, je n’ai pas pensé à le dire à mon vétérinaire (c’était le début, je n’avais pas réalisé à quel point c’était important!) — heureusement celui-ci m’avait prêté son glucomètre et dit de contrôler la glycémie avant injection. Si je n’avais pas fait le test ce matin-là (il était très bas) et injecté à l’aveugle, je n’ose pas penser à ce qui serait arrivé.

Corps cétoniques

On peut trouver facilement en pharmacie des bandelettes (ketodiastix) qui permettent de détecter le glucose et les corps cétoniques dans l’urine. Il suffit de la passer sous la queue du chat quand il urine (ou mettre un petit plastique pour récolter l’urine et y tremper la bandelette).

Même si on ne teste pas la glycémie à domicile, ce test-ci devrait être fait. C’est vraiment le degré zéro de la surveillance.

La quantité de glucose dans l’urine peut vous donner une idée de la régulation (même si c’est très imprécis). Et surtout, il faut s’assurer de l’absence de corps cétoniques. Si ceux-ci apparaissent, c’est vétérinaire direct!

On se retrouve avec des corps cétoniques quand le chat ne reçoit pas assez d’insuline, pas assez de calories, et a un souci supplémentaire comme par exemple une infection (je n’ai pas compris tous les mécanismes, mais grosso modo c’est ça). Donc une bête infection urinaire ou une gastro (le chat vomit) peut nous amener là. Une fois que les corps cétoniques ont fait leur apparition, c’est le cercle vicieux: la glycémie augmente, le chat est mal, il vomit… et si on ne fait rien, il finit par mourir.

Stress…

Il ne faut pas se leurrer: gérer un chat diabétique, c’est stressant, en tous cas au début. Il y a un tas de choses à apprendre, on craint pour son chat, on doit faire des gestes médicaux (injections etc) qui nous effraient peut-être. Si on veut assurer un bon suivi on va tester la glycémie plusieurs fois par jour, commencer à réguler la prise des repas, il va falloir être là toutes les 12h pour faire l’injection. Ça fait beaucoup.

En plus, on peut se heurter à l’incompréhension de notre entourage, qui trouve qu’on s’acharne, qui ne comprend pas qu’on puisse se donner tout ce mal “juste pour un chat”.

Suivant comment les choses se passent, notre confiance en notre vétérinaire peut aussi se trouver ébranlée. Plus ça va, plus il me semble que le diabète félin est un peu un “parent pauvre” de la médecine vétérinaire. A leur décharge, les vétos doivent “tout savoir sur tout”, et pas juste pour une espèce, le diabète félin n’est pas très courant, et beaucoup de maîtres vont hésiter devant la lourdeur du traitement: la prise en charge “standard” du diabète félin reflète ça. Mais c’est très inconfortable de se retrouver pris entre ce que nous indique le professionnel de la santé et ce qu’on trouve “sur internet”: on finit par ne plus savoir à quel saint se vouer.

Largement, toutefois, ce que je constate à travers les expériences des autres maîtres de chats diabétiques que je côtoie, c’est que quand les clients montrent à leur vétérinaire qu’ils sont motivés à faire une prise en charge sérieuse du diabète de leur animal, qu’ils comprennent ce qu’ils font, que leur méthode est solide, les vétos se montrent généralement ouverts, et parfois même ravis d’élargir leurs horizons.

A travers tout ça, pouvoir échanger avec d’autres personnes “ayant passé par là”, faire partie d’une communauté qui se serre les coudes et se soutient, c’est extrêmement précieux. Pour ma part, ça m’a clairement sauvée plus d’une fois du pétage de plombs 🙂

“Ça, je fais plus!“ [fr]

Lundi, chez le vétérinaire.

Lui: “Salut, tu vas bien?”
Moi: “Oh, moi je vais bien, mais mon dos pas trop… j’ai porté des trucs lourds ce week-end…”
Lui: “Ah, haha, ça je fais plus!”
Moi: “Je crois que je suis en train d’apprendre à ne plus faire…”

Vous me direz que se plaindre de vieillir à la quarantaine, c’est faire un peu la peignette. Mais quand même. J’ai pas eu mal en portant ces trucs lourds. J’ai plié les genoux, j’ai fait “juste” autant que possible. Mais mes disques ont clairement pas aimé. Il ne suffit plus de me poser la question “suis-je capable de soulever” (oui, bien sûr); je dois aussi savoir, en amont, que si je fais ceci ou cela qu’il me semble que je peux faire, ben non, en fait je ne peux pas, parce que je vais le payer cher après.

Apprendre à se mettre des limites avant de se retrouver dans le mur. L’apprentissage de toute une vie?

Je vous laisse, il faut que j’appelle ma physio pour voir si elle peut me prendre lundi…

Matin sans photo [fr]

Ce matin, à l’annonce d’une journée magnifique, c’est la brume qui s’échappe des champs et vallons. Elle s’installe dans les petits creux, cottoneuse, elle se prélasse devant les bois, capturant les rayons éclatés du soleil qui les traverse, au gré du passage des wagons à travers la campagne. Une touche de givre fait pâlir le paysage, et toujours, derrière, les montagnes blanches qui découpent le ciel.

Comme hier, il n’y aura pas de photo. Elle ne rendrait pas justice à ce que j’ai pu voir. La faute à mes maigres talents de photographe, au smartphone qui cherche frénétiquement un angle à travers les reflets de la vitre, au réel qui parfois refuse de se laisser capturer.

Une idée aussi qui a pris racine dans ma tête, sans crier gare, comme c’est souvent le cas, de sorte que je ne sais même plus où je l’ai croisée, cette idée, et que je vais être bien en peine de retrouver sa source: le fait de prendre des photos a un impact, pas toujours positif, sur nos souvenirs de ce que l’on voit ou vit. J’ai oublié les détails, l’explication, mais l’idée a planté ses petites racines dans mes pensées, et elle me travaille.

Je prends beaucoup de photos. Depuis… pas tout à fait toujours, mais presque. Et ça fait longtemps que je sens que prendre des photos peut être un moyen de s’éloigner de l’instant présent, de sentir moins. Ça me revient: un élément de cette idée-qui-pousse, c’était que la prise de vue nous incitait à “déléguer” la fonction souvenir à notre appareil.

Est-ce que je veux plus de souvenirs-photos que je ne consulte que rarement, ou plus de souvenirs-cerveau accessibles immédiatement (au sens premier), mais surtout, qui font partie de moi?

Une heure plus tard [fr]

[en] Trying to move my schedule 1 hour later.

Aujourd’hui, premier matin de mon horaire “une heure plus tard”. Je me suis mise à y penser sérieusement à mon retour de vacances, après le changement d’heure. Pas tant à cause du changement d’heure lui-même, mais parce qu’après une semaine de vacances, retrouver le rythme “Diane debout 5h30” et la descente à la gare dans la nuit, bof.

Je sais bien que la difficulté du lever est une histoire relative. On prend un rythme. Mais il y a aussi d’autres considérations.

Debout à 5h30, ça implique, si je veux mes 7h30 de sommeil réglementaires (pour moi! on n’est pas tous égaux devant le besoin de sommeil), d’être en train de dormir à 22h00, et donc qu’à 21h, 21h30, je commence à me réduire. Ça veut dire que si un jour je suis bien raide, je risque même de me retrouver au lit avant 21h (ça m’est arrivé). Quand il fait jour jusqu’à passé 22h en été… psychologiquement, je trouve ça un peu pénible.

J’ai initialement opté pour l’horaire “5h30” parce qu’il me permettait d’être de retour chez moi à 18h le soir. C’est pratique car le vétérinaire et les magasins sont encore ouverts. Et surtout, en hiver, il fait un peu moins nuit. Maintenant que les jours se rallongent, l’idée de n’être chez moi qu’à 19h est beaucoup moins déprimante. Il y a encore de longues heures de jour. Et l’idée de “me mettre au lit” vers 22h et de viser de dormir à 23 me semble plus raisonnable qu’avec l’horaire 5h30.

Le désavantage, évidemment, c’est que ça décale mes heure de travail, et alourdit mon après-midi. J’aime mieux travailler plus longtemps le matin et avoir un après-midi court. Mais on ne peut pas tout avoir.

Alors aujourd’hui, premier jour de test. Je ferai un petit bilan en courant/fin de semaine prochaine. La première bonne surprise, c’était la lumière du jour lorsque j’ai ouvert mes stores. Il fait jour quand je me lève! Il y a un peu plus de circulation (et ça va empirer après la fin des vacances), mais le train n’était pas plus plein (aussi, à voir après les vacances.

J’ai pu profiter du magnifique panorama en traversant Lavaux, du coup. Je ne m’en lasse pas. Aujourd’hui, il fait moche, on a eu un gros orage hier soir, il a plu durant la nuit. Très moche. Gris et sombre.

Mais depuis mon train surplombant le lac, je vois la trouée de lumière derrière nous sur le Jura, qui se glisse sous l’épais nuage noir qui nous raconte encore l’orage. De l’autre côté du lac, sur Evian il me semble, il y a carrément une tache de soleil, qui se transforme avec la pluie en une tache d’arc-en-ciel, comme une lampe multicolore dans le gris de ce paysage menaçant.

Il y a une fine bande claire découpant les montagnes qui surplombent Saint-Gingolphe et Meillerie, accentuant encore leur tombée dramatique dans le lac. Plus loin, direction Valais, on voit le blanc de la neige qui est encore tombée sur les sommets.

Le temps d’arriver dans la campagne fribourgoise, le ciel se dégage un peu, le soleil fait une apparition timide sur quelques collines, et on devine qu’il va peut-être pouvoir faire beau.

Ma journée “6h30” commence bien.

Lunettes de lecture [fr]

[en] Reading glasses.

Je crois bien que c’était à Kolkata, en 2015, que j’ai réalisé que je peinais un peu à lire, le soir. J’ai toujours eu une “bonne vue”, mais je me suis dit, passé les 40, ce serait peut-être bien d’aller faire un contrôle.

D’oculiste en ophtalmo, je ressors avec un oeil bizarrement astygmate et compliqué à corriger, et une presbytie pas tellement dramatique à +0.75. Enfin, strictement parlant, j’étais entrée avec aussi.

L’oeil astygmate, je pense que c’est la conséquence de l’éclat en métal qu’il a fallu déloger en rasant un peu de cornée. Etait-ce justement en été 2015? On avait accusé ma décapotable, mais je suis maintenant persuadée que le coupable est le store rouillé du balcon du chalet. Ne pas regarder en haut quand on le déroule…

J’ai donc acheté une paire de loupes toutes faites en pharmacie. J’ai trouvé du +0.75! Pas de garantie pour le style, mais pas de trou dans le budget, surtout pour des engins que je n’étais même pas certaine que j’allais vraiment porter beaucoup. C’était surtout utile pour faire des coloriages (et ne pas déborder).

Au final, les coloriages ont un peu pris une pause, et j’ai augmenté la taille de la police sur ma Kindle.

Deux bonnes années plus tard, je prends mes premières vacances (non-malades) d’employée depuis plus d’une décennie. Et je me dis que je pourrais faire un peu de coloriage, au chalet, pour me vider la tête. Et je retrouve mes lunettes. Et je les embarque. J’avais en passant regretté de ne pas savoir où je les avais rangées lors du diabète de Quintus: viser la petite veine capillaire dans l’oreille à 6h du matin, mesurer des mini-doses d’insuline entre les graduations de la seringue, tout ça aurait probablement été plus facile avec.

Premier coloriage, effectivement, ça fait une grosse différence! Le soir, sur ma Kindle, je me souviens que j’ai des lunettes, j’essaie, et oui, c’est vachement pas mal. Je prends gentiment le pli de la lecture avec lunettes.

Puis je me demande si ça aiderait devant l’écran. Surprise: oui!

Je passe donc deux semaines en compagnie de mes lunettes.

De retour au travail, je prends conscience que je suis en train de froncer quand même pas mal le front devant mon ordinateur de travail… Et si…? Parce que c’est comme avec les appareils auditifs, en fait, on réalise qu’on pourrait (devrait!)  faire moins d’effort, et le cerveau se rebelle. Se rendre la tâche inutilement plus pénible, c’est fini!

Du coup, aujourd’hui, j’ai amené mes lunettes avec moi, et on va voir si elles m’aident avec mon écran au travail.

Ah oui! Depuis quelques années (?) j’ai des maux de têtes plus fréquents que par le passé. Et si c’était lié?

Back to Lightroom [en]

[fr] Retour à Lightroom après deux ans et quelques d'infidélités avec Apple Photos.

Two and a half years ago I took the plunge and started using Apple Photos “seriously”. It quickly became my main photo library, and the comfort of having photos sync seamlessly across devices became something I was not willing to do without. Lightroom was just not there yet (I tried, it was a nightmare), so Apple won.

Over my holidays I peeked back into Lightroom, which I’d neglected since then. And it clearly wins when it comes to organising and editing photos. Time has done its magic, too, and syncing across devices now works! It’s still reasonably early days, but it’s good enough for me.

Here’s what I’m looking at:

  • my main photo library is (and remains) Lightroom Classic CC — or “good old Lightroom” that we’ve known for years
  • I have the mobile version of Lightroom on my phone and tablet
  • I have created a collection called “mobile” in which I stuff the photos I want to sync with Adobe Creative Cloud and have available on phone and tablet (right now, all my 2018 photos)
  • I have set my phone to “auto-add” any new photos from the camera roll into Lightroom: this means that if I take a photo with my phone or tablet (omg), it will be added into Lightroom mobile, synced over Creative Cloud, and downloaded to the correct monthly folder on my computer (“Lightroom sync” setting in preferences in Lightroom Classic CC)
  • I have also installed Lightroom CC (desktop client built from the ground up specifically for dealing with photos stored in Creative Cloud), without making it download originals (it’s in the settings), so that I can benefit from the AI subject detection to search photos
  • I also use the web client so that I can benefit from the AI “pick my best photos” functionality — this is seriously the killer, as far as I’m concerned
  • I have a monthly “photography” subscription which includes Lightroom Classic CC, Lightroom CC, Photoshop CC (+Spark&Portfolio), and a measly 20Gb of cloud storage
  • I’ll certainly shell out what’s needed for the 1TB plan at some point, but as I’m only syncing Smart Previews to the cloud from Lightroom Classic CC, the 1000+ photos I have in CC don’t even take up 8Gb (my library is 70k, but a few thousand photos in the cloud is enough to play with it for a bit)

I do have a few headaches:

  • RAW and JPG: I’ll let you read the thread for details, but I’ve come to the conclusion that I should be working with JPG. I’m happy to not retouch photos if I can avoid it.
  • I’ve taken a lot of “RAW+JPG” photos with my camera, which means I have the JPG handy, but there is no way in Lightroom to say (like in Apple Photos) “hey, use the JPG for this one”; either the JPG is simply there as a sidecar, or it’s a separate photo, and there is no way for Lightroom to “know” that photos A and A’ are in fact the same photo in two different formats
  • I don’t like the idea of throwing away the RAW file, but the way Lightroom deals with RAW+JPG pairs is making me consider doing JPG only
  • I’ve taken some “RAW only” photos… so I’m going to have to deal with those. My photo post-processing skills aren’t great, and it’s not something I take pleasure in. I did get a Huelight camera profile for my old Lumix G2, which seems to help a bit.
  • I have a pile of albums in Apple Photos, and retouched photos, that I’d like to import into Lightroom. Apple Photos lets you export either the originals or the edited photos of any album, which can then be imported into the Lightroom catalog, and between the Find Duplicates and the Teekelesschen Duplicate Finder plugins I can figure out which version of each photo I actually want in the catalog. I’m still fiddling with the process but it’s workable. (I discovered the use of temporary working catalogs doing this, yay!)

 

Not Giardia? [en]

As many of you know, I’ve been ill this winter. It started out with what seemed to be a simple stomach bug in early December, but it turned out I had a giardia lamblia infection — probably brought back from India in 2015 (at least), and mostly dormant (well, with hindsight, there were subclinical symptoms) until tiredness of a new job with a demanding schedule and winter funk pushed it (me?) over the edge.

I relapsed after the first treatment, and the second, and seemingly after the third. A month of being unwell after the third treatment led me to repeat the analysis to make sure the nasty protozoan was still around.

It wasn’t.

Much as having giardia detected in December came as a huge relief (I hadn’t been dreaming this last couple of years that my digestion wasn’t great and that my tiredness wasn’t normal), this negative result left me nonplussed. If I didn’t have giardia anymore, what was going on? And if I did it now, and my third relapse wasn’t a relapse, what about my second relapse? And the first?

Doubting myself, again.

Thankfully, by the time I got the results I’d gone about a week feeling better. Lots of rice and no dairy, had said the doc. I’d been doing that since before the third treatment. Maybe my gut was finally rested enough that it had stopped misbehaving?

I don’t know if I had a third relapse and got over it myself. Though giardia can be really hard to get rid of, you’re also supposed to be able to eliminate it yourself. And a week or so after the end of that third antibiotic treatment, I found myself extremely tired and sleeping a lot. Maybe it was my body putting up the fight?

I’ll never know.

Now, things are quite good. Two weeks of holiday also helped. It’s hard to recuperate from a long illness when you’re working nearly full-time over an hour from home.

I can now eat cheese without any trouble. I’m going to take a second batch of probiotics (s. boulardii). I took the first early in my holidays, a bit less than three weeks ago. I’m careful not to overload my digestive system, particularly with raw veggies (salad) or dairy.

I’m much less hungry than I was. I can actually “stand” being hungry. I used to get frantic if I didn’t have food. It seems much better now. Was it giardia? Was it something else that all the antibiotics got rid of? How long have I had giardia?

Again, I’ll probably never know.

So, I’m less hungry, and eating less, and I can wear the trousers I couldn’t fit in last autumn again. I’ve lost weight, in between being ill and having less of a “stuff myself” drive. Maybe I’ll be able to reduce my grocery budget 🙂

Marre de l’indignation [fr]

[en] Outrage fatigue.

L’indignation (“outrage” en anglais, attention, faux ami) est ce qui fait tourner Facebook, malheureusement. C’est l’émotion qui “marche” le mieux, nous fait partager, réagir, revenir. Facebook est une plateforme dont les algorithmes sont optimisés pour “l’engagement” (un autre faux ami), c’est-à-dire notre investissement en temps et en interactions avec la plate-forme. Likes, partages, commentaires: tout est bon à prendre.

En 2002, j’écrivais Blog provoc’, parce que j’avais repéré cette tendance sur les blogs de l’époque. On écrit pour faire réagir l’autre. Sur facebook, les contenus qui “marchent” le mieux, à savoir qui font réagir et revenir sur la plateforme, ce sont aussi les contenus qui titillent l’autre, le provoquent, l’indignent.

Quand quelqu’un poste exprès un contenu qui vise à faire réagir émotionnellement autrui, de façon négative, afin de se nourrir de son attention et de son énergie, on l’appelle un troll.

Les algorithmes des médias sociaux sont malheureusement optimisés pour les trolls, ou le type de contenu que pourrait poster un troll.

Heureusement, il n’y a pas que ça. Il y a de très belles choses dans les médias sociaux. L’entraide, par exemple. Des amitiés qui se créent. Rester en contact avec les vies de ceux qu’on aime, ou qu’on aimerait mieux connaître. Ou juste rire, ou apprendre quelque chose d’intéressant ou d’utile.

Mais là au milieu, il y a tout ce contenu “qui marche” trop bien, qui active en nous des compulsions, qui nous fâche et au final, qui nous fait nous sentir moins bien.

Si vous voulez vous émouvoir de tous les maux du monde, Facebook est l’endroit idéal. 24h/24, 7 jours sur 7, vous pouvez vous indigner à bon marché: pour l’état de la planète, la politique, les animaux maltraités, la connerie des gens, et même des choses qui ne sont pas vraies, tant l’intox (oui, on avait déjà un nom pour ça avant “fake news”) se plaît dans cet environnement à fleur de peau et à clics de souris.

Non, je ne prône pas l’abandon de Facebook. C’est utopique et ça ne règle pas le problème de fond. Mais un peu de recul, oui. Comprendre les réglages qui vous permettent de gérer un peu vos données privées. Comprendre les mécanismes qui nous font revenir encore et encore. Développer son esprit critique pour avoir une chance de repérer les intox, même (surtout!) celles qui racontent une histoire qui nous plaît. Savoir se désengager. Choisir ses combats, et ne pas gaspiller son indignation juste parce que quelqu’un a partagé quelque chose. Choisir d’agir vraiment sur le monde, au lieu de juste sentir.