Laisser tourner ma tête [fr]

Ces derniers mois, j’ai réalisé que… (J’ai toujours l’impression que c’est ces derniers mois. Mais ça vient sournoisement. Ça doit mettre des années. Bref.)

J’ai besoin de pouvoir laisser ma tête tourner à vide. Au ralenti. Au point mort. En roues libres. Être constamment soit en train de lire, de discuter, ou d’écouter des podcasts, ça ne laisse pas de temps à ma tête pour juste divaguer. J’ai pris conscience de ça de façon aiguë dans les semaines avant de partir en Inde.

Alors en Inde, j’ai fait un gros effort de déconnexion. Lecture de mon livre, oui. Facebook: très minimal. Trier des photos, oui. Podcast: lors des insomnies du décalage horaire. Ne rien faire. Laisser mes pensées se balader.

Ces jours, alors qu’il se passe plein de trucs dont je vous parlerai plus tard, je sens fortement ce besoin. J’ai arrêté d’écouter des podcasts en conduisant, en faisant la vaisselle, en mangeant. A plus forte raison vu que je ne peux pas faire de sport (repos complet pour ma hanche, toujours), à peu près la seule activité que j’avais “sans input ni cogitations intellectuelles”.

Ma tête a besoin de bande passante, elle aussi.

Rendre visibles ses articles de blog, c’est galère [fr]

[en] Yep, making your blog articles visible sucks -- so does making anything visible.

Bon, pis les blogs? “Galère pour rendre visibles ses articles de blog,” me dit-elle. Je crois que c’est comme pour tout. On est vraiment sur-sollicités. Tout le monde et toutes les marques sont sur Facebook. C’est la surenchère du “comment faire pour que les gens remarquent ce que je fais”. Parce que oui, faut faire bien, être pertinent, répondre à un besoin chez l’autre… mais s’il ne sait pas qu’on existe, tout ça, c’est inutile!

Je ne dis rien de nouveau. C’est pour ça qu’on a la pub. On est tous dans une grande foule à tenter de se faire entendre. Ou voir. Le premier qui monte sur la table ou les épaules de quelqu’un, on va le voir. Mais si tout le monde le fait, on ne voit plus personne.

La solution? Perso, je pense qu’on va “en revenir” un peu, de cette surenchère à capter l’attention de tous. Quand tout le monde vous crie dans les oreilles, celui qui vous donne un petit billet réussira à se faire entendre. C’est ce qu’on disait au début du web, ce que disait le Cluetrain: on est pas des “eyeballs”, on est pas des nombres, on en marre qu’on nous objectifie pour nous vendre des trucs.

Et j’ai l’impression, de plus en plus, qu’online est devenu ce qu’était avant offline. Exemple bête, les infos. J’ai arrêté de regarder les infos il y a des années parce que ça ne faisait que me rendre plus anxieuse. Maintenant les infos sont partout sur Facebook et Twitter. La pub aussi.

Alors, moi, je crois (et j’insiste sur “croire”, c’est une croyance) qu’on va finir par revenir au fondamental: aux gens, aux relations. Quand on est saturé d’infos, et qu’on réalise qu’on ne peut pas leur faire confiance (Fake News anybody?) on va finir par recommencer à demander à son voisin ce qu’il en pense.

Retour au personnel, au relationnel. (C’est de ça que j’ai causé mardi à Genève, d’ailleurs.)

Alors, le blog? Le blog reste (j’en suis persuadée) l’endroit par excellence pour une communication humaine un peu plus développée et moins réactive que les commentaires Facebook. La discussion c’est bien, et utile, et nécessaire, mais des fois c’est bien de réfléchir un peu plus tranquillement dans son coin.

Son problème, c’est la distribution, et c’est là qu’il est “comme tout le reste”. Faut avoir un réseau de malade sur Facebook, Instagram, Twitter, et ailleurs. Faut savoir présenter les choses de façon accrocheuse pour capter l’attention du facebookeur décérébré (je sais, j’en suis aussi), qu’il clique et qu’il lise (et ne se contente pas juste de partager, ou pire, d’ignorer). D’ailleurs, je mets maintenant des photos à mes articles, même si elles n’ont rien à voir. Sinon, ils n’existent même pas, dans l’écosystème de distribution Twitter-Facebook-Linkedin.

Le chat qui miaule bien fort obtient les croquettes…

Les lecteurs RSS sont quand même bien morts avec Google Reader.

Le revers (positif) de la médaille, c’est l’e-mail. Avec la démocratisation des outils sociaux, notre e-mail s’est quand même un peu vidé de toutes sortes d’activités qui fonctionnent mieux sur Facebook et consorts. Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je ne croule pas sous les mails. Les humains ont appris à utiliser des filtres (pas tous, ok, mais quand même), Gmail a commencé à regrouper nos longs échanges en conversations, et les boîtes de réception sont de plus en plus intelligentes.

L’e-mail, qu’on a voulu mort il y a des années (je me souviens de quelques interviews, dont une, j’étais sur le quai de la gare de St-Prex, marrant comme ça marche la mémoire, bref, on essayait de me faire dire que l’e-mail c’était fini, non mais tu rêves), c’est un certain retour à ces messages de moi à toi, en privé, loin de tout le bruit et des sollicitations. C’est pas pour rien que les newsletters reprennent du poil de la bête.

Donc, assurez-vous qu’on puisse s’abonner à votre blog par e-mail. J’adore le blog de Sylvie. Mais si je n’étais pas abonnée par e-mail, je raterais beaucoup d’articles. L’e-mail, je sais que je le regarde. Au moins le titre. Les réseaux sociaux, c’est pas fait pour tout voir. C’est conçu pour faire remonter les voix les plus fortes, et ce sont elles qu’on finit par entendre. On y a beaucoup cru (je me mets dedans), mais ça a des effets vachement pervers, mine de rien.

Donc oui, rendre son blog visible, c’est la galère. Rendre n’importe quoi visible, en fait.

Il y a certainement des choses à redire concernant les idées que j’émets ici. J’ai écrit tout ça d’une humeur un peu “coup de gueule” qui reflète aussi où j’en suis par rapport à tout ça. Si vous avez des objections ou des avis différents, je serai ravie de les entendre.

Quiet Me Time [en]

“But… Stephanie, you’re not allowed to do that to yourself!” She said. In this case, “that” was a day that started at 9am and finished at 10pm, pretty much back-to-back meetings and appointments. There was also the podcast on “addictive technology“, and this question that comes to my mind a dozen times a day when I’m on Facebook: “would I rather be doing something else?” — something like reading, or tidying the house, or cooking, or going for a walk (can’t with my hip, but you get the drift). And this article on firewalling me time, even at the price of limiting social activities. Another one about the importance of quiet time, a precious reminder, even though it’s not a new idea to me. All that on a backdrop of keeping an eye out for emotional labour.

So the other evening I took out my calendar, and blocked out “me evenings”. There aren’t quite enough available, but I did my best. I also gave myself the morning off after I go all the way to Basel for an evening talk. And quiet week-ends when I come back from travelling. I realised I could go to social/networking events and stay for one hour instead of three. Or say no when I’m asked (with no ill-intentions) to sacrifice my quiet time to make things easier for somebody else.

Maybe one of the reasons I don’t like planning my work, and give up quite fast when I do: I do not protect myself enough when I plan, and therefore burn myself out when I try to follow the plan.

I’ve realised I need more “no input” time. Time when my brain can wander. Time without the computer, the phone, or podcasts. Time when I’m not working or actively doing something that requires my attention. Listening to music is quite good, because my thoughts can drift off. Reading a book is all right too, because I can daydream. And repeatedly, I ask myself: “would I rather be doing something else?” when I’m caught in the social media consumption cycle.

And my upcoming Indian holiday will be largely offline.

Addictive Tech [en]

This week-end I was listening to a Fresh Air interview of the author of Irresistible, on addictive technology. I don’t like the idea of considering tech overuse as an addiction. But if we leave words like that one aside, I find myself in agreement with Adam Alter.

Here’s my main take-away, the one that has been trotting in my head since then: if you find yourself checking Facebook or whatever on your phone when you would actually rather be doing something else, then it means there is a problem.

This happens to me. A lot. But being aware of it makes it reasonably easy to snap out — which I have been doing regularly these last days. “Do I really want to spend my Sunday morning hanging out on Facebook?”

I’ve also installed Moment to try and get some objective measure of my usage, but I keep forgetting to take the screen shots.

Russian Passenger [fr]

Tout à l’heure, j’ai écouté l’épisode “The Russian Passenger” du podcast Reply All. Alex arrive avec une question: il a d’un coup commencé à recevoir des alertes Uber pour des trajets à Moscou, au milieu de la nuit. Il voit que les trajets sont facturés à sa carte de crédit.

Il tente de se connecter à son compte via l’application sur son téléphone mais… son compte ne semble plus exister! L’investigation subséquente nous mène dans le monde du traffic de comptes et de mots de passe. On envisage d’abord l’hypothèse d’une faille de sécurité chez Uber, abandonnée au profit de la réutilisation de mots de passe. En effet, quand on réutilise ses mots de passe, il suffit qu’un service qu’on emploie soit compromis, et les trafiquants de comptes vont ensuite essayer notre combinaison “e-mail + mot de passe” un peu partout, pénétrant ainsi dans des comptes de service qui n’ont pas été compromis. Dans le cas d’Alex, il semblerait même que ce soit son compte Gmail qui ait été hacké, alors même qu’il utilise la double authentification… Le mystère demeure.

Bref, encore une histoire qui met en avant l’importance de ne jamais réutiliser ses mots de passe, et donc d’avoir un gestionnaire de mots de passe pour les gérer (parce que s’en souvenir c’est impossible).

More Friction [en]

I think that now that we are all experiencing that we can be “public” (something we couldn’t 20 years ago) we’re going to be crawling back into more private spaces, understanding that the advantages we can see to “reaching more people” or “micro-fame” come with a load of drawbacks. But we need time in these public spaces to really get what those drawbacks are (as a society).

On a personal level, I can feel the pull towards publication spaces which have more friction. I was reading an author’s blog this morning — a full-time SF author who is quite well known. There were only a handful of comments on each blog post. It felt, reading his blog, that I had a priviledged contact with him — something I’m not going to feel on his 25k+ facebook page. Something that reminds me of the early days of online socialising and blogging.

When I write stuff on my blog, although it’s “the public internet”, it feels like a more intimate space, because it’s less reactive. The content is harder to get to. And there is value in that.

This was initially a Facebook comment.

Incident malentendant [fr]

La surdité est la plupart du temps invisible (“malentendance” serait plus correct mais moche). On voit les lunettes, mais pas les appareils auditifs. Tout à l’heure au centre de biométrie et des documents d’identité, le gentil fonctionnaire m’envoie dans la cabine photo-empreintes, puis me donne des instructions depuis derrière son guichet.

Je ne le vois pas. Je ne l’entends pas très bien. Je stresse, j’ai peur de mal comprendre ce qu’il me dit. La première photo, je regarde à gauche, parce que j’ai pas retenu “regardez droit devant vous” et que je tendais l’oreille pour voir s’il me disait quelque chose, et quand je tends l’oreille, je regarde à droite et à gauche, visiblement.

Sur la deuxième photo, j’ai la pire tronche de repris de justice, parce qu’en plus du look “photo d’identité biométrique” je suis stressée et concentrée.

Je ruminais sur cette histoire en rentrant, et j’ai réalisé un truc: j’ai toujours peur de mal comprendre les consignes ou instructions quand il y en a. C’est vraiment un truc qui me stresse. Si on me demande de faire un truc, je dois avoir 100% compris ce qu’on attend de moi. Peut-être que ce n’est pas juste un truc d’angoissée, mais aussi un truc de malentendante-pas-appareillée-durant-ses-tendres-années-formatrices?

Mastercard Visa [en]

Pro tip: if you’re booking flights online, make sure using your Mastercard doesn’t cost you an extra 50 for your flight ticket price.

It happened to me earlier this morning as I was booking a flight. I went on Kayak, found a flight I liked, clicked the link that sent me over to eDreams to book it. By the time I was ready to buy, the price had silently hopped up 50 CHF. I tried other sites. I tried the airline site directly. I couldn’t find the flight at the price Kayak advertised.

I made a last-ditch effort to book the flight, starting over from Kayak and keeping an eye on the price. I saw it had jumped as I filled in my credit card details. I looked closer. I saw a discreet notice advertising “best price using Visa credit”. Switched my Mastercard for my Visa. Bingo.

Ponzi Coaching [en]

Sometimes I get the nagging feeling that everybody (or almost) who used to be a fellow freelance consultant has now drifted into coaching. What is going on here? There seems to be a Ponzi-like dynamic going on, as with all these people giving online courses about how to earn money through your online business. It’s not quite life coaching for life coaches, but sometimes it feels very close: earning money by getting people to give you money so that hopefully they can make money like you’re making money.

Unfortunately, it seems that is where the money is. People are willing to spend money… if it helps their business make more money. And that’s not the kind of gig I want. Am I doomed?

Choice [en]

Earlier today, I was listening to Malcolm Gladwell on the TED Radio Hour podcast. He was talking about choice architecture. In short, how the way we frame the available choices influences decisions (think: opt-in or opt-out, for organ donors for example). James Clear has made me think about this a lot, under the title of “environment design”.

A podcast or two later I’m listening to Fresh Air, about Bannon and Sessions vision for remaking America. Terry Gross and her guest are talking about Breitbart and the kind of coverage it puts forward, namely crimes committed by immigrants.

Do you see the link?

The media landscape we float in, the ideas we’re exposed to, the articles we read — they are the environment in which we make our decisions about what to believe. They are the choice architecture of our beliefs. They follow the path of least resistance. That is why things repeated often enough become truth. Choice architecture.

Note: don’t see a title? Normal, this is my first aside.